ARTICLE PREMIER
Du squelette des Mammifères.
Le squelette , ainsi que le corps entier de ces Animaux , se distingue plus particulièrement en les diverses parties du torse et des membres dont je viens de parler, parties qu'on retrouve d'ailleurs aussi chez les autres Vertébrés , et, à peu de chose près , dans les mêmes rapports , mais avec des caractères différents propres à chaque classe, et dus en grande partie aux modifications que les organes éprouvent par l'effet de la gradation qu'ils suivent à travers tout le règne animal.
Chez tous les Mammifères , la Tête renferme , de même que chez Y Homme , qui appartient à cette classe , i"" le cers^eau\ t!" leso/gonec dts sens , à lexception de celui du toucher général , répandu sur tonte la surface du corps, et plus particulièrement localisé à Textrémité des doigts, où il est chez Y Homme , sinon plus fin , du moins plus précis que chez les Animaux ; 3*" les organes de la po£r ; 4"" ^^^^ ^^ ^^ mastication et de la déglutition , formant le commencement du canal digestif
Le Cou n est composé que â^ organes du mouvement^ et se trouve traversé dans toute sa longueur par la trachée-artère ainsi que par Fossophuge.
Le Thorax contient le cœur et lespoumons , ainsi que Yœsophage , qui s y conlinne pour se rendre dans la partie suivante.
V! Abdomen constitue la plus grande cavité , et renferme les %nscères dépendant de la digestion et les organes sécrétoires de t urine.
Le Bassin , qui fait suite à labdomen , contient, avec les parties terminales du canal digestif et de Y appareil urinaire^ encore les organes génitaux.
Enfin Ja Queue, réduite aux organes du mous^ement, analogues à ceux de la partie la plus centrale du tronc , dont elle est exclusivement la continuation, ne renferme plus aucun autre organe.
Ces six parties du torse, tout en parcourant dans Téchelle animale une progression ordinairement descendante, mais quelquefois aussi ascendante dans certaines familles, et même dans des classes entières, finissent cependant par disparaître chacune à son tour, soit réellement , soit en se confondant avec une autre.
Dans Tordre naturel, je devrais décrire ici les diverses parties de la colonne vertébrale et leurs appendices suivant leur succession, en commençant par Tune des extrémités de la série ; mais , pour plus de clarté, je crois mieux faire en décrivant d abord ceux de la r^ion moyenne , ainsi que le thorax quils concourent à former; ces os y étant le plus simples et bien distincts de toutes autres parties, servent de là mieux de terme de comparaison pour déterminer leurs analogues dans les antres régions.
SYSTÈME OSSEDX. 99
Les vertèbres dorsales des Mammifbrbs offrent particulièrement les caractères indiqués au commencement de ce chapitre , où je les ai pris pour exemple de la vertèbre en général , et j'y renvoie ; je ferai seulement rappeler qu'elles se composent d'un corps ou partie centrale formée d une pièce principale moyenne à peu près demi-cylindrique , et de deux épiphyses, en forme de petites plaques , dont Tune antérieure et lautre postérieure , et comme parties latérales , d'une masse apophysaire contournant le canal rachidien, et formée de chaque côté d'une ^o/^A/^e transwrse divisée en deux branches , souvent si rapprochées , qu'elles se confondent en une seule ; plus haut , de deux apophyses obliques ^ dont une antérieure et une postérieure^ et enfin, tout à fait en haut, d'une apophyse épineuse , d'ordinaire confondue avec celle du côté opposé. Sur les côtés des apophyses obliques, et fort souvent à la base des épineuses , se trouvent les facettes arthrodiales , par lesquelles les vertèbres s'articulent entre elles.
Les Appendices des vertèbres thoraciques ou dorsales constituent les Côtes dont j'ai déjà parlé , et que tout le monde connaît ; os longs, grêles, partout à peu près de même grosseur, articulés par l'une de leurs extrémités sur les vertèbres , d'oii ils se portent d'abord en dehors pour s'arquer ensuite en dessous et joindre le sternum placé le long de la ligne médiane de la poitrine , sur lequel ils s'articulent également à leur autre extrémité , en formant ainsi , par leur ensemble avec ce dernier et les vertèbres dorsales, une grande cage osseuse ou Thorax ^ principalement destinée à renfermer les poumons et le cœur.
Ces côtes se distinguent ensuite en deux séries qui se font suite ; les antérieures , d'ordinaire en plus grand nombre que les postérieures, se pro«longent seules jusqu'au sternum , et reçoivent de là le nom de s^raies côtes ou côtes vertébrO'Sternales ^ tandis que les suivantes ne l'atteignent pas , et d'autant moins , qu'ellessont plus postérieures, restant simplement contenues dans les chairs , et sont appelées de Ikjausses côtes ou côtes asternales\ mais nous verrons plus bas que ces dernières côtes appartiennent réellement à la région abdominale.
Chacun de ces appendices costaux est bomposé , chez les Mammiféeb^ ,
de deux parties consécutives, formant ensemble une seule tige et un même arc, mais distinctes par leur structure et leur composition chimique ; l'une ou côte vertébrale , étant osseuse , et la seconde , ou côte 5/er/ia/e, de nature cartilagineuse 9 mais quelquefois aussi osseuse.
Chaque côte se termine à son extrémité dorsale en une petite tête arrondie, s articulant par arthrodie dans une cavité cotyloïde peu profonde, ménagée latéralement entre le corps de sa vertèbre propre et celui de de celle qui précède , et un peu plus en dehors ; le bord supérieur présente une tubérosilé qui s'arthrodie de même avec lextrémité de Tapophyse transvei^e de la vertèbre postérieure ou celle à laquelle la côte appartient , en ménageant dans l'intervalle des deux articulations , entre leco/de la côte et l'apophyse transverse, une ouverture plus ou moins grande.
Enfin , plus en dehors encore , à une certaine distance de la tubérosite, le même bord supérieur forme une autre saillie, d'ordinaire peu prononcée, ou anghde la côte ^ à laquelle s'attachent plusieurs muscles.
Les fausses côtes ne diffèrent des vraies, dans leur extrémité dorsale, que parce que les plus postérieures ne s'articulent généralement par leur tête qu'avec le corps de leur vertèbre respective , et non avec la vertèbre qui précède.
Le Sternum^ composé dans le fœtus humain de huit à neuf pièces consécutives, n'en forme plus qu'une seule chez l'adulte, ses centres d'ossification se réunissant avec Tâge. Chez les autres Mâmmifebbs , ces pièces restent au contraire le plus souvent distinctes toute la vie, el unies entre elles par amphiarthrose. Chez les Chéiroptères , oii les muscles pectoraux prennent un grand développement pour agir avec force dans le vol , le sternum n'est formé cependant que d'une seule pièce, et présente , à Tinstar de celui des Oiseaux , une crête longitudinale médiane ou Bréchet^ moins saillante toutefois , sur laquelle ces muscles trouvent de larges surfaces d'attaches. Dans les Carnivores , et en général dans la plupart des onguiculés, les pièces sternales correspondant chacune à une paire de côtes , restent toujours distinctes , et présentent assez la forme des corps de vertèbres, en s'articulant comme ces derniers deux à
deux avec une même vraie côte. La dernière pièce est d'ordinaire plus allongée que les autres, et terminée par un prolongement cartilagineux de formes différentes, appelé chez \ Homme Appendice xiphoïde^ quoiqu'il ne ressemble en rien à une lame d'épée , comme son nom l'indique. A cette pièce , contenue librement dans les muscles , correspondent toutes les fausses côtes qui n'atteignent pas le sternum.
Chez les Ruminants, les pièces sternales sont d'ordinaire plus ou moins comprimées , mais toujours distinctes et moins mobiles que celles des Carnivores et des Rongeurs. v
Dans les Cétacés , le sternum présente des différences assez grandes selon les familles. Chez les Herbivores , il est composé d'un certain nombre de pièces consécutives , comme chez les Carnivores et les Ruminants, mais plus ou moins aplati; et cette forme se remarque encore chez les Souffleurs , voisins des Delphinus , et spécialement chez le Phocœna globiceps fort jeune , tandis qu'à l'âge adulte cet Animal n'a que trois pièces au sternum, dont l'antérieure élargie et les postérieures plus étroites, et portant cinq paires de vraies côtes. Le sternum des Bakena , au contraire , est réduit à une seule pièce large , mince , fort courte , à peu près triangulaire , sur laquelle se rendent trois paires de côtes seulement , tandis qu'il existe chez la Balœna du Cap douze fausses côtes dont cinq s'articulent avec les corps des vertèbres, et sept avec les apophyses transverses seulement ; et ces dernières doivent sans doute être considérées comme appartenant à la région lombaire^ qui n'est du reste pas distincte de la dorsale.
Cette cage osseuse que forme le thorax a pour principale fonction , chez les Mammifères, Animaux aériens, de résister à la compression qu'exerce le poids de la colonne d'air qui pèse sur elle , lorsque par les contractions du diaphragme le vide se forme dans son intérieur, ce qui force le fluide élastique de s'y précipiter par la trachée-artère, et de remplir les poumons, d'oii il est de nouveau chassé un instant après par le relâchement de ce même muscle ; action qui cot^stitue la Respiration , et se fait absolument de la même manière et par les mêmes moyens chez tous les Mammifères.
Cette cage est généralement comprimée par les côtés , de manière que sa section transversale est ovale ; mais elle Test toutefois très-peu chez \ Homme et \e&Pithecu$^ qui n'emploient pas leurs membres antérieurs à la marche, et beaucoup plus chez les quadrupèdes ; surtout dans sa partie antérieure , contre laquelle sont appliqués les membres de la première paire , afin que les omoplates puissent prendre une direction plus ou moins verticales , pour mieux servir d'appui aux bras.
Le nombre des vertèbres thoraciques des Mammifères, varie depuis ï I paires , qu'on trouve chez le Simia Sinica , c'est-à-dire 7 vraies côtes et 4 fausses (certains individus ont une vertèbre de plus, portant nne paire de &usses côtes ou costines), jusqu'à 23, dont 1 3 vraies et i o fausses, qu'on rencontre dans le Bradypus didactylus qui en a le plus ; tandis que les Br. tridactylus , qui se trouvent sous ce nom au cabinet du Muséum , ont l'un g paires de côtes stemales et 7 asternales , suivies de trois vertèbres lombaires sans appendices ; et d'autres squelettes ( appartenant probablement au Br. torquatus ) ont 8 paires de côtes sternales , 6 asternales et 3 vertèbres lombaires privées de ces os. VHomm^ , comme on sait, n'en a en tout que 1 2 , le Chat 1 3 ; et ce dernier nombre est le plus fréquent , et après lui viennent , dans l'ordre de leur fréquence , les nombres 12, 14 9 1 5, II, 16, et les autres fort rarement.
On considère généralement toutes les côtes comme appartenant à la seule r^ion dorsale du rachis, dont elles ont paru former le principal caractère, qui pouvait en eflfet être adopté pour les Mammifères , et spécialement pour rZTomme , qui a été considéré jusqu'à présent comme le type de tout le règne animal , et a servi de base à la nomenclature anatomique ; mais ce principe n'est plus applicable , ainsi que nous le verrons pins bas, en parlant de la disposition de ces os chez les Reptiles. Dans les antres classes de Vertèbres, où les modifications, et surtout la dégénérescence que les vertèbres et les côtes éprouvent , indiquent que les vraies côtes des Mammifères appartiennent seules à la région dorsale , tandis que les fausses côtes sont des appendices de la région lombaire ou abdominale, qui se compose elle-même de deux parties , une antérieure portant des fausses côtes que je nomme Costines^ et une postérieure qui en est privée, car quoique
ce soit la présence des côtes qui ait fait distinguer chez YHomme les vertèbres dorsales des autres , elle ne suffit pas pour caractériser cette région d'une manière générale ; toutes les autres parties du rachis portant des appendices analogues dans les autres classes de Vertébrés:
Les vertèbres cervicales ou du C€u , constamment au nombre de sept chez tous les Mâkmiféees, à l'exception du Bradypus iridactyhis qui en a neuf, diffèrent assez peu des dorsales , si ce ne sont les deux premières , \ Atlas et tAxis , les autres sont généralement plus larges ; leurs apophyses épineuses , plus ou moins inclinées en avant , sont d'ordinaire grêles, et d'autant plus courtes qu'elles sont plus antérieures; les obliques sont larges et assez saillantes, les transverses divisées d'ordinaire en deux branches , une antérieure et une postérieure ^ et enfin une apophyse plagienne placée au-dessus de cette dernière, mais confondue à la base avec elle. Ces trois branches ont leur partie commune percée d'avant en arrière d'un trou formant , par sa succession sur les autres, le Canal de t artère vertébrale , mais en les comparant aux vertèbres des Oiseaux et des Crocodilus , il devient évident que cette perforation est due à un rudiment de côte fixé sur ces apophyses , et dont les parties correspondantes aux deux points d'articulation interceptent cette ouverture , absolument comme à la région dorsale entre les cols des côtés et les apophyses transverses des vertèbres. Ces rudiments costaux ne sont cependant distincts à aucune époque chez les Mammifères , du moins pas dans les espèces oii j'ai pu les examiner ; l'ossification de la masse apophysaire gagnant chez ces Animaux graduellenient la base des branches de l'apophyse transverse et de la plagienne, s'y continue, en contournant la perforation pour se prolonger sans interruption jusqu'au sommet de ces apophyses, de manière que dans les très-jeunes sujets, la partie osseuse de cette apophyse est fourchue.
Sur la septième vertèbre on ne trouve toutefois , chez la plupart des Mammifères , que l'apophyse plagienne , et le trou n*y existe que dans quelques genres, tels que les Fïber et les HisUix.
Chez les Cétacés souffleurs , toutes les vertèbres cervicales sont si courtes qu'ensemble elles n'occupent pas plus de place qu'une dorsale ,
et se trouvent souvent confondues entre elles au point qu on a de la peine à déterminer ce qui appartient à chacune.
Cette seconde partie du torse n'est composée que de vertèbres garnies de nombreux muscles , et conserve les mêmes parties dans toute la classe des Mammifères , à quelques différences près dans la forme des vertèbres et des muscles; il serait toutefois possible que le larynx ainsi que les cartilages de la trachée-artère et des bronches fussent des dépendances des vertèbres cervicales en constituant leurs appendices. Mais dans ce cas, les modifications que ces cartilages ont éprouvées sont tellement grandes , qu'ils s'éloignent si considérablement du type ordinaire , qu'il est impossible de prouver cette analogie, si toutefois elle existe.
Quant à la longueur relative du cou , et dont le CamelopardaUs présente le maximum , elle ne dépend que de celle du corps des vertèbres.
On a remarqué depuis longtemps que chez les Mammifères , ainsi que chez les Oiseaux , la longueur du cou , jointe à celle de la tétej, égalaient ensemble la hauteur du train de devant, afin que TAnimal puisse atteindre à terre avec sa bouche pour manger ou pour boire, et les exceptions à cette règle sont toujours accompagnées de causes déterminantes qui exigent une autre proportion.
V Homme et les Quadrumanes, dont le cou est fort court , paraissent le devoir aux inconvénients qui seraient résultés d'un cou aussi long que les bras, pour la force des muscles qu'aurait exigée la difficulté de maintenir l'équilibre dans une tête très-pesante ; et la brièveté du cou a été compensée par la faculté qu'ont ces espèces de porter leurs aliments à la bouche avec leurs mains.
Les Éléphants^ où la même disproportion est plus grande encore , ont dû avoir un cou court pour mieux soutenir le poids de leur énorme tête, si volumineuse, pour donner place aux alvéoles de leurs immenses défenses; mais la nature a remédié à l'inconvénient qui en résulte , en donnant à ces Animaux cette longue trompe , qui n est qu'un nez au maximum de son développement , et servant de main.
Les Cétacés qui, pour mieux nager, devaient avoir, à l'instar des Pois-
sons, la plus grosse partie de leur corps en avant, sans saillie des épaules, qui puisse s'opposer au mouvement dans leau, devaient, en conséquence, ne pas avoir de cou marqué, afin que la tête fît immédiatement suite au thorax. Un cou long leur serait dailleurs inutile , vu qu ils trouvent leur nourriture au devant d eux , et peuvent tourner avec facilité en tous sens pour la saisir.
La quatrième partie du torse ou \ Abdomen , correspondant , telle quon la considère généralement, à la région lombaire An racliis, varie assez peu dans les os qu elle renferme , lesquels se réduisent , chez les Mammifères , exclusivement à un petit nombre de vertèbres, le restant des parois de cette cavité n étant formé que de parties molles ; mais elle varie considérablement pour ses dimensions dans le même individu.
J ai déjà dit plus haut que la distinction entre le thorax et Tabdomen des Mammifères était établie d'une part, d'après l'existence des côtes qu'on regarde comme appartenant exclusivement au premier, et d'autre part, par le diaphragme , formant une cloison musculeuse transversale séparant les deux cavités, cloison qui s'insère dans tout son pourtour aux dernières côtes. Ce double caractère forme en effet une limite bien marquée entre ces deux parties , mais malheureusement cette distinction n'existe aucunement chez les autres Animaux , vu que le diaphragme , comme cloison, n'est propre qu'aux Mammifères , et que les côtes se répètent sur les vertèbres lombaires, et souvent jusqu'au bassin , et même sur ce dernier et l'origine de la queue , et l'on est de là obligé de chercher d'autres caractères encore, indiquant la limite entre les deux parties de la cavité viscérale , et ces caractères ne la placent pas au même point.
Les côtes parcourant , comme tous les organes , une échelle de gradation, augmentent généralement en longueur depuis la première paire , qui se rend sur le sternum , jusqu'à la dernière , dont les cartilages s'articulent avec cet os , et forment la série de vraies côtes pour diminuer ensuite de nouveau à mesure que les fausses côtes sont plus postérieures. Chez les Mammifères, celles-ci sont d'ordinaire en petit nombre , et ne se répètent pas, ainsi que je viens de le dire , au delà du diaphragme, mais offrent déjà ce caractère qui les rapproche des côte.s
lombaires , propres aux Reptiles et aux Poissons , qu elles n atteignent pas le sternum , et chez beaucoup d'espèces , la région dorsale du rachis se distingue en outre de la lombaire par la forme des vertèbres , et la limite très-bien marquée dans le Chat, sujet principal de cet ouvrage, se trouve à peu près au milieu de la série des fausses côtes. Enfin , un autre caractère encore se remarque le plus souvent dans larticulation de ces derniers os , qui n a lieu qu avec une seule vertèbre et dans certaines espèces , avec les apophyses trausverses seulement. D après cette distinction , toutes les côtes asternales postérieures doivent être considérées comme appartenant à la région lombaire ou abdominale, et si la limite des deux, séries n'est pas parfaitement constante, c'est qu'en général les organes ne passant que graduellement d'une forme à une autre , les fausses côtes antérieures conservent encore le mode d'articulation des vraies côtes dorsales.
Toutes les régions du rachis pouvant porter, dans les diverses classes de Vertèbres, des appendices analogues aux côtes, mais avec des caractères différents; le même nom ne saurait convenir à tous, et, voulant éviter, autant que possible, lemploi de termes composés, je propose de désigner ces appendices attenant aux vertèbres cervicales , et qui n'atteignent pas le slernum, sous le nom spécial de Costelles ; je conserve la dénomination de Côte à ceux connus depuis longtemps sous ce nom, mais seulement aux antérieurs ou vraies côtes , qui s'articulent , d'une part, avec les vertèbres dorsales qu'ils caractérisent, et d'autre part, avec le sternum. Aux appendices suivants ou côtes asternales, appartenant à la région lombaire ou abdominale, j'applique le nom de Costines. Ceux dépendants du sacrum , et qui sont généralement rudimentaires , surtout chez les Mammiteres , je les appelle CostineUes , et enfin ceux fixés aux vertèbres caudales, je les dé^gnerai sous le nom de Costettes^ lorsque leurs extrémités sont hbres; tandis que je les nomme os Upsiloïdes quand ils se réunissent en dessous par paires, formant ce qu'on appelle d'ordinaire les os en V.
JEn considérant les parties comme on l'a fait jusqu'à présent , l'abilomen correspond dans X Homme à cinq vertèbres lombaires , et s elai^t
en tous sens vers sa face ventrale , où ses parois ne renferment plu$ aucune partie du squelette. 11 est limité par le thorax et le bassin , et sur les côtés y par des muscles plats et les téguments qui, cédant facilement, lui permettent de se dilater et de se resserrer selon le volume que prennent les viscères qu'il renferme. Chez tous les autres Mammifères , il se trouve dans les mêmes conditions générales, et ne diffère guère que par le nombre des vertèbres lombaires qu'il comprend , et par suite , dans son étendue d'avant en arrière. C'est ainsi qu'il est très-court chez le Myrmecopfiaga juhata , qui n'a que deux vertèbres sans CQsiiues aux lombes , et le Bradypus didactylus , qui en a trois , tandis qu'il est beaucoup plus long chez d'autres espèces, et notamment chez les Zori, qui en ont jusqu'à huit ; mais comme ces vertèbres peuvent être plus ou moins longues, l'étendue d'avant en arrière de l'abdomen ne dépend pas tout à fait du nombre de ces os, et il est de là bien plus convenable d'estimer sa longueur proportionnellement avec celle du thorax. Chez les Rhinocéros^ la différence est la plus grande, prise dans l'étendue des deux parties de la colonne vertébrale , la région lombaire étant à la dorsale comnie 2 : i4 (7)9 et le moins chez le Lepus tinudus^ où ces dimensions sont comme 17: 12 (4). Dans \ Homme ^ elles sont comme i6:3o (7), et dans le Chat y comme i3 : i5 (|).
Dans les Marsupiaux , l'abdomen offre la particularité de contenir dans les parois de sa partie ventrale deux os allongés ou os Marsupiaux , articulés sur les pubis , et soutenant la bourse dans laquelle ces singuliers Animaux portent leurs petits. Ces os paraissent être analogues aux côtes abdominales du Crocodilus^ dont il sera fait mention un peu plus bas.
La cinquième partie du torse est ce qu'on nomme le Bassin ; ceinture osseuse placée à la suite de la portion lombaire du rachis. Cette ceinture entoure la région postérieure de la cavité viscérale , qui reçoit de là le nom de Ca^^ité pehienne ^ du nom latiapehis. Elle est formée, chez tous les Mammifères quadrupèdes , à la ligne médiane dorsale , d'une série peu nombreuse de vertèbres faisant suite aux lombaires et constituant , en se soudant entre elles, ce qu'on appelle Vos Sacrun^. Sur les côtés, le
bassin présente trois paires de très-grandes pièces osseuses désignées collectivement sous la dénomination dos Coxaux, comme forinant les hanches. Dans le genre Felis , toutefois , on trouve de plus une quatrième paire, petite, placée au point de jonction des trois autres, et de plus deux épiphyses.
Le nombre des vertèbres sacrées varie depuis une seule, qu'on trouve chez quelques espèces telles que lesZon, les Galeopithecus ^ les JVasua , et quelques Marsupiaux , jusqu'à huit , que présentent le Dasypus novetncinctiis^ qui en a le plus; chez l'Homme, le nombre est de cinq , et de trois dans le Chat, Cette série de vertèbres se distingue d'ordinaire en deux parties: i** les antérieures , dont les apophyses transverses s'articulent à leur extrémité avec les os coxaux, iliaques ou ischiatiques, et (jue j'appelle de là vertèbres Sacrées-iliaques ou Sacrées-ischiatiques ; et 2° les postérieures qui ne s'articulent point avec les os latéraux du bassin, mais se soudent entre elles ainsi qu'avec les premières, sans y comprendre ce qu'on nomme le cocc/'o: chez l'Homme , partie terminale du rachis, qui n'est que le rudiment de la queue. Ces vertèbres postérieures du sacrum ressemblent, pour la forme, déjà beaucoup à celle de la queue qu'elles précèdent , et je les désigne de là sous le nom (le vertèbres Sacrées-caudales.
Dans les très-jeunes C/iats^ les apophyses transverses des vertèbres sacrées présentent en dessous une petite pièce osseuse transversale, se rendant aux os pelviens , et entièrement confondue plus tard avec Tos sacrum. La présence de ces osselets, véritables appendices costaux , ou costinelles , qu'on retrouve plus longtemps distincts chez les Oiseaux et même permanents chez beaucoup de Reptiles , prouve que les os du bassin ne sont pas les analogues des côtes vertébrales, mais plutôt des <:ôtes sternales.
La première paire des os coxaux placés latéralement à côté du sacrum et nommée tantôt os Iliaques^ Iles et Iléon ^ ou bien par son nom latin Ilium; et c'est cette dernière dénomination que je crois devoir adopter, le mot iliaque étant adjectif et iléon le nom d'un intestin. Ce sont les deux plus grands os du bassin , en forme de large lame, s'articulant soit
110 PRBMIÈAE PARTIE,
viscérale est fermée par des parties molles, et offre d'une part Torifice de laDus, et de lautre celle des organes urinaires et génitaux placés au-dessous de ce dernier.
D'après ce qui yient d'être dit , on remarquera que les os coxaux se prolongent considérablement en avant et en arrière de larticnlation coxo-fémorale pour offrir de larges attaches aux muscles puissants qui doivent faire mouvoir le membre postérieur dans la locomotion/ muscles qui ont surtout besoin d'agir sous des angles un peu grands pour produire le plus d'effet.
Chez les Cétacés, Animaux qui n'ont pas de membres postérieurs, le bassin se réduit à un simple rudiment suspendu inférieurement dans les chairs , à une assez grande distance du rachis , oii il n'a plus aucune influence sur les vertèbres; aussi n'existe-t-il point de sacrum proprement dit chez ces Animaux, et la transition des vertèbres lombaires aux caudales est graduelle»
La Queue ^ ou dernière partie du torse, n'est proprement que la continuation du rachis; et les vertèbres, en nombre très- variable, bien développées sur la partie antérieure, dégradant assez rapidement , deviennent de plus en plus rudimentaires à mesure qu'elles sont plus postérieures.
La masse apophysaire se réduit encore plus promptement que les corps de ces osselets, et disparaît d'ordinaire déjà vers le milieu de cet appendice , ne laissant sur les dernières vertèbres que de simples tubercules qni marquent encore les places des diverses apophyses.
Chez \ Homme et les Pùhecus , la queue est réduite à quatre petites vertèbres entièrement rudimentaires , cachées dans les chairs , et désignées ensemble par les anlhropotomistes sous le nom de coccyx.
Chez les autres Mammifères, la queue est au contraire souvent fort longue et grêle , et déjà dans certains Quadrumanes , et notamment dans les Cercopithecus et les Cebus, devenant chez ces derniers, ainsi que dans quelques autres espèces, comme lesMycetes , les Ateles^ les LagotriXf et même dans les Saimin\ les CercolepteSj les Didelphis, les Phalangista et les Synetheres^ un organe de préhension très -parfait, ces Animaux pouvant l'entortiller avec assez de force autour des
SYSTÈME OSSEUX* lll
corps , pour s y suspendre , d'où on la nommée Queue prenante chez tous ces Animaux, qui peuvent ainsi saisir avec leur queue; aussi, la partie inférieure de l'extrémité de cet organe paraît-elle douée d'une sensibilité très-exquise, et peut-être autant que les doigts de l'Homme. Ces Animaux ne s'en servent cependant que pour s*accrocher et jamais pour un autre usage, comme par exemple pour saisir la nourriture.
Dans les Cétacés, la queue est au contraire très- volumineuse, prenant tout à fait la forme de celle des Poissons , égalant , comme chez eux , à sa base, la partie postérieure de l'abdomen, et devient, de même que chez ces derniers , la principale rame avec laquelle ces Animaux nagent en frappant l'eau en sens opposés.
Par l'effet des diverses conditions dans lesquelles la queue se trouve chez les Mammifères , le nombre des vertèbres varie considérablement ; les Pteropus n'en ont pas du tout ; les Inuus^ parmi les Quadrumanes , une seule, dit-on ; tandis que \ Ateles paniscus , dont la queue est prenante, en a jusqu'à trente-deux ; et enfin chez le Munis tetradactyla , elles sont au nombre de quarante- cinq , quoique la queue ne soit pas prenante, et en apparence sans aucun usage. Dans le Macropus major^ elle a vingt et une vertèbres, et vingt-trois chez \ Hypsipnnmus. Ces Animaux se servent de leur queue comme d'un troisième soutien, soit pour marcher, soit pour se maintenir en se redressant sur leurs membres postérieui's.
La longueur de la queue , relativement à celle du reste du tronc , varie considérablement , et dépend , comme on peut le penser, nonseulement du nombre des vertèbres qui composent chacune des deux parties, mais encore des dimensions de ces os. Ainsi , en prenant les deux longueurs , depuis l'occipital jusqu'à l'extrémité du sacrum , et de là jusqu'au bout de la queue, on trouve, d'après Cuvier (i) , les proportions suivantes :
Dans l'Homme, la queue est au reste du tronc :: 3 : 71 , à peu près ^i Orang-Outang (Pongo) : : 2 : 32 — rs
(1) Leçom d'anat. comp.y t. I , p« 159, 1805.
Gebus Capucina :: 21
Pteropus Tulgaris ? (la queue et le sacrum) : : 4
Yespertilio murinus ? : : 6
Talpa europaea : : 1
Erinaceus europsus. . : : 4
Unus raaritiinus :: 19
Procyon lotor ? :: 15
Gulo :: 2
Lutra :: 47
Phoca yitulina :: 15
Felis catus :: 32
— leo :: 36
Ganb lupus :: 1
Didelphis :: 10
Lepus timidus :: 3
Anœma parcellus :: 1
Bradypus tridactylus : : 5
Manis tetradactyla :: 61
Éléphant.) ::102
Sus scropha :: 30
Rhinocéros :: 69
Equus caballus :: 47
Giraffa :: 93
Camelus dromedarius :: 22
Cervus elaphus :: 1
Bos taurus :: 15
Delphinus ( limite indéterminée ] :: 00
12, à peu près i
On voit par ces proportions que c est le Mams tetradactyla qui a à la fois la queue la plus longue, et composée du plus grand nombre de vertèbres , ayant plus du double de la longueur du corps : aussi cet Animal, déjà si singulier par les larges écailles qui couvrent son corps, ressemble-t-il , pour la forme , beaucoup à un Lézard.
On trouve souvent sous le corps des vertèbres caudales deux petits os rapprochés, et même unis entre eux^ que Ion a nommés, dans ce dernier cas , à cause de leur forme , os en V, dénomination qui constitue une définition , et non pas un véritable nom, qui doit toujours être im mot unique^ et j ai proposé en conséquence de lui substituer celui d*06 Upsiloïde^ qui est en outre susceptible d'avoir Ydol^eciiï upsiloïdien , dont on a si souvent besoin dans les descriptions. Ces petits os sont de vén-
nu PEBMIHAE PARTIE.
cette dernière et à conforter larticulation scapulo-liumérale. Eu effet , le bras étant , dans 1 état ordinaire , pendant le long des côtés du tronc , il en résulte que la tête de rhomérus ne s'articule que par le côté avec la cavité glénoïde, et n'y trouverait pas la fixité nécessaire à ses fonctions, si cette articulation n'était pas plus profonde, et surtout plus étendue en dessus ; mais cette condition est atteinte par la disposition que prennent l'acromion et l'apophyse coracoïde , le premier se prolongeant à cet effet au-dessus delà tête de l'humérus, en présentant en dessous une concavité qui s'applique sur cette dernière, et l'apophyse coracoïde étant la cavité en dedans, de manière à en former une véritable cavité cotyloïde.
La Clai^icule, os grêle , légèrement courbé en S, est placée transversalement au haut de la poitrine , en s articulant d'une part avec l'extçémité du sternum comme point fixe, et de l'autre, avec le bord antérieur (le l'acromion , qu'elle rencontre par en dessus , sans entrer dans la composition de l'articulation scapulo-humérale.
VHumeriis , seul soutien du^ra^, varie peu dans toute la classe des iMammiféres. Dans l'Homme, c'est un os long, à peu près rond dans sa liaphyse, terminé en haut par un gros renflement divisé en trois protubérances, dont l'une, en portion de sphère ou la téte^ s'articule avec l'omoplate; et les deux autres, le trochiter et le trochin, servent d'insertion à divers muscles. A son extrémité inférieure , le même os se renfle également , mais en formant deux saillies placées à côté Tune de l'autre , pour s'arthrodier avec les deux os de l'avant-bras ; l'externe ou le condyle avec la tête du radius , et l'interne ou la Uvchlée avec le cubitus.
H Ai^ant'bras ne renferme jamais que deux os grêles placés à côté 1 un de l'autre, dans toute la longueur de cette partie du membre ; ces os, a peu près de même grosseur chez ï Homme ^ s'articulent entre eux a leurs extrémités, et laissant, dans le reste de leur étendue, un large intervalle dans l'espèce humaine, pour faciliter leurs mouvements latéraux.
Le Radius o\x l'os externe, placé supérieurement au devant et un peu
premier rang au bord interne du carpe , osselet que j'ai nommé, vu sa forme , le Phacoïde ( i ).
Le Métacarpe , ou partie inférieure de la palmure , est formé , lorsque la main a cinq doigts , d'autant d os longs tubuleux , placés à côté les uns des autres et désignés par leur ordre numérique , en partant du plus interne qui perte le pouce (2) , dénominations auxquelles je propose de substituer celles de stathos^ stethos y stithos, stothos et stuthos^ tirées du grec ejT^Go;, synonyme de métacarpe, et différenciées par la voyelle de la première syllabe ; noms qu'on peut appliquer chez tous les autres Mammifères, où le nombre de ces os se trouve réduit à moins de cinq ; et je conserve le nom de métacarpien comme nom générique.
Chacun de ces os porte , chez \ Homme et d'autres Mammifères , un doigt à son extrémité, distingués aussi fort souvent parleurs noms numériques, qui ont, outre le désavantage d'être composés, encore celui de ne pouvoir être appliqués , de même que les noms ordinaux des métacarpiens , que chez les espèces qui ont cinq doigts comme \Homme. Dans beaucoup d'ouvrages , on désigne cependant aussi les cinq doigts par les noms de pouce^ d'indicateur^ de grand doigt ^ de doigt annulaire et de petit doigt ^ qui ont la plupart également l'inconvénient d'être composés, et de ne pas pouvoir être appliqués chez tous les Animaux ; le troisième n'étant pas toujours le plus grand , ou le cinquième le plus petit , et le quatrième devenant ridicule , les Animaux n'ayant pas l'habitude d'y placer de bagues , ainsi que son nom l'indique ; nom qui est même d autant plus mauvais qu'il signifie plus particulièrement que ce doigt a la forme d'un anneau. D'autres fois, on désigne les quatre derniers doigts par les noms A' index ^ de médius , de medicus et d'awrrculaircj qui ont également l'inconvénient de n'êlre applicables que chez l'Homme^ le médius n'étant pas toujours placé au milieu, le médicus n'étant pas.médecin, et l'auriculaire ne servant pas à être introduit dans
(1) De <paxo;, lentille ; et eIcoc , forme.
(2) Dans Tattitude naturelle , le pouce est en dedans , et non en dehors , comme on le dit dans les ouvrages d*anatomie , où l'on suppose pour cela la main tournée en supination forcée.
l'oreille; el ce dernier nom est d autant moins admissible que ce mot est adjectif d'oreille, et signifie proprement le doigt attenant à l'oreille.
Pour ramener les doigts à une nomenclature moins défectueuse , je crois devoir n'adopter que ceux de ces noms qui induisent le moins en erreur , et remplacer les autres par des dénominations également substantives applicables chez tous les Animaux , et je propose de les nommer Pouce , Index , F^erpus^ Paranièse et Micros ; noms simples qu'on trouve d'ailleurs déjà dans les ouvrages des anciens. Le troisième , peu usité , est le nom latin du troisième doigt de \ Homme; 7rapa>eao;, un des norns grecs du quatrième ; enfin micros , du grec fxapo;, petit, est le nom que les anciens donnaient au cinquième doigt , qui est en effet toujours le plus petit de tous. Ces cinq noms ont ensuite l'avantage de pouvoir former les adjectifs polUcien^ indicien^ s^erpusien^ paromésien et microïque , dont on a fort souvent besoin dans les descriptions.
Ces cinq doigts des Mammifères , sans y comprendre les Cétacés , se composent de trois osselets consécutifs, ou Phalanges^ à l'exception du plus interne qui n'en a jamais que deux , le moyen manquant. Mais nous verrons y en parlant des Cétacés et des Vertébrés ovipares , que ce nombre varie chez eux. Le nom de phalange, déjà employé par les Grecs, désignant comme nom générique tous ces osselets principaux des doigts , tandis qu'on a souvent besoin de les indiquer séparément , on était obligé de les désigner chacun par son nom d'ordre, de premièrej seconde et troisième phalange ; et celte dernière seule était quelquefois nommée spédalement phalange onguéale ou unguinale , comme portant l'ongle. Enfin , Chaussier ^ pour éviter la confusion qui naissait souvent de cette homonymie, proposa de laisser le nom de phalange au premier de ces os , et de nommer les deux suivants Pàalangine et phalangette; mais encore ici la première de ces expressions prêtait à une double entente, étant aussi employé pour les trois osselets ensemble. Je propose de là de le remplacer, comme nom spécial , par le mot phalangeôle y et de conserver, comme autrefois , celui de phalange comme nom cx>mmun.
Outre ces osselets prindpaux des doigts, on en trouve encore très-
118 FfiEMlËHE PARTIE.
!»ouveut d autres beaucoup plus petits, en forme de simples grains, placés par paires sous les articulations métacarpo-phalangeoliennes, et que Gâliex désigna déjà sous le nom d'os Sésamoïdes^ les comparant, pour la forme , à des graines de sésame ; on n'en trouve d ordinaire qu'an pouce dans ÏHomme, mais à tous les doigts chez les autres Mammi- TÙLES ; enfin , on en rencontre aussi d a peu près semblables chez ces derniers , sous les articulations phalangino-phalangettiennes , et qui , n ayant , que je sache , pas encore reçu de nom spécial , je les désignerai ><5us celui dos Coccoides ( i ). Ils servent , comme les sésamoïdes , à former une gouttière aux tendons des muscles fléchisseurs des doigts, afin qu'ils ne soient pas comprimés dans la locomotion.
Ijt pouce de l'Homme et des Quadrumanes , plus écarté et plus remonté que les autres doigts, et placé aussi sur un plan plus postérieur, par l'efiet de la disposition de son métacarpien , est seul susceptible d un mouvement de rotation sur lextrémité supérieure de ce dernier ; mouvement par lequel il peut tourner, pour se mettre en opposition avec les autres doigts, afin de former avec eux une véritable pince , au moyen de laquelle ï Homme saisit ou empoigne les objets avec force.
Dans les quatre doigts suivants , la longueur et la grosseur de chacun indique déjà , chez Y Homme , Tordre dans lequel ils disparaissent chez les autres Majihiferes ; le plus fort est celui du milieu , et en même temps celui qui persiste le plus longtemps ; viennent ensuite , suivant leur grandeur, le quatrième, le second , et le cinquième , qui est le plus faible. Mais, de tous, cest le pouce qui disparaît le premier chez les Mammifères , et les autres alternativement au bord externe et au bord interne de la main.
Chez les Quadrumanes , les membres antérieurs diffèrent assez peu de ceux de Y Homme , mais sont déjà plus longs , plus grêles , et servent en partie à la marche quadrupède ; fonction qu'ils remplissent ensuite pins particulièrement chez la plupart des autres Mammifères. Le carpe s*étend fjeaucoup moins sur lavant-bras, de manière que ces Animaux nepeu-
1 ^ Ile waa/K , grain , ptpio ; de sTBoc , forme , comme ayant la forme d'une graine de plante.
vent déjà plus appuyer la palmure entière de la main sur le sol en marchant , comme le fait \ Homme placé à quatre , mais simplement les ex-* trén^iités des métacarpiens et les doigts, ceux-ci restant entièrement étendus ; et le pouce , devenant aussi plus petit et moins opposable, se prépare déjà par là à disparaître dans d autres familles plus éloignées.
Dans Tordre des Plantigrades , comprenant principalement le genre Ursus , qui en est le type , les Erinaceus (Hérisson) , les Sorex (Musaraignes) , etc, la clavicule , très-développée dans certains genres , comme ceux des Talpa , des Erinaceus , et des Sorex , n*est plus qu'un petit os rudimentaire de 2 à 3 centimètres de long chez les Ursus , et manque même tout à fait , et lacromion ne forme plus cet élargissement qui recouvre l'articulation scapulo-humérale dans YHomm^e et les Quadrumanes.
Les deux os de lavan t-bras , quoique mobiles encore l'un sur l'autre, le sont cependant beaucoup moins que chez les Quadrumanes ; la main n'appuie plus sur le sol que par les extrémités des métacarpiens , comme chez les Quadrumanes , et par l'intermédiaire d'une Pelotte fibro-graisseuse sous-cutanée, dont on voit déjà les rudiments chez \ Homme ^ dans trois saillies arrondies placées à la base des doigts , mais qui ne sont pas plus apparentes chez les Singes que dans l'espèce humaine. Les doigts , tous les cinq de niveau, sont presque entièrement étendus, mais plus courts que dans les Singes, et le pouce en conséquence n'est plus opposable, et souvent déjà un peu relevé.
Dans les Carnivores, les modifications vont un peu plus loin encore ; la main n'appuie plus sur le sol que par les extrémités des métacarpiens, ainsi que par celles des doigts , qui sont même fortement fléchies , ayant la phalangeole dirigée obliquement en avant et en haut, la phalangine en bas et en avant , et la phalangette en avant; en appuyant sur le sol , <:hacune par le moyen d'une Pelotine fibro-graisseuse propre , dont l'analogue se trouve également déjà dans la partie molle du bout des doigts de XHomme et des Quadrumanes, et plus marqués encore chez les Plantigrades ; les extrémités des métacarpiens appuient , •en outre, comme chez ces derniers, par l'intermédiaire d'une pelotte
trilobée commune. Le pouce se raccourcissant davantage que chez les Plantigrades, n atteint plus à terre, reste le plus souvent sans usage, et disparaît même déjà dans plusieurs genres, tels que celui des Hyœna.
Les Marsupiaux , Animaux si singuliers sous le rapport de leur mode de génération , sont encore remarquables par la grande différence qui existe entre leurs dents , et la forme des extrémités de plusieurs d'entre eux. Quant aux membres antérieurs , ils ressemblent tout à fait à ceux des Carnivores et des Rongeurs.
Les Rongeurs se trouvent dans les mêmes conditions que les Carnivores et les Marsupiaux. Beaucoup ont des clavicules très-dé veloppées ; mais quelques genres , tels que ceux des Lepùs , des Ca\>ia , des Paca et des Agouti^ les ont rudimentaires ou nulles. L'humérus n'a rien de remarquable, comme d'ailleurs chez presque toas les Mammifères, mais les deux os de lavant-bras se rapprochent déjà tellement qu'ils ne sont plus capables d'aucun mouvement de pronalion ou de supination.
Enfin , les doigts varient plus souvent en nombre ; les Fiber (Castor) en ont cinq dont le pouce court et relevé. Dans les Sciurus^ ce dernier disparaît , mais dans aucun genre il y a moins de quatre doigts.
Parmi les Édentés^ il n'existe rien de caractéristique pour tous dans les membres, sinon des anomalies dans presque chaque genre , mais dans les détails desquels je ne puis pas entrer ici.
Chez les Pachydermes , qui font le passage des onguiculés aux ongulés ou des digitigrades aux onguligrades, les membres antérieurs offrent par là des modifications fort grandes d'un genre à l'autre. Ces Animaux, généralement lourds , ont les omoplates plus ou moins larges , mais aucun n'a de clavicule ; les humérus , sans s'écarter beaucoup de la forme ordinaire , ont leurs tubérosités plus saillantes; mais les deux os de l'a van t««bras commencent déjà à présenter des modifications très-grandes. Chez les Eléphants , le radius est beaucoup plus faible que le cubitus , ce qui n'est d'ailleurs qu'une exception dans toute la classe ; le carpe et le métacarpe ne présentent rien de remarquable; et les doigts, au nombre de cinq, louchent tous à terre , en se terminant par de petits sabots enveloppant les phalangettes. Derrière les doigts se trouve une large pelotte fibre-
taiitcliacuu un doigt complet, d'égale grandeur; et en arrière sont deux rudiments de doigts latéraux suspendus dans la peau.
Dans les Ce/vus et les Moschus seuls , ces deux doigts latéraux ont encore des métacarpiens rudimentaires accolés postérieurement aux métacarpiens moyens, et portant aussi des doigts fort raccourcis.
Les Amphiries , formant une branche latérale qui conduit aux Cbtaces , ont des membres antérieurs qui ressemblent beaucoup à ceux des Carnivores , auxquels ces Animaux se rattachent. Ils en diffèrent , toutefois , essentiellement par une plus grande grosseur et une moindre longueur dans toutes les parties , excepté les doigts , ces membres ne servant presque plus à la marche, mais principalement à la nage. Les doigts, au nombre de cinq, tous réunis en une palette élargie, forment encore un des principaux caractères de ces Animaux.
Chez les Cétacés , le membre se raccourcit encore plus , et la main également en forme de palette , exclusivement propre à la nage , renferme des doigts dont les phalanges sont souvent plus nombreuses que dans les autres Mammiférks , pour donner plus de flexibilité à ces rames: disposition tout à fait exceptionnelle.
Dans Tordre des Chéiroptères, formant également une branche latérale (|ui se rattache aux autres Insectivores , les membres antérieurs subissent une modification toute particulière , par laquelle, sans cesser tout à fait de servir à la marche, et sans différer autant qu'on pourrait le penser des mêmes membres dans les Quadrumanes et les Plantigrades , ils sont transformés en ailes, au moyen desquelles ces Animaux peuvent se ti*ansporter dans l'air, par l'effet d'un véritable vol , qui , tout facile <fuilest, ne paraît cependant paspouvoirêtresoutenulongtemps, ni pouvoir être très-rapide. En conséquence de cette moditicat ion, lomoplate est étroite et petite , comme chez les Oiseaux; les muscles qui s'y fixent nagissant pas avec grande force dans le vol , la clavicule est au contraire trèsdéveloppée , ayant à supporter des efforts considérables dans le mouvement des ailes, en même temps qu'elles doivent fixer solidement larticulation scapulo-humérale pour permettre -un vol régulier. L'humérus ne présente rien de bien remarquable; mais déjà les deux os de l'avant-
SYSTÈME OSSBDX. 123
bras ne sont susceptibles d'aucun mouvement de pronation et de supination , qui rendraient le vol trop incertain. Les os du métacarpe et les doigts , à l'exception du pouce, sont les parties qui ont éprouvé les plus grandes modifications apparentes , sans que cela soit en réalité , ayant simplement pris un développement excessif en longueur, et se trouvent réunis par une vaste membrane tégumentaire , partant latéralement du cou et se prolongeant le long des côtés du corps jusqu'à la queue, en contenant dans son étendue les deux membres du même côté, ainsi que les doigts, qui deviennent si longs et si grêles, qu'ils ressemblent tout à fait aux baleines soutenant la toile d'un parapluie.
Dans ces membres aliformes, le pouce seul reste court et libre , et se trouve armé d'un ongle fort et crochu servant à soutenir l'Animal , soit dans la marche, soit en grimpant. Pendant la marche, qui est toujours quadrupède , le pouce et le carpe appuient seuls sur le sol , tandis que les quatre doigts externes, portant la membrane de l'aile, se replient sur le dos pour ménager cette dernière.
Les membres postérieurs des Mammifères subissent des modifications à peu près semblables à celles des antérieurs , surtout pour ce qui a rapport aux orteils , les représentants des doigts.
Dans \ Homme ces membres se composent successivement de haut en bas de la Cuisse, soutenue par un seul os ou Fémur; de la Jambe , qui en a trois : Idi Botule, le Tibia et le Péroné; et du Pied, formé lui-mêilie de deux parties, dont la première, simple et élargie, ou Coude-pied , correspondant à la palmure de la main , est elle-même composée de deux parties consécutives, dont la première ou le Tarse, articulée avec les os de la jambe, renferme sept osselets disposés en trois rangées, dont la première comprend ï Astragale, seul arthrodié avec le tibia et le péroné, et le Calcanéum placé dessous et formant par une saillie postérieure ce qu on nomme le talon, A la seconde rangée se trouvent en dedans le Naviculaire placé devant l'astragale , et en dehors le Cuboïde situé devant le calcanéum, mais qui fait aussi partie de la troisième rangée. Enfin , le dernier rang d'osselets en comprend quatre, dont les trois internes sont généralement désignés parle nom de cunéiformes,^ comme ayaqt,
dit-on, la forme de coins, et distingués par leurs noms numériques de premier, second et troisième, en commençant par le plus interne; mais on conçoit que si l'un disparaît, ce qui arrive fort souvent , ces dénominations deviennent fausses pour les autres. Beaucoup danatomistes les appellent grand, moyen, et petit cunéiforme, mais ces noms n'étant aussi applicables que chez \ Homme et quelques Animaux, je propose de les remplacer par des noms substantifs propres , et de nommer le plus interne Chalcoïde (i), d après l'un des noms communs que Galibn applique à ces trois osselets; de laisser exclusivement le nom de Cunéiforme au second, qui se trouve en effet placé comme un coin entre les autres; et de nommer le troisième, ou l'externe, j^//r/o/i (2), qui est aussi une des dénominations que Galien applique à ces osselets; enfin, le quatrième os de la troisième rangée est le même cuboïde dont j'ai déjà parlé , situé au bord externe du pied , et ainsi nommé pour sa forme.
La seconde partie du coude-pied , ou le Métatarse, se compose , chez tous les Mammifères à cinq orteils , d'autant de petits os longs placés à côté les uns des autres , comme les métacarpiens , dont ils sont une répétition , et distingués ordinairement comme eux par leur nom numérique , en partant du plus interne ; mais je crois , de même que pour ces derniers , devoir leur applicjuer des noms substantifs spéciaux , afin de mieux les distinguer, et que je tire , pour faciliter la mémoire , du nom de TreJiov (Pédion), que les Grecs donnaient souvent au métatarse, et je les distingue entre eux par la voyelle de la première syllabe ^ qui marque leur ordre, formant ainsi les noms de Padion , Pédion , Pidion^ Podion et Pudion , conservant le terme de métatarsien comme leur nom commun.
La seconde partie du pied est formée par les Orteils , appendices articulés , en même nombre que les métatarsiens, au bout desquels ils sont placés , et composés chacun , comme les doigts auxquels ils correspondent, de trois phalanges consécutives , nommées de même lap/udan-
(1) Do grec x«^îto£i$T)ç , qui est dur comme du bronze. (1) Eirixpuiv.
geôle , la phalangine et la phalangette ; à rexception du premier de ces orteils qui n'en a que deux , la phalangine manquant.
Ces orteils sont, de même que les doigts, distingués les uns des autres par leur nombre ordinal, et comme le premier, qu'on nomme souvent \egros orteil^ nom qui ne convient aucunement à ses analogues chez la plupart des Animaux , porte en latin le nom spécial de Haïlux^ je propose de l'adopter en français • et de désigner les quatre suivants par les noms de Hellux^ Hillux, Hollux et Hullux.
Le Fémur, l'os le plus long du corps , varie fort peu dans toute la classe des Mammifères; il se termine supérieurement comme l'humérus , son analogue dans le membre antérieur, par un renflement formé de trois tubérosités : l'une ou le condyle , en forme de sphère , s'arthrodie avec le bassin , et le trochanter et le trochantin forment les deux autres, auxquelles se fixent des muscles. A son extrémité inférieure, le même os se termine par deux grosses saillies ou condyles articulaires , placées à côté Tune de l'autre , et arthrodiées sur l'extrémité du tibia avec interposition des deux cartilages Séléniques (semi-lunaires), et en avant par la Rotule^ os court ellipsoïde, lequel s'oppose à la flexion en avant de la jambe.
Le Tibia , le plus fort des os de la jambe , à la partie interne de laquelle il est placé, est terminé en haut par une troncature articulaire, par laquelle il est uni aux deux condyles du fémur, et inférieurement par une cavité arthrodiale, en forme de gorge de poulie, dans laquelle se meut d'avant en arrière le premier os du tarse ou l'astragale.
Le Péroné , beaucoup plus faible que le tibia , le long de la face externe duquel il est placé , s'articule à ses deux extrémités avec lui, et jamais avec le fémur, ainsi que cela a lieu chez les Oiseaux et les Reptiles. Ces deux os laissent un grand espace vide entre eux dans toute leur diaphyse , sans qu'ils jouissent, comme leurs analogues de l'avant-bras, d'aucun mouvement de pronation et de supination ^ qui rendraient la marche moins certaine.
Au Tarse^ l'astragale s'articule seul avec les deux os de la jambe , et le second os ou le calcanéum , le plus volumineux des sept , se dirige en ar-
126 PRKMIÈRE PARTIE.
rière et en dessus, en formant la saillie du talon , pour présenter aux muscles extérieurs du pied un bras de levier du premier genre , sur le- (|uel ils agissent avec force , comme les extenseurs du coude sur ïolécrâne.
Les cinq os du métatarse sont placés à côté les uns des autres et sur une même plan un peu courbe , comme les métacarpiens des Plantigrades, sans quil puisse y avoir opposition entre les orteils; le premier est chez Y Homme simplement plus grand que les autres , qui décroissent légèrement jusqu'au dernier, et ainsi aussi les orteils quils portent. Ceuxci , beaucoup plus courts et moins mobiles que les doigts, ne servent que rarement à la préhension , et seulement par leffet d un exercice particulier; et dans l'état ordinaire exclusivement à la marche, formant , avec le dessous du pied jusqu'au talon , la base de sustension du corps.
Ces membres sont d'un degré plus élevé chez les Quadrumanes que dans Y Homme ^ mais en cela seulement que le pied avec les orteils ressemble plus à la main que chez ce dernier. Du reste le membre est à peu près comme dans Tespèce humaine, seulement plus grêle dans toutes ses parties, et de là plus faible; aussi ces Animaux ne marchent-ils que rarement debout , étant plus quadrupèdes que bipèdes , même les Pithecus (Orangs) et les Hilobates , espèces qui approchent le plus de Y Homme.
Les orteils des Quadrumanes sont longs et mobiles comme les doigts , et avec cela le premier , disposé comme le pouce , est opposable aux autres , ce qui permet à ces Animaux de saisir les objets avec leurs pieds presque aussi fortement qu'avec les mains , et leur facilite singulièrement l'action de grimper, qui est leur mode le plus ordinaire de locomotion.
Le pied et le reste des membres prennent cependant bientôt^ dans les Plantigrades, la forme qu'ils ont dans l'espèce humaine , surtout chez les Vrsus et les genres voisins oii les cinq orteils à peu près de même longueur, se placent les uns à côté des autres sans pouvoir s opposer, et ne servent plus que fort imparfaitement à la préhension , c'est-à-dire simplement au grimper, les ongles qui prennent la forme de griffes, facilitant beaucoup ce genre de locomotion à ces Animaux.
SySTÈMB OSS£UX. 127
Le pied pose dans la station sur toute la plante , comme d^nsï Homme ^ d où a été pris le nom donné à cet ordre de Mammifères ; mais déjà dans la marche, tous relèvent plus ou moins le talon, et commencent ainsi à devenir digitigrades ; mais les orteils sont presque entièrement étendus comme dans Tespèce humaine.
Dans les autres digitigrades et les onguligrades, ces membres s éloignent ensuite de plus en plus de la forme qu ils ont chez les Singes et chez \ Homme , en prenant, autant que leur type le permet , la même forme que les antérieurs , surtout pour ce qui a rapport aux orteils , qui ne diffèrent que fort peu des doigts.
Ainsi, dans tous les Carnivores, plusieurs Marsupiaux et beaucoup de Rongeurs et d'EnsNTES, le talon est constamment relevé plus ou moins verticalement, et TAnimal n appuie sur le sol que parles extrémités des métatarsiens et la phalangette des orteils, absolument comme aux membres antérieurs, et cela en appuyant de même sur le sol au moyen d'une Pelotte et de Pelotines placées sous les extrémités des métatarsiens et des phalangettes. Les différences principales dans toute cette série d'onguicuiés, ne portent d ordinaire que sur le nombre des orteils , à part quelques exceptions que présentent certaines espèces tout à fait excentriques, telles que les Didelphis^ dont le premier orteil est opposable, comme dans les Singes, les Édentés, qui tous présentent des particularités propres à chaque genre , mais dans les détails desquels je ne puis pas entrer ici.
Le premier orteil ou hallux , qui remonte beaucoup plus que chez les Plantigrades, est généralement rudimentaire, et disparait déjà dans plusieurs genres. Chez les Chiens^ il est ainsi réduit à un simple rudiment suspendu à la peau, qui manque même souvent; et dans les FeUs^ il u existe pas du tout ; mais aucun autre orteil ne disparaît , du reste , chez les Carnivores.
Parmi les Rongeurs, les Hisirix ont cinq orteils; les Lepus, quatre; les Dasyprocta , trois seulement , et jamais moins dans aucun genre.
Dans cet ordre paraissent certains genres remarquables par quelques exceptions ; ainsi , les Cheiromys ont le pouce de la main écartée et le»
doigts longs comme dans les Singes; les Dipus ont trois mêla tarsiens d'une longueur extraordinaire, et réunis en un seul os, rappelant le caractère que présentent les Ruminants.
Parmi les Edentés , on trouve , comme pour les membres antérieurs, des différences considérables et presque partout des anomalies. Les Myr» niecophaga ont cinq orteils , et les Bradypus trois complets avec deax métatarsiens rudimentaires de plus.
Chez les Pachydermes, qui font le passage aux onguligrades, les membres postérieurs se trouvent à peu près dans les mêmes conditions qoc ceux de la première paire , principalement par l'extrémité des orteils appuyant sur le sol , et plus en arrière souvent par le reste du pied à demi relevé , au moyen d'une grande pelotte fibro-graisseuse formant une espèce de semelle qui élargit considérablement le pied. Chez les Eléphants^ le talon est à peine saillant derrière cette masse; dans les Rhinocéros y il l'est un peu plus; et dans X Hippopotamus ^ qui approche beaucoup des digitigrades, le talon est plus relevé encore. Enfin, dans les Cochons et les Chevaux , la pelotte dont j'ai parlé n'existe plus du tout, et ces Animaux marchent entièrement sur les phalangettes enveloppées de toute part par le sabot, comme aux doigts. Les premiers ayant, de même qu'aux pattes antérieures , les deux orteils moyens appuyés sur le sol, et les deux extrêmes relevés; et les Che^^auxun seul appuyé et deux latéraux réduits à des rudiments sous-cutanés de leui-s métatar^ siens.
Les Ruminants, enfin, ont des pieds postérieurs qui ressemblent toot à fait aux antérieurs pour le nombre, la forme et la disposition des orteils et des métatarsiens : ce sont, avec les Solipèdes, les on^ligrades par excellence.
Dans l'ordre des Chéiroptères, les membres postérieurs sont compris jusqu'aux pieds dans la membrane aliforme. Les cinq orteils sont de niveau comme dans Y Homme et les Plantigrades , et l'Animal appuie toute la plante des pieds; mais les os de la jambe sont tournés de manière que le pied est dirigé en arrière au lieu de l'être en avant , ce qui facilite à ces animaux les moyens de pouvoir se suspendre par leurs ofigles
les OS (lu nez; enfin, que le restant des os de la tête est foroié par les appendices de ces six vertèbres céphaliques , comme les côtes , le sternum et les membres forment ceux des vertèbres rachidiennes.
iM. Oren ayant le premier reconnu lanalogie qui existe entre les os de la tète et ceux composant le reste du corps , je dois donner ici une analyse de son savant mémoire, afin de prendre sa théorie pour base.
La tête des Mammifères, et en général de tous les Vertéerés, se compose de deux parties, le crdnc et la face; et le premier se trouve, ainsi que je viens de le dire , formé , suivant ce célèbre naturaliste , de la réunion de trois vertèbres qu'il nomme SensiWes ^ comme renfermant chacune un organe des sens. Ce sont , d'avant en arrière , la vertèbre sphénoïdale antérieure ou i^ertèbre ophthalmiqne ^ la vertèbre sphénoîdale postérieure ou vertèbre maxillaire, et la vertèbre basilaire ou vertèbre auriculaire.
La vertèbre ophthalmique a pour corps la partie centrale du sphénoïde (antérieur); et ses apophyses transverses, ainsi que les obliques, sont représentées par les ailes d'Ingrassias ; enfin, la lame ou apophyse épineuse l'est par les deux os coronaux.
La vertèbre maxillaire a pour corps la partie centrale du sphénoïde postérieur (sphécoïde), pour apophyses transverses et obliques les grandes ailes ( apophyses ptérales ) , et la lame est représentée par les deux pariétaux. Les apophyses ptérygoïdes lui paraissent étrangères à la vertèbre elle-même, en constituant simplement un de ses appendices , et être très-probablement les analogues des os onioïdes des Oiseaux , ainsi que Cl'vier le pensait déjà.
Quant aux temporaux ils n'appartiennent également pas à la vertèbre elle-même , mais forment des appendices ; et en efTet , leurs sutures écailleuses montrent qu'ils sont appliqués extérieurement sur les autres os du crâne, et M.Oken fait surtout remarquer qu'ils sont entièrement extérieurs chez le Mouton^ les Crocodilus et les Chéloniens.
La vertèbre auriculaire se compose de l'os basilaire , qui constitue son corps; des condyliens ou ses parties latérales, et de l'occipital ou sa lame.
SYSTÈME OSSBUX. 131
L apophyse mastoïde appartient bien à cette même vertèbre , mais dépend, d'après M. Oken, plus particulièrement de la langue.
Les trous intervertébraux sont le trou sphénoïdal et le trou déchiré postérieur.
La face n'est composée , suivant M. Oken (dans son Programme), que des pièces appendiculaires des trois vertèbres crâniennes. Le Vomer^ qu il regarde comme formant la continuation du sphénoïde antérieur^ partage la cavité nasale en deux fosses ; mais l'auteur fait remarquer que Portai y découvrit trois points d ossification formant ainsi trois corps de vertèbres idéales ; aux côtés , il se joint par des apophyses aux os palatins , et forme ainsi avec Tethmoïde et les naseaux la cavité nasale, que lauteur compare au thorax, en lappelant le thorax de la tête.
Les os palatins sont des analogues des côtes , et les circonvolutions des cornets , ainsi que les anfractuosités de Tethmoïde et la lame criblée , sont , suivant lauteur , indubitablement des bronches et des poumons , et le sens de lodorat n'est qu un sens thoracique , et n a en conséquence pas de vertèbre céphalique à laquelle il appartient.
Les os nasaux , unguis , ainsi que les cornets inférieurs du nez , M, Orbn les considère comme la continuation épineuse des os coronaux et des parties latérales de la vertèbre.
De même que Fauteur trouve de Tanalogie entre la cavité nasale et le thorax , de même il en trouve entre les os des mâchoires et les quatre membres. Les os temporaux, malaires et les maxillaires supérieurs (siagonaux) forment une série représentant, suivant cet anatomiste, les membres supérieurs , dont l'analogie n'est réellement pas bien claire , dit-il , mais chez les Oiseaux , oii Tos carré (tympanique) est l'analogue de \ omoplate , la partie du malaire qui s'articule avec ce dernier représente \ humérus; les deux pièces suivantes (i) sont le radius et le cubitus y et enfin le maxillaire , la main. L'os omoïde forme la clai^icule
(1 ) Diaprés Portal , le malaire de V Homme est formé par trois points d'ossification ; et M.Oebn l'a également trouvé composé de trois pièces dans iin fcetus A terme.
Les dents représentent les doigts^ et leur changement est à comparer à la succession des phalanges ^ enfin los intermaxillaire (labral) lui paraît représenter le pouce.
La mâchoire inférieure est Fanalogue des membres postérieurs; chaque branche est composée de trois pièces , comme on le voit dans les Oiseaux, les Crocodilus, la Lacerta apoda (Pseudopus) et les Ghélo- NiENS (i). Dans un foetus (presqua terme) ^Anas bosclias^ M. Oken a même trouvé chaque branche de mâchoire , sans l'os carré (ty mpaniqne) , formé à^sept pièces, dans lesquelles on retrouve ainsi facilement les principales parties des membres inférieurs. Mais comme les mâchoires supérieure et inférieure partent à la fois de Vos temporal chez les Mammifères, ou bien de los carré chez les Oiseaux et les Reptiles, ces derniers os représentent en conséquence en même temps, suivant lui, Y omoplate et los iliaque , et les mâchoires ne dépendent ainsi que d'une seule vertèbre.
Quoique lauteur considère d'une part le temporal, ou l'os carré, comme représentant à la fois Tomoplate et l'os des iles , il pense cependant que l'hyoïde pourrait bien être l'analogue du bassin , car l'os styloïde serait à comparer au sacrum; de manière que la nourriture entre dans le tronc en traversant un bassin , et en sort en en traversant an autre.
De toutes ces dispositions , M. Oken conclut aussi qu'il y a de l'analogie entre la camié buccale et la cai^ité abdominale , d'oii il résulte que le goût n'est également pas un sens céphalique , mais bien , comme celui de l'olfaction , un sens tronco-céphaUque.
Dans son mémoire inséré en 1817 dans Xlsis , M. Oken considère toujours les deux sphénoïdes et l'os basilaire comme constituant les corps des trois vertèbres crâniennes; et la face comme composée ^|;aleraent de trois vertèbres, dont les corps sont représentés par le vomer seul, et de plus par les appendices des six vertèbres céphaliques ^ les analogues des côtes ^et des membres du tronc.
(1) Elle y est bien composée de six de chaque c6té.
Pour faire bien comprendre sa théorie de la composition de la tête , ainsi que sa nomenclature comparée des os du crâne et de la face, avec ceux du tronc , M. Oken fait remarquer , avec raison , que les vertèbres cervicales des Mammifères se composent non-seulement de la vertèbre elle-même , mais encore d*une paire de rudiments de côtes confondues avec elle , dont il a déjà été fait mention plus haut. Ce rudiment intercepte, entre lui et la partie qui correspond à la véritable apophyse transverse, cette ouverture qu'on appelle trou de ï artère s^ertébrale , répété également sur la région dorsale par les intervalles entre les côtes et les apophyses transverses.
Partant de là, M. Oken pense qu il en est de même pour les vertèbres céphaliques, et considère, dans le second mémoire, les os sphénoïde (antérieur) , sphénoïde postérieur {sphécoïde) et basilcUre , non-seulement comme représentant les corps des trois vertèbres crâniennes, mais encore comme renfermant de même les rudiments des côtes qui s*y rapportent. Il se fonde même pour cela sur ce que les trous optiques ^ oi^ales et condyUens antérieurs , qu'il croit analogues aux trous de l'artère vertébrale (i) traversent les parties latérales de ces vertèbres crâniennes; de manière que ce qui se trouve en dehors de ces ouvertures serait les côtes crâniennes, et qu'il n'y a plus qu'à trouver l'analogie des autres os de la tête avec ceux des membres.
Mais je crois qu'il y a erreur ici ; car non-seulement la direction de ces trous n'est pas parallèle au canal vertébral (cavité du crâne ) comme elle lest dans les trous de l'artère vertébrale , pour donner passage à un artère, mais ils commmiiquent de la cavité crânienne au dehors pour la sortie des nerfs cérébraux, absolument comme les trous de conjugaison du rachis, dont ils sont bien évidemment les représentants , ou du moins des dépendances ; d'où résulte pour moi que les parties
(1) Il nomme ces trous , les ti*otis vertëbrauz (vtrtehralUicher) ^ œ qui est sans cloute par erreur, car un peu plus bas il dit formellement que les trous vertébraux (verldtrMikher) , ou trous de conjugaison sont les trous de la lame criblée, les fentes orbiuires supérieures et les trous déchirés.
13& PRBMIÈRE PARTIE.
que M. Oken considère comme des côtes ne sont que de véritables apophyses des vertèbres céphaliques.
Suivant le même auteur , les trous de conjugaison (vertebrallôcher) seraient les trous de la lame criblée , les Jentes orbitaires supérieures et les trous déchirés , ceux-ci séparés en deux par les rochers qui les traversent , ce qui est en effet indiqué par les rapports des trois vertèbres.
Les apophyses obliques de la première vertèbre crânienne ou sphénoïdale, quil nomme i^ertèbre oculaire^ sont les apophyses d'Ingrassias (qu'il considère cependant plus loin comme étant des appendices costaiu) ; la seconde paire des apophyses obliques , il la trouve dans Tarcade oiintaire, qu'il a plusieurs raisons de considérer comme étant un os à part, et surtout par ce principe que tous les trous qui traversent les os, les trous nourriciers exceptés , ont été primitivement des fentes qui séparaient des os , et qu'en conséquence il doit en être ainsi pour le trou sus-orbitaire. Cet os, soupçonné par M. Oken, existe en effet chez plosienrs Sauriens et quelques Poissons , où je le nomme os épicyle. La lame de la vertèbre oculaire est formée par les deux frontaux.
La vertèbre sphécoïdale, quil appelle maxillaire^ a, selon lui, pour apophyse oblique les grandes ailes et les os squammeux ( partie écailleose du temporal de l'Homme), et pour lame les paf iétaux. Quant au wor* mien (qui représente bien évidemment lapophyse épineuse), il ajoute qu'il n'a rien à dire à son sujet.
Pour la vertèbre basilaire , qu'il nomme i^ertèbre auriculaire , elle a les os condyliens pour apophyses obliques postérieures , pour obliques antérieures les mastoïdiens, qui forment dans le jeune âge également un os spécial , et pour lame l'occipital supérieur.
Les pièces répondant aux côtes sont pour la vertèbre sphécoïdale les grandes ailes (qu'il considère ailleurs comme des apophyses obliques ) , ce qu'elles sont en effet; mais il ne dit pas ce qu'il regarde comme pièces costales dans les deux autres vertèbres du crâne.
Le vomer, que M. Oken dit avoir vu formé par trois points d'ossification , il le considère toujours comme représentant les corps de trois vertèbres faciales; tandis que selon moi, ces vertèbres faciales, au nombre de
STSlàilB OSSEUX. 155
deux seulement I ont pour corps la lame verticale de lethmoïde et la cloison inférieure du nez, qui lui fait suite; laquelle forme une pièce spéciale , dans beaucoup d'Animaux , ainsi qu'on le verra plus bas, en parlant de la composition de la tète chez les Oiseaux et les Poissons.
Pour ce qui est des deux rochers ^ ils ne font , suivant M. Oken , pas partie des vertèbres crâniennes, mais sont des os dépendant du sens de louïe qui leur sont intercalés.
J'admets en grande partie les analogies que ce savant anatomiste signale entre les divers os du crâne et celles des vertèbres rachidienne , mais je crois devoir y faire quelques modifications.
Le vomer, que M. Oken regarde comme formant la continuation de la partie moyenne du sphénoïde , il le considère dans les deux mémoires comme le corps de trois vertèbres antérieures ou ^cza/e5 qui terminent la colonne vertébrale en avant, de la même manière que la queue la termine en arrière; mais il n'indique pas les parties de cet os qui correspondent aux vertèbres respectives , et ne dit pas non plus quelles sont leurs apophyses.
Telles sont , suivant M. Oken, les parties de la tête qui constituent les six vertèbres dont elle serait formée , y compris les appendices analogues aux côtes.
Dans les Oiseaux, oii M. Oken prend l'O/e pour exemple, il trouve la même analogie ; il y reconnaît le véritable squammeux, ainsi que les os coronaux, pariétaux, l'occipital (supérieur), les condy liens ou occipitaux latéraux, le basilaire, le sphénoïde et le sphécoïde confondus , le maxil-* laire supérieur (siagonal) , l'intermaxillaire (labral) , l'ethmoïde , le vomer, le palatin , les omoïdes et les os carrés (tympanique) , sur lesquels il n'existe pas de doute. Mais il appelle grandes ailes du sphénoïde la partie de la cloison des orbites qui répond selon moi à l'apophyse d'Ingrassias. Ce que Cuvier nomme le Jrontal antérieur (mon métopinal) est, selon M. Oken , le nasal. Il reconnaît aussi que l'arcade zygomatique est composée de trois parties qu'il considère comme des démembrements du malaire , tandis que je regarde la première partie , ou l'antérieur, comme paraissant être Tanalogue de l'apophyse ptérygoïde externe; la seconde^
comme répondant seule au malaire; et la troisième, que je nomme le corsai, est, suivant moi, lanalogue de lapophyse zygomatique du temporal de THomme , qui s est séparé de cet os , ainsi que cela ressort de la disposition de ces pièces chez les Sauriens et les Chéloniens.
Dans le second mémoire, M. Oeen, poussant encore plus loin Tanalogie qu'il a reconnue entre les parties de la tète et celles du tronc , y trouve même les représentants des membres, selon lui bien remarquables dans les OiSEALX, où la mâchoire inférieure forme le membre postérieur de la tète ainsi que le bassin. Los carré (tympanique) est lomoplate de la tète, les trois pièces de larcade zygomatique , Thumérus , le cubitus et le radias. Le maxillaire supérieur forme les quatre doigts externes, confondus en une seule masse, mais distincts dans les fœtus humains. L'intermaxillaire est l'analogue du pouce , et les incisives supérieures ses phalanges , et enfin les autres dents sont les griffes des membres céphaliques , dont le nombre ne répond toutefois pas à celui des doigts , ce qui dépend , pense- t-il , de quelque atrophie. M. Oken croit aussi que chez les Mammifères le malaire doit être composé de trois parties. L omoide est la clavicule ; Tonguis est composé de deux pièces ( qu'il n'indique pas ) correspondant à Tanneau sons-orbitaire des Poissons. Le palatin, Tunguiset le nasal forment chez les Mammifères une série qui semble indiquer encore une vertèbre. L ethmoïde est dans le nez un viscère endurci , analogue au poumon , et n'appartient ainsi pas au véritable système osseux.
Dans la mâchoire, Tos articulaire répond à Filium; une lame externe qui le précède est l'ischion , l'os operculaire de Geoffroy Saint-Hilaiie est le pubis; et ceux-ci sont suivis du fémur, et plus en avant de deux autres qui constituent le tibia et le péroné; l'os dentaire est le pied.
L'hyoïde, que M. Oeen regardait dans le premier méttioire comme la répétition du bassin , est considéré ici comme appartenant an larynx , et n'est que le premier anneau de la trachée; et le mastoïdien ainsi que l'os styloïde , semblent appartenir à la même partie. Les omoîdes et les palatins représentent l'anneau le plus supérieur de ce canal aérien , et ne sont aussi, avec le mastoïdien et le styloïde , que des parties viscérales qui rentrent, comme l'ethmoïde , dans le système osseux , et repré-
STSTÈME 0S8ECX. 137
sentent du reste encore des membres antérieurs et postérieurs. Quant aux anneaux de la trachée-artère, ce sont des analogues de côtes.
En 1 808, M. DuMÉEiL (i), ne connaissant probablement pas le mémoire de M. Oken, publié un an avant, fit remarquer que la tête s articulait avec latlas de la même manière que les vertèbres s*articulent entre elles ; mais sans dire que la tète était composée d'un assemblage de vertèbres ; et cependant , beaucoup d anatomistes français lui ont attribué cette découverte.
Meckel traita le même sujet dans ses Beytrd. zur \>ergl. Anat. , t. II , 2* cah. , p. 78 , i8i!i , 011 il avance des opinions un peu différentes de celles émises par M. Oeen , mais qui n ont pas été admises. 11 y fait toutefois remarquer le premier que c'est lethmoïde qui forme le corps de la première vertèbre crânienne, en ajoutant quil avait pour lames ou masses apophysaires les deux os coronaux : ce qui est bien évidemment erroné , et n est adopté par personne. Dans ce passage , d'ailleurs un peu obscur, il dit aussi que les rochers forment, avec les temporaux, les deux moitiés d'une vertèbre entre lesquelles le sphécoïde et l'occipital se sont engagés : ce qui n'a é|;alement été admis par personne. Du reste, il ne diffère pas de M. Oken.
En 1816, M. DE Blainyille (2), s'occupant de la même question, adopte au fond l'idée de M. Oken , que le crâne est formé de trois vertèbres qui correspondent dans leurs corps aux os sphénoïde (antérieur), sphénoïde postérieur {sphécoïde) et basilaire ; ce qui est en effet aujourd'hui généralement admis de tous ceux qui ont écrit sur ce sujet : si ce n'est par CuviER, qui n'a jamais avoué qu'il regardait le fait comme démontré. Mais M. DE Blainville s'écarte sous d'autres rapports du naturaliste allemand. Il ne reconnah qu'une seule vertèbre faciale au lieu de trois , et la nomme également sumérienne ^ considérant , comme M. Oken , le vomer comme formant son corps; et n'admet pas non plus les opinions de ce savant sur l'analogie des autres parties de la tête avec celles du tronc, et se
(1) Magarin encyclopédique ^ 1808 « t. III , p. 115.
(S) Nouv. dict. d^hiit. noT. , t. XIX, 1818. Mammifères , p. 85.
438 PREIIIÈRB PARTIE.
borne simplement à nommer appendices des vertèbres les pièces &iirajoutées à ces dernières, sans reconnaître qu elJes représentent d'oae manière spéciale ïomoplale , Y humérus , les doigts , etc. , du tronc dont ils seraient la répétition. M. de Blmnyille pense aussi que dans la Tertèbre faciale ou vomérienne, les os nasaux re^résenlent peut-être une partie de la masse apophysaire , c'est-à-dire que , du moins alors , il u'eo était pas tout à fait certain.
Il désigne les vertèbres crâniennes sous les noms de sphénoïde antérieure et les frontaux , de spliénoïde postérieure et les pariétaux , et ai occipital. Il regarde avec raison Tos interpariétal (vormien) comme appartenant à la vertèbre sphénoïdale postérieure.
M Appendice de la première vertèbre est composé ici de Fappareil olfactif, de ce qu'on nomme le cornet inférieur et la masse ethmoîdale.
\] Appendice de la seconde vertèbre naît en arrière par deux branches, lexlerne formé par le jagal (malaire), l'interne composé de lapophyse ptérygoïde interne (omoïde) et de los palatin ; et ces deux racines s'unissent ensuite en avant sur le maxillaire supérieur (siagonal) précédé du prémaxillaire (labral).
M Appendice de la troisième vertèbre est encore presque double , et se compose du rocher « si toutefois il en doit être distingué, de la caisse du tympan, etdeTos mastoïde, en admettant qu'il en soit distinct ; des trois ou quatre os formant la chaîne des osselets de l'ouïe, du cadre du tympan , de l'os squammeux ou temporal , et enfin de la mâchoire inférieure. »
\1 Appendice de la quatrième vertèbre est Thyoïde.
\1 Epaule peut être considérée comme l'analogue d'un appendice simple ou côte, et dans le membre postérieur, l'iléon (ilium) correspond à l'omoplate , le pubis à la clavicule , et l'ischion au coracoïdien.
Dans cette théorie de la composition delà tête osseuse, M. de Blain- VILLE ne dit pas quelles parties correspondent plus particulièrement aux apophyses transverses et obliques des quatre vertèbres céphaliques.
STSTÈMB OSSBUX. 1S9
Depuis , Geoffroy Saint-Hilaibe , traitant la même question ( i ) , a voulu trouver même jusqu'à sept vertèbres dans la tête de tout Animal vertébré, et cela simplement pour rester conséquent avec sa prétendue loi ai unité de composition ; voyant que la tête des Poissons renferme une quantité d'os bien plus considérable que celle qu'on trouve habituellement dans quatre vertèbres et leurs appendices , en comptant même chaque point d'ossification pour un os à part. Je n'entrerai dans aucun détail relativement à ce système, tout à fait hypothétique, où l'auteur suppose tantôt des os qui n'existent pas , et fait d'autres fois figurer la même partie dans deux endroits différents. C'est ainsi que son serrial et le tympanal sont deux parties du cadre du tympan ou os tympanique; qu'il suppose le basilaire formé de deux pièces consécutives , ses Otosphénal et Basisphénal; que, d'autre part il fait de la partie moyenne de l'ethmoïde , c'est-à-dire de sa lame verticale , une fois son Rhinosphénal et une autre fois son Ethmospliénal. Enfin il fait figurer les osselets de l'oreille à des places où ils ne sont nullement en rapport de position avec aucun de leurs connexes ; et certains os , bien constants dans un grand nombre d'Animaux , n'y sont pas mentionnés, tels que le wormien et le lenticulaire.
Dans la mâchoire de tout Vertébré , Geoffroy voulait aussi trouver jusqu'à sept os différents; tandis que chez les Mammifères il n'y en a jamais plus d'un , tenant, il est vrai , la même place que six qu'on trouve dans les Reptiles et quelques Poissons ; mais nulle part , que je sache , sept : le soit disant subangulaire qu'il nomme suboccipital étant compté de trop.
Chez ï Homme, où, d'une part, le crâne prend un très-grand développement par l'effet du volume excessif du cerveau, comparé à celui de la moelle épinière, dont ce dernier n'est que l'extrémité antérieure, et où, d'autre part, les parties sont refoulées les unes sur les autres par le raccourcissement considérable de la face , cette analogie des vertèbres céphaliques , avec les rachidiennes , n'est , il est
(1) Ann. des se. nai.j t. III , p 173, 245. 1824.
l&O PRBillàRB PAETIB.
vrai , pas si évidente que chez les Animaux dont la tète est plus allon^ gée, et où ses deux parties sont moins modifiées en sens opposé. Mais déjà chez les Carnivores , auxquels appartiennent les Felis ^ ainsi que chez les Ruminants (i), l'analogie entre les diverses pièces osseuses delà tête, et celles des vertèbres ordinaires avec leurs appendices, devient de la dernière évidence; et il est vraiment étonnant que récemment encore, quelques anatomistes, et spécialement Cuvier , aient cherché à combattre cette opinion. Pour ce dernier savant, il paraît que c'était par principe; car non-seulement on cherche en vain dans ses ouvrages une seule idée philosophique qui lui soit propre, ou qui n'ait pas été contestée , noais il combat partout celles des autres; et l'opinion de M. Oxbn sur la compost* tion de la tète, est du nombre de celles sur lesquelles Guvier ne s'est jamais prononcé catégoriquement. Provoqué à tout instant par son collègue Geoffroy Saint-Hilaibe de s'expliquer sur cet objet, il promit de le faire dans le premier de ses ouvrages qui lui en fournirait roccasioo ; et ejile s'est .enfin présentée dans son Histoù^ naturelle des Poissons^ mais là encore il a esquivé la difficulté en parlant 5ur cette question , sans se prononcer m pour ni contre, s'a t tachant pourtant à faire ressortir ce qu'il y avait d'hypothétique dans les assertions de Geoffroy Saint* Hilaire, son principal antagoniste pour les sciences naturelles.
Ce fait , que la tête osseuse des Vertébrés est composée d'une série de vertèbres formant la région la plus antérieure du rachis, est une découverte fort importante pour Tanatomie comparative théorique, faisant rentrer une partie si essentielle du squelette dans une série générale d'organes, et permet ainsi de fonder certaines lois d'organisation sur des principes plus généraux : l'un des grands buts vers lesquels doivent tendre ceux qui se vouent à letude de la nature. U est vrai que pour y arriver, il faut commencer par recueillir le plus grand nombre de faits bien constatés, sur lesquels peuvent seules s'appuyer solidement
(1) C'est sur une tête de Cervus elaphus i\\xt M. Okbn trouva par hasard dans la forêt du Hari en 1806, qu'il découvrit quVUe est composée d'une série de vertèbres.
STSTÈMB OSSEUX* Iftl ^
l'anatomie et la physiologie comparatiyes ; mais ce n*est pas encore là la science, ou du moins la science élevée , transcendante, philosophique; cela n en est que les seuls bons matériaux avec lesquels on en construit Tédifice.
Le simple cultivateur distingue bien une foule de Plantes dont il connaît les parties, ainsi que les propriétés, sans être pour cela regardé comme botaniste, ne considérant pas les Végétaux et les faits qui s y rat* tachent sous leurs rapports théoriques, et ne cherchant pas à découvrir les lois qui régissent cette sorte d'êtres^
Les corps des vertèbres crâniennes des Mammifères en général , et du (^lat en particulier, sont bien, selon lexamen que j en ai fait, et ainsi que Ta d'abord indiqué M. Oken, les sphénoïde (antérieurs), le sphécoï^ (sphénoïde postérieur) et le basilaire; mais je ne crois pas pouvoir me ranger de son opinion relativement au corps, de la vertèbre faciale, que ce savamt veut trouver dans le vomer , le croyant représenté plutôt par lethmoïde , ainsi que la pensé Meckel ; et spécialement par la lame verticale de cet os, pbmme je le ferai voir plus bas, cette lame faisant réellement suite en avant au corps du sphénoïde, tandis que le vomer est simplement appliqué par en dessous à cet os ; et je crois devoir y ajouter une seconde vertèbre plus antérieure encore ^ entièrement rudimentaire, déjà signalée dans mon Traité danatomie comparatisme , et dont le corps forme la cloison cartilagineuse du nez , que je nomme Mésorr/unale(\) , en se prolongeant jusqu'aux narines^ cloison qui s'ossifie souvent et forme , dans certains Animaux, une partie parfaitement distincte du corps de l'ethmoïde , et devient même mobile sur ce dernier chez les Oiseaux et les Poissons. C'est-à-dire que >e reconnais deux vertèbres faciales, dont Tune ou la plus antérieure , que je nommerai Vertèbre rhinale, appartient exclusivement à la face chez tous les Vertébrés; et dont la seconde ou ï Ethmoïdale ^ appartient de même plus particulièrement à la face, en faisant cependant déjà, par sa lame criblée, partie de la
(1) De {i.i9o<; j entre , et de (STv , nez.
1(^2 PfiEHIÈHB PABTIB.
boite crânienne ; mais plos chez les Oiseaux , où elle devient aussi entièrement faciale. Ces deux vertèbres, et surtout l'antérieure, n'ont, comme on voit, absolument rien de commun avec les trois faciales indiquées par M. Oken, qui crut devoir simplement les admettre, parce qu'ils découvert sur un fœtus le vomer divisé en trois parties , os qui n'est qu'un appendice de la vertèbre ethmoïdale.
Enfin, les trois vertèbres postérieures enveloppent , comme celles du rachis , le tronc central du système nerveux , tandis que les deux antérieures, placées au commencement de la série , et dans un état rudimentaire comme vertèbres , ne renferment que des troncs nerveux , absolument comme les caudales , également rudtmentaires et situés à la fin de la série; et souvent même les sacrées et les lombaires ne contiennent que les faisceaux des nerfs de la partie postérieure de la moelle épinière, connue sous le nom de Qiieue de cheval.
Il est même étonnant que Cuvier (i) ait pu faire, malgi^ cette dernière circonsunce , une objection contre l'opinion qu'il existe des vertèbres faciales, le caractère esentiel de chaque vertèbre étant, suivant loi, de servir de réceptacle au système nerveux et au système stmguin. Ainsi , d'après ce célèbre anatomiste , les vertèbres , que tout le monde et lui-même appellent lombaires, sacrées et caudales chez l'homme, ne seraient pas des vertèbres!!!
Il est vrai que le nombre des pièces qui entrent dans la composition des vertèbres céphaliques est différent de celui qu'on trouve d'ordinaire dans les vertèbres du rachis, en comptant même chaque point d'ossification pour un os à part; mais je rappellerai iâ ce que j'ai fait remarquer en parlant de la formation du squelette , que des os , bien évidemment analogues dans deux Animaux différents, présentent souvent dans ron un nombre plus considérable de points d'ossification que dans l'aa&v» et même différentes pièces qui restent constamment séparées ; d'où résnltt
Ikk PREMIÈRE PARTIE.
Pour ce qui est des Apophyses obUques antérieures , elle manquent parce qu'il n'y a pas de vertèbre qui précède ; et les obliques postérieures on peut les trouver dans les cornets inférieurs du nez , qui semblent cependant représenter aussi les obliques antérieures de la vertèbre ethmoïdale, mais qui n'auraient aIoi*s pas de correspondantes sur la rhinale; d'où il est plus probable que ces osselets appartiennent à cette dernière.
V Apophyse épineuse ou plutôt la Lame de la vertèbre ethmoîdale est représentée par les deux os nasaux , que M. Oken regarde comme étrangers à cette verlèbre , et que M. de Blainvillb n'y place qu'avec doute.
Les Apophyses obliques antérieures seraient les masses anfractueuses de Fethmoïde , qui font suite aux cornets inférieurs , et les obliques postérieures se trouvent naturellement dans les cornets de Bertîn; enfin les transi^erses sont représentées, selon moi, par les os planum. Quant an vomer, je le considère comme une Apophyse acanthoïde , ou plutôt comme un os upsiloide^ c'est-à-dire formant une paire ai Appendices de la vertèbre, confondues en une seule pièce, et en effet cet os est double chez les Reptiles.
La vertèbre spliénoidale ^ dont le corps ^ représenté par le sphénoïde (antérieur) , et plus spécialement par la cloison qui sépare les deux sinus, est bien distinct chez tous les Mammifères quadrupèdes , mais non pluchez les vertébrés ovipares , où il se confond avec celui de la vertèbre suivante , ainsi que cela a également lieu chez Y Homme. Ses Apophyses obliques antérieures et les transi^erses forment les parties latérales des sinus; les obliques postérieures sont les ailes ou apophyses dlngrassias , et la lame est formée par les coronaux.
Dans la vertèbre sphécoïdale, le corps est l'os sphécoïde^ correspondant chez \ Homme à la moitié postérieure du corps du sphénoïde^ mais qui constitue chez les autres Mammifères une pièce parfaitement distincte, et qu'on a de là nommé sphénoïde postérieure, he^ Apophyses obliques antérieures sont formées par ce qu'on nomme les grandes ailes du sphé* coïde chez l'espèce humaine ; mais que Geoffroy-Saint-Hilaire a désigné
Ikk PBEMliBE PARTIE.
Pour ce qui est des Apophyses obUques antérieures , elle manquent parce qu'il n'y a pas de vertèbre qui précède ; et les obliques postérieures on peut les trouver dans les cornets inférieurs du nez , qai semblent cependant représenter aussi les obliques antérieures de la vertèbre ethmoïdale, mais qui n'auraient aloi*s pas de correspondantes sur la rhinale ; d'oii il est plus probable que ces osselets appartiennent à cette dernière.
V Apophyse épineuse ou plutôt la Lame de la vertèbre ethmoïdale est représentée par les deux os nasaux , que M* Oken regarde comme étrangers à celte vertèbre , et que M. de Blainvillb n'y place qu'avec doute.
Les Apophyses obliques antérieures seraient les masses anfractueuses de l'ethmoïde , qui font suite aux cornets inférieurs , et les obliques postérieures se trouvent naturellement dans les cornets de Bertin; enfin les transs^erses sont représentées, selon moi, par les os planum. Quant an vomer, je le considère comme une Apophyse acanthoîde , ou plutôt comme un os upsiloïde^ c'est-à-dire formant une paire ^Appendices de la vertèbre, confondues en une seule pièce, et en effet cet os est double chez les Reptiles.
La vertèbre sphénoidaU^ dont le corps ^ représenté par le sphénoïde (antérieur) , et plus spécialement par la cloison qui sépare les deux sinus, est bien distinct chez tous les Mammifères quadrupèdes , mais non plnchez les vertébrés ovipares , où il se confond avec celui de la vertèbre suivante , ainsi que cela a également lieu chez \ Homme. Ses Apophyses obliques antérieures et les transs^erses forment les parties latérales des sinus; les obliques postérieures sont les ailes ou apophyses d'Ingrassias , et la lame est formée par les coronaux.
Dans la vertèbre sphécoïdale^ le corps est l'os sphécdidcy correspondant chez X Homme à la moitié postérieure du corps du sphénoïde, mais qui constitue chez les autres Mammifères une pièce parfaitement distincte, et qu'on a de là nommé sphénoïde postérieure. Les Apophyses obliques antérieures sont formées par ce qu'on nomme les grandes ailes du sphécoïde chez l'espèce humaine ; mais que Geoffroy-Saint-Hilaike a désigné
là OS condyliens : ils forment les Apophyses obliques postérieures de la vertèbre. Enfin , ia portion médiane supérieure de Fos commun coDStitne chez les Animaux la quatrième pièce , qu'on a nommée occipital supérieur; mais à laquelle je propose de réserver exclusivement le nom d'Occipital; c'est la Lame de la vertèbre , et sur elle, la crête occipitale ou seulement la tubérosité externe du même nom représente ï Apophyse épineuse.
Quant aux apophyses obliques antérieures et les transverses, elles se sont réunies dans l'espèce humaine à plusieurs autres pour former une pièce unique chez l'adulte, connue, dans les ouvrages d'Anthropotomie, sous le nom d'os temporal , mais qui se démembre chez les Animaux , en isolant ses divers composants, surtout dans les jeunes sujets, ou bien même chez les adultes des Vertébrés ovipares. L'une de ces pièces forme le fbcher, qui constitue par ses rapports \ Apophyse oblique antérieure de la vertèbre basilaire , et la seconde ou l'apophyse styloïde , qui se sépare aussi quelquefois , représente \ Apophyse transverse.
Quant aux Appendices de ces cinq vertèbres, ils sontrédaits pour la première, d'une part, aux cartilages alaires ou ailes du nez, et d'autre part , aux os labraux (intermaxillaires) , formant ainsi deux séries. Ceux de la seconde sont réduits au vomer et aux unguis , qui forment également deux séries , ou bien à ces derniers , si l'on veut considérer le vomer comme faisant partie de la vertèbre elle-même , ce que je ne pense pas , cet os ?e séparant , ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, en deux pièces latérales bien isolées chez les Reptiles.
La troisième vertèbre a aussi deux séries à' Appendices ^ Ftine formée par les palatins et les siagonaux (maxillaire supérieure), et cette série présente une branche latérale constituant la seconde partie représentée par les malaires et les cartilages tarses des paupières , que je propose de nommer cartilage Epicyle (i) pour la supérieure, et Hypocyle (2) pour l'inférieure.
(1) D'èitixuXK, paupière supérieure.
(2) D'uTToxûXov , paupière inférieure.
SYSTÈME OSS£UX. 1/^7
Pour la vertèbre sphécoïtlale , on ne trouve au premier abord qu une seule série ^Appendices de chaque côté, formée par ios squammeux (partie écailleuse du temporal)^ les cartilages méniscoïdes et les mâchoires (inférieures) ; mais quand on examine ces mêmes parties dans les autres Veatebrés , et surtout chez les Saubiens , dont la tète ressemble beaucoup à celle des MAMMifÉBES, avec celte différence essentielle que les parties correspondant à divers os de ces derniers se trouvent décomposées en plusieurs pièces, on reconnaît facilement que ce qui se rapporte au temporal de \ Homme est formé surtout de plusieurs os bien isolés , dont quelques-uns sont déjà distincts dans les jeunes Mammifères. G est ainsi que chez ceux-ci Ios temporal se décompose toujours en quatre pièces, dont lune, formant la partie écailleuse et la branche qui entre dans la composition de larcade zygomatique, a reçu le nom (ïo^Squammeux ; une seconde constitue le jRocher Si\ec l'apophyse styloïde ; la troisième , formant le cadre du tympan , est nommée de là os Tympanique ; et enfin la quatrième constitue lapophyse mastoïde oxx Y o^ Mastoïdien : ces pièces restent non-seulement en tout temps isolées chez les Reptiles , les Chëloniens et les Poissons , et même dans les Oiseaux , aussi longtemps que les autres os de la tète, mais d'une part, le sc|uanûuiieux se divise encore en deux parties , par la séparation de sa branche de larcade zygomatique , qui s'en écarte même à distance , et que je propose de nommer l'apophyse ou l'os Corsai ( i ) ; et d'autre part , l'apophyse styloïde finit aussi par devenir une pièce particulière chez les Poissons , désignée sous le nom d'os Styloïdien. Je supprime en conséquence dans cet ouvrage le nom de temporal^ qui désigne un assemblage de pièces, et le remplace par celui de la partie dont il s'agira ; et lorsqu'il sera question des Animaux où la réunion a lieu , chaque partie sera appelée par l'adjectif de son nom.
Voyez , pour bien comprendre ce démembrement de l'os temporal de ÏHommCy les Art. II, III, IV et V de cet ouvrage, oii je donne un aperçu de la composition du squelette des Vertébrés ovipares.
(1) De )c6pff7| , tempe.
IftS PREMlàRE PARTIB.
D après ce qae je viens de dire , la série des os appendiculaires de la vertèbre sphécoïdale aurait aussi une branche latérale formant une seconde série , et composée seulement de Fos corsai dont je viens de parkrt et peut-être devra-t^n y ajouter le squammeux ; et les deux branches latérales des appendices des vertèbres sphénoïdale et sphécoïdale vont à la rencontre Tune de lautre pour former Farcade zygomatique, dout les deux parties se croisent d ordinaire obliquement , suivant leur Ion* gueur.
La vertèbre basilaire enfin présente également deux séries ^Appenr cUces.'la. première composée des osselets deFouïe, du tympanique, da mastoïdien et des pièces de Foreille externe; la seconde, formée par les osselets de la corne céphalique de Fhyoïde , comme parties analogues aux côtes des vertèbres dorsales ; du corps de Fhyoïde , comme représeatant le sternum , et ayant un appendice latéral formé par les cornes la-* ryngiennes de Fhyoïde et le larynx lui-même. Ce dernier parait toutefois appartenir théoriquement plutôt aux vertèbres cervicales , dont il serait (les appendices éloignés, rejetés sur Fhyoïde, comme les côtes ventrales des Crocodilus sont des appendices également éloignés des vertèbres lombaires.
Par la simple énumération de ces parties , on voit que non-seulement les appendices, mais même les apophyses et les corps de ces cinq vertèbres céphaliques, s^éloignent pour la forme d autant plus de leurs analogues sur la région thoracique, quib appartiennçnt à une vertèbre plus antérieure ; c est-à-dire , ^autant plus qu'il approche davantage de la limite de la série ; ainsi que cela arrive également pour les dernières vert^res caudales et sacrées , et d'ailleurs pour tous les organes qui terminent des séries chez un Animal quelconque. Aussi les apophyses et les appendices des vertèbres rhinale et ethmoïdale ne seraient-ils pas reconnaissables , si l'on n'était pas conduit à leur détermination par Fanalogie de leurs rapports. Pour la vertèbre sphénoïdale (antérieure) , Fanalogie devient déjà plus certaine , et les appendices forment également deux séries de pièces. Quant aux parties dépendantes de la vertèbre sphécoïdale, la ressemblance avec leurs analogues dans les vertèbres thoraciques est déjà
SYSTÈME OSSEDXr 1&9
fort grande , et enfin elle est évidente pour la vertèbre basilaire , où la pièce correspondant au sternum est même représentée.
Quant aux trous de conjugaison de ces mêmes vertèbres céphaliques , on les retrouve également entre les apophyses obliques et les corps des vertèbres respectives , avec des modifications plus ou moins grandes , dépendantes de celles que présentent les pièces solides avoisînantes.
Ainsi 9 le trou entre les vertèbres basilaire et sphécoïdale paraît représenté par les trous déchirés postérieurs et antérieurs , plus ou moins partagés en deux par le rocher et la caisse du tympan ; et le trou oval qui en est une dépendance , n en est séparé que par une arcade osseuse. Mais de semblables séparations se remarquent aussi souvent aux trous de conjugaison rachidiens, comme, par ex^nple, chez le Bas Unis et les trous sacrés de la plupart des Mammifères.
Les trous sphénoïdaux placés entre les apophyses ptérales{ailes du sphécoïde) et les apophyses dlngrassias , séparent les deux vertèbres sphénoïdale et sphécoïdale , et les trous optiques en sont également des dépendances.
Les trous de conjugaison entre les vertèbres sphénmdale et ethmoïdale, percés entre la lame criblée et le coronal, sont presque entièrement oblitérés , et ne donnent passage qu a quelques petits nerfs qui se répandent sur les parois latérales des fosses nasales; et les trous de la lame criblée en sont également des dépendances.
Enfin , les nerfs olfactifs > qu'on pourrait appeler la queue de cheval antérieure , traverse la lame criblée de lethmoïde , dont les petits trous représentent en même temps la terminaison du canal raehidien.
La division qu'on a établie jusqu'à présent, dans les ouvrages danthropotomie, de la tète en Crâne et en Face , est arbitraire ; car rien ne marque d'une manière précise la limite de ces deux parties. Dire que les os du crâne sont ceux qui concourent à former la botte cérébrale , et que les autres appartiennent à la face, c'est d'une part ne donner à ces derniers qu'un simple caractère négatif, et d'autre part plusieurs os concourent à la fois à former l'un et l'autre. Enfin , il y en a qu'on décrit comme appartenant au crâne, quoiqu'ils n'entrent pas dans sa composi* tion : tel est le cadre du tympan.
150 PRElilEEE PARTIE.
Dire avec plus de justesse que le crâne est composé des pièces formant dans la tète la continuation du canal rachidien , et que la £ace oompread les parties qui, par analogie de situation et de fonction , correspondent à celles qui constituent la cavité viscérale du tronc, on aurait une division plus fondée sur lanalogie qui existe entre les deux principales cavités de la tête et du tronc. Les corps des vertèbres céphaliques formeraient, comme celui des dorsales, les pièces séparant les deux cavités, et leurs apophyses oblique et épineuse seraient les pièces appartenant spécialement à la cavité crânienne ; tandis que la face comprendrait la partie inférieure des corps de vertèbres , les apophyses transverses et leurs appendices. Mais dans cette division, il arrive également que les apophyses oblique et épineuse des vertèbres rhinale et ethmoïdale » n entrent pas , comme aux autres , dans la composition de la boite crânienne. Je ferai cependant remarquer que cette exception n a lieu que pour les vertèbres terminales qui doivent nécessairement se trouver dans une condition particulière , par cela même qu elles ne sont précédées d aucune autre , et se trouvent en outre dans un état de dégradation fort avancé , que présentent généralement tous les organes qui terminent des séries, comme le sont d'ailleurs aussi les vertèbres caudales; cet état, en quelque sorte rudimentaire , est dû , de part et d autre , en grande partie à labsence du tronc central du Système nerveux , qui cesse de s y prolonger.
Ce fait, que la tête des Vertébrés est composée de plusieurs vertèbres avec leurs appendices, trouve une analogie frappante dans la composition de celle des Animaux articulés, également formée, du moins dans les espèces supérieures, telles que les Myriapodes, les Insectes et les Cmos- TAcÉSy de la réunion de plusieurs parties analogues aux segments du thorax et de Fabdomen; et lanalogie des parties y est même plus évidente encore , ainsi que je Tai fait voir dans mes Considérations générales sur tanatomie comparative des animaux articulés.
Les différentes parties du corps des Vertébrés , et spécialement des Mammifères , tant celles composant le torse que celles qui forment les membres , prennent différentes dispositions selon les conditions dans les-
STSTiMË OSSECX. 151
quelles elles se trouvent les unes à l'égard des autres , et suivant les fonctions qu'elles ont à remplir. Le rachis forme ainsi dans son ensemble une colonne qui présente diverses courbures , dont on peut fort bien démontrer les causes déterminantes , d'après ces mêmes conditions. Dans le foetus humain , elle est , comnre on sait , droite dans toute la série des vertèbres formant Fépine du dos, les tractions qu'elle éprouve en sens divers par la force passive des muscles qui agissent sur elle , étant à peu près nulles ; d'une part , à cause du peu de développement de ces organes , et de l'autre parce que le fœtus nageant dans un liquide , toutes les parties de son corps sont également soutenues, aucune ne pèse sur l'autre, et ne saurait produire de déviation dans la direction du racbis. L'action des muscles commence cependant vers la naissance , et devient surtout très-grande après cette époque , lorsque Y Homme se tient longtemps debout. Les muscles postérieurs du tronc exercent alors une traction très-forte sur la colonne vertébrale pour s'opposer à sa flexion en avant , sollicitée par le poids du torse, dont le centre de gravité est antérieur au rachis Dans la région lombaire , l'effet de la traction doit être le plus fort , d'une part , parce que le poids de la portion du corps qui est au-dessus est plus grand , et de l'autre , parce que la flexion y est plus facile , les vertèbres n'y étant pas soutenues par des côtes , tandis qu'au dos, la première cause de flexion en avant diminue à mesure que l'os monte, et avec elle la force des muscles qui doivent s'y opposer ; et la seconde cause est très-bornée dans son effet par la présence des côtes. Voilà pourquoi il a fallu que les muscles extenseurs de la colonne vertébrale fussent plus puissants au sacrum et aux lombes qu'au dos. Or, cette traction continuelle produit nécessairement la courbure de la colonne vertébrale, et d'autant plus facilement dans chaque partie , que les muscles y sont plus puissants; c'est-à*dire , que les régions sacrée et lombaire forment ensemble un arc concave en arrière , de telle manière, cpie la vertèbre placée au point où les sommes des tractions exercées sur les deux extrémités de lare se font équilibre, doit rester parallèle à la corde qui sous-tend ce dernier, point correspondant à peu près à la quatrième on à la cinquième lombaire (sans costines). Par Tefiet de cette
traction , le sacrum doit se replier en arrière , de même que les vertèbres lombaires supérieures , ainsi que lobservation le prouve. Dans la région dorsale, la flexion en arrière aurait également lieu, quoique moins fortement, les muscles qui devraient la produire étant plus ùàr blés, si les côtes, qui forment de très-longs leviers , sur lesquels agissent les muscles antérieurs du tronc , ne s'y opposaient pas ; les côtes fornaant des arcs-boutants qui repoussent les vertèbres en arrière , et non-seulement leur action détruit celle des muscles extenseurs , mais produit au contraire la flexion en avant, sollicitée surtout encore par le poids de la partie supérieure du corps , dont le centre de gravité est devant la colonne vertébrale.
Dans la région cervicale , leffet produit par les côtes disparaît de nonveau , et cette partie de la colonne vertébrale est de nouveau dans h condition dans laquelle se trouve la région lombaire. La tète n^étant pas tout à fait d aplomb sur le cou, son centre de gravité se trouvant an devant de son point d'appui, il a fallu que les muscles de la partie postérieure du cou fussent plus puissants que les antérieurs pour la maintenir en équilibre; et ces oi^anes exerçant ainsi une traction constante sur les vertèbres cervicales , les font fléchir en arrière : et de là la concavité que leur série présente de ce côté. .
Quant au coccyx, qui n'est que le rudiment de la queue des autres Mammifères , et ne porte aucun poids, il n'est sollicité que par la traction de quelques muscles qui le tirent constamment en avant , et le courbent ainsi dans celte direction.
Telles sont les causes qui déterminent dans la colonne vertébrale de Y Homme ces courbures alternatives en sens opposés, courbures qui ne sont dues, comme je viens de le faire voir, qu'à laction des diverses forces qui agissent sur le rachis , et ne sont pas , en conséquence ^ des conformations établies par Tintelligence suprême , pour donner plus de solidité au corps dans la station , ainsi que plusieurs anatomistes ont cra devoir l'admettre , en en donnant même une espèce de démonstration toute hypothétique.
Chez les Mammifères quadrupèdes, on trouve les mêmes courbures
p]us OU moins prononcées, dues à des causes semblables, mais non tout à fait les mêmes. Ces Animaux étant destinés à marcher à quatre , leur corps, au lieu de prendre la direction verticale comme chez \ Homme , est au contraire horizontal ; de là des différences notables dans la forme et la disposition non-seulement des diverses parties qui composent le squelette , mais encore dans les nombreux muscles qui meuvent ce dernier, ainsi que dans les autres organes , mais principalement dans la colonne vertébrale.
En supposant le corps de X Homme placé dans la disposition quadrupède , voici les inconvénients qui en résulteraient pour le libre exercice de ses facultés , inconvénients qui , ne devant pas exister chez les Animaux, ont dû être évités chez eux par des modifications que la nature créatrice a dû faire éprouver aux diverses parties de leur corps.
La face , dirigée en avant chez XHomm£ , se trouverait toui^née en dessous 9 et il était de là nécessaire de lui faire reprendre sa direction pri^ mitive , afin que les yeux et la bouche se trouvassent en avant. Or, il y avait pour cela deux moyens à employer : le premier consistait à faire décrire simplement à la série des vertèbres cervicales un arc concave en dessus , plus précipité que chez Y Homme ^ bipède ; et le second , à placer le trou occipital plus en arrière , à la face postérieure du crâne , au lieu de la face inférieure oii il se trouve chez ce dernier , et ce sont en effet là les deux modifications fondamentales que cette région du corps a subies , modifications amenées d'ailleurs aussi par une simple raison de statique, pour rétablir l'équilibre des parties, détruit par le changement de position de ces dernières. Par cela même que la tête, au lieu d'être à peu près en équilibre sur la portion cervicale du rachis, se trouverait au devant d'elle, etson centre de gravité pesant alors sur un très-long bras de levier, ferait fléchir le cou beaucoup plus facilement en dessous, tandis qu'il devrait être au contraire plus arqué en dessus. Pour éviter cet inconvénient , il a fallu que la puissance des muscles extenseurs de la tète et du cou fût plus vigoureuse que chez YHomm^ dans l'attitude verticale , et son bras de levier , formé par la distance des condyles à la ligne courbe supérieure dç Tos occipital pius long , ainsi que les apophyses épineuses
15& PAEMIÈBE PAfiTIS.
des vertèbres cervicales qui en sont des leviers accessoires. Encore oes moyens n'auraient-ils pas toujours été suffisants, et la nature y a ajouté , chez les espèces à long cou , l'action d un ligament cervical beaucoup plus puissant que chez Y Homme , où il est réduit à un simple filet rodimentaire. Ce ligament , formé de fibres jaunes élastiques , sans augmenter considérablement la masse de la partie postérieure du cou , agit avec une grande force sur la tête pour la tenir relevée , et permettait de donner aux muscles, dont il seconde laction , un volume beaucoup moins grand. Cette modification, introduite dans un but purement mécanique , produit en même temps le changement nécessité pour Fexercice des fonctions que les organes de la tète ont à remplir, et par Tefiet de ces modifications , la partie cervicale du rachis se trouve arquée en dessus plus fortement que dans l'espèce humaine.
Lies régions dorsale , lombaire et sacrée de la colonne vertébrale , légèrement couchées en S chez XHom^ne par l'effet du poids de la partie supérieure du tronc , combiné avec les forces musculaires qui agissent sur elles , a dû subir également des modifications analogues.
Dans l'attitude quadrupède , les choses n'auraient pas pu rester les mêmes que dans ï Homme , bipède , vu que le poids du corps , agissant au centre de gravité de ce dernier, placé dans le milieu du tronc , sous la colonne vertébrale , aurait fait fléchir cette dernière en dessous , dans les deux régions dorsale et lombaire comprises entre les points d'appui sur les membres , flexion à laquelle les muscles inférieurs du radus n'auraient pu suffisamment s'opposer. Quant à la région dorsale, cette flexion n'aurait cependant pas été aussi facile que dans la lombaire, vu que dans Y Homme ^ debout, elle est déjà convexe en arrière; et les muscles antérieurs du tronc , formant , par le moyen du sternum et du bassin , une chaîne ou corde qui sous-tend cet arc , se seraient opposés à la flexion. A cette action, se serait jointe ensuite celle des côtes, dont chaque paire, en prenant son point d'appui sur le sternum , aurait soutenu sa vertèbre respective , et la courbure de la colonne vertébrale se serait arrêtée là où le poids du corps , avec la force des muscles qui agissent dans son sens , auraient fait équilibre à la force des muscles in-
leur puissance pût faire équilibre au poids du corps , ou b/en , il aurait suffi de donner simplement à la région lombaire du rachis également une courbure convexe en dessus , c'est-à-dire , lui faire former un seul arc avec la région dorsale , et c est , en effet , encore l'une et Fautre de ces modifications que la nature créatrice lui a fait subir. Si elle s'était bornée à la première de ces modifications , elle n'eût pas entièrement atteint son but, vu que dans la course, et surtout dans le saut , où les mouvements d'extension de la colonne vertébrale jouent un très-grand rôle, et plus particulièrement chez les espèces sauteuses par excellence, telles que lesFeliSy qui s'élancent en débandant fortement leur rachis, après l'avoir préalablement fléchi ; mouvements pour lesquels les muscles supérieurs de l'épine doivent être très-vigoureux. Mais la force de ces muscles extenseurs aurait été détruite par celle plus puissante des muscles sous- vertébraux; ce qui aurait annulé aussi l'effet qu'on aurait voulu produire , et l'Animal n'aurait pas pu courir facilement , et moins encore sauter. C'est donc la seconde modification que la nature a dû nécessairement introduire , et l'observation le montre en effet. En rendant la partie lombaire de la colonne vertébrale également convexe en dessus , la flexion en dessous est par cela seul prévenue, comme pour la partie dorsale, par la chaîne des muscles qui sous-tend leur arc commun , secondée toutefois par des muscles fléchisseurs de la colonne vertébrale, plus puissants que chez YHomme , pour suffire aux mouvements du rachis. Par là aussi , les muscles extenseurs ont pu recevoir une puissance trèsgrande , surlout nécessaire à l'action du saut.
Quant à la région sacrée du rachis qui se trouve chez les Quadrupèdes à peu près au-dessus des points d'appui postérieurs du tronc, elle n'éprouve aucun effort direct du poids de ce dernier, concentré au centre de gravité , et elle resterait , relativement à cette influence , dans la direction de l'arc des dernières vertèbres lombaires , c'est-à-dire dirigée obliquement en arrière et en dessous. Mais comme les muscles extenseurs de la colonne vertébrale prennent en très-grande partie leur point d'attache sur le sacrum , dont l'extrémité postérieure dépasse plus ou moins les articulations sacro-iliaques , par lesquelles la colonne
t&> PREMIÈRE PARTIE.
n>èoie disposition que dans F/^om/T^e ; son bord spinal est toujours tourné ^er^ ie raciiis, et langle portant la cavité glénoïde obliquement en dess.xi^ et en avant ; et comme cette dernière appuie de haut en bas sur la :ric de rhumérus, lacromion devenant moins nécessaire , se réduit déjà beaucoup chez les espèces qui ne font d ordinaire pas de grands efforts ivec leurs membres antérieurs , et ont de là aussi des clavicules rudîmentaires; et lacromion disparaît complètement chez celles privées de clavicules, qui n emploient ces membres qu à la locomotion, ce cpii modifie considérablement la forme de Fépaule.
Ces membres devant aussi servir dans la marche alternativement de soutien au corps , ils doivent être plus rapprochés lun de l'autre , pour •:]ue cette altemation puisse avoir plus facilement lieu; ce qui exige que le thorax soit plus comprimé , et les omoplates plus fortement dirigés en dessous qu ils ne le seraient chez \ Homme placé à quatre. Il fallait aussi que lomoplate, le bras , Favant-bras et la main fissent ^itre eux les angles alternatif plus ou moins grands pour rendre les mouvements plus élastiques et plus souples , afin de prévenir les fractures dans le moment oii le poids du corps tombe avec force sur ces membres.
Pour ce qui est des extrémités postérieures , elles ont dû éprouver des modifications à peu près semblables, pour être appropriées à la station et a la marche quadrupède. Les cavités cotyloïdes du bassin , au lieu d*dtre dirigées obliquement en arrière , devaient être tournées plus en dessons, pour mieux emboîter la tète du fémur , qui sans cela aurait été beaucoup plus exposé aux luxations. Pour la même raison que j'ai indiquée plus haut à regard des membres de devant , les diverses parties qui composent les postérieures ne pouvaient plus rester en ligne droite dans une direction verticale chez les espèces coureuses et sauteuses » mais ont dft former entre elles des angles également alternatifs , pour donner aux mouvements plus d'élasticité et plus de souplesse , afin de prévenir ks luxations et les fractures.
Je n'ai indiqué ici que les modifications qu'entraînent avec elles la station et la marche bipède et quadrupède dans la disposition des parties prises dans leur ensemble , qui en exigent ensuite d'autres encore dansk
3YSTEME OSSEUX. 159
forme , la disposition et la force de chaque élément en particulier qui entre dans la composition du corps; sans parler de celles qu amène la condition quadrupède arrivée au type de son perfectionnement chez les Animaux à sabots, et spécialement chez les Solipedes; mais en parlant plus tard des diverses parties du corps du Œcd^ type des digitigrades, je ferai principalement remarquer les modifications que chaque organe éprouve par les mêmes causes , et surtout avec quelle profondeur de vue les organes du mouvemement sont calculés jusque dans leurs moindres détails, pour rendre ces Animaux essentiellement quadrupèdes, sauteurs et carnassiers.
Dans les transformations que le corps des Animaux subit en passant d'un type à lautre , soit en se simplifiant , soit en se compliquant quelquefois, selon que l'harmonie des facultés et de leurs appareils lexige; les diverses parties changent même de fonction ; et d'ordinaire on les retrouve encore, avant de disparaître entièrement, sous la forme de simples rudiments sans usage apparent , n'indiquant en quelque sorte plus qu'un simple droit d'existence, si je puis m'exprimer ainsi , avant de s'éteindre tout à fait.
La Tête, tout en changeant assez considérablement de forme, sans cesser de laisser apercevoir qu'elle est toujours formée d'après le même principe que chez \ Homme, ne perd, dans tout l'embranchement des Animaux vertébrés, que des parties de pur perfectionnement, et en quelque sorte accessoires aux organes principaux dont elle est le réceptacle. Le cerveau diminue considérablement et avec lui la boîte crânienne , sans jamais disparaître , sa limite étant fixée dans les degrés les plus bas de l'échelle animale. Les organes des sens , tout en perdant quelques-unes des parties qui rendent leurs facultés de percevoir plus exquises , comme les paupières pour les yeux, la conque et même le tympan pour les oreilles, les cavités nasales qui se réduisent souvent chez les Poissons à une petite fossette; mais dans la classe des Mammifères, tous ces organes diffèrent «ncore fort peu de ceux de Y Homme. Aux yeux, aucune partie ne disparaît, et ces organes sont même souvent plus perfectionnés que dans l'espèce humaine , plusieurs Animaux jouissant de la faculté de voir assez
160 PEEBIIÈRE PARTIE.
bien la nuit, par la faculté qu'ils ont de pouvoir faire varier, selon le besoin , plus fortement la grandeur de leur pupille pour graduer le faisceau de lumière , en raison inverse de son intensité , en mênae temps qu'ils ont des muscles de plus que ï Homme pour mouvoir le globe de Fœil , et dont l'action doit être de raccourcir ce dernier pour rapprocher la rétine du cristallin , afin de mieux distinguer les objets.
L oreille est de même plus compliquée dans les Mammifères quadrupèdes que chez \ Homme , à quelques exceptions près pour les espèces entièrement aquatiques , comme les Cétacés , qui manquent d'oreille externe ; chez les autres au contraire, et surtout chez les Carnivores, tels que les Felis , on y trouve les mêmes parties profondes ; mais déjà la caisse est beaucoup plus développée , formant avec la cavité mastoïdienne un tambour ou timbale qui paraît influer puissamment sur la fonction de l'audition.
Quant à l'oreille externe , elle est bien plus développée encore sous le rapport de sa complication, présentant jusqu'à vingt-cinq muscles parfaitement distincts et bien mobiles , tandis que dans XHomjne on n en trouve que huit , incapable de produire le moindre mouvement appréciable. Les cartilages de l'oreille sont eux-mêmes plus compliqués et plus mobiles , pour permettre aux muscles de les déplacer en différents sens.
Quoique le nez soit moins apparent chez la plupart des Mammifèris quadrupèdes que dans \ Homme , vu qu'il est moins saillant , la membrane pituitaire est cependant beaucoup plus étendue , en ce que , d'mie part, le nez est plus allongé et sa cavité bien plus compliquée ^ surtout chez les Carnivores. Aussi est-il connu que ces Animaux ont Todorat è. (in , qu'ils peuvent reconnaître la trace du gibier qui , plusieurs heures avant , a passé dans un endroit , et même la direction qu'il a prise.
Quant au sens du goût , il est possible qu'il soit plus obtus que dans lespèce humaine , quoiqu'on ne trouve pas de différence bim grande dans les parties qui lui servent de réceptacle.
Les organes de la voix, tout en conservant, chez les Mammifoos quadrupèdes , à peu près la même forme et la même dispositiou que
sont tuberculeuses, mais à proéminences coniques fort aiguës , propres à mieux briser le têt des Insectes dont ces Animaux se nourrissent. Les insectivores de grande taille, comme les Myrniécophaga , n*ont au contraire pas de dents du tout, et avalent simplement les Fourmis dont ils se nourrissent ; leurs corps entiers étant pour eux un aliment suffisamment divisé.
Les ichthyophages ne diffèrent de leur côté des vrais carnassiers que par des dents Molaires plus coniques, quoique souvent encore tranchantes; la chair des Poissons, d'ordinaire moins coriace que celle (les Animaux supérieurs, étant plus facile à diviser; et comme ces Animaux saisissent leur proie dans l'eau , où ils n'ont pas les moyens de la fixer pour la déchirer plus facilement, ils sont généralement obli- ^^és de l'avaler en entier; de manière que toutes les dents doivent plus particulièrement servir à la saisir qu'à la mâcher; aussi, les molaires des Delphinides , Mammifères ichthyophages par excellence, ont-elles généralement la forme des canines des carnassiers.
Les dents des herbwores par excellence , celles des Ruminants , présentent des caractères plus distincts encore. Les Inciswes doivent être également tranchantes ; mais comme les feuilles fines de la plupart des Plantes plieraient facilement entre les dents opposées, et ne se coopéraient que difficilement, il était plus convenable, comme cela est eo effet , de n'en placer qu'à la mâchoire inférieure , et de leur opposer à l'autre une surface plane légèrement cornée et élastique, qui, se moulant mieux sur le tranchant de ces dents, sert à mieux pincer l'herbe que l'animal arrache plutôt qu'il ne la coupe.
Les Canines devenant inutiles ont disparu dans la plupart des espèces; et là où il en existe , elles sont ou très-peu apparentes , et ne paraissent que fort tard pour occuper simplement encore leur place avant de disparaître, ou bien elles sont longues et servent à la défense : autre fonction de ces dents. Quant aux Molaires destinées à broyer l'herbe qui se laisse plus facilement réduire par ce moyen , elles offrent des couronnes plates, avec des arêtes plus dures que le reste de la dent, et disposées
ifférents sens, pour mieux produire le broiement.
Cette conformation des dents des herbivores, oii la partie osseuse, nnoins dure de la dent , est traversée dans diverses directions par des lames verticales d email plus dures , est un de ces ingénieux moyens dont la nature fait si souvent usage pour parer à quelque inconvénient. Ces organes, tout en s usant à leur sommet par le grand frottement qu'ik exercent les uns contre les autres , ne perdent cependant jamais par là le tranchant de leurs aspérités; ce tranchant se reproduisant par leffet même de Fusure de la dent.
Chez les Solipédes, Animaux de transition sous le rapport des organes de mastication, quoiqu'ils soient entièrement herbivores , lappareil dentaire nest pas encore arrivé, comme instrument de broiement, à son degré le plus parfait. Les incisives d'en haut et d en bas sont encore formées sur le modèle de celles des carnassiers et des omnivores ; mais leurs couronnes , moins dures, s' usant plus rapidement les unes sur les autres, présentent des surfaces planes qui s ajustent très-bien d une mâchoire à Fautre , et forment une pince preis({ue aussi parfaite que chez les Ruminants.
Les Rongeurs , qui forment, sous le rapport des organes de mastication , un type entre celui des omnivores et des herbivores, présentent des dents dont la disposition et la structure est parfaitement en harmonie avec leur genre de vie. Ces Animaux, généralement de petite taille, étant destinés en grande partie à se nourrir ou de substances végétales fraîches, mais très-charnues, comme des racines ou des fruits, ou bien de substances dures , telles que des semences ou autres matières sèches , qui, dans leur état ordinaire , présentent des masses trop volumineuses pour être embrassées par la bouche de ces petits Mammifères , ces Animaux les rongent petit à petit , et ont pour cet effet reçu un appareil dentaire parfaitement propre à cela. Les Jncisii^es, au nombre de deux à chaque mâchoire, sont très -grandes, surtout fort longues, poussent constamment par leur racine, et sont couvertes d'une lame d email fort épaisse et très-dure à la fiace antérieure. Par le simple effet de cette structure, ces dents conservent non-seulement une longueur constante, et s ajustent toujours parfaitement , par cela même qu elles s'usent les
unes contre les autres, mais elles conservent aussi constamment un tranchant fort aigu , vu que la couche d'émail antérieure étant plus dure résiste mieux à Tusure, et forme par là toujours saillie, comme cela a lieu pour les lames d email qui traversent les dents des Rijminants.
Les Canines entièrement inutiles, étant très-bien remplacées par les incisives pour la défense, ont complètement disparu. Quant aux Molaires^ elles rentrent dans les conditions de celles des Ruminants.
Dans Tordre des Cétacés, on trouve trois conditions fort différentes dans les organes de la mastication. Chez les uns, tels que les Manatus qui se nourrissent de végétaux , les dents ont beaucoup d analogie avec celles de certains herbivores comme les Halmaturus, et plusieurs Pachydermes ; ces Animaux n'ayant que des Molaires à couronnes à collines. D'autres formant la tribu des Delphinides sont, sans exception, ichthyophages, et ne pouvant dépecer leur proie pour l'avaler par partie, sont obligés <le l'avaler tout entière, aussi, n'onl-ils en haut et en bas, ainsi que je viens de le dire, que des dents coniques, simples, souvent fort nombreuses , plus propres à saisir qu'à mâcher. Chez les derniers , enfin, formant la tribu de Baleinides, les dents proprement dites n'existent, d'après les observations de M. Geoffboî Saint-Hilaire, qua la mâchoire supérieure des fœtus, et disparaissent bientôt complètement pour être remplacées par d(s lames cornées ou Fanons (baleine du commerce), en forme de faux, implantées en très-grand nombre le long des bords latéraux de la même mâchoire, et rapprochées les unes des autres par leurs faces; de manière (jue les deux séries formant les parois latérales de la cavité buccale, y font les fonctions de crible, pour retenir les petits animaux contenus dans une fort grande masse deau que ces Cétacés saisissent avec leur bouche.
Dans toute la classe des Mammifères , les organes de la déglutition ne présentent pas «le différences très-notables.
SYSTÈMB OSSKUX. 165
ARTICLE n.
Du squelette des Reptiles.
On place généralement les Oiseaux immédiatement à la suite des Mammifères , pour en former la seconde classe du Règne animal , et c est avec raison, dans ce sens, qu'on ne pourrait placer aucune autre classe entière entre; mais rigoureusement on devrait y mettre une partie des Reptiles sauriens, qui forment réellement, par l'ensemble de leur organisation , la transition des Mammifères aux Oiseaux , ainsi que je l'ai fait voir dans mon Traité danatorrUe comparatisme. Mais dans un ouvrage d*anatomie comparative , et surtout dans le chapitre qui nous occupe ici , il est plus convenable de passer directement des Mammifères aux Reptiles, et de ceux-ci d'une part aux Oiseaux, et de l'autre aux Chélo- NiENS et aux Poissons, afin de suivre pas à pas les modifications que les oi^anes éprouvent dans leur dégénérescence à travers la succession des familles et des genres, et ne pas être arrêté par des formes et des conditions d'existence brusquement nouvelles, dues seulement à la marche (juon a suivie, en franchissant d'un coup une grande série d'Animaux naturellement interposés. Cela est même tellement vrai , qu'il serait impossible de reconnaître l'analogie qui existe entre une foule d'os et de muscles des Oiseaux et leurs correspondants chez les Mammifères , sans la connaissance de l'organisation des Reptiles supérieurs.
En effet, les Sauriens étant appelés à vivre dans des conditions à peu près semblables à celles dans lesquelles se trouvent les Mammifères , leur ressemblent aussi beaucoup sous presque tous les rapports, et leur squelette a surtout les plus grandes analogies avec celui de ces derniers. Quoique dans tout l'ensemble delà classe, les Reptiles, Animaux éminemment transitoires, offrent • d'im ordre à l'autre, des différences très-grandes , d'où résulte qu'on remarque parmi eux trois types fort distincts, sans y comprendre même les Gheloniens, dont je forme une
classe à part , types qui se laissent toutefois ramener facilement à un seul par des transitions presque insensibles qui existent d'un ordre à Tautre.
Les Sauriens ont surtout la plus grande analogie avec les Mammiféeks, étant la plupart Quadrupèdes comme eux , et essentiellement marcheurs; aussi les divisions principales du corps sont-elles absolument les mêmes, et quoique la tête soit également composée de cinq vertèbres avec leurs appendices, et quelle approche encore beaucoup pour la forme de celle de ces mêmes Animaux, et plus que celle des Oiseaux , sa composition eu diffère toutefois d'une manière très-marquée dans les détails; les parties se subdivisant davantage, et les rapports ainsi que la forme des diflférentes pièces éprouvent des changements considérables d'une famiUe à l'autre par l'effet de la dégénérescence que le tout subit. Le rachis varie cependant assez peu , n'offrant que quelques modifications dans la forme et le nombre des vertèbres; et quoique les Oiseaux approchent, sons ce rapport , beaucoup des Mammifères , ils s'en éloignent toutefois pins qoe les Sauriens, qui offrent encore ici , comme presque partout, le terme moyen entre les deux classes.
Quant aux os des membres , ils ne diffèrent aussi que fort peu de ceux des Mammifères, étant composés des mêmes parties, et disposées comme chez eux, mais avec des formes spéciales propres à chaque genre, et offrant dans leur ensemble des caractères généraux qui les distingaent de ceux des autres Vertébrés.
La Tête entière ressemble surtout infiniment à celle des Mammifères par la forme générale et la disposition de beaucoup de ses parties , mais en diffère notablement quant aux détails. Les yeux , placés comme chez ces derniers , et d ailleurs comme dans tous les Vebtébiss, offrent à peu près la même organisation; les fosses nasales , situées de la même manière, sont moins compliquées que dans les Oiseaux; ce qoi laisse supposer que le sens de l'odorat est peu développé chez ces Animaux; et quoique la langue soit fort grande, très-mobile et charnue dans la plupart des espèces, le goût paraît aussi être fort obtus. Quanta lappareil de louïe, il ressemble beaucoup à celui des Oiseaux, étant, comme le leur, réduit à un vestibule avec trois canaux semi-circulaires;
beaucoup eutre eux, je dois faire connaître ici les caractères qu'offre le squelette de chacun ; et pour donner une idée plus exacte de sa composition , et spécialement de fOstéologie de la tête , j'indiquerai avec quelques détails les principales modifications qu'il éprouve dans la dégénérescence qu'il suit, en prenant pour exemple les espèces les plus caractéristiques de ces divisions, afin de mettre à même de mieux apprécier les conditions dans lesquelles se trouve la charpente osseuse des Mammifères, et de suivre cette transformation dans toute la série des Vertébrés.
La tête subit surtout de grandes modifications dans certaines de ses parties , par l'effet du démembrement de plusieurs de ses os , dont j'ai déjà parlé , tandis que d'autres diffèrent peu de leurs analogues chez les Mammifères et les Oiseaux. On y distingue toujours les parties qui se rapportent aux trois vertèbres crâniennes avec leurs dépendances; mais les deux faciales deviennent plus rudimentaires ; et les autres os de la face subissent souvent des changements tels , qu'on a de la peine à reconnaître au premier abord les parties qui leur correspondent chez les Mammifères.
Quoique les Sauriens soient intermédiaires entre les Mammifères et les Oiseaux , leur tête osseuse diffère cependant déjà notablement de la leur; on y reconnaît facilement les parties composant les corps des trois vertèbres crâniennes , dont les deux antérieurs, le sphénoïde et lesphécoïde, sont toutefois complètement confondus, ainsi que cela a déjà lieu dans \ Homme ^ et ensuite chez tous les Vertébrés ovipares.
La portion qui répond chez les Sauriens au Sphénoïde est même le plus souvent réduite à une simple apophyse dusphécoide, qui représente le Rostrum du sphénoïde de ï Homme ^ dont elle conserve à peu près la forme et la disposition , et je lui conserverai dans la suite toujours le nom de cet os , pour rappeler son analogie avec lui. Chez les Tupinambis , véritable type de l'ordre des Sauriens , et que je prends ici pour terme de comparaison , cet os n'est même qu'une longue apophyse grêle , en filet horizontal , dirigée eu avant et surmontée d'une lame verticale cartilagineuse formant la cloison des orbites , en se continaant
en avant avec la partie moyenne, également cartilagineuse, de Fethraoïde; en haut, avec les deux lames orbitaires des coronaux, et en arrière, avec deux autres lames cartilagineuses fort minces, occupant la place des apophyses d'Ingrassias , qui y sont contenues, chez les Vanz/^i/5, dans la partie antérieure sous la forme de deux osselets ou os Ingrassiaux, représentant un V, et contournant la partie postérieure des trous optiques.
Ces deux membranes, qui occupent en outre la place des apophyses ptérales^ se continuent ensuite inférieurement avec le corps du sphécoïde ; en arrière, avec les rochers; et en haut, avec les bords latéraux des pariétaux.
La partie du crâne des Mammifères qu'on nomme los coronal , comme ne formant qu'une seule pièce, se décompose, chez tous les Vertébrés ovipares, en trois parties, qui restent aussi longtemps distinctes que les autres os de la tète : Tune, à laquelle on conserve, comme pièce principale, le nom dos coronal on Ae Jrontal principal ^ répond à la majeure partie moyenne de celle des Mammifères, tandis quune antérieure, se rapportant à l'apophyse nasale, qui j'appelle métopinale (i), consitue une pièce à part souvent fort grande, ou Métopion; et la troisième qui répond à l'apophyse fronto-malaire de \ Homme ^ et que je nomme l'apophyse ou l'os Gonien (2), est également toujours distincte.
Les vrais Coronaux j placés dans leur position ordinaire, forment en dessus , entre les deux orbites , deux lames plus ou moins planes , généralement beaucoup plus petites que chez les Mammifères et les Oiseaux, répondant , à l'état de réduction où se trouve toute la vertèbre sphénoidale , aux lames frontales , et sont même souvent confondues en une seule pièce s'articulant en arrière avec les pariétaux chez les Tupinambis^ et plus en dehors avec les os goniens
En avant, les coronaux se prolongent en une apophyse qui se continue directement avec les os nasaux; latéralement, ils se replient dans
(1) De |jL£X(o;ciov , entre -deux des sourcik.
(2) De Yu)v(a , angle^
les orbites pour revenir en dessous jusque vers le plan médian de la tête chez les Varanus y formant ainsi les lames orbitaires qui rencontrent la cloison mitoyenne du sphénoïde, et se continue en arrière avec la lame, également membraneuse , tenant la place des apophyses ptérales, et contenant les os Ingrassiauoc. Les coronaux circonscrivent ainsi latéralement la partie antérieure delà cavité crânienne, devenue généralement fort étroite chez la plupart des Sauriens. En avant , la lame supérieure , ainsi que Torbitaire , s'articule latéralement par suture avec los métopinal, formant le bord supra-antérieur de l'orbite.
Les deux Métopiaux ou frontaux antérieurs de Cuvier , correspondent , ainsi que le fait voir ce célèbi e anatomiste , à la partie antérieure des os coronaux des Mammifères, à celle qui renferme les sinus frontaux. Ces os sont placés d'ordinaire , chez les Sauriens , au bord antérieur de Forbite, entre les coronaux, les siagons et les unguis, avec lesquels ils s'articulent par suture , et atteignent même souvent les os du nez , rapports qui sont absolument ceux de Tapophyse nasale des coronaux des MammifereSi que j'ai désignée sous le même nom de métopinale.
Sur les angles latéraux postérieurs des coronaux s'articule un osselet occupant la place de l'apophyse gonienne des Mammifères , formant de même une partie du cadre de l'orbite , osselet que Cuvier nomma de là frontal postérieur, et qui se retrouve non-seulement dans une foule de Reptiles, mais encore chez les autres Vertérrés ovipares; cependant, comme le nom que ce célèbre anatomiste lui a donné est composé, il me paraît plus convenable de le désigner sous le nom de l'apophyse qu'il remplace , et de l'appeler os Gonîen.
Chez les Tupinambis^ où il est parfaitement distinct , c'est une trèspetite pièce allongée transversalement en apophyse arquée en dessous, articulée par suture en dedans avec les angles correspondants du coronal et du pariétal , et en arrière, dans sa moitié terminale, avec le corsai, démembrement de l'analogue du squammeux des Mammifères.
Quoique la vertèbre sphécoïdale soit également très-réduite , son Corps, confondu avec le sphénoïde , conserve cependant un assez grand volume chez les l^aranus et les TupinamhiSy et constitue avec le basi-
laire la partie principale de la base du crâue. Cet os forme iuférieurement une grande plaque pentagonale , dont les angles antéro-latéraux se prolongent en une très-forte apophyse dirigée obliquement en avant et en dehors, pour aller s arthrodier à son extrémité avec lomoïde.
Chez les Oiseaux, cette articulation a lieu entre le corps du sphénoïde et lomoïde, ainsi que nous le verrons à TArticlb suivant. L angle antérieur du sphécoïde forme chez les Karanus une apophyse fort courte, impaire , plus allongée dans les Tupinambis^ et se continuant à son bout avec le corps du sphénoïde , et les angles postérieurs se prolongent en une apophyse oblique dirigée en arrière et en dehors pour s'articuler par suture avec le basilaire.
Au-dessus de cette plaque inférieure , le corps du sphécoïde en présente une seconde également carrée, oblique, formant un angle avec cette dernière, en plongeant en arrière , pour se continuer de même avec le basilaire, tandisque le bord antérieur se continue avec la lame postérieure membraneuse des ailes d'ingrassias. Ces deux tables étant écartées en avant, interceptent une cavité constituant un sinus sphécoïdal en cul-desac, remplaçant en quelque sorte le sinus sphénoïdal des Mammifères, auquel il ressemble pour sa disposition. Latéralement , les deux plaques se saturent avec le rocher dont il sera parlé plus bas.
Les Apophyses obliques de la vertèbre, qu'on appelle les grandes ailes chez X Homme , ou apophyses ptérales , se séparent d'une manière permanente du corps du sphécoïde, séparation qui a également lieu chez tous les fœtus de Mammifères, ainsi que la fait remarquer Cijvier(i), et se trouvent contenues chez les Sauriens , soit sous forme de plaque, soit sous celle d'un simple grain osseux dans la partie latérale membraneuse du crâne, au devant du rocher (2), tandisque certains anatomistes ont cru trouver ces os dans deux pièces particulières propres à un grand nombre de Sauriens, et que je décrirai sous le nom de Stélidiens. Ces os
(1) On. fo$s. , t. V, V part., p. 76.
(%) md. CuviBR les décrit sous la première forme dans les Ctocodilus^ et sous ia seconde chex les Iguana , p. 267.
ptéraux ne sont point apparents dans beaucoup de Sauriens , où la région du crâne qui leur correspond reste membraneuse, et il en est souvent de même pour les os Ingrassiaux.
Les osselets que je nomme Stélidiens (i) ^ à cause de leur forme en petite colonne , etqueCuviER décrit (2) sous le nom decolumelles, dénomination qui a dû être changée, comme étant déjà appliquée à l'axe, autour duquel tournent les coquilles des Gastéropodes, constituent chez les Tupinambis , de chaque côté , un petit os grêle, à peu près cylindrique , placé verticalement au côté du crâne , où il s articule en bas avec le milieu de l'omoide, au niveau de l'articulation de ce dernier avec l'apophyse du sphécoïde,et s'élève de là librement pour aller s'articuler, par son extrémité supérieure, avec le bord antéro-latéral du pariétal et du rocher. Ces osselets, propres seulement aux Sauriens Lacertiens, Igua- NiENS, Gékotiens et Scincoïdes, ne trouvent nulle part leurs analogues chez les autres Vertérrés.
Les parties qui correspondent chez les Mammifères aux apophyses plérygoïde (externe) et omoïde (ptérygoïde interne) se séparent également chez les Sauriens , pour former deux os particuliers, dont l'un a reçu dans les Oiseaux le nom di Omoïde, et dont l'autre conservera le nom de Ptérygoïdien , d'après l'apophyse du même nom , qu'il représente dans les Mammifères : c'est le transi^erse de Cuvier (3).
V Omoïde des Crocodilus est un os large qui fait suite au palatin , et se joint, dans toute sa longueur, à celui du côté opposé pour occuper avec lui la partie postérieure moyenne du palais , en ménageant à leur angle postéro -in terne une échancrure formant le bord antérieur de
(1) De aTTjX(ôtov , petite colonne.
{% 0$s. fo8s , t. y, 2*" pan., p. 267.
(3) CiJViER (Om. /bs«., t. V, 2* part., p. 77) donne à l'os représentant l'apophyse ptërygoïde interne, le nom de Ptérygoïdien, et à lexterne celui de Transverse (p. 80). Or, comme, d'une part, ce dernier nom est employé pour une foule d'organes, et que depuis longtemps l'os répondant à l'apophyse ptérygoïde interne porte chez les Oiseaux le nom d^ Omoïde, j'ai cru devoir appliquer ce dernier nom à tous ses analogues , et laisser celui de Ptérygoïdien exclusivement à Tanalogue de la seconde apophyse.
partie des parois de la cavité crânienne. Chez les Tupinarnbis , c est une pièce à peu près carrée , formant la paroi latérale postéro-moyenne du crâne. Son bord inférieur se suture avec le bord latéral du corps du sphécoïde, et plus particulièrement avec le condylien. Son bord antérieur profondément échancré, donne insertion à la membrane cartilagineuse de laile d'Ingrassias. Son angle suprà-antérieur prolongé en une grosse apophyse, s articule au sommet avec l'extrémité supérieure du stélidien et du pariétal ; le bord supérieur se suture dans sa partie anté* Heure avec ce dernier os , et plus en arrière avec le bord latéral de Toccipital; enfin, le bord postérieur avec l'antérieur du condylien. Le labyrinthe est creusé dans sa partie centrale.
L os Condylien ou Apophyse oblique postérieure de la vertèbre basilaire des Tupinarnbis . est une assez grande pièce placée sur les côtés du trou occipital; sa portion interne, formant une partie des parois de la cavité crânienne, s'unit par le bord inférieur avec le sphécoïde et le basilaire; le bord postérieur entre dans la composition du trou occipital, et le supérieur se suture tout le long avec l'occipital et le rocher. L'angle antérieur , fort allongé , pénètre entre ce dernier et le basilaire uni au sphécoïde, tandis que le postéro-inférieur forme la portion latérale du condyle.
La partie externe de cet os forme une très- grosse apophyse dirigée en dehors et un peu en arrière, en se renflant au bout» où elle s'articule avec la partie terminale de la face interne de l'apophyse postéro-latérale du pariétal ; et ces deux parties étant arquées l'un vers l'autre, ménagent entre elles un grand trou, par lequel la fosse occipitale communique avec la temporale.
Dans les Crocodilus^ les condy liens diffèrent de ceux des Tupinarnbis et genres voisins, en ce que leur apophyse externe, très-grosse, se suture , dans la majeure partie de sa face supérieure , d'une part avec le squammeux , qui est très-développé chez ces Animaux , et de l'autre avec le tyropanique placé en dessous, de manière que la grande ouverture postérieure de la fosse temporale , dans les Tupinarnbis , est ici trèspetite, et réduite à un canal étroit et même oblitéré. Par sa face anté-
i7& rRKmÈllE PARTIB.
loïdieiis , et à rextréinité avec le sommet des apophyses latérales des condyliens.
Chez les Crocodîlus , les pariétaux forment au œntraire une pièce impaire assez petite , dont les angles antérieurs se prolongent en grosses apophyses courtes qui se portent en dehors pour se suturer avec les os goniens, et en dessous avec les ptéraux. Les prolongements des angles postérieurs également fort courts et transversaux , s'articulent par suture à leur extrémité avec les squammeux. La lame latérale plongeant dans la fosse temporale , se suture avec los ptéral , et plus en arrière avec le tympanique et le squammeux. Enfin , postérieurement , les pariétaux joignent comme d'ordinaire loccipital.
La vertèbre basilaire des Sai:riens , plus développée encore que la ^phécoïdale , conserve aussi plus de ressemblance avec celles qui lui correspondent chez les Mammifères et les Oiseaux. Elle est de même composée du basilaire , des rochers , des condyliens et de loccipital.
Le Basilaire des Tupinambis , ou Corps de la vertèbre, disposé comme celui des Mammifères et des Oiseaux, est une plaque hexagonale dont les trois bords antérieurs s'unissent aux postérieurs du sphécoïde. Les latéraux postérieurs échancrés s'articulent par suture avec les condyliens, et Tangle postérieur tronqué et renflé , forme la partie moyenne du condyle occipital unique, qui est ici la base du corps de la vertèbre , s'articulant avec le corps de Tatlas, ce qui n'a point lieu chez les Mammifères; tandis (]ue les parties latérales de ce condyle appartenant aux os condyliens, sont les véritables représentants des condyles occipitaux des Mammifères, et constituent les articulations des apophyses obliques. Cette portion ba* silaire du condyle occipital est même surmontée, chez plusieurs Sauriens, d'une petite épiphyse semblable à celle des vertèbres rachidiennes des Mammifères.
Le Rocher ou Apophyse oblique antérieure de la vertèbre l)asilaire , offre une forme toute différente de celle qu'il a dans les deux premières classes du règne animaL Chez les Crocodilus^ il est entièrement masqué, étant recouvert en dehors par le ptéral et le tympanique, et enchâssé entre ces deux os et le condy lien placé en arrière, en même temps qu il fait
rieure, cette même apophyse des condyJiens s'articule par une large suture avec le tympanique encore entièrement immobile chez les CrocoeUlus.
V Occipital des Tupinambis, de forme triangulaire, s'unit par son angle antérieur avec le milieu du pariétal , par ses bords latéraux avec les rochers, et par le postérieur latéralement avec les condyliens, en formant au milieu le bord supérieur du trou occipital.
Quant aux vertèbres faciales ; également au nombre de deux , comme d ailleurs chez tous les Vertèbres, leurs corps sont encore plus rudimentairesque chez les Oiseaux , et en grande partie réduits à des cartilages , lethmoïde ne faisant , de même que chez ces derniers , plus du tout partie de la boîte crânienne.
La vertèbre Rhinale est généralement réduite à une cloison mésorrhi" nale cartilagineuse, fort peu étendue , bornée en haut, soit à la peau, dans la plupart des Crocodiliens, en séparant les deux orifices des na^ rines, soit à une apophyse internasale des deux os labraux; apophyses disposées comme le sont celles des Oiseaux , que je crois représenter les os du nez , mais qui , chez les Sauriens , forment réellement des apophyses des os labraux, existant conjointement avec les véritables os nasaux. Cette cloison, déjà fort petite chez les Tupinambis, devient même nulle dans les Varanus , où ces apophyses des os labraux sont appliquées immédiatement sur les cornets , et l'extrémité antérieure des lames palatines des siagonaux ; de manière que le Corps de cette première vertèbre, déjà rudimentaire dans les Mammifères et les Oiseaux , disparaît complément chez beaucoup de Reptiles.
Les Cornets du nez ou Apophyses obliques postérieures de la vertèbre rhinale , sont seuls irès-développés chez les Varanus et beaucoup d autres Sauriens , formant deux ampoules osseuses, larges et déprimées» fort épaisses dans leurs parois , placées dans la partie antérieure des fosses nasales, où elles sont appliquées immédiatement sur le vomer, sous les apophyses internasales des labraux qui pénètrent même dans leur intervalle en passant sur eux ; et leur cavité, peu spacieuse , communique postériement au-dessus des deux vomers avec les fosses nasales.
VEthmoide ou Corps de la seconde vertèbre faciale est divisé , chez les
SYSTEMK OSSEIX.
Sauriens, eu trois parties, dont ]a moyenne correspondant à la lame verticale des Mammifères est d'ordinaire osseuse; et les deux latérales, comparables aux anfractuosités de ces derniers , paraissent rester entièrement cartilagineuses chez la plupart des Sauriens, si ce n est chez les tout vieux indivi(ius.
La cloison moyenne, faisant suite au corps de la vertèbre rhiuale, sépare, comme d'ordinaire, la partie postérieure des fosses nasales, en se continuant en haut avec les os nasaux ; en bas, avec les vomers, et en arrière, avec la cloison interorbitaire du sphénoïde, ou bien avec les bords internes des lames orbitaires des os métopinaux.
Les os Nasaux ou Lames de la vertèbre ethmoidale , occupant toujours leur place ordinaire, sont deux osselets lancéolés, assez grands et distincts chez les Tupinambis ; plus petits, triangulaires et confondus en une seule pièce chez les Varanus^ et forment le prolongement des coronaux. A leur extrémité antérieure, ils se suturent avec l'extrémité de l'apophyse internasale des os labraux, séparant les narines l'une de l'autre. Au bord externe, ils s articulent, dans les Tupinambis^ les Zricerta , etc., comme chez les Mammifères, avec les siagonaux; tandis que chez les Varanus , les siagons ne les atteignent pas , et laissent entre eux un grand espace formant la narine.
Les Appendices des cinq vertèbres céphalicjues se retrouvent tous dans les Sauriens comme chez les Mammifères , (juoique considérablement modifiés . et souvent subdivisés en un plus grand nombre de pièces.
Ceux de la vertèbre rhinale sont de même, d'une part, les ailes du nez ou les cartilages y//«/m', qui paraissent avoir disparu chez les Cro- COD1LIENS, s'ils ne se retrouvent pas dans les tampons qui ferment les narines des 6^awVï/; et d'autre part, les os Zyfl/^/Yiz^o:, qui ressemblent beaucoup à ceux des Mammifères, étant de même formés de deux parties, se réunissant dans le bord alvéolaire, et dont Tune constituante lame palatine, s unit à celle du côté opposé pour se continuer en arrière par la lame du même nom du siagon. L'autre partie ou Tapophyse nasale externe, courte et large, est disposée également comme dans les Mammifbees, en remontant en dehors des narines, pour pénétrer entre le
siagon et l'os nasal ; raais il n'y a pas, chez la plupart des Crocodiliens , d'apophyse internasale qu'on remarque généralement chez les autres Sauriens, mais elle existe déjà dans Vjélligator lucius, et forme le bord supérieur de la cloison du nez.
Les os Labraiix des Lacertiens, et spécialement des Tupinambis ^ diffèrent déjà un peu plus de ceux des Mammifères, en ce qu'ils ont perdu leur apophyse nasale externe , qui se trouve en quelque sorte remplacée par une autre interne ou intemasale , formant le bord supérieur de la cloison du nez , et qu'on trouve déjà , ainsi que je viens de le dire , en rudiment chez Y Alligator lucius. Cette apophyse , unie à celle du côté opposé, forme une languette remontant entre les narines jusqu'aux os du nez, avec lesquels elle s'articule. Enfin, l'apophyse palatine aussi, unie à celle du côté opposé, se continue en arrière avec le vomer.
Les Appendices d« la vertèbre ethmoïdale sont formés d'une part , par le Vomer, et de l'autre par les Unguis.LR première, impaire chez les Mammifères et les Oiseaux, est composée, chez les Varanus, etc., de deux pièces latérales formant une paire : ce qui prouve que ce n'est point un corps de vertèbre, mais bien des pièces appendiculaires. Ce sont deux os simples, allongés , placés l'un à côté de l'autre , au milieu de la voûte palatine, et à découvert dans la cavité buccale. Ils se suturent entre eux par le bord interne dans la moitié antérieure de leur longueur, et s'écartent postérieurement pour se continuer avec les branches internes des os palatins. Antérieurement » ils s'articulent en avant avec l'apophyse palatine des os labraux , et sur le côté avec les lames palatines des siagonaux, dont ils s'écartent postérieurement, en laissant entre eux une grande ouverture fermée par des parties molles; et en dessus, leur portion antérieure est immédiatement recouverte par les cornets. Le vomer ne forme ainsi plus une partie de la cloison entre les fosses nasales , mais deux pièces placées dans le plan du palais.
L'Unguis^ disposé à peu près comme chez les Mammifères, occupe le milieu du bord antérieur de l'orbite. C'est chez les Varanus un petit osselet quadrilatère , faisant face en dehors , placé dans le plan du prolongement nasal du siagon , avec lequel il s'articule par son bord anté-
SVSTÈAIH OSS£tX. 179
rieur ; en haut , il se suture avec le métopion ; eu bas , avec rextrémité du malaire; et son bord postérieur forme une portion du cadre de lorbite. Entre la face interne de cet osselet et le métopion est un grand trou for mant le canal lacrymal. Dans le Tupinambis , la lame externe superficielle est très-étroite, et le canal fort petit, et dans d'autres genres, ce canal se trouve entièrement dans F un guis.
Les Appendices de la vertèbre sphénoïdale comprennent , comme dans les Mammifères : i° les os Palatins et Siagonaux^ et 2" les os Malaires et leurs dépendances, ainsi que les cartilages Epicyles et Hypocyles , qui prennent toutefois des formes et des dispositions souvent fort différentes de celles qu'ils offrent chez ces derniers.
LesPalatins commencent à prendre une disposition particulière intermédiaire entre celle qu'ils offrent chez les Mammifères et les Oisealx. Ceux des C/Y>cot£/z/5 ressemblent encore beaucoup à leurs analogues desÂnimaux de la première de ces classes , en même temps qu'ils ressemblent aussi à ceux des Lacertiens, qui présentent la transition avec les Oiseaux. Ce sont deux pièces allongées , étroites , placées encore l'une à côté de l'autre à la ligne médiane du palais, en s'unissant entre eux; et formée d'une partie moyenne ou corps de l'os , faisant partie de la voûte palatine , en sarticulant en avant avec la lame palatine du siagon, à laquelle elle fait suite, et en arrière avec Tomoïde (correspondant à l'apophyse ptérygoïde interne des Mammifères), qui occupe la région postérieure du palais. Sur le milieu de cette lame horizontale du palatin sélève une apophyse verticale, vestige de la lame orbito-nasale des Mammifères, et qui monte pour aller s'unir à une apophyse descendante du métopion. Entre le palatin, la partie postérieure du siagon, le ptérygoïdien et l'omoïde est une grande ouverture fermée par des parties molles, et communiquant sur le squelette de la cavité buccale avec la fosse orbi taire.
Chez les Lacertiens, les os du palais s'éloignent déjà sensiblement de ceux des Crocodilus. Ce sont deux pièces également allongées d'avant en arrière, mais placées à distance l'une de l'autre dans la région moyenne du palais, ils sont formés du reste, comme chez les Crocodilus^ de la
réunion de trois apophyses, dont deux constituant la lame palatine, s'articulent, la postérieure, comme chez les Crocodîlus , avec lomoide , et lantérieure avec le vomer, et non avec le siagon , dont la lame palatine est étroite et latérale. Enfin, la troisième apophyse, supérieure, mais dirigée plus en dehors, et formant la lame orbito-nasale, va s'unir de même à l'os métopion, ainsi (ju'à la partie postérieure du siagon.
Les Siagonaux des Crocodiliis ressemblent également à ceux des Mammifères, et beaucoup plus que dans les autres Salriens et les Oiseaux , où ils sont déjà bien plus dégénérés. La lame palatine, encore aussi large que chez les Animaux de la première classe , offre en outre les mêmes rapports, s'articulant en avant avec le labral , et dans certains individus avec une })etite portion visible au palais de l'extrémité antérieure des vomers; plus en arrière , et dans un long espace, avec celle du côté opposé; enlin , à l'extrémité postérieure avec le palatin qui lui fait suite.
La lame nasale, très-large, ressemblant également beaucoup à sou analogue chez les Mammifères, est surtout fort large, et s'articule en avant avec la branche externe du labral , au milieu avec le nasal , plus en arrière avec l'unguis et le malaire, mais n'atteint point le raétopinal , dont elle est séparée par l'unguis.
La ressemblance avec les Mammifères est déjà moindre, mais fort grande encore chez les Tupinambis^ les LacerlUj les Scincus , etc., pour se rapprocher de la disposition que cet os offre dans les Oiseaux. La lame nasale , à peu près conformée comme dans les Crocodiins , atteint même le coronal et le métopion ; tandis que dans les J^aranus elle est bien pins étroite et fort écartée du nasal, ainsi que du coronal, ne s'articulant plus qu'avec le métopion, l'unguis , le malaire et le ptérygoidien ; et par son extrémité antérieure avec le corps du labral , os qui manque d'apophyse nasale externe.
Quant à la lame palatine des siagonaux des Lacertiens, elle est beaucoup plus étroite que chez les Crocodilus ne formant qu'une crête longeant le bord dentaire de l'os , sans atteindre la ligne médiane du palais, oii elle laisse un long espace vide entre elle et celle du côté opposé; espace où l'on voit au milieu les deux vomers et les palatins, et ne s'ar-
ticule avec ceux-ci que vers leur partie postérieure. En avant, elle se continue avec la lame palatine du labral.
Les Dents sont, à Finstar de celles des Mammifères, implantées dans des alvéoles spéciales chez les Crocodiliens ; dans les autres Sauriens, au contraire, et spécialement dans les Tupinainbis, ces cavités peu apparentes se confondent le plus souvent en une seule grande rigole, où les dents n'adhèrent qu a leur entier développement à la paroi externe. Los Malaire occupe, chez tous les Sauriens, à peu près la même place que celui du Mammifère, quoicjue sa forme soit généralement très-différente. Dans les Crocodilus , oii il a surtout encore beaucoup d analogie avec celui de ces derniers Animaux , cest un grand os allongé d'avant en arrière, placé sous l'orbite, dont il forme en partie le cadre, et s'articule en avant avec le siagon et l'unguis, et de plus avec le ptérygoidien (externe), d'où il se porte horizontalement en arrière vers la partie inférieure du tympanique, pour se suturer obliquement avec le cotisai placé entre les deux os. Au milieu de sa longueur, il produit en dedans une courte apophyse , montant vers l'os gonien avec lequel elle s'articule en fermant ainsi l'orbite en arrière.
Chez les Lacertiens, et spécialement chez les Tupinambis, cet os se trouve dans les mêmes rapports que chez les Crocodilus , mais s'allonge déjà plus, devenant une tige grêle, arquée, qui contourne la moitié inférieure de l'orbite, en s'articulant en avant avec l'unguis , plus en arrière avec le siagon , au miheu ou dans sa partie la plus inférieure , avec le ptérygoïdien , et se recourbant ensuite en haut vers le gonien^ qu'il n'atteint pas tout à fait, il se termine au corsai, avec lequel il s'articule par suture.
Chez les Varanus, le malaire occupe aussi à peu près la même place que celui des Tupinambis, mais sa moitié postérieure s'atténue en une longue pointe arquée en haut , qui n'atteint pas le corsai auquel elle est simplement liée par un Ugament complétant le cadre de l'orbite.
t! arcade zygomatique conserve , chez les Tupinambis , animaux dont la tête ressemble encore beaucoup à celle des Mammifères, à peu près la même disposition que chez ces derniers ; mais se trouve formée de
182 Pa£MlèR£ PAATIE.
deux osselets faisant la chaîne entre le siagonal et le squammeux , et qui se termine toutefois de même à celui-ci, au-dessus du tympanique; c'està-dire que la partie répondant à Fapophyse corsale du squammeuxdes Mammifères se sépare de la portion élargie de l'os pour former une pièce particulière qu'on retrouve ensuite distincte dans tous les Vertébrés ovipares, où je le désigne en conséquence sous le nom d'os corsai. Dans la plupart des Ghéloniens , tels que les Trionyx , l'arcade zygomatique offre la même disposition ; mais déjà , dans d'autres genres de cette classe , on voit la seconde pièce ou le corsai glisser graduellement de haut en bas, le long du bord antérieur du tympanique, et arriver à son extrémité inférieure dans les Chelonia , sans cesser de s'articuler aussi en haut avec le squammeux. Chez les Crocodiliens, il se sépare de ce dernier pour ne s'articuler qu'avec le bord antérieur du tympanique, qu'il longe jusqu'en bas; et enfin dans les Oiseaux, il n'arrive plus qu a l'angle infra-externe du \x\^\x\^ os, et l'arcade zygomatique offre par là une disposition toute différente que chez les Mammifères.
Le Corsai des Sauriens est regardé par Cuvier tantôt comme l'analogue du squammeux qu'il nomme temporal , et que je retrouve ailleurs, et tantôt chez les Tupinambis, comme un démembrement du gonien (son frontal postérieur) (i); tandis que Spix (2) le considère comme répondant à une partie du malaire. Cet os conserve chez tons les Sauriens , à l'exception des Crocodiliens , en grande partie les mêmes rapports que dans les Mammifères , formant une pièce triangulaire allongée, placée horizontalement en dehors de la partie latérale du crâne dans l'arcade zygomatique. Il est composé de trois branches , dont la postérieure s'articule obliquement avec le squammeux; l'antéro-supérieure, pltis courte, monte vers le gonien, auquel elle s'unit; et Fanter o-in férié ure descend vers le malaire pour s'arthrodier avec son extrémité. Chez les Varanus , cette branche n'atteint pas , ainsi que je viens de le dire, le sommet du malaire.
(1 ) Om. fon. , t. V, part. 2*, p. 261 .
(2)OfpA<i/o,P1.9, fig. 1
Dans les Lacerta , le corsai forme au contraire une large plaque qui , tout en occupant la même place , se suture en arrière avec le mastoïdien ; par sa partie postéro-externe , avec le squammeux ; par son angle infrà-antérieur , avec l'extrémité du malaire, et s'étend au bord interne jusqu'à une lame horizontale partant du pariétal , avec laquelle il se continue , dans toute sa longueur, en formant ainsi avec cet os une voûte sur la fosse temporale, qui rappelle celle de la tête de beaucoup de Ché- LONiENS. C'est chez ces derniers Animaux qu'on voit, ainsi que je l'ai dit plus haut , cet os se porter graduellement en bas , vers l'extrémité du tympanique , et enfin se détacher du squammeux dans les Crocodilus et genres voisins , pour prendre ainsi une tout autre disposition, il forme chez ces derniers Animaux une assez grande pièce allongée davant en arrière , placée entre la partie inférieure externe du tympanique et l'ex-trémité postérieure du malaire , formant avec ce dernier l'arcade zygomatique , et dans une situation à peu près semblable à ce qui existe chez les Oiseaux.
Un os qui semble complètement manquer chez les Mammifères et les Oiseaux , mais qu'on trouve dans beaucoup de Reptiles, est placé dans la paupière supérieure , qu'il remplit presque en entier chez \ Alligator pcdpebrosus et les Lacerta ; tandis que chez les Varanus , il n'en occupe que la partie antérieure , en s'articulant sur le cadre de l'orbite; cet osselet, que CuviER nomme tantôt surciUer{\) et tantôt surorbitaire (2) , est le véritable analogue du cartilage tarse de Y Homme , auquel je propose d'assigner le nom de cartilage Epicyle (3), le nom de tarse, quoique fort ancien, étant employé pour dénommer une partie du pied. Cet osselet a chez les Varanus la forme d'une griffe de chat , articulée par sa base sur le bord orbitaire du métopion, d'où il se dirige en arrière par sa pointe , et se trouve contenu dans la partie supérieure membraneuse de l'orbite. Dans la Lacerta asceUata , il est même composé de deux parties.
(1) On. fo$s., t. V, part. 2% p. 257,
(3}/frf<{.,p. 261.
(3) D*iicttcoX(c , paupière supérieure.
Les Dents étant plus ou moins coniques, et souvent arquées en arrière, dans les Sauriens, ressemblent par là d'ordinaire beaucoup à des canines de Carnivores, ou plutôt aux dents des Cétacés delphinoïdes , auxquels ces Animaux me paraissent faire immédiatement suite, et ce n'est que dans quelques genres (ju elles offrent des formes un peu différentes. Les Tupinambis et les Iguana les ont à couronne comprimée et festonnée en petites dentelures, comme les fausses molaires simples des Carnivores. Les CrococUlurus ont les molaires moyennes en forme de gros tubercules arrondis, devenant de plus en plus petites et coniques sur le devant et 1 arrière des mâchoires. D'autres genres les ont plus petites et plus grêles , et elles sont enfin tout à fait pointues chez les Varanus , les Lacerta et les Scinciis; mais ces dents varient encore assez fortement, selon les genres et les espèces. Leur forme étant d'ordinaire partout la même , elles ne sauraient plus être distinguées en plusieurs sortes comme chez les Mammifères supérieurs, si ce n'est qu'on peut appeler Incisives celles implantées dans les os labraux , quoiqu'elles ne soient plus tranchantes. Elles sont cependant généralement plus petites que les molaires, et celles-ci se distinguent souvent en plusieurs séries successives, allant dans chacune en augmentant de grandeur, jusqu'à la série suivante, qui recommence par une dent plus petite , ou bien la plus grande (lent est vers le milieu de la série. Chez les Lacerta , il n'y a qu'une série où les plus grandes dents son t vers le devant.
Les Appendices de la vertèbre sphécoïdale sont à peu près les mêmes que chez les Mammifères, mais offrent dans leur disposition et leur composition de notables différences qui caractérisent les Sauriens, en même temps qu'elles se portent souvent sur la vertèbre basilaire , de manière à laisser dans le doute de savoir à laquelle ils appartiennent réellement; enfin de même que pour les vertèbres sphénoïdales , plusieurs parties de la masse apophysaire forment des pièces particulières, dont quelques-unies deviennent en outre mobiles.
Cette transposition est surtout remarquable pour la mâchoire qui ne particule plus sur le représentant de l'apophyse corsale du squammeux, mais iiuv le tympanique comme dans les Oiseaux, auxquels les Saueiems
forment le passage, et ce dernier os devenant à la (in mobile, en même temps qu'il change considérablement de forme , présente dans les Crocodilus la transition de la condition dans laquelle il se trouve chez les Mammifères à celle des Oiseaux, où il est tout à fait mobile et ne donne plus en rien insertion au tympan.
Vœ Squammeux j quoique faisant partie delà boîte crânienne chez les Mammifères , y indique toutefois déjà , par ses sutures écailleuses, qu'il n'est qu'appliqué extérieurement sur les os voisins ; aussi s'en sépare-t-il de plus en plus chez les Sauriens ^ et enfin tout à fait dans les Ophidiens, où il devient même parfaitement mobile.
ChezlesCrocodilus^ cet os , que Cu vier ( i ) nomme le mastoïdien, occupe encore à peu près la même place que dans les Mammifères , quoique sa forme soit considérablement changée. C'est une pièce triangulaire formant l'angle suprà-postérieur de la tête, où elle s'unit par suture, en dedans, avec l'apophyse latérale postérieure du pariétal; en avant, dans sa partie externe, avec le gonien; en arrière, par son bord inférieur, tout le long avec l'apophyse latérale du condylien ; et enfin en bas , par sa face inférieure, en avant et en arrière avec le tympanique, en ménageant au inilieu , entre les deux os, une cavité ouverte latéralement, faisant partie de la caisse, cavité formée ainsi encore par le concours du squammeux.
Cette disposition, dans les Crocodilus ^ fait reconnaître l'analogue de cet os chez les autres Sauriens, où il se trouve considérablement réduit, et dans une disposition qui diffère encore plus de celle des Mammifères.
Arrivé à l'état de simple rudiment chez les Tupinambis^ il y prend la forme d'une petite tige grêle légèrement arquée , constituant la partie postérieure de l'arcade zygomatique, arcade partant ici de la partie supérieure du tympanique , comme dans les Mammifères , et non de son extrémité inférieure comme dans les Crocodiliens et les Oiseaux. Cette petite pièce se trouve engagée par son extrémité postérieure entre le mastoïdien et
(1) Ou. fm. , t. y, 2* part., p. 86.
le bord supérieur du tympanique, et placé de là en dedans de ce dernier; d'où il se dirige en avant et croise longitudinalement l'apophyse postérieure du corsai pour former avec lui l'arcade zygomatique.
Chez les Laceria, c'est au contraire une pièce triangulaire plus grande et plus large, remplissant l'angle que forment entre eux le corsai, le pariétal et le mastoïdien , en concourant avec eux à former la voûte sur la fosse temporale qui caractérise ces Animaux, et non une arcade libre; cette dernière très-large, joignant en dedans le bord suprà-latéral du pariétal , pour former cette voûte , à peu près comme dans les Testudo.
Nous avons vu que chez les Mammifères la mâchoire s'articulait avec l'os squammeux , et plus particulièrement sous la base de son apophyse corsale. Chez les Sauriens, les Chéloniens et les Oiseaux, au contraire, son articulation est fort éloignée de cet os , et portée à l'extrémité inférieure du tympanique, qui prend une forme toute différente et un plus grand développement. Ce changement de disposition , tout extraordinaire qu'il soit, n'en est pas moins un fait prouvé jusqu'à l'évidence par les rapports des parties chez les Sauriens et les Chéloniens , où cet os est suffisamment caractérisé pour qu'il puisse rester le moindre doute à ce sujet. Mais par ce changement de disposition, la mâchoire devient un appendice de la vertèbre basilaire. Pour suivre toutefois la même méthode que précédemment, j'indiquerai ici les caractères particaliers de cette partie des os de la tête.
La Mâchoire des Sauriens est conformée dans son ensemble à peu près comme celle des Mammifères, seulement son apophyse coronoïde est généralement fort peu saillante , et guère plus que dans les Oiseaux, placés un peu plus loin dans la série. De même aussi , la branche montante ou condylaire est très-peu prononcée , et même souvent nnlle aussi , comme chez les Oiseaux; et l'écartement entre la mâchoire et le crâne est obtenu , chez les uns et les autres, par l'interposition du tympanique , qui remplace en apparence la branche montante. La mâchoire des Sacriens diffère ensuite notablement de celle des Mammifères pour se rapprocher de celle des Oiseaux, à laquelle elle fait le passage, en ce qu'elle
]es homonymies, cette dénomination étant déjà employée pour une Ibuie d'autres objets.
En arrière se trouve la sixième paire queCoviER nomme articulaire^ comme formant larticulation de la mâchoire; mais ce terme est aussi trop souvent employé pour indiquer d'autres parties, pour qu'on paisse le conserver ici, et je propose de le remplacer parle nom àiArthrique ( i), qui a la même signification. Cette pièce forme la partie postérieure de la mâchoire , et porte en dessus la facette arthrodiale de cette dernière.
Les cartilages Méniscoïdes ^ placés chez les Mammifères dans l'articulation squammo-maxillaire, ne paraissent pas exister chez les Reptiles, où personne ne les a du moins indiqués.
Les Appendices de la vertèbre basilairesont aussi les mêmes que chez les Mammifères, mais considérablement modifiés tant pour le nombre que pour la forme, en même temps que d'autres pièces , appartenant chez les Mammifères à la vertèbre sphécoïdale, se sont portées sur la basilaire, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer. Les osselets de l'ouïe sont généralement réduits à l'étrier, qui allant , comme chez les Oiseaux, jusqu'au tympan , fait en même temps les fonctions de marteau. Le mastoïdien et le tympanique prennent une autre disposition ; tout ce qui se rapporte à l'oreille extérieure disparaît chez tous les Reptiles, et enfin les pièces formant l'appareil hyoïde et le larynx subissent ^[alement des rédoetions considérables.
VÉtrier des Sauriens ressemble généralement , comme celui des Oiseaux, à un clou à tête ronde formant sa platine, qui ferme, comme chez les Mammifères , la fenêtre vestibulaire. De cette ouverture , la tige de l'osselet se porte directement au tympan , auquel elle adhère par son extrémité , et se prolonge souvent sur cette membrane en une petite tige cartilagineuse , qui parait représenter le Marteau.
Le Mastoïdien parait être confondu chez les Crocodilus avec le condylien , ainsi que l'a déjà admis Geoffroy-Saint-Hilaire , qui le nomme
(1) D'àpOpixA; , articulaire.
f90 PAEMIÈRB PABTIB.
là d'une part aux Oiseaux , et de 1 autre aux Poissons. S'isolant de plus en plus pour devenir enfin entièrement mobile dans ces deux dernières classes, en cessant chez les Oiseaux de former le cadre du tympan , qui disparaît complètement dans les Poissons , et cet os sert en outre chez les Oiseaux y les Gheloniens et les Reptiles , à lexception des Ukodelbs , de point d appui à la mâchoire, qui sarthrodie avec lui, et non plus , comme dans les Mammifères, avec la partie corsale du squammeux, et aucun Animal ne présente, que je sache, la transition de l'une de ces dispositions à l'autre, si ce n'est Y Homme même, ainsi que l'a déjà fait remarquer CuviBE, où la cavité glénoïde est en partie formée par l'apophyse corsale , et en partie par le tympanique , séparée par la tissure de Glaser.
Déjà chez les Crocoihliens, le tympanique prend une tout autre forme que chez les Mammii ères , celle d'un grand os fixe , aplati , placé obliquement à la partie externe postérieure de la tête, eo se dirigeant en dessous et en arrière , s'articulant par de larges sutures avec les os circonvoisins : supérieurement avec le squammeux , en laissant une cavité latérale entre eux ; cavité faisant partie de la caisse, ainsi que cela a ^;alement lieu chez les Mammifères. En dedans , il s'articule avec la partie latérale du pariétal et l'os ptéral ; en arrière , avec le mastoïdien et le condylien; en dedans, avec ce dernier et le rocher; en bas, avec le sphécoïde , et par son bord externe , presque tout le long avec le corsai , qui le sépare du malaire; enfin, son extrémité infmeure, coupée carrément, forme un condyle transversal, sur lequel sarthrodie la mâchoire. Dans sa partie suprà-postérieure, il concourt à formw la Caisse ^ ménagée entre cet os , le squammeux , placé au-dessus ; le rocher en dedans, et le mastoïdien en arrière, ainsi que cela a aussi lieu chez les Mabimifèrës.
Chez les Laceetiei^, le tympanique fait un pas de plus que chez les Grocodiliens , pour se rapprocher de la forme qu'il va prendre dans les Oiseaux. 11 se dégage davantage des os environnants, surtout à sa partie inférieure, où il ne s'articule plus en dehors avec le corsai^ mais par contre en dedans avec l'extrémité de l'omoïde , comme dans lesOmAux ,
ce qui n eiiste pas chez les Crocodiliens , et en haut , il n'adhère plus que par une petite partie de sa face interne aux os squammeux , mastoïdien , condylien et pariétal , et plus du tout au ptéral. C'est en général une pièce assez grande , placée à peu près verticalement , représentant Tare antérieur du tympanique des Mammifères » quoique beaucoup plus robuste ; condition qui devient parfaitement évidente en comparant cet os avec son analogue chez les Trionyx^ oii il entoure tout à fait le tympan.
Dans le genre Tupinambis et le Scincus cyprius^ etc. , cet os, encore très-large , présente à sa face externe une cavité assez profonde représentant la caisse externe des Chéloniens , dont il sera parlé à l'article IV de ce chapitre; cavité dont le bord sert de cadre au tympan, et qui s'efface de plus en plus chez les Lacerla , les Varanus et les Chamœleo , cil elle devient enfin entièrement nulle, ainsi que chez les Oiseacx, classe où la membrane du tympan ne touche même plus à cet os , s'insérant au condylien , au rocher et au sphécoïde qui forment la caisse ; cavité correspondant à ce que j'appelle la caisse interne dans les Ché-
LOmBNS.
chez tous les Lacertiens, le tympanique se renfle à ses deux extrémités supérieure et inférieure pour s'articuler en haut avec les extrémités des os précédemment nommés , d'oii il se dirige en dessous et forme à sa tubérosité inférieure une grande facette arthrodiale , par laquelle il s'articule avec la mâchoire , et touche par sa face interne un peu au-^ dessus de ce condyle, à l'extrémité de l'omoïde qu'il croise et auquel il est lié étroitement par des ligaments , comme dans les Oiseaux.
Les IcuANiBNS ne diffèrent que fort peu des Lacertiens , et spécialement des Tupinambis^ présentant même , dans certaines espèces , une cavité plus profonde, avec le tympan dirigé en arrière; et chez ces Animaux, l'os tympanique devient déjà sensiblement mobile.
Le Mastoïdien , petit et en forme d'écaillé allongée , comme dans les Lacertiens, diffère quelquefois de celui de ces derniers en ce qu'il est placé en dedans de l'extrémité de l'apophyse postérieure du pariétal , au lieu d'être en dehors. Le Squammeux^ plus large et court , rappelle par
192 rREMlÈHE PARTIE.
là aussi uu peu mieux son analogue des Mammifères, quoique disposé comme dans les Tupinambis.
Los -flyoiV^ des Sauriens offre de très-grandes différences dans les diverses familles de cet ordre. Très-simple dans les Crocod i liens , où il est même difficile de décider si les pièces qu'on regarde comme lui appartenant ne seraient pas plutôt des parties du larynx, cet appareil est formé d'une très-grande plaque cartilagineuse, à peu près carrée, convexe en dessous, concave en dessus, formant le corps de l'hyoïde, et remplissant en même temps les fonctions AeThyroïde, qui paraît manquer du reste. Cette plaque porte de chaque côté un os appendiculaire , grêle , coudé, qui se porle d'abord en arrière et se replie ensuite en haut pour former Tanalogue de la Corne céphalique, et se termine par un appendice cartilagineux formant la seconde et dernière pièce de la corne, et enveloppée ainsi que la première par des muscles comme dans les Oiseaux , sans être liée d'une manière directe avec le crâne comme chez les Mammifères.
Le bord antérieur du corps de l'hyoïde forme une saillie à la base de la langue dirigée vers l'intérieur de cette dernière ; tandis que le bord postérieur est échancré , et embrasse l'origine de la trachée , comme le ferait iin thyroïde.
Le Larynx se compose , d'après Cuvier , d'un cartilage Cricoïde et de deux Aryténoïdes ; la plaque ou corps de l'hyoïde faisant aussi les fonctions ^Epiglotte.
Chez les Lacertiens, l'/i^oîV^ est fort différent de celui desCROCooiLiBiis se rapprochant plus de celui des Oiseaux , auxquels ces Animaux font passage. Celui des Varanus est composé d'une pièce moyenne impaire ressemblant à l'os Zmgim/ des Oiseaux , mais qui n'atteint pas la langue, et se trouve appliqué en dessous contre le larynx, et doit de là plus particulièrement être considéré comme étant le Coips de l'hyoïde. Sur l'extrémité postérieure de cette pièce s'articulent, de chaque côté, deux cornes , chacune composée de deux pièces grêles qui se font suite ; la première de ces cornes se porte d'abord en avant , pour revenir ensuite en arriéra jusqu'au delà des côtés de la tête , et représente, comme on le verra
SYSTÈM£ OSSBUX. 193
un peu plus bas, la Corne céphalique. La corne postérieure se dirige obliquement en arrière et en dehors dans les chairs, vers le côté de l'épaule.
Les angles postérieurs du Corps^ très-courts daps les f^aranus, se prolongent au contraire chez les Tupinamhis en deux longues apophyses, sur lextrémité desquelles s'articulent de même les deux paires de cornes. Là postérieure ^ en leur faisant directement suite, se prolonge jusqu'aux côtes du cou y et \ antérieure obliquement en avant et en dehors dans sa première pièce , qui se bifurque , et dont la branche antérieure continue à se porter en avant dans la même direction , pour se terminer en un filet ligamenteux placé en dedans de la mâchoire. La seconde branche fort courte , s'articule à son extrémité avec la seconde pièce , très*longue et grêle de la corne, qui se porte en arrière également jusque sur les côtes du cou. L'angle antérieur du corps pénètre un peu dans la base de la langue.
Les Gecko ont à peu près le même hyoïde que les Tupinamhis , seulement l'angle antérieur du corps avance un peu plus dans la langue.
Chez les Iguana , l'hyoïde diffère principalement de celui des trois genres précédents , en ce que le Ck)rps se prolonge en arrière en deux tiges grêles simulant une troisième paire de cornes, et accolées l'une à l'autre le long de la ligne médiane du cou.
C'est ainsi que nous voyons naître deux autres cornes , formant une troisième paire, qui s'écartent chez les Lacerta^ Animaux oii le corps de l'hyoïde forme postérieurement une petite dilatation , sur laquelle s'articulent les deux premières paires de cornes , et dont l'angle antérieur de ce même corps se prolonge en une longue tige grêle qui pénètre dans la langue.
CuYiER (i) fait remarquer que dans les 5c//icu^ , où l'appareil hyoïde est à peu près semblable à celui des Lacerta , la corne antérieure est suspendue à l'os condylien par l'intermédiaire d'un osselet que ce savant
(1) On. fau.j t. V^ 2" part., p. 281.
croit être l'analogue de lapophyse styloïde des Mammifères, ce qui prouve que cette branche est bien celle qui correspond à la Corne cépha^ lique , d'où résulte aussi que la seconde branche doit en conséquence être la Corne laryngienne , et la troisième , représentée ailleurs par une tige impaire, nommée souvent queue de l'hyoïde, et d'ordinaire prolongée sous la trachée-artère, je la désignerai sous le nom de Corne trachéUenne.
On verra plus bas , en partant de l'hyoïde des Chéloniens , que ces Animaux ont en quelque sorte aussi trois paires de cornes à l'hyoïde ; mais elles ne correspondent pas , dans leur ordre numérique , à celles des Sauriens et des Urodèles , la seconde étant la paire céphaliqae , la troisième la laryngienne ^ et la première , peu apparente, est propre à ces Animaux.
Le cou des Sauriens est généralement très-court , peu mobile , et ne renferme d'ordinaire qu'un petit nombre de vertèbres : trois chez les Chamœleo , qui paraissent en avoir le moins , et sept dans les Crocodilus , qui en ont le plus ; mais parmi les Sauriens fossiles se trouvent \e& Plesiosaurus ^ o\x l'on en trouve tout à coup jusqu'à 38 , ce qui dépasse de beaucoup le chiffre qu'elles présentent chez les autres Vbr-