‹ Anatomie descriptive et comparative du chat: type des mammifères en général et des carnivores enChapitre 24 sur 41 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

De la composition du Scjuelette chez les Vertébrés.

Le Squelette est formé chez tous les Vertébrés , comme dailleurs le corps entier, de deux moitiés latérales égales, symétriques, et par conséquent paires, réunies entre elles dans le plan médian , et principalemeot le long de la ligne dorsale , où les deux moitiés se réunissent sur une chaîne de pièces impaires, mais également symétriques, nommées f^ertebrcf; , d'où le nom de Vertébrés donnés aux Animaux ([ui en sont pourvus. Souvent aussi on trouve, dans quelques parties de la région inférieure du corps, opposée à la ligne dorsale , une autre série de pièces également impaires et symétriques, réunissant en dessous les parties latérales du squelette, pièces qui reçoivent , selon la place qu'elles oc- <:upent, les noms de Sternum^ ^Hyoïde ^\. de Thyroïde^ etc.

Les pièces latérales du sijuelette se distinguent ensuite en deux divisions, dont les unes s'articulent plus ou moins directement soit avec les vertèbres, soit avec le sternum, Thyoïde ou le thyroïde, etc., et contournent la partie centrale du corps ou le Torse , pour soutenir ses différents organes et favoriser leurs fonctions, concurremment avec les vertèbres , les pièces sternales et les diverses analogues de ces dernières; et dont les autres pièces ou celles de la seconde division , plus éloignées du centre , et ne s'articulant jamais avec les vertèbres, excepté chez les Cuéloniens, où l'extrémité des omoplates touche aux côtes, forment au plus deux paires d'appendices garnis de muscles, ou Membres^ distingués entre elles par les épithètes i\ antérieure et de postérieure (supérieure et inférieure chez \ Homme qui marche debout), selon la place que chaque paire occupe sur le tronc , et dont la fonction est de servir de soutien à ce dernier, et à faciliter son déplacement en masse ; double fonction dans laquelle les membres sont souvent suppléés , ou même remplacés par certaines parties du tronc, ainsi que je le ferai voir plus bas.

SYSTÈME OSSEUX. r 9S

Le corps de TAnimal vertébré se divise ainsi en deux parties principales , le Torse ^ on sa partie centrale , et les Membres^ ou ses appendices.

Le torse constitue la partie essentielle de l'Animal portant les appareils de toutes les fonctions, à lexception de celles delà locomotion proprement dite, fonction confiée plus spécialement aux membres; encore cette dernière peut-elle être exercée par certaines parties du torse luimême , ainsi que cela a lieu chez les Serpents , d'où résulte que les membres ne sont pas rigoureusement nécessaires à l'Animal ; aussi leur absence accidentelle ne compromet-elle pas son existence d'une manière inévitable.

Toutes les parties du corps des Animaux étant soumises à une gradation progressive , double pour celles qui forment des séries, étant d'une part relative à la succession de^ familles , et de l'autre au rang que les organes occupent dans la chaîne qu'ils forment sur le même Animal , et finissent dans les deux cas par devenir rudimentaires avant de disparaître entièrement, le squelette des Vertébrés subit surtout cette double loi d'une manière très-évidente dans toutes ses parties ; mais le torse, plus essentiel que les membres à l'existence de la vie , varie moins rapidement que ces derniers, et plus dans sa forme et ses parties accessoires que dans son ensemble.

J'ai dit que la partie centrale du squelette était une série de vertèbres formant une seule chaîne placée le long du dos. Cette série a reçu pour sa forme le nom de Colonne i^ertébrale au lieu tX Epine du dos^ ou simplement celui à^Epine^ en même temps qu'on la désigne aussi sous son nom latin de Bachis, Ces vertèbres , partout formées d'après le même principe et sur le même type , ne diffèrent dans tout l'embranchement que par leur nombre, par quelques modifications dans la forme , ou bien encore par l'absence de quelques-unes de leurs parties. Dans certains cas cependant , et cela s'applique surtout aux vertèbres céphaliques, les changements de forme sont si grands, qu'on ne reconnaîtrait pas l'analogie que ces os ont avec les vertèbres ordinaires, si l'on n'était pas guidé par quelque théorie des faits généraux que l'observation fait connaître.

En prenant pour terme de comparaison un de ces os sur un Animal bien complètement organisé, ÏHomme par exemple, et dans la région de son corps , où les vertèbres se montrent avec le plus de parties qui peuvent entrer dans leur composition, et dont l'individualité comme vertèbre est incontestée, telle qu'une vertèbre dorsale, nous la trouvons formée, i* d'une partie centrale impaire, à peu près demi-cylindrique, constituant son Corps; et 2*" d'une espèce de voûte placée à la l'ace dorsale de cette dernière , voûte dont la succession sur les autres constitue le Canal i^ertébral, renfermant la tige centrale du système nerveux ou moelle épinière. Cette partie annulaire de la vertèbre a reçu le nom de Masse apophysaire^ comme portant elle-même sept prolongements osseux ou Apophyses j dont l'une impaire, opposée au corps de l'os , et ordinairement longue et aiguë , porte le nom ai apophyse épineuse. Deux autres, très-courtes, placées devant la base de celle-ci, et dirigées obliquement en haut et en arrière pour s'arthrodier d'ordinaire nvec deux autres de la vertèbre qui précède , sont appelées les apophyses obliques supérieures {antérieures pour les Quadrupèdes). Au-dessous, également à la base de l'épineuse , il y en a deux autres , où les apophyses obliques inférieures {postérieures pour les Quadrupèdes) s'articulent le plus souvent avec les obliques antérieures de la vertèbre qui suit. Plus en dehors, sur les côtés de la masse apophysaire, on trouve une troisième paire dirigée transversalement en dehors , ou apophyses transverses , qui ne s'articulent avec aucune autre vertèbre , mais bien avec un appendice qui prend le nom spécial décote, et dont la présence caractérise les vertèbres de la région thoracique.

Tel est en général le caractère d'une vertèbre complète de Y Homme; mais en la comparant avec celles des autres régions du rachis , ou bien avec ses analogues bien évidentes, chez les autres Animaux, notamment avec celles des Carnivores , dont les Felis sont le principal type , on trouve chez ceux-ci une plus grande complication , et les diverses parties plus prononcées. L'apophyse épineuse, quoique plus longue chez les Felis , ne présente du reste rien de remarquable dans sa composition , mais les obliques antérieures et postérieures, nulles sur les verte-

hres dorsales moyennes, où elles ne sont indiquées que par leurs facettes articulaires ; sont déjà saillantes sur les antérieures , et surtout sur les trois dernières , et plus encore sur les lombaires.

Quant aux apophyses transi^erses, très-courtes sur les premières vertèbres dorsales , où chacune ne forme , comme chez Y Homme , qu une grosse tubérosité irrégulière , elles se divisent , à mesure qu'on les examine , sur des vertèbres plus postérieures , en deux branches : l'une antérieure, à laquelle s'attache plus particulièrement la côte , et à laquelle je conserve exclusivement le nom A' apophyse transverse^ étant le véritable analogue des prolongements latéraux du rachis auxquels on applique ce nom ; et l'autre postérieure, dirigée en arrière et de plus en plus saillante, en s'éloignant même à la iin , sur les vertèbres lombaires de la branche antérieure, pour constituer une apophyse spéciale , que je désignerai dans la suite sous le nom d'apophyse plagienne (i)^ offrant des caractères très- différents, et qui ne doit pas de là être confondue avec la branche antérieure ou la véritable transverse , ainsi qu'on le fait généralement dans les ouvrages d'Anthropotomie , ces deux apophyses étant en effet confondues chez Ylïomme.

Dans beaucoup d'Animaux, et spécialement chez le Lepus cuniculus^ aux deux premières vertèbres lombaires privées de côtes, et quelquefois stir diverses autres , chez les Oiseaux et les Reptiles , on trouve encore une sixième apophyse, impaire, placée sous le corps de ces os, en opposition avec l'épineuse, et que j'ai nommée de là apophyse acarUhoïde ^ qu'il ne faut pas confondre avec les os upsiloïdes qui ont la même disposition, et forment des appendices des vertèbres caudales. Celte apophyse se distingue en outre des os upsiloïdes, en ce qu'elle n'^t pas perforée à sa base, dans une direction d'avant en arrière, ouverture formée chez ces derniers par l'intervalle desdeux pièces, souvent confondues entre elles, et soudées à la vertèbre.

Les appendices upsiloïdes sont souvent portés sur deux petites apo-

(1) De T^Xà^io; , transverse.

physes particulières de la vertèbre que j'ai nommée apophyses mamiU laires, à cause de leur forme, et qu'il ne faut également pas confondre avec les acanthoides , étant des apophyses paires.

Une vertèbre complète peut ainsi porter douze apophyses : une épineuse , quatre obliques , deux transverses , deux plagiennes , deux mamillaires et une acanthoïde.

Si Ion examine maintenant quelles sont les pièces qui entrent dans la composition d'une vertèbre, on remarquera que dans le fœtus, avant que la vertèbre ne soit ossifiée, elle existe déjà, comme d'ailleurs tous les autres os, à peu près avec la forme qu'elle doit conserver toujours ^ mais à l'état cartilagineux et même très-molle ; qu'à une époque variable, selon l'espèce de l'Animal et même le rang que la vertèbre occupe sur le rachis, il s'y forme plusieurs points d'ossification, qui, augmentant toujours par leur périphérie , vont ainsi à la rencontre les uns des autres, et finissent par s'unir pour ne former qu'une seule pièce. Chez le Chat^ on en distingue cinq pour une vertèbre ordinaire , dont une pour la diaphyse du corps, deux pour les épi physes , et deux formant une paire pour la masse apophysaire : celles-ci commençant de chaque côté , à peu près au point sur lequel rayonnent les six apophyses. Le centre d'ossification , gagnant ensuite ces dernières par leur base , se continue progressivement jusqu'à leur extrémités, qui s'ossifie en dernier lieu. Mais ce mode d'ossification n'est non-seulement pas le même chez tous les Mammifères , mais il est quelquefois encore différent , selon le rang que les vertèbres occupent dans le rachis. L'axis , par exemple , du Chat^ a pour son corps seul sept points d'ossification, cinq analogues à ceux des autres vertèbres, et au-devant de l'épiphyse antérieure deux autres encore qui lui font suite , et forment le corps et l'épiphyse de l'apophyse odontoïde ; tandis que dans les vertèbres caudales, réduites presque entièrement à leur corps , il n'y a que les trois centres propres à cette partie, ou un seulement pour les vertèbres les plus postérieures.

Chez le Bœiif^ outre les points d'ossification ordinaires indiqués pour le C/^af, il y en a un de plus pour les longues apophyses épineuses

dorsales, de manière que ces apophyses sont dans l'origine formées de deux moitiés latérales et d'une pièce impaire; ce qui présente un de ces cas où un os peut être formé d'un plus grand nombre de pièces primitives que son analogue dans une autre espèce.

Sur les vertèbres viennent ensuite s'articuler, par les côtés , des appendices constituant les parties latérales du corps , et variables pour la forme, le nombre et les dimensions , suivant les régions, et même suivant le rang des vertèbres auxquelles ils se rapportent, et prennent de là aussi différents noms. Ces appendices immédiats varient et se compliquent considérablement sur la tête, ce qui a été la principale cause qu'on n'a pas reconnu de longtemps leur analogie avec ceux des autres parties du torse, et se modifient même tellement, qu'il serait impossible d'en donner ici une idée générale. Sur toutes les autres régions , ils forment au contraire assez ordinairement des tiges plus ou moins grêles, souvent composées de deux os de trois pièces successives , disposées en arcs , se portant en dehors , et recourbées en dessous pour contourner le corps , dont ils ceignent les différentes grandes cavités viscérales que ce dernier forme , en variant pour chacune ; parties qui pennent de là différents noms , et constituent la Tête , le Cou, le Thorax , \ Abdomen , le Bassin et la Queue.

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