HISTORIQUE
La description que les auteurs classiques donnent des racines rachidiennes postérieures est simple. Envisagée de dedans en dehors, c’està-dire de la moelle vers le trou de conjugaison, la racine postérieure apparaît comme constituée par 6 ou 8 filets émergeant en une série parfaitement linéaire, quelquefois élargie dans la région cervicale et lombaire; de direction presque verticale, l'émergence répond au sillon collatéral postérieur et est distante du sillon médian postérieur de 2mm 5 . dans la région dorsale, de 3 millimètres au renflement lombaire et de 3mm5 au renflement cervical.
Les filets radiculaires se dirigent obliquement en dehors et un peu en avant, se réunissant en un seul faisceau, qui pénètre dans l’orifice de perforation postérieur du canal dural. L’obliquité de chaque paire de racines varie suivant les régions, c’est là un point qui a été longuement étudié et sur lequel nous reviendrons plus loin; la longueur des racines varie également considérablement suivant les hauteurs considérées. SouLié (149) donne un tableau de la longueur respective des racines rachidiennes postérieures. La constitution macroscopique de la racine, le nombre, la direction et le mode de réunion de ses filets, le volume de ces filets, le volume et la forme des racines dans les diverses régions, ce sont là autant de faits anatomiques dont l’étude a été à peine ébauchée.
CRUVEILHIER (37) indique quelques caractères différentiels des racines. Au niveau des paires dorsales : petit nombre des filets; uniformité
u nombre et du volume de ces filets; intervalle considérable qui sépare les filets et défaut de régularité de cet intervalle. « Souvent une colonne de moelle de 8 à 10 lignes de hauteur (108 et 2€) est destinée à Pinsertion d’une petite paire de nerfs. » Au niveau des régions lombaires
(1) Travail du laboratoire d'anatomie de la Faculté de médecine de Paris.
AUS Abe.
-et sacrées : plus grand nombre des filets; rapprochement extrême des
filets, formant une série non interrompue. Au niveau de la région cer-
* vicale : bien moindre obliquité des racines; volume croissant des racines de la première à la cinquième, le volume restant constant de la cinquième à la huitième.
SapPpEY (143) décrit le nombre, le volume et le mode d’émergence des filets radiculaires comme variant dans les diverses régions. « Les racines des nerfs cervicaux sont les plus nombreuses et les plus volumineuses ; elles se touchent à leur point d’émergence. Celles des nerfs dorsaux, plus rares et plus grêles, se trouvent séparées les unes des autres par un intervalle assez notable. Celles des nerfs lombaires et sacrés tiendraient le milieu entre les précédentes; mais elles se rapprochent manifestement beaucoup plus des premières que des secondes; et, comme elles s’implantent sur une très petite partie de la moelle, elles se serrent et deviennent contiguës. »
Tesrur (157) indique la différence de volume des racines.
SOULIÉ (149) ne réserve pas de chapitre spécial à la comparaison des racines dans les diverses régions. Il ne donne qu’une description commune pour toutes les racines. « A leur origine médullaire, les fibres de chaque racine s’étalent sur une longueur moyenne de 6 à 7 millimètres,
. mais dans leur trajet intra-dural elles se rapprochent les unes des autres, et au niveau de leur orifice de sortie à travers la dure-mère elles sont ramassées en un paquet qui n’excède pas 1 millimètre de hauteur. » Pour SouLié (149) le mode d’émergence des racines, ou plus exactement leur mode de pénétration dans la moelle, semble être le même sur toute la hauteur de l'organe : « Les fibres radiculaires postérieures pénètrent dans la moelle par une série verticale et ininterrompue de 8 à 10 filets d’égale épaisseur, séparés les uns des autres par des intervalles régulièrement égaux et de même valeur que ceux qui séparent les racines elles-mêmes. » C’est également là la description de Henle. Soulié n’insiste pas non plus sur le volume respectif des diverses racines et de leurs filets radiculaires, il rappelle les travaux de Stilling qui a mesuré la surface de section des racines rachidiennes et montré que les nerfs dont les fibres radiculaires possèdent la surface de section la plus considérable sont le septième cervical et le deuxième sacré. Il faut insister dès maintenant sur le volume particulièrement gros du deuxième nerf sacré, nous en verrons plus loin importance. Soulié a, d'autre part, mesuré sur 4 sujets la hauteur de l’émergence des diverses racines, montrant le maximum de hauteur au niveau des renflements médullaires.
CHarpy (25) ne précise en aucune sorte les différences qui peuvent exister entre les racines postérieures.
Van GEHUCHTEN (65) ne donne pas de description macroscopique
NE
des racines rachidiennes. Saxo (142) indique que l'importance relative des racines varie avec les régions. |
Le travail de ZrEmEN (166) est plus détaillé mais ne donne cependant pas une description complète. D’après cet auteur, les fibres radiculaires d’une racine postérieure sont séparées de celles des racines sus et sousjacentes par un intervalle libre, en général, de toute émergence fibrillaire; cet intervalle est variable suivant les régions : dans la région dorsale moyenne et inférieure, il serait de 5 millimètres (bien que LunERITz (117) Pait vu atteindre 10mMm5); au niveau des renflements cervicaux et lombaires l'intervalle disparaît, et dans ces régions on ne peut limiter exactement une racine qu’en la suivant jusqu’à son extrémité externe. Exceptionnellement on peut trouver, et Monro (122) l’a signalé dès 1783, une ou plusieurs fibres naissant dans ces intervalles; ces fibres se portent tantôt vers la racine supérieure, tantôt vers la racine inférieure. De même, on peut voir des fibres radiculaires isolées se détacher de leur racine aussitôt après la sortie de la moelle et se rendre à la racine sus ou sous-jacente. Notons en passant que, comme l’ont déjà vu Hurer (89) en 1741 et Ascx (9) en 1750, l’intervalle qui sépare les racines postérieures est toujours plus grand que celui qui sépare les racines antérieures : il y a au moins À millimètre de différence. Les fibres radiculaires postérieures ont, au contact de la moelle, un volume assez considérable; chaque fibre représente en quelque sorte un faisceau, les fibres cheminent sans se réunir et se fusionnent en un seul point pour former le tronc de la racine postérieure. Ceci est tout différent de ce que l’on constate au niveau de la racine antérieure, où les fibres radiculaires s’unissent de façon à former de petits faisceaux, qui constituent ensuite par fusionnement la racine antérieure. D’après Ziehen, cette disposition se retrouve chez la plupart des vertébrés, elle est en particulier très nette chez le lapin.
Dans ces dernières années, FŒRSTER (48) a repris l’étude des racines rachidiennes postérieures au point de vue chirurgical; il ne s’occupe que de quelques racines, précisant le point d’émergence hors de la dure-mère de ces racines, et leur volume apparent; nous reviendrons plus tard en détail sur les recherches de Forster.
De nombreux auteurs signalent l’absence d’un certain nombre de racines postérieures. D’après Apamwxrewicz (6), l’absence d’un certain nombre de racines postérieures serait presque constante. Sur 16 sujets examinés il n'aurait trouvé que 3 fois le nombre classique de racines (ant. ou post.) et dans 38% des cas l’anomalie siégeait sur les racines postérieures ; le côté droit était intéressé le plus souvent, et surtout dans la région dorsale. PriTzNEr (131) n’a trouvé cette anomalie qu’une fois sur 36 sujets, SouLré (149) ne l’a pas rencontrée sur 8 sujets et nous-. même, sur 14 sujets que nous avons examinés, nous n’avons pas une