PREMIÈRE SECTION
Vertèbres céphaliques.
Des cinq vertèbres de la tête , la première ou la rfdnale est presque entièrement radimentaire, comme le sont en général tons les organes placés à la fin des séries , et appartient exclusivement à la face; et la seconde ou ï ethmoïdale y n'entre que par sa face postérieure dans la composition des parois de la cavité crânienne , formées plus particulièrement par les dernières vertèbres; c est-à-dire, ^div Isl sphénoïdale , la sphécoïdale et la basilaire.
S I. Vertèbre rhinale.
Cette vertèbre est réduite en majeure partie à des pièces purement cartilagineuses. La partie centrale du système nerveux ne s'y prolongeant plus , le canal rachidien y est entièrement effacé; c'est-à-dire, que la lame de la vertèbre ou cartilage épirrhin s'applique sur le corps de cette dernière, et les parties latérales de la masse apophysaire, avec les appendices , contournent la portion antérieure des fosses nasales, où elles sont représentées par les cartilages Pararrhin , les Cornets et les cartilages Alaires ou ailes du nez.
1* Cartilage Mésorrhin ou Mésorrhinal. Ce cartilage, formant la partie antérieure de la cloison du nez (PI. XII , fig. S , i ab) , représente le Corps de la vertèbre ; c'est une lame à peu près parallélogramme assez mince , dont le bord antérieur arqué (a) se termine librement isous les téguments à l'orifice des narines; le supérieur, en ligne droite, se continue latéralement de chaque côté avec les bords internées des cartilages pararrhinaux , qui n'en sont réellement que la continuation , et entre ces deux derniers , séparés au-dessus par une fossette, s'applique le cartilage épirrhinal (c) , lame de la vertèbre qui leur adhère par du tissu cellulaire. Plus en arrière , le bord supérieur du cartilage mésorrhin s'articule par syndesmose linéaire avec le bord inférieur des deux lames
terne ou inférieur se continue avec le cartilage alaire. A la face interne r^ne une légère crête oblique d avant en arrière, en dehors et en bas, formant la continuation de la crête verticale du mésorrhin , et se terminant postérieurement à la jonction du pararrhin avec le cartilage alaire sous le bord antérieur de l'os labral.
4** Cornet du nez. J applique exclusivement le nom de Cornet du nez à celui que les Anthropotomistes nomment Tinférieur, le moyen et le supérieur n étant que des anfractuosités de lethmoïde. Il forme, comme dans V Homme, un petit osa pan (PI. Xll , fig. •, et PL VIII, fig. », 2 gfh), semblable, pour la conformation et les usages, à ces mêmes anfractuosités. Accolé à la base de l'apophyse nasale du siagon, avec laquelle il s'articule, il se prolonge de là en avant en une partie purement cartilagineuse du pararrhinal et de l'alaire. Postérieurement, la portion osseuse s'unit à la vertèbre ethmoïdale par Tintermédiaire de l'unguis; et, avoisinant la masse anfractueuse de Tethmoïde, il représente naturellement la parti • qu'on peut appeler \ Apophyse oblique postérieure de la vertèbre rhinale.
Sa partie postérieure est une lame extrêmement mince, roulée sur elle-même, formant dans son ensemble une masse allongée, placée inférieurement dans la partie antéro- externe des fosses nasales , où elle est dirigée d'avant en arrière et en dessous, en partie enfoncée dans les replis inférieurs des anfractuosités antérieures de l'ethmoide représen* tant l'apophyse oblique antérieure de la seconde vertèbre céphalique. La lame ( PI. VIII, fig. », 2 /g-) par laquelle il s'articule avec l'apophyse nasale du siagon, s'étend de l'angle infrà-antérieur de l'unguis, avec lequel elle s'articule, également horizontalement en avant , jusqu'à fos labral. Cette lame, dirigée de là en dedans et arquée en dessous, se divise bientôt en deux autres, dont l'une (e), portée de bas en haut , est simple et étroite ; tandis que l'autre {d) , qui continue à se contourner, se rend en dessous pour s'enrouler en dehors. Celle-ci se divise encore en deux autres lames , dont l'inférieure fort étroite , et la supérieure plus large, font encore plus d'un tour sur elles-mêmes. Eu ayaut.
de la vertèbre , et de trois paires de masses , formées par des lamelles osseuses extrêmement minces , repliées en un grand nombre de circonvolutions irrégulières ou Ânfracluosités de lethmoïde. La première de ces masses ou la supérieure (fig. 4, A et O, ab; fîg. V, abcm; PI. VIII, fig. S, 2 cigef)\ ]a seconde masse ou l'antérieure {cdfe^ PL XII, fig. 4, ft et B, cûf; fig. », befg); et la troisième masse ou le Cornet de Berlin (PL XII, fig. A, g; fig. O, e, e; fig. », lAm; PL VIII, fig. 8, 2 A).
Vu décote , Tensemble de l'et h moïde présente une forme triangulaire fortement comprimée, dont l'une des faces (ag; PL XU, fig. 1, oA, et fig. •), dirigée en arrière, est concave , et formée dans ses trois quarts supérieurs par la Lame criblée, La supérieure (fig. 4), avoisine les os du nez, ainsi que les coronaux; et l'inférieure (fig. A) correspond aux apophyses palatines des os siagonaux et au vomer, qui se confond luimême chez les Chats ^ après la naissance, avec les parties infrà-latérales (le l'ethmoïde (fig. A, aa; fig. 1, ikl).
La Lame criblée {iïg. ^^Jfgg; fig. 8,2 ab)^ très- haute verticalement, mais assez étroite , est divisée de haut en bas en deux parties latérales : en haut , par un écartement des anfractuosités supérieures, entre lesquelles pénètrent les lames ethmoïdales des coronaux(fig. 8, 5 a6)avec les bords postérieurs desf|uels la lame criblée s'articule.
Plus bas , dans le tiers moyen , cet écartement se continue sur la face postérieure de la lame , en une simple petite gouttière qui s'efface sur le tiers inférieur; et ces deux parties correspondent en avant à la lame verticale de l'etmoïde (fig. 3, 2 abdc), qui sépare avec son prolongement cartilagineux antérieur (2 c^) les deux fosses nasales. A ses bords externes, la lame criblée s'articule avec les lames orbitaire des coronaox, en ménageant entre elles quelques petites perforations représentant les trous de conjugaison communs à la seconde et troisième vertèbres céphaliques, et la lame criblée est elle-même percée, comme chez XUomme^ d'un nombre considérable de petits trous irréguliers de grandeur fort différente , par où passent les nombreux rameaux des nerfs olfactifs. Du reste, elle ne présente rien de remarquable, comparée à celle de
La partie latérale de cette lame forme ce qu on nomme ÏOs planum (g) qui correspond à l'apophyse transverse de la vertèbre ethmoïdale, et entre souvent dans la composition de la paroi interne de la cavité orbitaire, où elle forme un petit disque vertical (PL YIII, fig. 9, V) articulé avec le coronal et le palatin , ainsi quavec lunguis, appendice de cette vertèbre; mais dans beaucoup d'individus, ces trois os passent librement sur cette petite plaque, qui n*est alors pas visible dans la fosse orbitaire , et prend même une toute autre forme.
La masse des anfractuosités supérieures est recouverte en avant par une partie des os nasaux (PI. XH, fig. 8,5) qui forment de chaque côté la voûte sur elle; et plus en arrière, cette voûte est continuée par les coronaux (5) qui contournent la masse en dedans , en haut et en dehors, pour former les sinus frontaux (PL Vlll, fig. 8, 7')i d^^s lesquels cette dernière pénètre un peu. Sur le côté externe , les circonvolutions de lethmoïde se moulent sur la lame orbitaire du coronal, ainsi que sur lapophyse nasale du siagon , placé plus en avant , en laissant toutefois un petit espace libre entre eux pour permettre à lair de pénétrer par les côtés , entre les nombreux replis de lethmoïde.
A leur partie inférieure , les deux lames transversales de Tethmoïde se trouvent réunies postérieurement (PL XII, fig. 1, i\ fig. li^ aa) par le vomer (fig. 1, ikl^ et fig. ft , aae).
Les Anfractuosités antérieures {ûg. 9, befg) sont formées de lamelles semblables à celles des supérieures, et toutes produites par la subdivision de quelques lames principales partant de la face antérieure de la lame transverse , mais on n'y distingue pas non plus de cornet correspondant au moyen de l'Homme. Ces subdivisions des lamelles diversement contournées sur elles-mêmes sont toutes dirigées obliquement de haut en bas et en dehors, formant une masse triangulaire plus petite que celle des supérieurs , et placée entre ces dernières et le cornet.
La masse des anfractuosités antérieures est, comme la supérieure, contiguë en dehors à l'apophyse nasale du siagon (PL XI , 1 4) « ^^ P^^^ ^^ avant à l'apophyse nasale du labral ( 1 3) , en arrière au cornet de Berlin ^ et avoisine en bas le vomer.
rieur {lé) de cette lame s'articule par schindelèse avec la lame verticale (2) de retmoide qui pénètre entre elles; et plus en avant avec le cartilage mésorrhinal (1) en s'y unissant par une syndesmose linéaire. Postérieurement (/^), elles s'articulent avec \es lames ethmoïdales des coronaux (5), répondante l'apophyse antérieure frontale de ces derniers ou apophyse métopinale, qui en fait la continuation. En avant,'la cloison du nasal se prolonge au delà de la partie supérieure osseuse en une petite extrémité cartilagineuse triangulaire ( 1 c), formant le cartilage épirrhinal.
Chaque os nasal forme ainsi une voûte recouvrant la région moyenne de la fosse nasale contenant le cornet.
Par la partie postérieure du bord externe, le même os s'articule avec Tapophyse métopinale du coronal (fig. t , 2 aé) ; dans sa partie moyenne, avec l'apophyse nasale du siagon ( 8 ) , et la lame verticale de Tethmoïde ; plus avant, avec l'apophyse nasale de l'os labral (6).
S III. Vertèbre sphénoidale.
La troisième vertèbre de la tête a, ainsi qu'il a été dit, le sphénoïde pour Corps , et plus spécialement la cloison qui sépare les deux sinus ; les os coronaux forment la Lame; les Apophyses obliques antérieures et transs?erses constituent les parties latérales des sinus, qui se séparent assez distinctement delà cloison dans les fœtus de presque tous les Mammifères; et les Apophyses obliques postérieures honl représentées par les ailes d'Ingrassias.
1 " Sphénoïde (Pi. XII, (ig. », i ; %. », 4 ; et fig. 18 — 1 »), ou sphénoïde antérieur des zootomistes. Cet os , qui n'est distinct chez l'-ffo/w/ne qu'à l'âge fœtal , répond dans l'adulte à la partie antérieure de la pièce fort compliquée qu'on nomme le Sphénoïde, renferme les sinus, et porte les apophyse d'Ingrassias.
La partie moyenne ou le Corps proprement dit de la vertèbre est, dans le Chat^ une lame longitudinale impaire verticale ( fig. 3, 4 Js^^)y
tins(fig. 9, i3), première pièce de l'appendice de la vertèbre; et sur la moitié postérieure, les apophyses omoïdes, ou transuerses { 5' d) de la vertèbre sphécoïdale; lune et 1 autre par une articulation écailleose.
L arête suprà -externe (fig. 1 8 , cd; PI. Vlll , fig. 9,4 ^) du parallélipipède, s articule avec la lame orbitaire ducoronal, et dans sa moitié postérieure elle se prolonge en une longue apophyse triangulaire (b; PI. XII, fig. tSj d, d) très-aplatie de haut en bas, dirigée en dehors et un peu en haut, pour pénétrer entre la lame orbitaire du coronal, placé en avant, et Tapophyse ptérale du sphécoïde, situé en arrière, en s articulant avec les deux , de manière que la fente sphénoïdale (PI. YIII , fig. 9,4^)^^ trouve réduite à un grand trou rond ou Trou sphénoï^ dal, placé à la partie inférieure de cette suture. Ce prolongement, qui constitue ï jàile d Ingrassias ^ forme Y j^pophyse oblique postérieure de la vertèbre, et sa base est percée d'une grande ouverture arrondie ou Trou optique (d)^ dirigé de Imtérieur du crâne en avant et en dehors dans la fosse orbitaire, où il transmet le nerf optique. Ce trou est réuni à la face cérébrale à celui du côté opposé par une large gouttière transversale (PI. XII, fig. flS et 19, ee) dans laquelle sont appliqués les nerfs optiques, en partant du chiasma.
Cette vertèbre se trouve placée au milieu de la longueur de la tête.
Le sphénoïde se développe comme chez Y Homme par trois points d'ossification : un pour le corps, et qui paraît même être double avant l'âge de 4o jours du fœtus , et formant les parties latérales des sinus , et deux pour les apophyses Ingrassiales ; mais il est probable que la cloison des sinus, constituant le véritable corps de la vertèbre , est formée par un noyau spécial, que je n'ai toutefois jamais pu apercevoir.
2' Le^Coronaux{?\.W, 4; PI. XII, fig. 1, 2; fig. S, 6; et fig. t»), ou Lames de X Apophyse épineuse , qui manque elle-même , sont deux pièces très-larges , comme chez la plupart des Mammifères, et dans X Homme même ils sont distincts che^ les jeunes sujets, en restant quelquefois séparés jusqu'à l'âge adulte.
SYSTEMK OSSKLX. 391
Ils S étendent depuis la base du nez jusqu'auprès du milieu de la voûte du crâne, où ils se continuent avec les pariétaux, parla suture coronopariétale (PL XI, 4 ^)i perpendiculaire au plan médian de la tète. Ces os sont formés de deux lames principales, dont Tune supérieure ou Frontale (PI. XII, fig. 1, 2 aedc/g; PI. VIII , fig. », 5/gl), et l'autre la* térale ou Orbitaire (5' mhqt). La première, de forme triangulaire, légèrement convexe d'avant en arrière, et très-arquée en travers, est bornée en dedans par la suture Intercoronale , et sur les côtés, en avant par Tapophyse nasale du siagon, dans le milieu par le bord supérieur ou sourcilier de l'orbite ( PL XII , fig. t , 2 de) qu'on nomme aussi Arcade orbitaire; et en arrière par l'apophyse gonienne {d)\ enfin, plus en arrière encore par le commencement de la Fosse temporale {2 cfd).
La lame orbitaire, proportionnellement beaucoup plus étendue que diez \ Homme; d'une part, par lefTet de la grandeur plus considérable des orbites; et de l'autre par l'absence de la cloison postérieure de ces cavités qui les sépare des fosses temporales chez VHomm^. Cette lame est bornée supérieurement parle bord sourcilier {de)àe\os\ en arrière, dans la fosse temporale, elle rencontre la lame frontale, avec laquelle elle se continue ; et , plus en arrière , elle s'articule avec l'apophyse ptérale du sphécoïde(Pl. YIII , fig. 9, 6 bq) , et en bas successivement d'avant en arrière avec l'unguis (12), l'os plaxum (3''% le palatin (i4) et l'apophyse dlngrassias (4 cib).
Dans toute sa partie postérieure, le coronal ne forme qu'une lame simple et assez mince, unie par une suture écailleuse avec le pariétal et l'apophyse ptérale qui le recouvrent. Dans son tiers postérieur, il est également mince et simple le long de la suture intercoronale (PL Xli , fig. 8, 6 ce), qui n'est que légèrement dentées; mais plus avant, cette suture s'élargit de plus en plus, verticalement, par leiFet d'une cloison triangulaire (5 aide; fig. 19, abcd) qui descend du bord de chaque os dans l'intérieur de la tête , formant la lame ethmoïdaU du coronal. Les lames des deux côtés, coupées horizontalement en avant, à leur bord inférieur (fig. 8, 5 a/), y appuient dans la gorge du bord supérieur de la lame médiane de l'ethmoïde (2) qui en fait la continuation. Dans
sa moitié postérieure , le bord inférieur de cette lame en envoie mie autre horizontalement en dehoi-s sur Torbi taire, avec laquelle elle se confond , de manière que l'espace ménagé entre la cloison et la lame orbitaire se trouve converti en une cavité profonde ou Sinus Jrontal ; formant supérieurement la partie la plus reculée des fosses nasales, et dans laquelle pénètre l'extrémité de la masse anfractueuse supérieure de l'ethmoïde.
A son extrémité antérieure , la lame supérieure du coronal s'articule avec le nasal; et plus en dehors avec l'apophyse nasale du siagon; enfin, la lame verticale s'articule avec la verticale (lig. 3,3) du nasal par une suture écailleuse très-large.
L'apophyse Gome/ï/ie (fig. 1, 2 û?) termine en dehors l'arcade sourcilière, et se recourbe en dessous et en arrière vers l'apophyse coronale du malaire (i3 «) qu'elle n'atteint pas et se lie simplement avec elle par un ligament complétant le cadre de l'orbite.
En arrière de cette apophyse , la lame supérieure {dfg) se recourbe en dessous dans la fosse temporale {dfc; 3 cfh; PI. VIII, fig. », 5' y/, 7 Imno^ 1 9 m), pour se continuer avec la lame orbitaire sous un angle obtus, dirigé du bord postérieur de l'apophyse vers le sommet de l'apophyse d'Ingrassias (4 ^)» sans former, comme chez ï Homme ^ de cloison qui sépare la fosse orbitaire de la temporale : fosses confondues en une seule chez le Chat et la plupart des autres Mammifères.
Postérieurement, l'apophyse gonienne se continue, comme chez ÏHomm^, par une ligne saillante, arquée (jgl) commencement de la Ligne courbe temporale (PI. XII , fig. 1,2,3 dfh ) en se prolongeant sur le pariétal (3), et marque la limite supérieure de la fosse temporale, circonscrivant les attaches du muscle crotaphyte.
La lame orbitaire du coronal est très-mince, et descend de l'arcade sourcilière obliquement en dedans et en arrière, en présentant en dehors une surface lisse fortement concave , formant le plafond de la paroi interne de la fosse orbitaire.
Près du bord inférieur, au-dessus du sphénoïde (PI. VIU, fig. », 4) ^st un petit Trou orbitaire interne postérieur^ communiquant de la
Le long de ses deux côtés , le corps de la vertèbre se soude avec la masse apophysaire (bghi; fîg. 9ft , bghk) , formant d abord une pièce à part , qui se distingue encore chez les jeunes sujets , en avant . par une scissure très-fine {ac) terminée à l'orifice du canal didien (c) ; et en arrière, par une profonde échancrure (e), qui se convertit plus tard en un trou , correspondant à la partie interne du Trou déchiré antérieur de Y Homme. Cette masse apophysaire, en parlant du corps de l'os, se dirige d'abord transversalement en dessous, et produit bientôt une large lame antérieure quadrilatère (anm), aplatie de haut en bas, et dirigée obliquement en avant et en dessous. C'est Y apophyse transverse , dont le bord interne, taillé en biseau {an), s'applique et s'articule sur la moitié postérieure du corps du sphénoïde (antérieur). Le bord antérieur {nm) s'articule avec le palatin, et l'externe {mi) libre, forme le bord latéral de la partie de la voûte gutturale comprise entre le palatin et la timbale. La partie infra-postérieure de cette apophyse transverse produit une branche styloïde {k) ou Apophyse omoïde { ptérygoïde interne), dirigée en arrière et en dessous (PI. VIII , fig. », 6 a; PI. XII, fig. 8, 7 g*); et à la face externe de celle-ci on remarque une crête longitudinale, représentant le rudiment de Y Apophyse ptérygoïde (externe).
Cette division de l'apophyse transverse en deux branches , dont l'une tournée en avant et l'autre en arrière , se retrouve également sur les vertèbres rachidiennes , et établit un caractère de ressemblance de plus.
La partie moyenne et postérieure (fig. 94, 9ft, ei) de la masse apophysaire s'élargit ensuite plus encore d'avant en arrière , en formant une lame fort mince, courbée dans le même sens en arc de cylindre, coucave en dessus, et se partage en deux lobes, dont lantérieur (A/*, fig. ttB, /), étroit et allongé, constitue Y Apophyse Ptérale du sphécoïde ou sa Grande aile (fig. •, 3" c; PI. VIII, fig. • , GJq)^ formant Y Apophyse oblique antérieure de la vertèbre. Cette aile se relève en s arquant en dessus, en dehors et en avant , pour s'articuler par son bord antérieur avec l'apophyse d'Ingrassias ( 4 bc)\ plus haut , avec lecoronal; à son extrémité, avec l'angle antéro-inférieur du pariétal; et à son
munique de riutérieur du crâne dans la cavité de la timbale. Dans l'intervalle de Tapophyse oblique postérieure et du rocher, qui représente Fapophyse oblique antérieure de la vertèbre basilaire, est ménagé le Trou déchiré antérieur (fig. », 3 g"), ou Trou de conjugaison de ces deux vertèbres ; mais recouvert en dessous par los tympanique. Ce trou est partagé en deux parties près le sommet du rocher , dont une externe, plus grande, et une interhe plus petite ; et l'un et l'autre forment vers l'intérieur du crâne les orifices d'un canal horizontal dirigé d'avant en arrière et en dehors entre lesphécoïde et la timbale , et formant dans sa partie externe plus étroite le Canal du muscle Folien ( antérieur du marteau), et dans sa partie interne plus large, la Trompe dEustachius ^ communiquant l'un et l'autre de la fosse gutturale dans la caisse.
En dedans du trou sphénoïdal, on remarque à la face supérieure une gouttière dirigée d'avant en arrière (fig. 94 , /), qui n'est que la terminaison antérieure du Canal Vidien^ lequel perce dans la même direction l'apophyse transverse du sphécoïde, pour s'ouvrir bientôt à la face gutturale de cet os (fig. 95 , c).
La Gouttière cai^emeuse descendant de l'angle postérieur de là selle turcique au trou déchiré antérieur est peu distincte.
Le sphécoïde se développe par six centres d'ossification : deux pour la partie centrale ou le corps , deux pour les apophyses ptérales et deux pour les apophyses omoïdes ; ces deux dernières paires sont encore libres au quarantième jour de l'âge fœtal.
2° Les Pariétaux (PI. VIII, fig. •, 7; PL XII, fig. 1,3 et fig. •V)ou Lame de l'apophyse épineuse de la vertèbre , sont deux grandes pièces quadrilatères , bombées , occupant les parties suprà-latérales postérieures du crâne, et articulées entre elles sur la ligne médiane par une suture nommée Sagittale, sans se relever en crête formant une Apophyse épi^ neuse, ainsi que cela a lieu chez une foule d'autres Mammifères et surtout chez les Carnivores. Cette suture ne se prolonge pas jusqu'à Foccipital comme chez Y Homme ^ s'arrètant régulièrement à un os wormien {abé) , qui n'existe que rarement dans l'espèce humaine. En avant , les
pariétaux s articulent avec les coronaux (PI. VIII, fig. », 7 lq)\ en dehors par Tangle antéro-inférieur {q) avec le sommet de Tapophyse ptérale, Toblique antérieure de la vertèbre; par le bord postéro-inférieur {op) avec l'apophyse postérieure du squammeux ; par le suprà-postérieur {nm) avec le v^ormien; par Tinfrà-postérieur de la tente du cervelet (PL XII, fig. WH y hi) avec l'apophyse oblique postérieure (fig. 9G, ak) de la vertèbre ; et plus bas par l'extrémité du même bord avec le rocher. Dans le milieu , le bord latéral très-profondément échancré des pariétaux (PI. VIII , fig. » , oq) laisse une grande ouverture entre lui et le sphécoïde» mais fermée par l'os squammeux (19), auquel il s'unit par une suture écailleuse en passant en dedans de ce dernier.
Près des deux bords postérieurs {mno; PI. XII, fig. »1, abg)^ part intérieurement une lame osseuse (dghil; fig. 8, 8 ihlk) remplaçant la Tente du cervelet de \ Homme. Cette lame , irrégulièrement aplatie en avant et en arrière par l'eflet des empreintes cérébrales , se dirige obliquement en dedans et en avant, formant un plan plongeant fortement en avant. Les deux lames de droite et de gauche s'articulent entre elles en ligne droite dans leur moitié supérieure Çhiy fig. 99, e/), mais forment entre elles, dans leur partie inférieure, une vaste échancrure en forme de Porte (m), occupant le tiers du diamètre transversal du crâne, et par laquelle le cerveau proprement dit communique avec le cervelet et la moelle allongée. Les extrémités inférieures (Ju) de cette cloison , c'est-à-dire ses parties latérales, descendent jusque sur la face antérieure du rocher, où elles s'articulent par une suture écailleuse avec le bord postérieur de l'apophyse oblique postérieure du sphécoïde , sur le devant de laquelle elle descend un peu. Au-dessus de la porte, la tente du cervelet présente en arrière une large et très-profonde dépression {kk) dans laquelle pénètre la saillie supérieure du cervelet.
Les pariétaux se développent par un seul point d'ossification.
3" fVormien, os impair (PL VIII, fig. », 8; PL XU, fig. 1,4; fig. S, 9; fig. 99 et 99); souvent désigné sous le nom d'interpariétal ,. comme placé postérieurement entre les pariétaux. Il n'existe que rare-
398 PREMIÈRE PARTIJb
ment chez \ Homme , tandis qu'on le trouve d'une manière constante chez une foule de Mammifères quadrupèdes , ainsi que dans un grand nombre d'autres Vertébrés. Chez le Chat, c'est un os triangulaire placé entre les angles suprà -postérieurs tronqués des pariétaux et de l'occipital, et qui constitue l^yériidUAe Apophyse épineuse de la vertèbre sphécoïdale, dont les pariétaux ne sont proprement que les Lam^s^ cas semblable à celui cité plus haut en parlant des os interépineux des Chbloniens, et de certains Mammifères , tels que les Bœufs , oii les apophyses épineuses des vertèbres dorsales antérieures se forment également par un point d'ossification propre, et ne sont alors pas composées de deux pièces latérales.
Le bord postérieur (fig. 99 et VB, &&), le plus long des trois, est concave et s'articule avec l'occipital par la suture Lamdoïde; et les deux bords latéraux {ab) se saturent avec les pariétaux.
Chez les jeunes sujets , la face supérieure est unie ; mais dans ceux un peu avancés en âge, sa ligne médiane se relève en une crête FFormienne , plus ou moins saillante ( PI. VIII , fig. 9^8 mr) , qui prend plus spécialement encore la forme d'une apophyse épineuse terminée à l'occipital.
De même aussi les bords de la suture lamdoïde {pr) se relèvent contre l'occipital, en formant une crête correspondant, par son usage de donner attache à certains muscles , à la ligne Courbe supérieure de t occipital de Y Homme ^ mais que je nomme la O^te lamdoïde.
Cet os , très-caverneux dans son intérieur , surtout vers ses bords , ne se développe que par un ^ul point d'ossification.
§ V. Vertèbre basilaire.
Dans la vertèbre basilaire, le Corps ou os basilaire, les Apophyses obliques , les Transs^erses , la Lam>e et \ Apophyse épineuse , forment des pièces particulières, longtemps distinctes après la naissance chez la plupart des Mammifères; et se confondant plus tôt chez YHomme^ oii elles forment, à l'exception des transverses et des obliques anté-
rieûres, une seule pièce qu'on nomme Y Occipital^ mais dont je supprime le nom comme appartenant à un assemblage dejplusieurs pièces, pour ne le conserver qu a la partie supérieure nommée aussi Occipital supérieur.
i' Basilaire. Cet os, qui correspond à l'apophyse du même nom de Toccipital de Y Homme , a déjà été distingué comme une pièce à part par DoLAURENS. G est comme dans l'espèce humaine un os plat , hexagonal (PI. Xn, fig. 9, 4) %* ') io;fig. V9 et 98), plus allongé devant en arrière que transversalement, et creusé en dessus (fig. V3) en une large gouttière longitudinale ou Gouttière basilaire. Par son bord antérieur (aa), légèrement convexe, formant l'une des bases du Corps de la vertèbre, il s'articule avec le sphécoïde ; ses bords latéraux antérieurs , les plus longs de tous, se trouvent à leur moitié antérieure {ab) contigus aux timbales, dont ils ne sont séparés que par une légère fissure en dessous; et par une gouttière ménagée entre eux dans l'intérieur du crâne, et logeant le sinus pétreux inférieur (fig. 3, lo a^), mais plus en arrière (fig. 9» et 98, Ac), ces os s'écartent pour former le Trou déchiré postérieur (Jà^, •, % ab). Les bords latéraux postérieurs {de et fig, l* et 18 cd\ légèrement concaves, s'articulent avec les condy liens, ou apophyses obliques postérieures. Enfin, le bord postérieur (dd)^ court, également concave, et fort mince, concourt à former le Trou occipitoi (ûg. 9, 4 Oi ^voisinant le corps de l'atlas, sans s'articuler avec cette vertèbre; de même que le corps de celle-ci ne s'articule pas avec a^.
A la face inférieure de cet os (fig. 1» ) on remarque plusieurs légères dépressions dans lesquelles se fixent les muscles, grands et petits, droits, antérieurs de la tète.
2"" Rocher. Cet os, ainsi nommé déjà par Ruffus à cause de sa grande dureté^ et reconnu comme une pièce particulière par Dulaurens, constitue dans les jeunes Chats un os particulier, répondant chez Y Homme à l'apophyse du même nom de ce qu'on appelle chez ce dernier le Temporal , assemblage de plusieurs pièces confondues dans les sujets adultes,
&00 PBEMIÈRE PARTIE.
mais formées dans le principe, suivant Béclard (^), sans y comprenclrt* les osselets de louie , par six centres d'ossification : un pour lapophyse Styloïde^ un pour lapophyse Corsale (zygomatique), un pour la partie écailleuse; ces deux derniers composant ensemble los Squammeux; un pour le cadre du tympan oii os TymparUque , un pour l'apophyse mastoïde ou os Mastoïdien , et une pour le Hocher.
Dans le Chat^ le premier de ces points d'ossification n'est pas distinct (lu rocher , mais il s'en sépare chez certains Reptiles et les Poissons, et le second ne l'est pas non plus du squammeux ; chez les Vertébrés ovipares il constitue, au contraire, constamment un os à part que j'ai nommé le (dorsal. Les autres pièces sont parfaitement distinctes pendant quelque temps après la naissance , et même jusqu'à l'âge de six semaines , et le squammeux faisant partie de la vertèbre sphécoïdale; il ne reste plus que le rocher, le tympanique et le mastoïdien qui fassent partie de la vertèbre basilaire , ou par ses rapports le rocher représente \ Apophyse oblique antérieure; Fapophyse styloïde, la Tramverse^ ces deux formant la liaison entre le condylien ou Apophyse oblique postérieure, le basilaire ou Corps de la vertèbre , et l'occipital ou Apophyse épineuse.
Le Rocher (PI. XII , fig. 3, 1 1 ; et fig. 49— AO; fig. 49 et ftO sont grossies ) est composé de deux parties dont l'une , intérieure au crâne ou le corps de l'os (fig. 49, 4S, abcd), forme la pyramide, dont l'analogue porte, chez Y Homme plus particulièrement, le nom de Rocher; et dont l'autre (df), extérieure, est une apophyse très-comprimée, élevée sur la base externe du corps (PI. VlII, fig. •, 9 &"), s'engageant entre le squammeux (19) et le condylien (10), oii il se prolonge en pointe. Cette apophyse représente par sa partie inférieure {b) ou apophyse Styloïde , la Transs^erse de la vertèbre , en se prolongeant un peu en dessous; mais qui n'est qu'une simple tubérosité dans le Gio/, appliquée sur le mastoïdien (21), en arrière du tympanique (20) ; et c'est sur elle que se fixe l'appareil hyoïde par l'intermédiaire de la corne céphaliquede ce dernier, appendice de la vertèbre; tandis que le corps
(•) A^otir jùurn. de méd. , 1849, t. IV, p. W6.
&02 PRBMIÈRB PaRTIB.
S ouvre, sous la partie postérieure du canal acoiistique, ï Aqueduc du limaçon (fig. ftO, /).
La face inférieure du rocher est dirigée en dessous et un peu en dehors (iig. 4V et 49), et forme la portion moyenne du plafond de la caisse du tympan et de la cavité mastoïdienne (fig. 9, 8 et 9; PL VIII , fig. S , 1 4 et 1 3), lantérieure étant occupée par un repli de Fos tympaniqae; la postérieure par une lame du mastoïdien , et Tin terne et externe par les deux ensemble, qui recouvrent au-dessous les parties correspondantes du rocher; de manière que ce dernier (12) n'est visible que dans le centre de ces cavités. A son bord antérieur, le rocher s'articule avec l'apophyse oblique du sphécoïde, et les deux ensemble ménagent entre eux et le tympanique (i4)) placé en dessous, un espace formant un large canal (14 c) , par lequel la caisse communique d'une part avec la cavité gatturale en dessous du crâne; canal qui loge la Trompe dJSustachius (PI. XIl, fig. », 3 g); et d'autre part, il communiquerait avec la cavité crânienne par le trou déchiré antérieur, si l'ouverture ménagée entre le rocher et le sphécoïde n'était pas fermée par la dure mère.
Au milieu de la face inférieure du rocher qui fait partie des parois de la caisse et de la cellule mastoïdienne, on remarque comme chez YHomm^ : i** \e Promontoire (fig. 41, io; fig. 40 , Imnop) y grosse proéminence, presque cylindrique, dirigée de dedans en dehors et en arrière , t}ui semble sortir obliquement de l'os, en faisant de plus en plus saillie vers sa partie externe, où ce cylindre, presqu'entièrement dégagé, est terminé par une base convexe, percée au milieu d'une ouverture arrondie, formant la Fenêtre ronde ou cochléaire (/; fig. 49, i; PL VIII , fig. 8, 1 2 b)^ tournée en dehors, en dessous et en arrière, et placée dans l'ouverture de communication de la caisse (i4) ^^^ ^^ cavité mastoïdienne ( 1 3 ) , dont je parlerai à l'occasion de l'os mastoïdien , mais r^ardant plus particulièrement dans cette dernière. Cette fenêtre commu* nique, comme chez ï Homme ^ dans la rampe postérieure du limaçon (fig. 4L9,mnop).
A la partie externe de la face antérieure du promontoire est la Fenêtre os^aleoxx vestibidaire{d; Pi. XII, fig. 49, k; fig. 49, /), dont le
SYSTÈME OSSEUX. /i08
plan Eût face en avant et en dehors. Cette ouverture, plus petite que la fenêtre cochléaîre , communique de la caisse dans le vestibule, commencement de la rampe antérieure du limaçon; mais elle se trouve fermée par la platine de letrier ( fig. 94 , ab) et son ligament circulaire. Cette ouverture forme un petit cadre dans lequel 1 etrier est enchâssé.
Au devant de la fenêtre ovale, et par conséquent du promontoire, le rocher présente une forte dépression arrondie ou Digitale (fig. 4 V, A: ; fig. 49, u) , dans laquelle se fixe le muscle Eustachien ( interne du marteau). Plus en dehors est une autre petite fosse plus profonde (fig. 4 V, m; fig. 49, v), que je nomme Cavité ossiculaire , comme logeant lenclume et la tête du marteau. Cette fossette , deux fois aussi longue , d'avant en arrière y quelle est| large de dehors en dedans, est creusée pour sa moitié externe dans la portion de l'os squammeux (fig. ••, défi) qui complète en haut le cadre du tympan , et pour sa moitié interne dan^ le rocher. A son extrémité postérieure elle est placée en dehors de la partie de i aqueduc de Fallopius qui loge le muscle stapédien et audessus de la fenêtre vestibulaire ; plus en avant, elle se trouve en dehors de la dépression digitale où s'insère le muscle Eustachien.
C'est dans la partie antérieure arrondie de cette cavité qu'appuie la tête du marteau , sans y être fixée par des ligaments ; et dans la portion postérieure (fig. ••, di) est placée l'enclume, qui s'y insère à l'os squammeux par l'extrémité de son apophyse externe, au moyen d'un petit
ligament (0
Au bord antéro-intérieur de la cavité ossiculaire se trouve une apophyse que je nomme Rhincoïde Ç) (fig. 49, 49, b; fig. 49, ftO, a), formant l'angle antéro-ex terne du rocher, et à laquelle s'insère le tendon du muscle Folien (antérieur du marteau).
Nous avons vu plus haut que Y Hiatus de Fallopius^ orifice intérieur de i'aqueduc de Fallopius, est placé à la face antérieure du rocher; ce canal , en partant de là , traverse cet os de dedans en dehors et en ar-
n De ^U7x<x > bec ; et de tT5o^, forme.
/tO& PRBMIÈRB PARTIE.
rière , passe sur le milieu de la dépression qui loge le muscle Eustachieu , et se recourbant ensuite eu dessous et en arrière^ il va s ouvrir au dehors , après avoir contourné la caisse , par le Trou siylo-mastoidien supérieur ( PL VIII , fig. •, 9 a). En dehors du promontoire, ce canal s élargit beaucoup en une cavité dirigée d'avant en arrière, séparant cette saillie de la partie externe du rocher. Cette portion osseuse de laqueduc est ouverte en dessous dans la caisse par un oriiice assez large en dehors de la fenêtre cochléaire , et par une simple fissure en dehors de la fenêtre vestibulaire , fente ménagée entre le promontoire et la languette que le tympauique envoie sur le rocher; et du côté de l'os mastoïdien, louverture est close par une lame repliée de cet os; et ses parties réellement ouvertes sur les os sont fermées par un prolongement membraneux du canal. En dehors de la fenêtre vestibulaire, laqueduc renferme, outre les nerfs facial et pétreux qui le parcourent, encore le muscle sta pédien , dont le tendon sort par une petite échancrure de la fente dont il a été parlé un peu plus haut, pour s insérer au sommet de letrier. En arrière du mastoïdien , laqueduc est de nouveau osseux , mais formé par la Juxtaposition de cet os placé en dedans, et lapophyse styloïde placée en dehors.
La première partie de laqueduc est fort étroite et loge le nerf pétreux, mais arrivé près du fond du conduit acoustique (auditif interne) il s'abouche avec un canal bien plus large venant de ce dernier et logeant le nerf facial , de manière que dans la seconde partie laqueduc qui renferme les deux nerfs confondus, est sensiblement plus vaste, ayant près d'un millimètre , calibre qu'il conserve jusqu'à sa terminaison au trou stylo-mastoïdien , par où le nerf facial sort.
Le conduit acoustique (PI. XII , fig. AO, k) se divise de suite en deux branches, dont l'une, plus petite, forme un gros canal fort court, partant de sa partie supérieure et dirigé obliquement en avant et en dehors pour se ternûner dans l'aqueduc de Fallopius, où il transmet le nerf facial , lequel s y anastomose avec le nerf pétreux.
La seconde branche, la plus iorte du conduit, se dirige en avant et forme ï Ombilic du limaçon dont je parlerai plus bas.
SYSTÈME OSSBUX. &05
En dedans du bord postérieur de 1 ouverture du conduit acoustique sont deux petits trous {m) , orifices de deux canaux dirigés en dehors pour s'ouvrir dans la partie interne du vestibule, où ils transmettent les ner(s vestibulaires , absolument comme chez X Homme.
Dans Tintérieur du rocher est creusé le Labyrinthe^ cavité assez peu différente de son analogue chazTespèce humaine et composée de même de six parties bien distinctes, le Vestibule, les trois Canaux semicirculaireSj le Limaçon et Y aqueduc du limaçon.
Le f^estibule est une cavité assez grande, irrégulière, quon peut cependant encore comparera une pyramide triangulaire très-déprimée, ayant ses angles et ses arêtes arrondis. H est placé en dehors de la base du Limaçon , dont il n'est réellement que la première partie très-dilatée en pavillon triangulaire de la rampe de la fenêtre vestibulaire. La base de la pyramide qu il forme est tournée en avant et en dehors , et c*estdans son milieu qu'est percée cette ouverture. Dans son angle infràinterne, le vestibule se continue par une grande ouverture avec la rampe antérieure du Limaçon ou Rampe de la fenêtre vestibulaire. A son angle infrà- externe, il communique, sur la pièce osseuse, par une fente étroite , avec la Rampe de la fenêtre cochléaire , dont il est séparé par le commencement de la lame spirale de la columelle du limaçon ; mais cette fente est fermée par une expansion membraneuse , continuation de cette lame spirale osseuse. Dans langle antérieur s'ouvre la branche antérieure du canal Semi-circulaire externe ou horizontal (fig. 49, hjg), et un peu plus haut la branche antérieure du canal semi -circulaire supérieur ou Interne (fig. ftO,^). Au sommet du vestibule est l'orifice commun à la branche postérieure du canal semicirculaire supérieur {fg) et à la branche supérieure du Canal semi-circulaire postérieur {kg). Un peu au-dessus de la fenêtre cochléaire, estl'orifice commun de la branche postérieure du canal semi-circulaire horizontal (fig. 49, hjg) et de la branche inférieure du canal semi-circulaire postérieur {fg). Ces dispositions ne sont , comme on voit , pas tout à fait comme chez X Homme, oii le canal postérieur s'ouvre dans le vestibule séparément de la branche postérieure du canal horizontal.
&06 PRBMIÈaB PARTIE.
Dans la paroi suprà-io terne du vestibule est lorifice du canal par où entre le nerf vestibulaire.
Les Canaux semi-circulaires , au nombre de trois , dont je viens de parler, sont de petits conduits creusés dans là substance du rocher, et dont le nom indique la forme. Ce sont de petites arcades dont les cavités parfaitement unies à leurs parois, peuvent loger exactement un crin de cheval. Le premier Externe ou ['Horizontal (fig. 411, h/g) contourne en dehors Ja cavité de la pyramide (fig. 4V, e) qui loge le muscle stapédien. Le second Interne ou le Supérieur (fig. ftO,^) passe dans une saillie (fig. 4IS, e) du rocher, placée au-dessus d'une fosse située au-dessus du trou acoustique. Enfin , le troisième ou le Postérieur (fig. ^9,Jg) traverse la partie suprà-postérieure du rocher, sans être marqué à la surface , entre la partie intérieure pyramidale et la partie extérieure de cet os.
De même que chez \ Homme , ces trois canaux ont leurs parois formées de substance éburnée chez les très-jeunes sujets , et se trouvent plongés dans la matière spongieuse qui constitue alors la partie environnante du rocher.
Dans cet état , ils sont faciles à mettre à découvert , en coupant cet os ; mais plus tard , la matière spongieuse devient si dense qu'on a de la peine à distinguer ces canaux et à les mettre à nu.
Le Limaçon (Pi. XII, fig. 4», Imqocorp) déjà découvert, ainsi que ses rampes, par Empédocles , disciple de Pythagoras, est ainsi nommé pomsa ressemblance avec la cavité de la coquille de ce nom, mais ressemble encore mieux à celle d'un Turbo ombiliqué, dont la Columelle aurait un fort pli très-saillant. Ce limaçon formé de deux tours et demi de spire, comme chez ï Homme , occupe plus spécialement l'intérieur du promontoire {ghn; fig. 4», iko), à la surface duquel on remarque une i^ère dépression oblique, indiquant, comme dans les coquilles de Limaçons et de Turbo , la réunion des tours ; c est-à-dire l'endroit de la cicMSon spirale qui les sépare (f^. 49, rs). Vers le milieu (o) de la distance, entre la fenêtre vestibulaire et le sommet du rocher, le promontoire forme une saillie arrondie obtuse , au centre de laquelle est intérieurem^dt le
STSTÈMB OSSBUX. &07
sommet de la ^ire. L'ouverture, ou la bouche de la coquille, correspond aux deux fenêtres prises ensemble (kt)^ mais se trouve partagée en deux orifices par une forte arcade osseuse (kp) qui passe sur son milieu , et dont lun (/) , tourné en dehors , en arrière et en dessous , est la Fenitre ronde ou Cochléaire ; et lautre (k) , placé plus haut et plus en avant, tourné en dehors et en avant, est la Fenêtre Oi>ale ou Vestibuiaire. Cette arcade présente en dessous, dans toute sa longueur, une crête saillante, unie par son bord au moyen d'une expansion membraneuse, au pli ou Lame de la columelle, dont cette crête nest séparée que par une fente remplie par cette membrane. La lame de la columelle (pq , tx) nait en arrière de la fenêtre cochléaire , prend la même direction que Tarcade dont je viens de parler, et se continue sous elle, en suivant sa crête. Cette lame perpendiculaire, à l'axe de la columelle, traverse à peu près les deux tiers de la cavité et va se fixer, après être devenue très-mince, par un prolongement membraneux, à la paroi opposée. Par le moyen de cette lame, formant une cloison spirale, la cavité du limaçon se trouve divisée en deux canaux presque égaux ou Rampes, dont Tun , d'abord beaucoup plus large, s'ouvre dans la caisse par la fenêtre cochléaire; et l'autre, plus étroit, par la fenêtre vestibulaire.
La moindre largeur de cette dernière rampe , dans le premier demitour de spire , est due à une forte déviation de Taxe du limaçon qui s'arque, en présentant sa convexité en dedans, c'est-à-dire que, dans sa première partie, il est dirigé en avant , tandis que dans sa partie terminale il est dirigée en dehors et un peu en avant; et la lame spirale trèslai^e en partant de son origine , se porte d'abord en dehors et obliquement d'arrière en avant , mais se recourbe bientôt en dessous et en avant, puis en dedans et en avant , pour contourner la première partie de la columelle dont Taxe est horizontal, et la rampe vestibulaire se trouve comprimée dans la concavité que forme celui-ci. Cet axe est, ainsi que je l'ai déjà dit, creusé d'un Ombilic semblable à celui de la coquille de plusieurs gastéropodes; et cette cavité est ouverte à la face interne de sa première branche par le Trou acoustique (fig. 49» A: ; fig. ftO, k) , branche qui con-
&08 PREMIÈRB PARTIE.
stitue proprement le Conduit acoustique, que traverse le nerf du même nom. Vers le sommet de la spire, la rampe vestibulaire devient progressivement plus large que l'autre ; et le prolongement membraneux finit par ime troncature, d où résulte une ouverture de communication entre les deux rampes, qui se trouvent par là confondues en une seule dans le dernier demi-tour de spire, et forment ensemble, dans le sommet du limaçon, .une cavité commune, mais qui est plus particulièrement la continuation de la rampe de la fenêtre vestibulaire. Cette cavité, en forme de culde-sac triangulaire, est ce qu'on a nommé Y Entonnoir chez VJjfoinme.
Tout le long de son bord, la lame osseuse de la columelle présente , à sa face tournée vers la spire, une lisière un peu rugueuse oii la lame est plus mince que dans le reste de sa largeur, lisière occupée par un canal membraneux parcourant le bord de la lame, et qui commence par un cul-de-sac sous larcade osseuse qui sépare les deux fenêtres , et décroît insensiblement jusqu'au sommet de la spire. Je n'en connais point l'usage; mais il a déjà été signalé par Ccvier^ qui paraît l'avoir observé le premier dans un DelpAinus.
Près de la columelle , oii cette lame est épaisse , elle renferme un canal arrondi qui en suit également les contours. Ce canal commence dans la partie la plus large de cette lame par une première portion à parois caverneuses , dont la cavité se prolonge par plusieurs petits trous dans la partie celluleuse de l'os. Un seul pore presque imperceptible formant , à ce qu'il m'a paru , le commencement de ce tube , s'ouvre chez les trèsjeunes sujets dans le vestibule. Dans le restant du canal les parois sont unies, et le calibre, décroissant avec la largeur de la lame spirale, finit par devenir tellement fin , qu'il m'a été impossible de m'assurer comment ce tube finissait. Il paraît qu'il n'existe rien de semblable chez Y Homme.
Vj^queduc du Limaçon est, dans les très-jeunes sujets, un gros canal droit, qui s'ouvre extérieurement au bord interne du rocher (fig. ftO, /), dans la gouttière qui loge le sinus pétreux inférieur, sons l'orifice du conduit acoustique , d'où il se rend horizontalement en dehors pour s'ouvrir dans la rampe de la fenêtre cochléaire, et au-dessous de cette dernière. Ce canal communique librement avec la rampe , dont if
&10 PBEMliAS PAETIE.
mais non avec l'occipital , comme le prétend Goviee , qui parait avoir pris lapophyse jugulaire pour la mastoïdienne (*) , et n'avoir pas ainsi distingué le vrai mastoïdien d'avec le tympanique , les citant toujours collectivement sous le nom de Caisse.
Le mastoïdien du Chat forme la majeure partie de la Timbale , grosse ampoule osseuse (6g. 9^ 8 et 7) qu'on remarque au crâne de ces Animaux, ainsi que chez plusieurs autres Carnivores encore , qui paraissent avoir l'oreille très-fine; ampoule qui renferme non-seulement la vraie Caisse (9 , fig. IklLyJghelk)^ l'analogue de ce qu'on appelle ainsi chez YHomme^ mais encore la Cellule mastoïdienne (abcdie; fig. V, 8) réduite à une seule grande cavité , plus vaste du double que la caisse placée devant. Cet os , avec sa cavité , a , chez le Chat, à peu près la forme d'un segment sphérique , comprenant près d'un quart de sphère , et pénétrant par ses deux plans entre le tympanique placé en avant et le rocher placé audessus. Le plan qui touche à ce dernier laisse vers le centre une grande échancrure (fig. ftt , eid), par laquelle le promontoire, avec la fenêtre cochléaire pénètre dans la cavité du mastoïdien; et la cloison (die), commune à cet os et au tympanique^ étant repoussée dans la cavité mastoïdienne, elle y fait une forte saillie, et se trouve également échancrée à son bord libre tourné en avant, de manière à laisser le promontoire à découvert lorsqu'on regarde la tête par le côté , et s'applique inférieurement contre cette proéminence ; au point de ne laisser qu'une simple fissure entre eux ; tandis que vers le haut du promontoire , en dehors de la fenêtre cochléaire, dans la partie el, cet intervalle forme une grande ouverture triangulaire par laquelle la caisse communique, ainsi que par la fissure dont je viens de parler, avec la cellule mastoïdienne, et que la fenêtre cochléaire placée entre ces deux cavités donne cependant plus dans cette dernière.
Le mastoïdien formant une grosse boursouflure est très-mince dans ses parois , qui n'ont pas un demi-millimètre d'épaisseur , mais se trouve entièrement formé de matière ébumée très-compacte.
f*) LeçMê d'atuU. camp. , t. II, p. 37 et 486.
A son extrémité antérieure, il produit une petite apophyse angulaire (c), articulée avec le sphécoïde, en pénétrant par en dessous entre le corps de celui*ci et son apophyse oblique postérieure. En dehors de cette apophyse se trouve une profonde gouttière demi-cylindrique (de) , dirigée d'avant en arrière, et convertie en un gros canal, par lapophyse oblique postérieure du sphécoïde qui passe dessus. Ce canal, qui loge en dedans la Trompe dEustachius , et en dehors le Muscle FoUen (antérieur du marteau ), communique de la fosse gutturale dans l'intérieur de la caisse du tympan et de la cavité mastoïdienne.
L'os mastoïdien ne commence que par un seul point d ossitkation , qui ne paraît même que quinze jours après la naissance ; et à six semaines il est entièrement formé , et s articule avec tous les os voisins.
4* Tympanique ou Cadre du tympan , reconnu comme os à part dans ï Homme par Lieutâu. Cet os (PI. VIU, fig. * , âo; PI. XU, fig. 9 , 9 ; et fig. ft t , hefg) , constitue en effet aussi , dans les très-jeunes Chats , c est-à-dire jusqua Tâge de six semaines, une pièce particulière; et déjà à la naissance il forme un anneau ovale presque complet (fig. fkM^abc) soutenant la membrane du tympan, doù le nom de cadre du tympan. A son extrémité supérieure-^ cet anneau est interrompu, mais complété par l'os squammeux {de) , avec lequel ses deux branches s'articulent dans le jeune âge , pour se souder plus tard avec lui ; mais bientôt ce cadre, dont le diamètre intérieur est aussi grand à la naissance que chez l'adulte , s'élargit , et à l'&ge de cinq mois il a déjà pris à peu près tout l'accroissement qu'il est susceptible d'atteindre , et s'articule dans tout aon pourtour avec les os voisins , avec lesquels ils doit se confondre. B'abord plus large en avant que dans sa branche postérieure (de), qui n'est qu'un simple filet à la naissance, celle-ci gagne rapidement en largeur, et finit par surpasser de beaucoup l'aalérieur. Après avoir pris tout son développement, cet os offre extérieurement la forme d'un gros Jbourrelet déprimé, plus large en bas qu'en haut; mais vers l'intérieur de la caisse, il présente tout autour de son ouverture ou Trouuiàditif (externe) une arête saillante , sur laquelle se fixie le T/nipa/ï, membrane
&12 PRBMIÈRB PARTIE.
très-mince et sèche ^ tont à fait semblable à celle de ï Homme ^ et contenant de même, dans son milieu, le manche du marteau (PL VIII, £ig. 9j 20 cd)^ qui lui adhère suivant toute sa longueur, en s*y dirigeant de haut en bas , en dedans et en avant. Par l'effet de la saillie de cette crête, il reste entre la membrane du tympan et le bord de l'ouverture un canal étroit en haut et plus profond en bas, faisant ainsi partie du Méat extérieur; et sur le bord même du cadre, se fixe le Conduit auditif (externe) (?\. V, fig. 1, 20), cartilagineux dans le O^/, qui doit être considéré comme faisant partie de l'os tympanique , dont il n'est qu'une continuation, et ossifié dans beaucoup d'autres animaux, comme les Lepus^ les Ruminants, etc. Ce conduit cartilagineux est un tube cylindrique, de six à sept millimètres de long, faisant saillie sur les bords du trou auditif, et se recourbe en dehors et un peu en haut, en se terminant par une troncature oblique de haut en bas et en arrière. Ce tube pénètre dans le cornet de l'oreille avec lequel il s'articule.
En dedans de l'arête qui porte la membrane du tympan, l'os s'élargit beaucoup, surtout dans sa branche postérieure, formant une très-lai^e gouttière qui contourne cette arête. Au haut des deux branches, cette gouttière a environ deux millimètres de large ; mais augmentant progressivement, elle en acquiert quatre et plus encore en profondeur, dans la partie inférieure, où elle forme ainsi une cavité fort évasée, qui constitue la principale partie de ce qu'on appelle la Caisse du tympan ; cavité complétée en dedans et en haut par la face inférieure du rocher , et séparée de la cellule mastoïdienne (PI. XII , fig. ftt, abc) par la cloison {eld; PI, VIII, fig. 8, \^ ah) commune aux deux os, formée par deux lames adossées et soudées entre elles. A ses deux extrémités (PI. XII , fig. 59, ac) l'os tympanique s'articule primitivement avec le squammeux {de) , et se soude plus tard avec lui ; mais ce dernier os ne donne pas attache à la membrane du tympan , de manière que celle-ci présente dans sa partie supérieure , qui correspond à cet os , un bord libre , séparé de l'os squammeux par une ouverture par laquelle le méat externe communique avec la caisse.
A sa face antérieure ( fig. ftt ,y^), le tympanique présente un large
SYSTàMB OSSBUX. &13
aplatissement par lequel il s'applique en dehors contre le squammeux , en laissant entre eux la Fissure de Gloser ( fig. 9 , 9 A ) ; et plus en dedans , il appuie contre Fapophyse oblique postérieure du sphécoïde. Vers rintérieur de la caisse , lextrémité antérieure du tympanique produit une apophyse Cannelée (fig. 5 1 , 0) dirigée en dedans, rapprochée du rocher plsicé dessus , et creusée à sa face supérieure qui correspond à ce dernier d*une petite gouttière dirigée obliquement en arrière et en dehors, dans laquelle'est logé le tendon du muscle Folien (antérieur du museau ). Cette gouttière est la continuation interrompue d'une autre {fk) placée plus en avant, en dehors de la trompe d'Eustachius , et dans laquelle se trouve également placé le même muscle.
Entre lextrémité postérieure du tympanique (PI. VIII , fig. », 20) , et la partie voisine du mastoïdien (2 1) se trouve, au-dessous du trou Stylomastdidien (a) supérieur, une gouttière verticale , terminée en haut par un canal très-étroit , lequel pénètre dans la caisse , en passant entre les deux lames de la cloison qui sépare celle-ci de la cavité mastoïdienne ^ et que je nomme le trou Stylo-mastoïdien inférieur.
La Caisse du tympan (fig. 8, i4)) cavité formée principalement par Tos tympanique et le rocher, ainsi que par une petite partie du squammeux , et de Fapophyse oblique postérieure du sphécoïde, a, comme le premier de ces os, qui la renferme presque en entier, la forme d'un élipsoïde assez fortement déprimé , d'environ quinze millimètres danâ son plus grand diamètre de haut en bas, dix d'avant en arrière et cinq de dehors en dedans , dont l'une des faces est occupée par le trou auditif, et l'autre qui lui est opposée, par le rocher (12) fermant la cavité en dedans. C'est-à-dire, ce dernier n'entre dans la composition de la caisse que dans sa moitié supérieure , jusqu'à une ligne (ai^) qui divise le promontoire horizontalement en deux moitiés égales , ligne correspondant au bord libre de la cloison ( 1 4) qui sépare la caisse de la cavité mastoïdienne ( 1 3) , seconde chambre de la timbale , et au moins trois fois aussi spacieuse que la caisse proprement dite ; mais qui ne peut pas recevoir le même nom, étant l'analogue des cellules mastoïdiennes de \ Homme. J'ai déjà fait remarquer, en parlant de cette dernière cavité, que ces deux
lilh PABMISAB PAATIB.
obambres communiquent entre elles par une longue ouverture ménagée entre le promontoire (12) et la cloison qui les sépare; ouverture réduite dans ses deux tiers inférieurs à une fente assez étroite, mais fort grande et triangulaire en haut, où elle correspond au sonunet du promontoire, de manière que la fenêtre cochléaire (b) regarde à la fois dans Tune et l'autre de ces cavités.
La caisse renferme quatre petits osselets disposés en une seule chaîne et en tout presque entièrement semblables à ceux de loreiUe de Yffommej. Ce sont fétrier ( PI. XII, fig. ftS> o^c), le lenticulaire (a), l'enclume (d^) et le marteau (ikgn).
L os tympanique ne se développe que par un seul point d'osâfication.
5* Étrier. Ce premier petit osselet de la caisse parait avoir été découvert par Ingrassias , qui lui donna sur sa forme le nom d'étrier. U a , ainsi que les trois suivants , dès la naissance , la grandeur et la forme qu'il offre chez l'adulte ; et se compose , de même que dans l'espèce humaine , d'une Platine ovale (PI. XII , fig. ftS , ab; et fig. 68, •€ et •• , ab)yk bords un peu relevés, surmontés aux deux extrémités d'une tige {ac et ic), réunies à leurs sommets où elles présentent une troncature commune, par laquelle l'étrier s'articule avec le lenticulaire. Sa platine est appUquée dans le cadre que forme la fenêtre vestibulaire, et s'y trouve fixée par un ligament circulaire qui Tunit au pourtour de cette ouverture. De là , l'étrier s'élève non pas perpendiculairement sur le plan de cette dernière , ce qui le placerait dans une direction oblique de bas en haut , en avant et en dehors , mais directement en dehors et un peu, en dessous, dans la caisse du tympan , pour s'articuler par son sommet avec le lenticulaire.
Il n'a qu'un seul point d'ossification.
6"" Lenticulaire. Cet osselet, le plus' petit du corps (fig. •! , de grandeur naturelle et grossi, fig. •tt;fig. ftS,a), a été découvert, cbt-oa, par Fram. Sylyius, et nommé par Mbry. H a en effet généralement la forme d'une petite lentille ovale, d'un demi-millimètre de lai^e, ap|^ que sur le sommet de letrier, avec lequel il s articule, comme le ferait
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et le plus externe des quatre osselets de Touïe ^ ayant en tout environ sept millimètres de long , fut également découvert dans X Homme par AcHiLLiNi, qui lui donna, vu sa forme, le nom quil porte. En effet, .son extrémité supérieure (fig. ftS, g; etfig. ftft et ftG, k) étant fortement renflée en une Tête arrondie , et l'inférieure (gh et hi) prolongée en une tige grêle, cet osselet ressemble assez bien à un marteau dont ce dernier prolongement représenterait le Manche.
La partie arrondie saillante delà tète, dirigée obli({uement en haut, en avant et en dehors, prend la forme d'un condyle, et s'articule dans la cavité ossiculaire delà caisse, formée d'une part par la face postérieure de l'apophyse antéro-externe du rocher, et de l'autre par la partie inférieure du squammeux placé plus en dehors (fig. 99, defi)^ cavité constituant la portion supérieure de la caisse , mais dans la partie antérieure (jde) de laquelle la tête du marteau ne fait qu'appuyer sans y être fixée par des ligaments. La face postérieure de la tête (fig. ftft — ftO, ad; et fig. 5 8 , A/ ) offre une facette arthrodiale en angle rentrant , dans laquelle s'articule étroitement la facette qui surmonte le corps de l'enclume {def).
Le manche (//), dirigé obliquement en avant, en dedans et en bas, adhère par une longue facette longitudinale inférieure (^') à la membrane du tympan , qu'il divise à peu près en deux parties égales (PI. VIII , fig. 9 , 20 cd). A l'extrémité externe de cette adhérence, répondant à l'origine du manche, le marteau se replie en haut et en dedans, se recourbant en dessus , pour s'écarter du tympan et se rapprocher par sa tête de l'enclume et du rocher ; et cette partie (PI. XII , fig. ftS, A/) , grêle chez \ Homme , a reçu le nom de Col. En opposition au point (A) oii le manche se détache du tympan , le marteau produit une petite apophyse odontoïde (fig. ftO, /) dirigée en haut, donnant insertion à son sommet au muscle Eustachien (interne du marteau).
L'espace (fig. ftft, hcg; et fig. A3, nlm) compris dans la courbis que le col fait avec la tête, est rempli par une lame osseuse fort opince , fortement renforcée à son bord inférieur {hn) en y formant une longue apophyse droite, dirigée en avant et en haut, et qu'on nomme chez \ Homme X Jpophyse ff^îe du marteau. A son extrémi té cette crête s'ar-
tîcale sur la suture antéro-exterue du rocher avec le squammeux, et souvent par un large empâtement triangulaire (fig. &&, ef) appliqué sur le premier de ces os.
9* Condyliens (PI. XI, lo; Pi. XII, fig. », lo; fig. »eet »1, abde). Ces os constituent les Apophyses obliques postérieures de la vertèbre basîlaire , et sont ainsi nommés comme portant les deux condyles par lesquels la tète sarthrodie avec Fatlas. Ils forment les parties latérales de Toccipital de Y Homme; doù on les a aussi souvent appelés Occipitaux latéraux Mais comme ce dernier est dans le principe composé de quatre pièces qu'on distingue aujourd'hui : le vrai occipital ou le supérieur, le basilaire et les condyliens, je les décris ici séparément.
Le condylien, déjà reconnu comme os à part dans ï Homme ^ par DuLAUEENS, est, chcz le Chat, une pièce irrégulièrement quadrilatère, placée des deux côtés du Trou occipital (y) fig. », lo /), qu'il concourt à former par son bord interne fortement échancré. Son extrémité inférieure (de; fig. VA et 99, de) est divisée en deux parties, dont l'une interne (dg)^ dirigée en dehors, en dedans, en avant et en dessous, s'articule avec le basilaire; et dont l'autre, plus externe (ge), dirigée de dedans en dehors, en dessous et en arrière, se termine en une lame très-aplatie d'arrière en avant, appliquée postérieurement cxintre le mastoïdien qu'elle dépasse un peu par son angle formant Y Apophyse jugulaire (PI. XI, lo a). Le bord externe {ah) de l'os dirigé en dessus , en arrière et en dedans, s'articule dans toute son étendue avec le prolongement formant l'apophyse externe du rocher. Enfin , le bord supérieur (PI. XII, fig. 9B, ab)j dirigé de l'extrémité de cette apophyse obliquement en dessous et en dedans, se termine à la partie supérieure du trou occipital , à une petite distance de la ligne médiane et s'articule avec l'occipital {aha).
Dans leur partie supérieure, ces deux os sont aplatis à la face exté* rieure (fig. 9A); convexe et à surface inégale à l'intérieur (fig. 99); mais inférieurement ils présentent en arrière, près du. bord interne, une forte saillie articulaire (fig. 9B, cd) constituant les deux Condyles de
&1& PRBlfliRE PARTIB.
la têtt. Ces condy les, dirigés obliquement de haut en bas, en dedans et en avsmt, bornent latéralement le trou occipital dans sa moitié inférieure, et forment deux portions d'un même arc articulaire, séparées par une large échancrure, correspondant àTos bàsilaire.
Entre ces deux condyles et les apophyses jugulaires se trouve une gorge très-profonde (0 ûu Fosse condyUenne antérieure, dans laquelle pénètre le bord correspondant de Tatlas. Au-dessus du même condyle , est une légère dépression ou Fosse condy Uenne postérieure (Ar). Le Trou condylien postérieur (ûg. S, i3 e) est ouvert par ses deux orifices dans Tin teneur du crâne, mais quelquefois ce nestquun cul-de-sac. Le Trou condyUen antérieur {f) a ses deux orifices près de la suture bàsilaire; lextérieur dans le trou déchiré postérieur; l'intérieur (y*), plus en dedans , dans la cavité crânienne.
Cet os ne commence que par un seul point d'ossification.
I o"" Occipital. Je donne exclusivement ce nom à l'os formant la partie supérieure de l'occipital de YHonune , et qui fiit également déjà distingué comme une pièce particulière par Dulaurens. On le nomme aussi souvent occipital supérieur dans les Yertébeés ovipares , où il ne se soude que rarement avec les condyliens , afin de le diflFérencier d'avec ces derniers qui reçoivent souvent le nom d'occipitaux latéraux.
Dans le Ckat , cet os qui forme la Lame et Y Apophyse épineuse de la vertèbre bàsilaire, est une pièce impaire ( PL XI, 1 1 ; PL XU, fig* S) 1 1 ; fig. S, i4; %. '• et V V, bahab)^ placée au-dessus du trou occipital ( /), et forme an peu plus d'un quart de cercle , bombé à sa face postérieure (fig. 99), et fortement concave à la face intérieure (fig. VV)f où il présente de fortes inégalités ou impressions cérébelleuses. Son bord sopârieur formant l'arc de cercle, s'unit par la Suture lamdoïde (oAa), en dehors, avec les pariétaux, et dans sa portion moyenne avec le woraaien*
Dans les jeunes Chats ^ la partie de l'os qui a voisine la suture lamdoïde ne présente aucune saillie; mais chez les individus un peu vieux, même d'an an seulement, elle se relève beaucoup, en formant une forte ortète
8T8TÈMB OSSEUX. èlO
aogiUaire ou Occipitale^ qui borne cet os, et correspond à la Ligne cour6e mpérieure de Y Homme. Cette crête se continue ensuite le long du prolongement du rocher jusqu'à lextrémité de Fapophyse styloîde , et sert d'attache aux principaux muscles extenseurs de la tète , mats on n'aperçoit pas sur cet os de Ligne courbe inférieure.
Les deux bords inférieurs {ab) de Toccipital, formant lès rayons qui limitent lare de cercle , s articulent dans leurs deux tiers inférieurs avec les condyliens , et se soudent de bonne heure avec eux. A leur partie supérieure , les mêmes bords s articulent avec les extrémités des apophyses du rocher. L angle inférieur (63) de los est coupé par une échancrore à bords minces , formant la partie moyenne supérieure du trou occipital {/).
Le trou occipital varie un peu de forme entre le rond et le losange, présentant dans ce dernier cas un angle en dessus, un en dessous et deux latéraux, correspondant au milieu des condyles. Le plan du trou occipital est, comme je l'ai dit ailleurs, dirigé obliquement de haut en bas et en avant. Son grand diamètre est transversal , ayant de 1 2 à 1 3 millimètres , et le vertical de i o à 12; mais chez les jeunes sujets il est proportionnellement plus grand. Sur un individu de cinq mois, il a 1 4 ^^' liraètres en travers et 1 1 de haut en bas.
L'occipital ne se développe également que par un seul point d'ossification ; il ne forme du moins qu'une seule pièce chez les fœtus de quarante jours.