SECONDE SECTION
Des appendices des vertèbres cépha tiques.
J'ai déjà fait remarquer^ en parlant de la tête en général , que les appendices des vertèbres céphaliques constituaient principalement les os de la face, parmi lesquels les squammeux, les osselets de la caisse, les tympaniques et les mastoïdiens sont généralement décrits avec les os du crâne , mais qui s'en détachent chez beaucoup d'Animaux. J'ai fait remarquer aussi que les deux premières vertèbres, la rhinale et l'eth-
&20 PRBiriÈaB FARTIB.
moïdale, placées à rextrémité de la série, se trouvent, comme à lordrnaire en pareil cas, dans une condition exceptionnelle, et rudimentaires; le tronc central du système nerveux ne s y prolongeant pas, et que de là ces deux vertèbres entières, à l'exception de la lame criblée de la seconde, font ainsi également partie de la face.
§ I. jippendices de la i^ertèbre rhinale.
Quoique la première vertèbre céphalique soit rudimen taire , ses appendices ne le sont pas tous, et constituent deux séries, dont Tune réduite aux deux petites pièces cartilagineuses suivantes, et l'autre formée par les deux os labraux.
A. Appendices de la première série.
Cartilage alaire^ ou Aile du nez de \ Homme (PI. XI , 12 ; et PL Xir, fig. S , def). Ces pièces , déjà décrites par Rcffcs , forment dans le Chat , de chaque côté des narines, extérieurement, une petite plaque ovale, bombée , placée dans la partie latérale postérieure de Taile du nez qu elle soutient. Son bord supérieur s'unit par une syndesmose linéaire à l'inférieur du cartilage pararrhinal ; le postérieur s'articule avec l'apophyse nasale du labral , en croisant en dedans son bord antérieur ; et l'antérieur forme, avec celui du cartilage pararrhinal, le bord latéral de la narine. A la face interne (PI. XII, fig. 8 , def), ce cartilage est un peu plus compliqué, y offrant un reste d'anfractuosités , continuation cartilagineuse de celles du cornet. C'est un gros repli longitudinal {de) relevé obliquement, un peu enroulé en dessus, renflé au bord , se terminant à l'entrée de la narine (e) , et contournant par sa concavité supérieure le bord inférieur du cartilage pararrhinal {acb) qui fait saillie dans l'intérieur de la narine. Son bord inférieur (e^), également très-renflé, contourne avec le supérieur {de) une forte dépression interne.
B. Appendices de la seconde série.
Dans mon Traité danatomie comparoÙK^e , où je n ai fait qu'indiquer 4e cartilage mésorrhinal comme devant probablement être considéré
STSTiMB 088BUX. &21
Domme une pièce particulière formant le corps de la première vertèbre ^halique, je n ai pas dû chercher quels pourraient être ses appendices ; mms divers faits m'ayant fourni depuis la preuve que réellement ce cardlage, ainsi que les autres qui entrent dans la composition du nez, appartiennent; avec les cornets, à une vertèbre placée au devant de Tethmoïdale , il était dès lors naturel de chercher à m*assurer ^ cette ver- :èbre n!aurait pas encore d'autres appendices que les cartilages alaires, ît la disposition , ainsi que les rapports des divers os de la tète des Verrévaés ovipares, et surtout de celle des Poissons, mont fait reconnaître ]ne, de même que les autres vertèbres céphaliques, la rhinale avait lussi deux séries d'appendices, dont la seconde était formée par les os abraux, que j'avais précédemment considérés comme dépendant de la /ertèbre sphénoïdale , en faisant suite aux os siagonaux.
LeLabral(Pl XI, 12; PI. XII, fig. ft, 6; fig. «, 12; et fig. 9îl)est >lacé à l'extrémité antérieure du museau sous le nez, où il forme le 3ord inférieur de la narine correspondante. Cet os, distinct seulement ihez le fœtus humain , où il se confond bientôt avec le siagon , avec lequel ï forme après la naissance l'os connu sous le nom de Maxillaire supéieur, reste au contraire longtemps séparé chez les autres Mammifères, le se soudant même quelquefois que fort tard avec le siagon ou maxilaire supérieur proprement dit ; d'où on lui a donné le plus ordinairement e nom d'Intermaxillaire ou de Prémaxillaire, expressions qui ont l'inonvénient d'avoir le même adjectif que toutes les parties qui se raplortent aux mâchoires; et ayant d'ailleurs changé le nom de maxillaire upérieur en celui de siagon , je n'ai pas pu conserver l'une ou l'autre de «s dénominations. On lui donne aussi quelquefois le nom d'os Incisif, :omme portant les incisives supérieures ; mais ce terme semble indiquer [ue cet os sert lui-même à couper ; enfin on le désigne encore par le nom TosLiabial, comme donnant attache à la lèvre supérieure, à laquelle 'applique spécialement le nom de Labre, réservant exclusivement celui le lèvre à l'inférieure, et je propose en conséquence d'appeler l'os que e décris ici le LabraL
vertèbres caudales, c'est-à-dîre une paire d'appendices sous- vertébraux unis ensemble, et chez les Sauriens, les deux osselets sont en effet entièrement séparés. Dans V Homme, cest, comme on sait, une lame large, irès-haute verticalement, formant postérieurement la cloison des fosses nasales; chez le Œat, et en général chez tous les Mammifères à museau allongé, ce n'est qu'une longue pièce horizontale creusée en gouttière en dessus et placée longitudinalement au-dessus de la suture des palatins, des siagonaux et des labraux, en s'articulant par schindelèse avec ces deux dernières paires d'os. Cette articulation a lieu par une crête longitudinale inférieure (fig. 3, 16 b) qui pénètre un peu entre ces OS; tandis que dans sa moitié postérieure {bd), le vomer est un peu relevé et détaché de la suture des palatins ( ef).
Dans la gouttière que le vomer forme à sa face supérieure , appuie le bord inférieur de la lame verticale de l'ethmoïde (2 d)^ ainsi que son prolongement cartilagineux (hf), sans s'y articuler réellement, ce qui prouve que ces parties ne se font pas suite par continuité. Postérieure* ment, cette gouttière plus évasée (fig. 5, y*) est terminée par un biseau mince appliqué , comme chez Y Homme , contre la face inférieure du corps du sphénoïde, et ne lui fait pas suite par la base de ce dernier. Latéralement le vomer produit un peu en arrière de la moitié de sa longueur, sous les cornets sphénoïdaux un élargissement latéral {aaj fig, *, /), articulé avec la partie infrà-postérieure de la lame transverse de l'ethmoïde , dont le planum ou apophyse transverse de la vertèbre fait partie.
Le vomer paraît commencer par deux points d'ossification , un pour chaque lame latérale, mais qui se confondent déjà chez les très-jeunes fœtus; et l'os entier se soude à la lame transverse de l'ethmoïde après la naissance, vers l'âge de 3o jours.
B. Appendices de la seconde série.
Les appendices de la seconde série de la vertèbre ethmoïdale ne sont également formés de chaque côté que par un seul os, Tunguis; à moins qu'on ne veuille considérer le cornet inférieur comme lui faisant suite.
ainsi que les dents supérieures; et la seconde forme une branche de celle-ci , comprenant Fos malaire et les cartilages des paupières.
A. Appendices de la première série,
r Les Palatins {V\. VllI , fig. » , i4 ; PL XII, fig. », i3; fig. 1» et »©) sont deux petits os minces, proportionnellement beaucoup plus allongés que chez Y Hommes et plies angulairement en deux lames longitudinales, dont l'une horizontale on Naso -palatine (ûg. 10,/A:g; et fig. VO,Ag; fig. » , i3 cefg) forme, en s unissant par son bord interne à celle du côté opposé, la partie postérieure de la voûte du Palais^ ainsi que la partie également postérieure du plancher des Fosses nasales \ tandis que l'autre lame, ou XOrbito -nasale (PI. VIII, fig. » , i4 cihik ; PI. XII, 19 et 20 a — /), inclinée de dehors en dedans et en haut, constitue la partie postérieure des parois latérales de la même fosse nasale.
La lame naso-palatine , un peu plus épaisse que l'autre, est plane et fort irrégulière; on peut cependant la comparer à un triangle, dont l'un des côtés en ligne droite , formant le bord in terne,, s'articule à son correspondant du côté opposé. Le second côté , antéro-externe en forme d'(^, se continue par la lame palatine dij siagonal avec leq^iej elle s'articule. Enfin, le bord postérieur est partagé en deux échancrures p^r un long prolongement angulaire (fig. », i3 e) qui va se terminer à l'apophyse omoïde ( ptérygoïde ). L'échancrure intei[ne fprme avec celle du côté opposé le bord postérieur du plancher des fosses nasal^i^ , çt se continue par le voile du palais; tandis que l'externe sépare la voûte palatine de la fosse orbitaire. Chez Y Homme , cette parliq c^u bord est très-courte, l'apophyse omoïde se trouvant immédiatement derrière le bord alvéolaire du siagonal. Près de leur suture, les os palatins forment ensemble en arrière un angle saillant ou Epine gutturale {c) . A la face buccale de cette lame, on remarque deux petits Trous gustatifs (a, A), dont l'un placé au milieu du bord palato-siagonal , et le secQO^d^un peu plus en arrière. Ils forment les orifices d'un pept canal , analogue au Sphéno -palatin de V Homme ^ qui traverse le palatin.
La lame orbilo-nasale paraît plus allongée que la naso-palatine, se prolongeant jusqu'à l'apophyse oraoïde, où elle se termine, en s articulant avec le bord antérieur de lapophyse transverse du sphécoïde. Le bord infrà-externe est divisé en deux parties, dont la première, plus courte, s'articule avec lesiagonal, et se termine en arrière à Tangle externe de la lame horizontale. La seconde , formant en même temps le bord du prolongement angulaire de cette dernière , est dirigée en arrière en se continuant jusqu'à la base de l'apophyse omoïde. Antérieurement , cette lame oblique s'articule par un petit côté avec Vunguis et l'os planum , lorsqu'il existe ; et le bord supérieur s'unit en avant avec la lame orbitaire du coronal, et plus en arrière avec la partie latérale du sphénoïde.
Cette lame est percée de deux trous, dont l'un (PI. VIII, fig. », i^ d) ou Sphéno-palatin , est placé au milieu de la lame , au niveau de langle externe , dirigé en dedans et en avant , communiquant de la fosse orbitaire dans la fosse nasale , et y transmet le principal tronc du nerf siagonal (maxillaire supérieur ) venant du trou sphénoïdal , et dont le trajet sur la lame oblique du palatin est marqué par une large gouttière peu profonde. Un peu en dehors, et au-dessous de ce trou, on en voit un autre plus petit (e), orifice postérieur du canal Palatin postérieur i\ui traverse cette lame en se dirigeant en dessous, en avant et en dedans, pour s'ouvrir dans le palais, au milieu du bord antéro-externe de la lame palatine par les trous Gustatifs.
Le palatin ne se développe que par un seul centre d'ossification.
2* Siagon. Cet os porte dans les ouvrages d'anatomie publiés jusqu'à présent les noms composés de mâchoire supérieure ou de maxillaire supérieur, en le distinguant par son épithète de deux autres os formant, l'un la mâchoire inférieure ou maxillaire inférieur, et l'autre l'intermaxillaire ou prémaxillaire. Or, comme ces dénomiinations très-souvent répétées rendent les descriptions non-seulement fatigantes, mais encore obscures, j'ai cru devoir appliquer, déjà dans l'un de mes ouvrages précédents , à l'os que je décris ici, la dénomination de siagon ou de siagonal,
/t28 PREMIÈRE PARTIE.
son nom grec employé par âristoteles et Ruffus , et de réserver le nom de mâchoire ou de maxillaire exclusivement à la mâchoire inférieure.
Cesos(Pl.XI, i^abhnd^Vl XII, fig. 1,8;%», «4;% «t et»»), malgré leur ressemblance avec ceux de \ Homme ^ sont toutefois plus allongés, et contribuent beaucoup à faire avancer le museau. On y distingue de même un Corps ou partie dentaire , une Lame palatine et une Apophyse montante ou Nasale.
Le corps de l'os (PL XI , 1 4 dn) , dans lequel est creusé chez \ Homme le Sinus siagonal (maxillaire) , est réduit chez le Chat à la hauteur des alvéoles , de manière à être très bas , sans renfermer de Sinus ; et le plancher de l'orbite, au lieu d'être presque horizontal, est fortement incliné en arrière , ce qui réduit la hauteur du corps du siagonal à sa seule lame palatine. Enfin sa hauteur est encore diminuée par l'absence près* que complète de la saillie du bord alvéolaire sur la lame palatine.
Chez Y Homme les bords alvéolaires, unis à ceux des os labraux , forment, comme on sait , la moitié d'une ellipse; chez le Chat ces bords, plus longs (PL XII, flg. », 12 et 1 4 idccklmnopqr) ^ sont de chaque côté en ligne droite et même un peu concaves en dehors, depuis la dent incisive externe (c), jusqu'à la dernière molaire (r), et dirigés en arrière et en dehors, de manière que Tintervalle des deux bords est à leur extrémité postérieure près de deux fois aussi large qu'au niveau des canines {d^ k) placées à l'extrémité antérieure.
Les deux lames palatines de ces os (i 4 gsdi^ et gskr) et les lames horizontales des os du palais (i3 cgf) remplissant cet espace, forment ensemble, vers la cavité buccale, un plan horizontal ou /Vï/a«; mais dont la première n'occupe que les parties latérales, le long des alvéoles, et toute la moitié antérieure, oii les deux os siagonaux atteignent la ligne médiane et s'articulent entre eux ; tandis que postérieurement ils laissent dans le milieu un large espace angulaire occupé par les deux palatins.
A l'angle antéro-externe de la lame palatine des siagonaux est implantée la canine (ûT), première dent de ces os, et dont l'alvéole (Ar) forme une trèwS-grosse bosse en dehors (fig. 1,8/). Le côté du bord dentaire est occupé par quatre molaires (fig. », e,y^ A , /, et /, //^/^,
Au (levant de cette saillie est une dépression verticale ou fosse Myrliforme ^ qui s'étend jusque Sur los labral, et en îarrière une autre plus large (g) ou FoÈse canine. La saillie postérieure ou Apophyse rftalaire {hn)^ placée derrière le trou sous-orbî taire, est fort étendue d'avant en arrière, maispeti élevée, et correspond aux alvéoles des trois dernières molaires. Sa face externe est inclinée eii dehors , et se continue avec celle de Tos malaire pladé au-dessus , avec lequel le siagonàl s'articule dans toute cette partie, en formant une gorge très-profonde dans laquelle pénètre le malaire.
L'Apophyse nasale {da)^ très-large, s'élève au-dessus de Talvéole de la canine, oii elle occupe tout l'espace antérieur au trou sous-ôrbitnire. Cette apophyse , très-grosse dans sa moitié inférieure \ ôii elle renferme cette alvéole, n'est supérieurement qu'une lame fort mince, mais large, formant la majeure partie de la face latérale du museau.
Elle s'articule, à son bor^d postérieur, au-dessus du trou sous-orbitaire avec Tunguis ( 1 5) ; plus haut avec la lame orbitaire (4) du coronal ; et a son extrémité supérieure fort élargie , avec la lame frontale (4) du même os; enfin, à son bord antérieur, de haut en bas, d'abord avec le nasal (2), puis avec le labral (i 3).
A sa face interne, l'apophyse nasale ( PI. Xll, fig. •! , igk) concourt à former les parois latérales des fosses nasales, en se moulant dans sa moitié supérieure sur les masses anfractueusés supérieures et antérieures de l'ethmoïde. Dans le milieu elle s'écarte un peu de cette dernière ; et tout à fait en bas, près de la lame palatine, elle porte le cornet inférieur du nez, qui semble en être une partie en s'ârticulant avec elle suivant la ligne gt.
Le canal lacrymal creusé en haut, dans l'os unguis, est formé en bas (g), en partie par le siagonal placé en dehors et par le cornet en dedans.
Le siagonal ne commence à ce qu'il paraît que par un seul point d'ossification.
y Dents supérieures. Quoique les dents soient des corps d'une nature
/i:)2 PREMIÈRE PARTIE.
oi coniques, ont leur racine {a) également de cette forme, implantée dans la partie la plus antérieure des os siagonaux, où elles sont trèssolidement fixées, en y remontant jusqu'au milieu de la hauteur de l'apophyse nasale, et s y arquent légèrement en arrière. La couronne (A), très-longue et également un peu arquée en arrière, prend une direction presque verticale, un peu dirigée en avants parallèlement à celle du côté opposé.
Cette couronne présente à sa base un léger bourrelet qui la sépare de la racine. Sa face externe porte deux rainures longitudinales, dont l'intervalle est relevé en arête. A la face interne, moins convexe, on remarque deux dépressions longitudinales; et la partie qui les sépare forme de même une saillie le long de la dent, de manière que les deux bords antérieurs et postérieurs se trouvent de là comprimés et légèrement tranchants.
Lorsque la bouche est fermée , les canines croisent en arrière celles d'en bas, en passant sur les côtés de la mâchoire.
Les dents Molaires (Pi. XI, 1 8 ; PI. XII, fig. », 1 4 efhi; et fig. 34 — 3») se distinguent, comme chez Y Homme ^ en Fausses et en J^raies; c'està-dire en celles servant principalement à couper les aliments, et en Celles servant à les triturer. Mais comme les Chats^ animaux essentiellement carnassiers, ne broyent pas leur nourriture qui est trop coriace pour cela, et ne font que la couper en morceaux susceptibles d'être avalés , ce n'est que la dernière, très-petite et à couronne plate, qu'on pourrait appeler vraie molaire; mais encore celle-ci ne saurait servir à broyer, vu qu'elle ne correspond à aucune dent inférieure avec laquelle elle pourrait produire cet effet.
Fr. Cuvier Ç') a même distingué les dents molaires des Carnivores en trois sortes: \es Fausses Molaires^ la Carnassière ou la plus grande, et les Tuberculeuses; mais ce nom de carnassière est mauvais en lui-même, vu que ces dents le sont toutes, et n'est d'ailleurs qu'un
C) Dç$ dents des Mammifères y considiréei comme caractère zoologiqtu. 1825.
k&li PfiEMIBRE PARTIS.
tranchant à son bord terminal, présente sur son biseau trois très*légères saillies rappelant la forme des dents tuberculeuses.
La Quatrième Molaire (fig. 81) ou la Tuberculeuse^ est une trèspetite dent fort courte, étroite d avant en arrière, placée obliquement derrière la précédente , en se dirigeant transversalement en dedans et un peu en arrière. Elle a deux racines (ab) très-courtes, placées Tune à côté de l'autre ; sa couronne (cd) , plate , est légèrement divisée en quatre tubercules.
Toutes ces molaires croisent , dans letat de repos , comme des lames de ciseaux, les dents inférieures en passant en dehors délies.
Chez les jeunes sujets, les dents de la première dentition offrent des différences notables, comparées à celle de la seconde. Les Incisii^es (iig. 99, c) ont à peu près la même forme que celles de remplacement, mais sont proportionnellement plus petites , et plus distinctement trilobées, surtout l'externe, dont la couronne est plus symétrique, n'étant po int taillée eii biais à sa face postérieure ; et on y aperçoit aussi encore des indications des trois lobes.
Les Canines (fig. 99, g) ont une racine plus longue, plus large et surtout plus comprimée , pour laisser de la place à celle qui doit la remplacer (A), et se trouve placée à sa face interne. La couronne est au contraire plus petite, plus fortement arquée en arrière, et ne présente point la crête externe.
11 n y a que trois Molaires (fig. 39 , SB , 40 et 41 ); mais au lieu que ce soit la dernière qui manque , ainsi que cela arrive cliez l'/^o/nme , c'est au contraire la seconde qui n'existe pas. La première, placée trèsprès de la canine (fig. 99, /), est une fort petite dent, à racine simple, assez semblable à la- première de l'adulte, et tombe déjà à quatre mois.
La seconde ou la plus grosse (fig. 99, A; fig. 80, face externe; et fig. 40, face interne) , ressemble beaucoup à la troisième de l'adulte, ce qui ne permet pas de se tromper sur leur analogie, quoiqu'elle en diffère encore sous certains rapports. Sa racine antéro-interne (b) est placée plus en arrière, de manière à correspondre au troisième lobe,. et porte
A36 PREMrÈRE PARTIE.
termine au-dessus {m) du trou sous-orbitaire {h). Le bord suprà-antérieur {am\ légèrement arrondi et fortement arqué en dedans, forme en partie le cadre de l'orbite; Tinfrà-postérieur (A/), tranchant et à peu près pa- Allèle à ce dernier, borne en dehors et en dessous la fosse orbito-temporale ; enfin, le bord postérieur divisé en deux parties par une profonde échancrure angulaire, forme deux apophyses, dont l'une supérieure ou Malo'Coronale (a) se dirige vers le sommet de l'apophyse gonienne du coronal (4 b) , qu'elle n'atteint pas , de manière que le cadre de l'orbite reste incomplet , mais se trouve fermé par un ligament qui unit les deux apophyses. L'autre apophyse, inférieure on Malo-zygomatique (^), plus étroite et plus longue, se dirige en arrière et un peu en dehors, pour s'articuler par son bord supérieur avec l'apophyse corsale de Fos squammeux (20) , en formant avec elle \ Arcade zygomcUique.
L'os malaire n'est formé que par un seul point d'ossification.
2° Cartilage épicyle (*). Ce cartilage, appelé généralement Tarse, nom qui lui fut déjà imposé par Ruffus, occupe chez X Homme le bord delà paupière supérieure, auquel il donne de la consistance , et permet à cette dernière de se mouvoir plus régulièrement; mais il n'existe pas dans le Chat^ oii ce bord est simplement conforté par la série des cils qui s'y pressent les uns contre les autres; aussi la paupière fait-elle un angle rentrant lorsque l'œil est ouvert, angle dû à l'effet que produit la traction du muscle releveur. Le nom de Tarse étant également appliqué à la première partie osseuse du pied , j'ai cru devoir appliquer à ce cartilage une autre dénomination.
y Cartilage hypocyle{^*). Je donne en conséquence aussi ce nom nouveau au cartilage qui soutient dans \ Homme le bord de la paupière inférieure , également nommé Tarse. Il n'existe , de même que le précédent , pas dans le Chat
(*; D'&irtxuXk , paupière supérieure.
(**) D'ÔTToxûXov , paupière inférieure.
chez les Reptiles il est tout à fait éloigné de ce dernier, en devenant même mobile.
Le squammeux du Cliat (PI. Xt, 20; P. XII, fig. »S, et »») ressemble encore beaucoup à celui de V Homme. Il est un peu plus bombé en dehors , et plus concave à sa face cérébrale ; mais du reste de même en segment de cercle , et appliqué en dehors contre les bords latéraux du pariétal , du rocher et de lapophyse ptérale. Vers sa partie la plus inférieure il produit en avant du milieu de sa longueur son apophyse Corsale (Pi. XI, 20 cd; PI. XII, fig. «S, ade), qui naît, comme dans l'espèce humaine , par deux Racines, dont l'une antérieure (fig. », 1 6 £ul) transversale , portée directement en dehors , est fort large et creusée en dessous de la Cai^ité glénoïde (d) , pour l'articulation de la mâchoire, et l'autre longitudinale (A; fig, »S, ad)^ peu marquée, forme la partie postérieure de l'apophyse corsale. Cette dernière racine s'articule avec les deux branches du tympanique, en complétant son anneau; et plus en arrière elle se termine avec le bord postérieur de Tos à l'apophyse latérale du rocher , avec laquelle l'os squammeux se confond vers Tâge de cinq mois.
L'apophyse corsale {de; fig. », 16 c), très-large à sa base, se dirige d'abord en dehors, puis s'arque en avant, et se rétrécissant fortement se termine en pointe, en formant la partie supérieure de X Arcade zygomatique.
La cavité Glénoïde ^ plus étroite d'avant en arrière que dans X Homme ^ est rendue aussi plus profonde et en forme de segment de cylindre par une forte saillie (e; fig. »S ^f) en lame arrondie de son bord postérieur , ou apophyse Glénoïdale , qui s'élève sur la partie interne de ce bord, en se dirigeant obliquement en dessous et en dedans. Cette apophyse empêche les luxations en arrière de la mâchoire , prévenues chez Y Homme par la présence du conduit auditif placé immédiatement derrière la cavité glénoïdale ; tandis que chez le Chat cette dernière est . placée plus en dehors que l'os tympanique , qui remplace ce conduit.
A sa face interne (fig. »B), le squammeux présente deux parties; ilune grande, supérieure, concave (bcd)^ fait partie des parois de h
SYSTÈME OSSEUX. &â9
cavité crânienne , et son pourtour , formé en biseau , s applique par en dehors sur les os avoisinants. La seconde partie, infrk'poslévienre (adf)^ est elle-même divisée en deux portions , dont la postérieure (aif) s'unit anssi par une suture écailleuse en dehors à Fos mastoïdien et au rocher ; tandis que Tantérieure (dei) présente une petite fossette profonde formant la partie externe de la cavité Ossiculaire, dont Finterne est creusée dans le rocher; fossette qui constitue la partie supérieure de la caisse, et dans laquelle sont placés , en avant {de) , la tète du marteau , et en arrière, lenclume qui s y trouve fixée par l'extrémité de son apophyse supérieure, au moyen du ligament squammo-incusien (^). Le bord inférieur (e/) de cette fossette complète en haut le cadre du tympan.
L'os squammeux n'est formé dans le Chat que par un seul centre d'ossification.
2* Cartilages méniscoïdes. Quoique les capsules articulaires de la mâchoire avec les squammeux soient très-serrées , il existe cependant deux cartilages in ter-articulaires, au lieu d'un seul comme dans \ Homme, lesquels divisent la cavité en. trois compartiments. Ce sont deux lames fort minces en forme de simple membrane , sans perforation dans le milieu, qui adhèrent par tout leur pourtour à la capsule, et chacune des trois cavités est ainsi doublée d'une poche synoviale particulière.
y Mdchoire. Grand os mobile occupant la partie infrà^atérale de la face et portant les dents d'en bas, d'où on le nomme généralement mâchoire inférieure ou maxillaire inférieure, pour le distinguer du siagonal, appelé, par opposition, mâchoire supérieure on maxillaire supérieure; mais, ainsi que je l'.ai déjà fait remarquer en parlant de ce dernier, cette similitude de noms , distingués seulement par des épithètes dont la désinence est encore la même, rend les descriptions fatigantes, et d'autant plus que ces désignations se répètent inévitablement fort souvent; j'ai cru devoir adopter pour l'os dont je donne ici la description exclusivement le nom de Mdchoire, et désigner le maxillaire supérieure par son nom grec de Siagon ou de Siagonal.
La mâchoire (PI. XI, 3 i ; PI. XH, fig. 80) forme la quatrième partie
lillO PREMIÈRE PARTIE.
des appendices de la vertèbre sphécoïdale et la troisième mobile. Elle est formée chez tous les Mammifères , de chaque côté , d'une seule pièce arthrodiée avec los squammeux , et dirigée en avant pour s unir à son extrémité antérieure par une symphyse (c^)avec celle du côté apposé, qu elle rencontre sous un angle aigu. Mais en examinant les analogues de cet os chez les Animaux plus bas j tels que les Oiseaux et les Reptiles , on les trouve , ainsi qu on Fa vu en parlant de la tête des Vertèbres ovipares f composés de plusieurs pièces qui se soudent souvent après la naissance, ce qui semble indiquer quils sont, dans le principe, aussi composés dans les Mammifères.
Les deux mâchoires, comparées à celles de Y Homme, sont plus allon* gées, mais moins hautes dans leur corps et non arquées; de sorte qu elles se rencontrent à leur symphyse sous un angle fort aigu à branches droites. Leur face antérieure , au lieu d'être dirigée en dessous et en avant pour former la saillie du menton, est au contraire très-fuyante en arrière, de manière qu'il n'y a pas de véritable Menton. Leurs bords supérieurs dentaires sont légèrement concaves , et se relèvent un peu plus fortement à leur extrémité antérieure , oii sont implantées les canines et les incisives (/n,/î), tandis que l'inférieure, parallèle au supérieure, est un peu convexe et arrondie en travers. Dans leur partie antérieure, les faces latérales sont parallèles dans toute l'étendue qui correspond à la symphyse (cd)^ tandis que plus en arrière les deux corps (c^) s'écartant l'un de l'autre font un angle aigu entre eux.
Sur le bord antérieur sont implantées six très-petites incisives, trois de chaque côté (m); et immédiatement en dehoi^ d'elles, une longue canine (n) occupant l'angle oîi le bord suprà-antérieur rencontre le supra-latéral. En arrière de la canine, ce dernier bord présente un espace assez grand , dépourvu de dents, correspondante la canine supérieure; mais beaucoup plus large qu'il ne le faut à celle-ci. En arrière de cet espace vide, se trouvent trois molaires contiguës , dont l'antérieure (o) correspond à l'intervalle des deux première supérieures ; et la postérieure (q) aux deux dernières. A une petite distance derrière cette molaire, le bord supérieur .(Je la mâchoire se relève à 60* à peu près, pour former \j4poph^se
filli PRBMliaE PARTIS.
encore à la face interne une fente longitudinale se terminant en arrière au trou maxillaire, et qui semble indiquer la séparation de Fos men* tonnai avec Tésotérique et le marginaire , ou bien celle de ces deux derniers avec langulin ; mais tous ces os ne sont , du reste , jamais distincts.
4'' Dents de la mâchoire. Ces dents sont au nombre de sept de chaque côté : trois incisives , une canine et trois molaires.
Les Incisives ( PI. Xll , 80 , m; et fig. 49 ) , plus petites que les supérieures, leur ressemble, du reste, pour la forme, surtout les deux internes (3û?). Quant à l'externe (j^), elle a sa couronne moins allongée proportionnellement , mais plus large que sa correspondante supérieure, et ressemble davantage aux deux autres incisives. Les moyennes présentent, du reste , la particularité d'être implantées dans des alvéoles placées un peu plus en arrière que celles des deux autres, et dirigées plus obliquement en avant. Cette disposition croisée des alvéoles est du reste assez peu marquée chez les Felis^ mais beaucoup plus chez les Mustelu et quelques autres Carnivores.
La Canine (PI. XI, 22 ; PI. XII , fig. 43) est un peu plus petite que la supérieure, pointue, dirigée en haut et en dehors, légèrement crochue en arrière et un peu triangulaire ; avec les angles marqués des deux côtés par une rainure longitudinale , dont celle placée devant langle externe est surtout fort profonde; et la base est aussi, comme à la canine supérieure , entourée d'un léger bourrelet {bc).
La Première Molaire ( fig. SO, 0; fig. 44) a deux racines placées à la suite l'une de l'autre, et une couronne triangulaire, pointue , fortement comprimée, tranchante sur ses bords et garnie d'un bourrelet à sa base. Cette couronne est formée, outre ce dernier, qui présente un petit talon en avant et en arrière , d'un seul grand lobe un peu arqué en dedans , et en outre d'un petit lobe postérieur {f).
La Seconde Molaire (û^. 90 , p ; fig. 4ft), de moitié plus grande que celle qui précède , a à peu près la même forme. Elle présente également deux racines, et le bourrelet de sa couronne se prolonge en arrière en un
/i4/i PREMIÈRE PARTIE.
qui manque , et non la seconde , comme au siagonal , ni la dernière comme dans \ Homme.
Dans Tordre de remplacement , c'est au contraire la dernière qui est surajoutée. C'est-à-dire que la première dent permanente , qui ne ressemble à aucune dent de lait, prend la place de la dent antérieure de lait, la seconde, qui ressemble à la première de lait, chasse la seconde; et la troisième de remplacement, qui ressemble le plus à la seconde de lait ; perce en arrière de cette dernière.
§ V. Appendices de la v*erlèbre basilaire.
Les appendices de la vertèbre basilaire forment deux séries bieii distinctes , la première comprenant les osselets de louïe, c est-à-dire Tétrier, le lenticulaire, l'enclume et le marteau; ce dernier suivi de l'os tympanique et du tnastoïdien, et ceux-ci de l'oreille extérieure. Cette dernière est, il est vrai, simplement cartilagineuse, mais nen est pas moins un appendice de la partie osseuse de la tête, faisant immédiatement suite à l'os tympanique, avec lequel la première pièce est confondue, formant le conduit auditif externe, cartilagineux chez les Felis, mais osseux dans une foule d'autres Mammifères, tels que les Lepus.
La seconde série comprend l'appareil hyo-laryngien, composé chez les Mammifères de plusieurs pièces articulées entre elles, c'est-à-dire des cornes céphaliques de l'hyoïde , qui représentent des appendices analogues aux côtes, du corps de l'hyoïde comparable au sternum, et du larynx qui leur est sur-ajouté , et paraît provenir, ainsi que les cartilages trachéens et bronchiques, d'appendices dépendant théoriquement des vertèbres cervicales, mais dont elles ont été entièrement séparées.
A. Appendices de la première série.
Les premières pièces de celte série , c'est-à-dire YEtrier^ le Lenticulaire , X Enclume , le Marteau , le Tympanique et le Mastoïdien , ont déjà été décrits plus haut , avec celles faisant partie de la vertèbre ellemême , pour ne pas les séparer du rocher , avec lequel elles constituent
4&6 PftBMlàaE PARTIB.
lautre pour raccourcir ou allonger loreille, et surtout au cornet de se fléchir en avant.
La seconde pièce du cornet (cû^) , est également en cône tronqué trèsoblique, plus évasé que le cône inférieur, et dont la grande base est en haut. Cette base, placée dans un plan plongeant d avant en arrière et en dedans, il en résulte qua sa partie postérieure, le cône n a que trois millimètres de hauteur et neuf en avant. Dans sa partie inférieure , le cône enveloppe , comme je lai déjà dit , celui que forme la première pièce , et le bord de la base supériçure, correspondant à la conque (ç/î&) placée au-dessus , se continue avec celle-ci par le moyen d'un ligament d'environ un millimètre de large , qui permet aux deux pièces de se fléchir facilement l'une sur l'autre. Ce ligament cometo-conchien ne fait cependant pas le tour entier des deux pièces, celles-ci se continuant Tune par l'autre à leur face externe (fîg. OG, ef) sans indice d'articulation, et le mouvement n'y a lieu que par la flexion dont elles sont susceptibles comme partie demi-molle.
2** Conque. Ce nom, imposé, je crois, par Fabrigius d'Aquapbndbnti à toute l'oreille extérieure, je ne l'apphque qu'à la portion moyenne, que personne, que je sache, n'a encore reconnu comme une pièce particulière.
Cette partie forme dans le Ctiat une pièce fort irr^ulière ( fîg. ••, et GV, efih; fig. ^%^fguh)^ placée au-dessus du cornet , en remontant jusqu'au niveau de l'ouverture de l'oreille extérieure. C'est en quelque sorte la continuation du cornet, auquel elle est liée par le ligament corneto* conchien dont j'ai parlé , et supporte au-dessus d'elle le pavillon ( fig. GG et G9 ^,hop)j dont elle est distinguée soit par des articulations, soit par des plis très- profonds, dans lesquels les deux pièces se fléchissent l'une sur l'autre. La conque est également en forme de cône tronqué., fortement comprimé , dont la partie rétrécie est inférieure ; et tronquée dans une direction oblique d'avant en arrière et de haut en bas. Or, comme la base supérieure du cornet (fig. GV, af) est oblique de dehors en dedans, en bas et en arrière, les deux pièces en se Joignanc
STSTÈME^ OSSEUX. ii7
forment entre elles, en dedans, an fort angle rentrant; c'est-à-dire que Taxe du cornet est dirigé en haut , en dehors et en arrière , et celui de la conque en haut et un peu en dedans.
La base supérieure de la conque est horizontale, mais son contour fort irr^ulier; son bord antérieur transversal (fig. ©8, hi), droit et libre, formant le bord inférieur de l'ouverture de l'oreille, a environ neuf à dix millimètres de long. Les extrémités de ce bord se renflent chacune en une assez forte tubérosité, dont l'interne {h) est l'analogue du Tragus de Y Homme , et l'externe {i) celui de V^ntitragus.
Dans les deux tiers antérieurs de son bord interne (fig. AV, fd) la conque ^t croisée par le pavillon (on), lequel descend sur sa face interne , formant une large apophyse ou Andlohe (n). Enfin, dans la partie antérieure, le bord externe de la conque est également recouvert par le pavillon formant une apophyse ( fig. AO, r) analogue au Lobule de l'oreille de Y Homme , et adhérant à la conque.
Dans leur moitié postérieure (Ji) la conque et le pavillon sont directement unis entre eux, mais distincts par un pli très-profond faisant partie de XAnthelix.
A sa partie interne antérieure , la conque présente en haut une forte dépression (fig. Sll\j)^ correspondant dans l'intérieur à une saillie en forme de tubérosité (fig. ••, A), qui rétrécit la cavité. Sur cette même face descend , ainsi que je lai dit , la partie correspondante du pavillon , en formant Tantilobe, apophyse susceptible d'être tirée en dessous par divers muscles en glissant sur la conque, ce qui produit en partie la flexion en avant du pavillon.
En arrière de cette dépression , la conque forme, en haut, un pli longitudinal rentrant (A*) , où la lame postérieure recouvre l'antérieure ; et le fond de ce pli étant membraneux, la conque est susceptible de pouvoir être rélrécie en croisant les deux lames. Vers le bas ce pli s'efFace, et la partie membraneuse se réduit à un simple filet à peine visible , dans lequel la conque peut bien plier, mais non se rétrécir.
A la face externe, la conque présente de même une très-forte dépression (fig, GG , A"), correspoïKÎanl à une saillie intérieure en forme di*
UkS PRBMIÈAB PARTlli.
CuilleronconcaLve en dessus, et coupée carrément aubout(fig. 90,j). Au devant de cette tubérosité part une longue lame angulaire montante, soutenue par une côte formant une apophyse d environ deux centimètres de long {ql)y faisant partie de ï^ntitragus^ et placée en dedans du bord antérieur du pavillon. Cette côte setend en avant en une lame mince (qml)^ en arc de cercle, formant le bord antérieur externe de Touverture de Tôreille. L angle que cette apophyse fait à sa base avec le bord antéro-supérieur de la conque est fortement renflé en une tubérosité (fig. B9, i) faisant la prin.cipale partie de Yjàntitragus^eik laquelle se fixent divers muscles.
La partie postérieure de la conque, plus élevée que lantérieure, forme extérieurement, vers sa face interne , une grosse saillie en forme de boursouflure (fig. 01[,m), répondant dans l'intérieur à la îos&e Nas^icidaire (lig. OB, m). Le bord supérieur de cette boursouflure se replie dans l'intérieur, en formant avec la partie correspondante du pavillon un pli transversal irrégulier très-profond (fig. Ol, hq)^ produisant dans l'intérieur une grosse tubérosité ou AnthéUx (lig. OB, n).
La conque n'est distincte, en dehors du pavillon, que par un l^er pli linéaire (fig. GB,Àm), dû à un simple amincissement du cartilage, et faisant la continuation de l'anthélix. Ce pli se porte obliquement en dessous et en avant pour se terminer à la partie supérieure de la dépression externe de la conque.
S"" Pas^iUon. Je donne spécialement ce nom à la pièce terminale de l'oreille extérieure, appelée tantôt conque et tantôt pavillon dans les ouvrages d'anthropotomie. Cette pièce, fort grande dans le Chat^ et bien plus encore dans une foule d'autres Mammifères , est une feuille cartilagineuse mince (fig. SA et B9, hop; fig. SS, poku; fig. BB, hop; et fig. 9B, hopj) , roulée en demi-cône, dont la base surmonte la conque et dont l'ouverture est tournée en avant. Il se recourbe dans sa partie postérieure interne, brusquement dans l'intérieur pour former, avec la partie correspondante de la conque , le pli rentrant très-profond ou Jnthélix (fig. B», hg; fig. BB, /).
Ce pli est croisé au miliea de la partie externe de l'oreille par une crête verticale faisant également saillie dans l'intérieur (fig. lO, kr; fig. AS , rq) el partie de l'analogue de XAnthètlx. Cette crête se prolonge en haut en une côte de trois centimètre de long, et se termine en se perdant au bord antéro-externe du pavillon. Devant cette côte, se trouve une seconde qui lui est parallèle {fik; fig. ^O^jp)^ partant inférieurement de la tubérosité en cuilleron, dont elle est un prolongement ; elle doit également être considérée comme une dépendance de XAnthélix^ quoiqu'elle n'ait pas son analogue chez l'Homme. Cette crête produit en avant une lame mince formant la partie inférieure du bord du pavillon , et passe en bas sur l'apophyse montante de l'antitragues, pour se terminer à la tubérosité du Lobule (fig, A6, r).
Sur cette partie externe du pavillon , la peau forme un grand repli semilunaire (N. H, 2^) que j'appelle XOreillon^ dont la convexité est tournée en arrière. En opposition avec ce repli, le bord du pavillon présente entre les deux crêtes de l'anthélix une profonde échancrure
( PI. xii , fig. eo , 5 ; fig. WO , p).
C'est dans ces divers plis et articulations que les quatre pièces de l'oreille externe se meuvent les unes sur les autres , mouvements produits par plusieurs muscles décrits dans la troisième partie de cet ouvrage.
4* Ecusson ou Cartilage scutiforme. Je crois que c'est Cuvier qui a le premier assigné ces deux noms à cette pièce cartilagineuse placée chez le Chat et autres Mammifères, à plat sur le muscle crotaphyte, au devant de l'oreille dont il est séparé, n'y tenant que par des ligaments, et n'en fait réellement pas une partie constituante, mais bien un appendice, de manière que c'est toutefois ici que doit être placée sa description.
Ce cartilage, qui manque complètement chez YHomime, forme dans le Chat ( PI. V, fig. 1 , 1 2 ; et PI. XII , fig. 11 ) une pièce triangulaire aplatie, fort allongée, de trente millimètres environ de long, sur huit de large à son extrémité postérieure, placée devant la conque de l'o-
reîlle et contenue dans l'aponévrose préauriculaire qu'il borne en dedans. Sa face inférieure , unie et plane, est appliquée sur l'aponévrose tem* porale, sur laquelle ce cartilage glisse facilement en entraînant l'oreille extérieure ^ laquelle il est lié à son extrémité postérieure. Le petit côté du triangle {bc) tourné en arrière et en dehors , est placé au devant et en dedans du bord suprà-antérieur de la conque, et l'angle opposé (a) est dirigé en avant et un peu en dedans, vers l'angle interne de l'orbite. Son bord interne (aA), légèrement concave, se continue avec l'aponévrose frontale ; et l'externe (ac), aussi un peu concave , avec l'aponévrose préauriculaire. Son angle postéro-externe (c) est lié par une arcade ligamenteuse, dépendante de cette dernière aponévrose au sommet de Tantilobe; et l'angle postéro-interne se prolonge en une apophyse (Jb) de six à huit millimètres de long, dirigée obliquement en haut et en arrière pour aller se lier <?galement par un ligament à la face interne du pavillon près de l'angle rentrant que celui-ci forme à son bord antérieur. De cette apophyse part à la face supérieure du cartilage uiie grosse crête qui se prolonge jusqu'à l'angle antérieur, et renforce surtout beaucoup l'épaisseur du cartilage à son extrémité postérieure. Ce cartilage donne attache à plusieurs muscles, qui meuvent par là indirectement l'oreille.
B. Appendices de la seconde série.
Comprenant l'appareil hyoïde et l'appareil laryngien.
a. Appareil hyoïde.
Cet appareil forme une chaîne d'osselets fixée par les deux bouts à la tête , où elle s'insère aux extrémités des apophyses styloïdes des rochers, et sa partie moyenne répond à la face inférieure de la base de la langue. Cette chaîne est composée chez ï Homme d'une pièce moyenne impaire ou C9/p5 de l'hyoïde, et de quatre pièces latérales, dont deux inférieures, nommées ses grandes cornes, formant avec le corps un demi-ovale, sous leqnel est suspendu le larynx; et de deux supérieures , beaucoup plus petites, pyramidales, appelées ses petites cornes, qui se terminent par les ligaments stylo -hyoïdiens, par lesquels l'hyoïde est suspendu aux rochers. Chez
STSTà^ME OSSEUX. &5f
les autres MAMMirÈRES, et surtout chez les Felis^ Thyoïde éprouve des modifications assez notables, sans varier pour cela dans son type; mais par lesquelles il devient toutefois nécessaire de changer les noms de sas parties, en même temps quon remarque mieux que chez Y Homme ^ ses caractères d'analogie avec les autres appendices vertébraux» et surtout avec ceux du thorax.
r Le Corps de Thyoïde du Chat (PI. XI , 23 ; PI. XII, fig. SO,/) est une pièce transversale de dix millimètres de long, plus grêle que chez ÏHomme^ droite, légèrement concave en arrière, rétrécie dans le milieu, et plus grosse aux bouts, oii elle se termine par un renflement cartilagineux (e) par lequel cet os s'articule avec ses deux cornes {ed et eg\ PI. XI , 24 ^^ et 25). Le corps de l'hyoïde est placé , comme chez X Homme ^ transversalement dans Tangle que la face antérieure du cou forme avec celle du dessous de la tète; angle que cet os détermine en donnant attache aux muscles des deux parties et en bridant ces dernières.
2* Corne linguale. Cette pièce, que je décris ici pour la première fois ^hez les Mammifères , n'existe pas dans l'espèce humaine , mais bien chez la plupart des Vertébrés ovipares, où elle répond à la branché antérieure du même nom chez les Oiseaux. Quoique cette petite pièce, purement carrtilagineuse chez le Chat (PI. VIII, fig. 3, 23), soit placée dans le milieu de Textrémité de la langue et fort éloignée de Thyoïde ; elle doit cependant être considérée comme une de ses dépendances, son analogue chez les jOiseaux étant prolongé dans toute l'étendue de cet organe jusqu'à cet os, dont il forme une apophyse impaire.
Chez le Chat, c'est un cartilage fusiforme, de quinze millimètres de long sur un et demi de diamètre, atténué vers ses extrémités, se terminant en avant au bout de la langue et en arrière, en un petit filet qui se perd dans le raphé lingual. Ce corps est blanc , très-flexible et placé dans le milieu de l'épaisseur de la langue, recevant de toute part les fibres musculaires de cet organe.
3* Corne céphalique. J'ai nommé ainsi ce qu'on appelle la petite cor nie
chez \ Homme ^ dénomination qui devient impropre chez les Animaux, où elle est généralement beaucoup plus considérable que la seconde paire qu'on désigne sous le nom de grandes cornes. Chez Je Chat , cet appendice forme une chaîne de trois osselets allongés , suivis d'une petite pièce cartilagineuse (PL XI , 24). Le premier des osselets (a), s'articulant avec le corps de l'hyoïde, a de cinq à six millimètres de long, dirigé de bas en haut et en avant , occupant la place de la petite corne de V Homme , qui se trouve réduite à cette seule pièce. Cet osselet , arrondi , mais rétréci dans son milieu et renflé aux bouts, s'articule avec le renflement cartilagineux des extrémités du corps de l'hyoïde par une arthrodie à facettes légèrement convexes , affermies par des ligaments qui entourent l'articulation. Cette pièce , au lieu' de se continuer, comme chez YHomme^ simplement par un ligament stylo-hyoïdien , n'est au contraire que la première des quatre pièces consécutives , dont les trois dernières remplacent le ligament, et dont la terminale seule, qui fixe la corne à l'apophyse styloïde, est cartilagineuse. Ces quatre parties, qui* constituent cette corne, prennent dans leur ensemble la disposition d'une S, le premier osselet (a) se portant en haut et un peu en avant. Le second (Jb) , qui se dirige en haut et un peu en arrière à neuf à dix millimètres, est un peu comprimé, mais également renflé aux extrémités ; le troisième (c), ausî>i comprimé, en a de onze à douze, avec une forme à peu près semblable, mais un peu plus grêle, se dirige un peu plus obliquement en arrière ; enfin le cartilage de suspension {d) formant la quatrième partie à environ dix millimètres, se porte en haut et se termine à l'apophyse styloïde. Les trois osselets se joignent par des extrémités cartilagineuses qui leur permettent un mouvement plus facile.
4* Corne laryngienne. Cette pièce , l'analogue de la grande corne des ouvrages d'anthropotomie , forme dans le Chat un osselet allongé (25; PL XII, fig. SO,g", g), conserve à peu près la même disposition
que dans Y Homme ^ se portant de l'extrémité du corps de l'hyoïde
directement en arrière et un peu en dessous, pour aller s'articuler à son autre bout avec le larynx, d'où je lui ai assigné le nom sous lequel je le
SYSTÈME OSSEUX. /i5â
décris ici. C est une tige osseuse de dix millimètres de long, comprimée, légèrement concave en dedans, un peu rétrécie dans le milieu, et terminée à ses deux bouts par une tête cartilagineuse. Celle de l'extrémité antérieure est très-petite et tronquée carrément par une facette articulaire légèrement concave, appliquée contre une facétie un peu convexe de la tête du corps , et dirigée en arrière et un peu en dessous. Cette articulation diarthrodiale est , comme celle de la corne céphalique , entourée d'un ligament qui retient les pièces en place, en leur permettant toutefois un mouvement libre dans tous les sens. La tête cartilagineuse postérieure , un peu plus allongée d'avant en arrière , est comprimée, triangulaire, et s'articule à son sommet par une petite facette oblique concave , regardant en dessous et en arrière , avec l'extrémité de la corne suprà-postérieure du cartilage thyroïde, articulation entourée d'un ligament serré; tandis que chez Y Homme ^ cette pièce de l'hyoïde est simplement liés à grande distance par des ligaments et des membranes à la même corne du thyroïde.
p. Larynx,
Le Larynx (Pi. XI, 26-28; PI. XII, lig. SO, A-o;et fig. SI) ressemble , comme d'ailleurs chez tous les Mammifères , beaucoup a celui de r^o/w/ne; se trouvant composé des mêmes parties placées dans des dispositions semblables , et en diffère seulement un peu par la forme et la grandeur. Quoique le larynx soit le principal organe qui produit la voix , les plus légères différences dans les formes, les proportions ou simplement dans les mouvements que les diverses parties peuvent exécuter, déterminent les modifications les plus grandes dans les sons qu'il rend : de là cette extrême variété dans la voix des Hommes ^ tant sous le rapport de la force , de l'élévation et du timbre , que sous celui de l'étendue et de la justesse dans la musique, tandis que les anatomistes n'ont pas encore pu apprécier ces différences dans les parties dont dépend cette grande variété de la voix. En prenant ce que je viens de faire remarquer en considération , on ne sera pas étonné que , malgré une très-grande ressemblance entre le larynx de ÏHomme et celui du Chat et autres
/»5/i PREMIERS PART1B.
M AjifMiFÉRES , les voix des deux espèces offrent de si grandes différences; tandis quon trouvera extraordinaire que certains Oiseaux qui parlent, produisent des voix et des articulations très - semblables à celles de Y Homme , quoique leurs moyens anatomiques et physiologiques soient extrêmement différents.
J'ai fait remarquer, en décrivant l'hyoïde, que la corne laryngienjie se dirige horizontalement en arrière, les deux formant avec le corps de lappareil un arc en fer-à-cheval ; et que sous cet arc osseux est suspendu le larynx.
Ce dernier est composé de haut en bas : de lepiglotte située à la base de la langue; du cartilage thyroïde placé au-dessous; du cartilage cricoïde situé encore plus bas; et enfin des deux cartilages aryténoïdes qui surmontent ce dernier dans sa partie postérieure, en opposition avec le thyroïde.
r Thyroïde. Ce principal cartilage du larynx (PL XI, 26 aefg; PI. Xll, fig. SO, h — /) forme une pièce mince, impaire , courbée en portion de cylindre , et placée en avant, suspendue sous le corps et les cornes laryngiennes de rhyoïde; mais il est composé de deux parties latérales losanges, ou Ailes ^ disposées de manière à former un chevron, dont Tangle est tourné en haut et la convexité en avant. Les deux angles laté* raux de ces ailes produisent chacun une apophyse très-mince, on ses ComeSy dont la supérieure {k; PI. XI , 26/) est dirigée en haut et s articule à son extrémité avec là corne laryngienne de l'hyoïde {25) , seul point solide par lequel le larynx est fixé à cet os. La Corne inférieure^ dirigée en dessous {2Q g)^ qui n'est que le prolongement de l'angle infrà-latéral de l'aile (e), s'articule à son sommet avec la face latérale du cricoïde (27).
L'articulation supérieure ou hyodienne est une arthrodie, dont les deux facettes, obliques sur les pièces, sont placées de manière qne celles-ci font un angle presque droit entre elles.
L'articulation inférieure, paiement arthrodiale, est formée par une .très-petite facette articulaire terminale de la corne, et du cAté du cri-
SYSTèll£ OSSEUX. ft55
coïde, par une* autre facette qui surmonte une légère tubérosité, et oonsolidée par des ligaments qui lentourent.
Le bord supérieur {ac) du thyroïde produit une membrane légèrement fibreuse, qui se porte en haut et se fixe à tout le bord inférieur du corps de Thyoïde, ainsi qua celui de ces deux cornes laryngiennes, en remplissant l'espace ménagé entre ces deux os et les cornes supérieures du thyroïde.
L'extrémité supérieure du cartilage s'articule par des ligaments serrés, avec la partie moyenne du bord inférieur de l'épiglotte (28) placée verticalement derrière le corps de l'hyoïde.
Le bord inférieur {de), formant l'échancrure du chevron , se continue de même par une membrane fibreuse qui se porte en dessous, sur le bord supérieur du cricoïde, et contient dans son milieu un petit ligament vertical qui empêche les deux pièces de trop s'écarter.
Les bords latéraux {/g) sont libres, et donnent insertion aux muscles constricteurs inférieurs du pharynx , fixés également aux deux cornes du thyroïde , ainsi qu'aux faces latérales du cricoïde.
2" Cricoïde. On a comparé avec raison chez \ Homme la forme de ce cartilage à celle d'une bague dont le chaton est placé eu arrière.
Dans le Chai{2j ; et PI. XII, fig »•, 0; fig. »1 , cdd-, et PI. VIII, fig. 8, Jt5)^ il présente la même conformation , c'est-à-dire celle d'un anneau complet, étroit en avant (§/), formant la partie supérieure de la trachée-artère, et situé au-dessous du thyroïde, aux cornes inférieures (fig. 1 , 19c) duquel il est suspendu ; mais sur un plan plus postérieur , les deux cornes s'articulant sur une tubérosité des faces latérales de cet anneau.
Le bord supérieur est coupé obliquement de haut en bas et en avant (fig. 3, 25 eig) vu la plus grande hauteur du cartilage dans sa partie postérieure; et l'ouverture que ce bord circonscrit , déjà allongée par cette obliquité même , est encore plus rétrécie par les bords latéraux qui se repUent en dedans', et surtout dans la partie postérieure, où cette ouverture esi fort étroite. Enfin elle est entièrement réduite en une fente
/i56 PREMIÈRE PARTIE.
appelée la Glotte y par les deux ligaments nommés les Cordes vocales, et des expansions membraneuses que je décrirai en parlant des cartilages aryténoïdes, qui constituent en partie ses lèvres.
Postérieurement , où le cartilage cricoïde forme le chaton de la bague, il se prolonge en haut jusqu'au niveau du milieu du bord inférieur du thyroïde, en formant une pointe obtuse, sur les bords latéraux (le)de laquelle s'articulent, près de son extrémité, les deux cartilages arytéiioïdes (26), au moyen d'une facette articulaire diarthrodiale , placée longitudinalement sur les côtés de ce prolongement; articulation entourée d'une capsule fibreuse.
L'ouverture inférieure du cricoïde est irrégulièrement arrondie, et perpendiculaire aux faces antérieure et postérieure , ainsi qu'à la directrice de la trachée-artère. Le bord se lie au premier anneau de cette dernière par une petite membrane fibreuse qui passe de Tune à l'autre; et souvent ce premier anneau n'étant que partiel, s'articule à ses extrémités par des ligaments serrés avec le cricoïde. Les autres arceaux de la trachée-artère et des bronches sont disposés comme chez Y Homme ^ en offrant dans les premiers souvent quelque irrégularité.
3*" Aryténoïde. On nomme ainsi deux petits cartilages ( Pl.VIll , fig. S , 26; et PI. XII, fig. SI, ee), placés au-dessus des bords latéro-postérieurs du chaton du cricoïde, et approchant pour la forme d'une pyramide triangulaire, dont la base fait face en dedans , et se trouve contiguë à celle du côté opposée; et le sommet, formant une tubérosité, est dirigé en dehors. L'une des faces ou l'infrà-poslérieure forme une facette arthrodiale articulée avec la partie suprà-postérieure du cricoïde , auquel ce cartilage est fixé par des ligaments courts entourant les facettes , et qui permettent à ces cartilages de se fléchir facilement en dehors et en arrière ^ en tournant sur le bord oblique du chaton du cricoïde. Les deux autres faces sont, l'une dirigée en arrière et en dessous, et donne attache au muscle crico-aryténoïdien postérieur; et Tautre, dirigée en avant et en dessous, donne attache aux muscles crico-aryténoïdien latéral et thyrotaryténoïdien. La base de la pyramide s'élargit à son angle suprà-anté-
SYSTÈME OSSEUX. i^57
rieur en un pelit disque arrondi , donl le bord supérieur, couvert seulement par la muqueuse, fait saillie au-dessus de la glotte , dont il occupe la partie postérieure. Le bord antérieur de cet élargissement donne attache au ligament thyro-aryténoïdien interne ou corde vocale, qui forme, couvert de la muqueuse, le bord latéral de la glotte. Ces deux cartilages, en se mouvant sur le bord oblique du cricoïde, s'écartent Tun de lautre en se fléchissant en arrière par l'effet des muscles crico-aryténoïdiens postérieurs, et se rapprochent par le mouvement contraire , produit par les muscles thyro-aryténoïdiens , mouvement qui détermine la dilatation ou le resserrement de la glotte. C est , comme on sait , dans cette fente que se forme la voix, par l'effet de l'air des poumons, qui s'échappe par cet orifice et entre en vibration en le traversant. Mais on a comparé à tort cette ouverture à celle d'une Anche de hautbois, la disposition des lèvres qui interceptent la glotte étant toute différente de celle qu'on remarque dans cet instrument; c'est-à-dire dans le hautbois, l'air va en sens contraire de celui qui s'échappe de la glotte.
[Ç Appendices de Sanlorini. Ces petits cartilages qui surmontent les aryténoïdes chez \ Homme n'existent pas dans le Chat
5** Cartilages cunéiformes. Ces grains cartilagineux qu'on remarque sur les côtés des cordes vocales chez XHomme n'existent également pas dans le Chat.
6" Épiglotte(Pl XI, 28; PI. XU, fig. SO, mf;fig.^t,/g). Ce cartilage est comme chez Y Homme une pièce qui a beaucoup moins de consistance que les autres parties du larynx, se rapprochant davantage des ligamentsjaunes élastiques.
Elle a la forme d'un triangle en fer de lance à pointe dirigée en haut , arqué longitudinalement sur lui-même, à concavité tournée en arrière; elle est placée derrière le corps de l'hyoïde , qu'elle dépasse en dessus des trois quarts de sa hauteur. Elle est liée au milieu de son bord infé rieur, au moyen d'une languette ligamenteuse au milieu du bord supé-
rieur du cartilage thyroïde, et le reste du bord se continue par un pli de la muqueuse avec le même bord de ce cartilage.
La partie inférieure de la face antérieure de Tépiglotte adhère à la base de la langue, en y donnant attache aux muscles glosso-épiglottique et hyo-épiglottique. Le reste de ce cartilage est libre , dirigé en haut , et se trouve tapissé par la muqueuse de larrière-bouche.
Dans 1 état ordinaire , lepiglotte ferme exactement l'ouverture du voile du palais, faussement appelé Tlsthme du gosier, et qui serait mieux nommé le Détroit; ce qui oblige ces animaux de respirer par le nez ; et tout le monde sait que lorsque les Chiens , qui se trouvent à peu près dans le même cas, ont très*chaud, où la respiration par les narines ne suffit pas pour livrer passage à lair , qu'ils y suppléent en ouvrant la bouche et en tirant la langue en avant, afin de détacher l'épiglotte du voile , et laisser passer l'air. Chez le Chat , les bords de l'épiglotte touchent à peine à ceux du voile, de manière qu'en s'en détachant légèrement, l'air servant à la respiration fait vibrer les deux parties l'une sur l'autre, et produit ce murmure que ces animaux font souvent entendre en respirant.