PRÉFACE DE L’AUTEUR
L’anatomie du corps humain , si l’on en excepte les recherches sur la structure du cerveau , est arrivée, depuis une trentaine d’années, à un tel degré de perfection , qu’il paraît presque impossible d’y faire désormais aucun progrès. On a décrit avec exactitude la configuration de tous les organes de l’homme parvenus au dernier terme de . leur développement ; on connaît là structure de la plupart d’entre eux; on a étudié les articulations des os, les rapports mutuels des muscles , la distribution des vaisseaux et des nerfs; en un mot, l’anatomie, dans lesens qu’on attache ordinairement à ce terme, s’est épuisée en pures. descriptions. Mais tout homme qui pense, tout homme qui ne croit pas que l’unique , le principal objet même de cette science, soit de décrire les organes,
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d’en dévoiler la structure, et de tirer de ces notions des conclusions applicables à la médecine et à la chirurgie, demeure convaincu qu’elle ne peut aspirer au rang des véritables sciences que quand elle aura fait connaître l’histoire de la formation du corps animal et les lois de cette formation. Or on ne saurait acquérir une connaissance semblable autrement que par l’anatomie des animaux et du fœtus , qui seule nous dévoile le fait si curieux de la multiplication graduelle des organes, de leur développement, de leur complication successive, et du degré de leur importance relative pour l’entretien de la vie. Ce vaste champ de recherches a été abandonné tout entier aux modernes , et je me suis cru obligé, comme professeur d’anatomie, de travailler autant que mes forces me le permettaient à la solution du grand problème. Je publie donc ici les recherches que j’ai faites depuis plusieurs années sur le cerveau du fœtus, et qui pourront fournir la matière d’un chapitre dan? l’histoire de la formation de 1 homme. J’v ai
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joint une exposition comparative de la structure de l’encéphale dans les quatre classes d’animaux vertébrés , afin de prouver que la formation de cet organe dans le fœtus parcourt, aux différens mois de la grossesse , les principaux degrés d’organisation auxquels il s’arrête, durant toute la vie , dans les animaux. D’où il résulte qu’on ne peut plus douter que la nature ne suive un plan uniforme dans la création et l’évolution tant du cerveau du fœtus humain, que de celui des animaux vertébrés.