‹ Anatomie descriptive et comparative du chat: type des mammifères en général et des carnivores enChapitre 3 sur 41 · X PB^FAGE · texte numérisé non relu

X PB^FAGE

fragments qaou a recueillis jusqu a présent sur ranatomie comparative , et les théories plus ou moins hypothétiques qu on fondé sur des bases si légèrement établies, est bien assez considérable aujourd'hui pour quil soit grandement temps de songer à étudier plus à fond l'organisation des êtres vivants , et de tâcher de traiter cette science d'une manière plus rationnelle, pour préparer les données qui peuvent conduire à la découverte des lois qui régissent la nature. Mais peu de personnes paraissent disposées à entrer dans cette nouvelle voie, oii il faut étudier longtemps les objets jusque dans leurs plus petits détails, sans en omettre . aucun , afin d'être à même de reconnaître l'influence que chaque partie peut avoir sur le tout dans les résultats généraux qu'on observe; et arriver par là à la détermination des véritables causes qui agissent dans les êtres organisés.

11 est vrai que cette rhanière de procéder, fort longue et pénible , ne permet pas de publier souvent les résultats auxquels on est arrivé, mais aussi l'absence de travaux complets et exacts retarde considérablement les progrès que cette science pourrait faire ; et cela va même jusqu'au point que malgré tant de personnes qui se sont occupées d'anatomie, il n'y a que X Homme parmi tous les Vertébrés dont l'organisation soit bien connue, et cette seule branche de la science a demandé plusieurs siècles d'étude à un grand nombre d'anatomistes pour arriver à l'état où elle est; tandis que déjà sur les animaux domestiques, dont il serait cependant si important de connaître la structure, on n'a encore que des traités fort incomplets d'anatomie ; et pour les autres embranchements du règne animal , il n'existe même guère que de simples aperçus consignés dans divers mémoires.

Ce manque d'ouvrages complets quoique plus ou moins spéciaux selon le sujet qu'ils embrassent, est, ainsi que je viens de le dire, principalement dû au long emploi de temps que l'étude approfondie des organes exige ; taudis qu'en se bornant à ne publier que de simples mémoires, oii l'on ne s'engage à faire connaître que ce qu'on croit avoir vu , ou même seulement aperçu au premier abord, on peut facilement pubher souvent de ces fragments, le nom de mémoires disant suffisamment que ce ne

PREFACE. Kl

sont que de simples notes, où Ton n'est obligé d entrer dans aucun dé* tail sur les objets longs et difficiles à étudier; pouvant, sans manquera aucun engagement, passer sous silence tout ce qui demande quelque peines. Il nen est pas ainsi, lorsqu'on prend, parle titre même de louvrage, l'obligation d'être complet et exact, car alors il ne suffit pas de n^avoir vu qu'une fois les choses, ou de ne les avoir même qu'aperçues, il faut les avoir revues à plusieurs reprises pour être assuré qu'on ne s'est point trompé; il faut les avoir examinées dans leurs plus petites parties, pour être certain de n'avoir rien omis, et il faut décrire les organes avec des détails suffisants pour que la forme, la structure, la dispodtion et les rapports de tous soient assez bien connus pour qu'on puisse non-seulement se faire une idée exacte de leurs fonctions , mais apercevoir encore les analogies qu'ils ont avec ceux des autres animaux , et éclairer par là l'anatomie et la physiologie comparatives proprement dites. Il ne suffit même pas de décrire et de figurer avec exactitude, chaque organe en particulier, il faut encore que tous soient représentés dansleurs rapports naturels oii ils se trouvent pendant qu'ils exercent leurs fonctions; et cela est surtout nécessaire quant aux organes actifs et passifs de la locomotion , d'où naît encore la difficulté de ramener chez l'animal mort, toutes les parties à la disposition qu'elles ont sur le vivant ; ce qui exige une longue étude des formes de ce dernier.

Dans les recherches auxquelles je me suis livré sur l'anatomie et la physiologie comparative en général , je reconnus dès le commencement la grande lacune qui existait dans ces deux sciences relativement aux organes du mouvement , dont on ne connaissait même qu'imparfaitement la partie qui se rapporte à l'ostéologie ; encore était-il rare de trouver dans les cabinets des squelettes complets et bien montés , quoique rien ne soit plus facile que de préparer les os ; et les ouvrages qu'on a publiés sur les diverses parties du squelette des animaux supérieurs, ne consistent guère encore que dans la description pure et simple des divers os ccnnparés d'une espèce à l'autre, ou bien dans des hypothèses sur leurs analogies, sans qu'on ait d'ordinaire cherché à découvrir ni les causes déterminantes de ces mêmes formes, et des dispositions que ces

Xn PEIÎFAGE.

pièces affectent, ni leur véritable action dans les mouvements; ou bien encore les conditions dans lesquelles se trouvent les divers muscles et les ligaments, pour produire, soit ces mêmes mouvements, soit l'équilibre dans la station.

Quant à la mécanique et à la statique animale , il n'existe même qu'un très-petit nombre d ouvrages tous fort incomplets, oii ces questions soient traitées, et dont les auteurs sont le plus souvent anatomistes, sans être mathématiciens, ou mathématiciens sans être anatomistes, et bien rarement anatomistes comparateurs, doù sont résultées de grandes erreurs. Cette lacune dans la science ma engagé à entreprendre il y a déjà longtemps, un Traité de mécanique animale comparatisme ^ mais pour lequel j'avaisà composer par avance tous les ouvrages anatomiques qui devaient lui servir de base, et quoique j'en possédasse déjà plusieurs, il me manquait cependant les plus importants, tels que les traités spéciaux danatomie descriptive des principales espèces de Vertébrés, dont je devais expliquer les mouvements ou l'équilibre ; c'est-à-dire des espèces qui , pour chaque mode d'organisation , peuvent être considérées comme présentant les Types les plus parfaits, relativement aux mouvements que ces animaux exécutent. Or presque tous ces ouvrages étant encore à faire , je me suis vu forcé de les entreprendre moi-même, et je présente ici la première de ces monographies ayant pour sujet ïj4natomie descriptis^e et comparatisme du Chat^ véritable type des Mammifères digitigrades ; travail qui rentre d'ailleurs dans le plan général de mes ouvrages, celui de publier principalement des monographies anatomiques sur les espèces qui peuvent être considérées comme les types des grandes familles naturelles; ouvrages semblables à celui que j'ai publié sur les Animaux articulés en général, et les Coléoptères en particulier, en prenant pour exemple le Melolontha \mulgaris.

Ce mode de publication me parut être aussi le plus convenable pour faire faire des progrès assurés aux sciences naturelles ; ces monographies complètes formant autant de jalons auxquels peuvent se rattacher tous les faits isolés, observés thez les espèces intermédiaires, en même temps, qu'au moyen d'un petit nombre d'ouvrages de ce genre, faits sur le

Page 1