‹ Anatomie du cerveau :Chapitre 14 sur 45 · A1NAT0M1E · texte numérisé non relu

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renflemens de laquelle elle l’était plus que partout ailleurs.

La moelle alongée formait de chaque côte trois faisceaux principaux. Les faisceaux; pyramidaux s’entre-croisaient à leur origine (pl. xiv, fi g. î , b ), et se renflaient ensuite pour produire les éminences pyramidales. Chacune de celles-ci avait quatre lignes et demie de long , sur une et demie de large. Les deux faisceaux ( c^c), composes de fibres longitudinales, pénétraient dans la protubérance annulaire ( g ) , avec les fibres transversales de laquelle ( d ) les leurs s’entrelacaient, et ils en sortaient , plus volumineux qu’ils n’y étaient entrés, pour donner naissance aux pédoncules cérébraux ( ê, e , e , e) , lesquels pénétraient ensuite de bas en haut dans les hémisphères du cerveau. Les faisceaux olivaires, placés à côté des précéderas , formaient , avant de s’engager dans le pont de Varole, les éminences olivaires ( fig. i , /t, h), dont la longueur était de trois lignes et demie , et la largeur d’une ligne et un tiers. Leurs fibres , également longitudinales , se dirigeaient ensuite ( fig. 2 , f) de bas en haut, entre les faisceaux pyramidaux ( c ) et les corps restiformes ( e)3 et pénétraient (g) dans la masse commune des tubercules quadri-jumeaux ( k) , où elles s’unissaient à celles du côté op-

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posé. Quelques-unes des plus antérieures (o) se portaient dans les couches optiques. A l’égard des corps restiformes ( fig. i, i, i ) , ils se jetaient dans le cervelet , et y formaient les noyaux médullaires ou corps rhomboïdaux.

Le cervelet avait un pouce et quatre lignes de large. Son diamètre longitudinal était de six lignes et demie dans l’éminence vermiforme , et de neuf dans les hémisphères. L’échancrure postérieure était extrêmement grande. Ses faces supérieure et inférieure étaient parsemées d’un grand nombre de sillons. Les plus profonds de ces sillons séparaient les lobules , d’autres les fascicules , et les moins profonds de tous les feuilles ou lamelles. Toutes les parties queReil a signalées dans le ver, les courts ligamens transversaux, la pyramide , la borne et le nodule, étaient développées. De chacun des côtés du nodule se détachait l’étroite valvule cérébrale postérieure , qui allait de là gagner les touffes. On apercevait manifestement aussi les amygdales. Les corps restiformes donnaient naissance aux corps rhomboïdaux , qui présentaient un volume considérable. De chacun de ces noyaux ( fig. 2 , k), s’élevaient les colonnes médullaires , sous la forme de branches ( m , m, m), qui se divisaient ensuite en rameaux,-

ramifications et feuilles. De chacun aussi partait le pédoncule moyen du cervelet , dont les libres transversales, embrassant les faisceaux olivaires et pyramidaux, produisaient la protubérancè annulaire par leur union avec celles du côte opposé. Cette protubérance avait cinq lignes et demie de long , sur six et demie de large. Enfin , les corps rhomboïdaux donnaient aussi naissance aux pédoncules supérieurs du cervelet. Chacun de ces deux pédoncules pénétrait d’arrière en avant dans la moitié correspondante de la masse commune des tubercules quadri-jumeaux, et était recouvert par les fibres des faisceaux olivaires , dirigées de bas en haut et de dehors en dedans. Entre les deux pédoncules se trouvait la mince lame médullaire qui représentait la valvule de Vieussens.

Le cerveau avait trois pouces quatre lignes de long, et deux pouces sept lignes de large. Ses deux hémisphères couvraient le cervelet, bien au delà duquel ils se prolongeaient. On y voyait de tous côtés des sillons profonds et de nombreuses < irconvolutions.Lesscissures deSylvius, qui avaient beaucoup de profondeur, et qui se portaient en haut de chaque côté , séparaient les lobes antérieurs des lobes moyens. Ceux-ci étaient arrondis, et faisaient saillie en dehors. Les postérieurs cou-

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vraient ie cervelet. Les éminences mamillaires et la glande pituitaire avaient un volume considérable. Le corps calleux, qui unissait ensemble les deux hémisphères , avait un pouce et demi de long , et était composé de fibres médullaires transversales.

Les tubercules quadri-jumeaux avaient cinq lignes de long et six cTe large. Lorsque j’eus enlevé la couche de substance non fibreuse qui en formait la surface, j’aperçus les fibres provenant des faisceaux olivaires. Au-dessous de ces fibres se trouvaient les pédoncules supérieurs du cervelet , qui pénétraient d’arrière en avant dans la masse commune des tubercules, et dont les fibres s’entrelaçaient en partie avec celles des faisceaux olivaires. L’aqueduc de Sylvius était fort étroit.

Les couches optiques .avaient chacune neuf lignes de long, sur cinq et demie de large. Elles étaient réunies en arrière par la commissure postérieure , et en avant et en dedans par la commissure molle , qui passait de celle d’un côté à celle de l’autre. Les pédicules de la glande pineale naissaient de leur bord interne , et se portaient en arrière , où , par leur union , ils formaient la glande pinéale , corps alongé , aplati et mollasse , dans lequel je ne pus. découvrir aucune trace de sablon.

Les corps cannelés , longs de quinze lignes , ne formaient plus une éminence aussi nettement tranchée que dans les cerveaux décrits précédemment, et ils se trouvaient enfoncés davantage dans la paroi externe des hémisphères, devenue plus épaisse. Entre eux et les couches optiques, j’aperçus, dechaque côîté, une masse molle et parSemee de vaisseaux’, remplissant le vide qui avait existé jusqu’alors en cet endroit . et représentant par conséquent la bandelette demicirculaire. Sous chaque masse rampait un gros vaisseau . que j’enlevai , et avec lequel j’emportai aussi la bandelette.

Ayant laissé le cerveau tremper pendant quelques mois dans l’alcool , pour lui faire prendre plus dé consistance , je pus ensuite me faire une idée nette de la marche et de la distribution des fibres. Les pédoncules fibreux du cerveau . continuation des faisceaux pyramidaux , pénétraient de bas en haut dans les couches optiques ; ils étaient couverts, à leur partie supérieure, d’une masse molle , sans apparence fibreuse, et parsemée d’un grand nombre de vaisseaux. Ils pénétraient ensuite dans les corps cannelés, auxquels ils envoyaient des fibres dirigées directement de bas en haut ,' et couvertes également d’une couche de substance non fibreuse, molle et vascu-

laire. Fortifiés pat leur passage successif daus • ces deux ordres de renflemens , ils gagnaient la paroi externe des hémisphères , où leurs fibres s’étalaient en manière d’éventail , d’arrière en avant, de bas en haut , et d’avant en arrière. Ce rayonnement devenait visible aussitôt qu’après avoir fait une incision horizontale à la face externe de l’hémisphère , dans l’endroit où la scissure de Sylvius se jette sur le côté , je raclais de bas en haut la couche extérieure de la substance cérébrale, avec les circonvolutions et les anfractuosités , en me servant du manche d’un scalpel. Je reconnus aussi dans ce cerveau le double rayonnement des fibres des pédoncules cérébraux, dont j’ai déjà parlé. En effet, les unes se portaient de bas en haut , en avant et en arrière, se courbaient de dehors en dedans, formaient la voûte des ventricules latéraux, se rapprochaient ensuite de celles du côté opposé, et,' s’unissant à elles , produisaient le corps calleux , formé ainsi de fibres transversales. Mais sur ces fibres s’en trouvaient en quelque sorte appliquées d autres, qui rayonnaient du centre à la circonférence : celles-ci s’engageaient dans les circonvolutions, et étaient recouvertes extérieurement d’une substance molle et non fibreuse , dans laquelle pénétraient les. vaisseaux floconneux ou,

veloutés de la face interne de la pie-mère. On aperçoit ce second ordre de fibres toutes les fois qu’on rompt un cerveau durci par l’immersion dans l’alcool ; peu importe pour cela qui la rupture soit longitudinale ou transversale.

Les ventricules latéraux et leurs cornes avaient plus de capacité que dans les cerveaux décrits précédemment, mais ils n’en étaient pas moins réellement plus étroits eu égard à l’épaisseur accrue de leurs parois.

De la partie inférieure de chaque coüche optique partait un cordon fibreux très-mince (fig. i , m), qui descendait dans l’éminence mamillaire correspondante , et s’y contournait , de manière à prendre une nouvelle direction d’arrière en avant (n). Ce cordon fibreux était couvert en dehors d’une substance molle et non fibreuse, formant l’éminence mamillaire. Les faisceaux qui sortaient de la masse réunie des deux éminences (o), se portaient de bas en haut etd’arrière en devant , le long de la commissure antérieure . constituant ainsi les piliers antérieurs de la voûte. Ces deux piliers se courbaient d’avant en arrière , au-dessus des couches optiques, et produisaient la voûte, en s’unissant l’un à l’autre. Les lamelles médullaires, deforme triangulaire, qui s’élevaient de la voûte pour aller gagner la face

inférieure du corps calleux , formaient la cloison transparente. L’espace compris entre elles représentait le ventr cule de la cloison. Les piliers de la voûte s’écartaient l’un de l’autre en arrière. L’intervalle qui les séparait était rempli par une lamelle fort mince de fibres transversales, formant la lyre. Ces mêmes piliers, s’écartant toujours de plus en plus, et s’enfonçant dans les lobes moyens, allaient y donner naissance à la corne d’ Ammon et au corps frangé. On apercevait en dehors un grand repli de la pie-mère, qui se plongeait dans la masse du pied d’hippocampe. Cependant la corne d’Ammon ne figurait plus un simple pli de la substance cérébrale , comme dans le cerveau des fœtus précédens. Mais il n’en était pas de même de l’éminence und forme , qui ne formait encore qu’un véritable pli saillant dans l’intérieur de la corne postérieure du ventricule latéral.

J’ai disséqué nombre de fois des cerveaux frais, soit de fœtus âgés de six, sept, huit et neuf mois , soit d’enfans nouvellement venus au monde } pour me faire une juste idee du rapport qui pouvait exister- entre les diverses substances cérébrales dans les différentes parties de l’organe encéphalique. Le résultat constant dé mes recherches a été qu’il n’est pas possible d’é-

tablir de distinction entre la substance corticale et la substance médullaire , dans le cerveau du fœtus. Toutes les parties qui le constituent, sont formées d’une substance homogène et d’un blanc rougeâtre. Cette teinte rouge provient évidemment du grand nombre de vaisseaux sanguins très-déliés qui se distribuent à la substance cérébrale. Dans toutes les parties où nous trouvons la substance grise accumulée en masses considérables, chez l’adulte, comme dans les pédoncules cérébraux , où elle prend le nom de substance noire , les corps cannelés , les couches optiques , etc. , j’ai reconnu seulement des vaisseaux plus abondans et plus volumineux que dans celles qui sont composées de substance médullaire après l’époque de la naissance. C’est ce qui fait que les noms assignés par les anatomistes à certaines parties du cerveau ne leur conviennent plus quand on les examine dans le fœtus. Tels sont entre autres ceux des corps striés ou cannelés. En effet , les parties qui correspondent à ces éminences, dans le cerveau du fœtus , ne sont pas striées , mais composées d’une masse homogène, blanche, avec une teinte rougeâtre, et pénétrées d’une multitude de vaisseaux d’un gros calibre. Il n’y a point non plus de différence, sous le rapport de la couleur, entre

la substance corticale et la substance médullaire , soit dans les circonvolutions du cerveau-, soit dans les feuilles du cervelet. La couche extérieure , qui correspond à la substance corticale . est d’un blanc rougeâtre, comme la couche intérieure , correspondante à la substance médullaire. La seule différence appréciable qui paraisse exister, dans le fœtus, entre ces deux substances, qui sont si faciles à distinguer l’une de l’autre chez l’adulte ., consiste en ce que la couche extérieure , celle qui fait office d’écorce , est plus molle , et peut-être aussi un peu moins riche en vaisseaux que la portion intérieure.

Je terminerai par quelques remarques sur l’arachnoïde. Cette membrane, ainsi que Bichat l’a parfaitement démontré , appartient à la classe des séreuses, et forme, comme elles toutes, un sac sans ouverture. Elle tapisse la face externe de la pie-mère qui enveloppe la substance cérébrale, mais elle ne l’accompagne ni dans les anfractuosités du cerveau, ni dans les sillons du cervelet, au-dessus desquels elle se contente de passer partout. Dans les endroits où des nerfs naissent du cerveau , et vont gagner la.dure-mère pour la traverser, l’arachnoïde leur envoie des prolongémens , les enveloppe de la meme manière que le

péricarde entoure les troncs vasculaires qui sortent du cœur, et se réfléchit à la face interne de la dure-mère aussitôt qu’ils viennent à pereei cette membrane. Toute la face interne de la dure-mère et de ses replis, les deux faux et la tente , est couverte par l’arachnoïde , à laquelle elle doit son aspect lisse et poli. L’adhérence mutuelle des deux membranes est fort intime, et Ton a beaucoup de peine à détacher quelques lambeaux du feuillet séreux. L’arachnoïde s’étend , par le trou occipital , tout le long de la pie-mère rachidienne, quelle enveloppe également ; elle revêt aussi les racines antérieures et postérieures des nerfs spinaux , et les accompagne jusqu’à l’endroit où ils percent la dure-mère rachidienne , dont elle tapisse ensuite la face interne. Les ligamens dentelés sont de simples duplicatures de cette membrane , qui de la face interne de la dure-mère se porte à la face externe delà pie-mère. Entre les deux feuillets de chaque ligament dentelé , on trouve un filament fibreux . étendu de la face interne de la dure-mère à la moelle épinière. Tous ces filamens fibreux descendent sur les parties latérales de la moelle , à la surface de la pie-mère, entre les racines antérieures et postérieures des nerfs spinaux. 11 résulte de tout cela que l’arachnoïde constitue un

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sac sans ouverture, qui enveloppe le cerveau et la moelle épinière, et se porte, le long des cordons nerveux, à la face interne de la duremère , qu’elle tapisse également. C’est ainsi que je l’ai trouvée plusieurs fois , tant dans le fœtus que dans l’adulte.

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