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CI : Racine antérieure du premier nerf cervical

III à XII : Origine des di.x dernières paires de nerfs crâniens.

Il résulte des recherches expérimentales que Bochenek (28) a poursuivies dans notre laboratoire que, dans cette racine descendante, les fibres en connexion avec le nerf maxillaire inférieur occupent la partie dorsale, celles en connexion avec le nerf ophthalmique occupent la partie ventrale et que la région intermédiaire est essentiellement formée par les fibres sensitives en connexion avec le nerf maxillaire supérieur.

Origine apparente. Le nerf trijumeau sort de l'axe cérébro-spinal sur la partie latérale de la protubérance annulaire au point où celle-ci se continue avec le pédoncule cérébelleux moyen, Fig. 518. Cette origine se fait par deux racines : l'une externe, très volumineuse, constitue la grosse racine ou racine sensitive {portio major) ; l'auti^e, interne, beaucoup plus grêle, s'appelle la petite racine ou racine motrice (portio minor).

Trajet périphérique. A partir de leur origine apparente, les deux racines du nerf trijumeau se dirigent en avant et en dehors. Elles passent par un orifice ovalaire formé par la petite dépression que présente la partie interne du bord supérieur du rocher et par le bord correspondant de la tente du cervelet qui passe comme un pont au-dessus de cette dépression, Fig. 519. Arrivé ainsi sur la face antérieure du rocher, le nerf trijumeau présente son ganglion volumineux, de forme semi-lunaire, appelé ganglion de Casser. Ce ganglion est situé dans une loge fibreuse constituée par un

dédoublement des deux feuillets constitutifs de la dure-mère et connue sous le nom de loge de Meckel. La face inférieure du ganglion, ou face sphénoïdale, repose simplement sur la grande aile du sphénoïde, tandis que la face supérieure, ou face cérébrale, adhère intimement à la dure-mère voisine. Son bord interne, se continuant avec a branche ophthalmique, est en connexion intime avec la paroi externe du sinus caverveux.

La racine sensitive seule se continue avec le ganglion. La base du crâne montrant la sortie des nerfs crâniens.

-r>„ T j ^ Gr. nat. 1/2.

De ce ganglion de Casser

partent les trois grandes branches terminales du trijumeau : i» le nerf ophthalmique de Willis (n. ophtalmicus), qui entre dans la cavité orbitaire par la fente sphénoïdale, 2° le nerf maxillaire supérieur {n. maxillaris), qui sort du crâne par le trou grand rond et, 3° le nerf maxillaire inférieur ou nerf mandibulaire {n. mandibularis) qui quitte la boîte crânienne par le trou ovale.

La racine motrice, d'abord située en dedans de la racine sensitive depuis le pont de Varole jusqu'au bord supérieur du rocher, passe ensuite en dessous de cette dernière, puis en dessous du ganglion de Casser pour se jeter tout entière dans le nerf maxillaire inférieur.

Fig. 519.

Première branche

Le nerf ophthalmique.

C'est la plus grêle et la plus interne des trois branches du nerf trijumeau. Elle est exclusivement sensitive. Ce nerf provient du ganglion de Casser, parcourt d'arrière en avant la paroi externe du sinus caverneux et, arrivé à la fente sphénoïdale,

il se divise en trois branches terminales : le nerf lacrymal, le nerf frontal et le nerf nasal, Fig. 520.

Pendant son trajet dans la paroi externe du sinus caverneux, il reçoit quelques filets du plexus carotidien interne du sympathique, s'anastomose avec le nerf oculo-moteur commun, donne quelques filets au nerf pathétique et au nerf oculo-moteur externe et émet une branche récurrente, le nerf récurrent d'Arnold, qui va se terminer dans la tente du cervelet ( n. tentorii).

Nerf lacrymal (n. lacrymalts). Le nerf lacrymal est la plus grêle des trois branches du nerf ophthalmique. Il pénètre dans la cavité orbitaire par la partie la plus externe de la fente sphénoïdale et, placé immédiatement contre le périoste de cette cavité, il se dirige vers la glande lacrymale en longeant le bord supérieur du muscle droit externe. Arrivé près de la glande lacrymale, le nerf se divise en deux rameaux: l'un, le rameau externe ou inférieur, descend et va s'anastomoser avec le nerf zygomatique du nerf maxillaire supérieur {ramus anastomoticus cum n. zygomatico) ; de l'anse nerveuse ainsi formée partent des filets destinés à la glande lacrymale ; l'autre, le rameau interne ou supérieur, pénètre jusque dans la glande et se résout en rameaux terminaux destinés à la glande, à la conjonctive, à la peau de la paupière supérieure et à la peau de l'angle externe de l'œil, Fig. 531.

2° Le nerf frontal [n. frontalis). Le nerf frontal constitue la branche la plus volumineuse du nerf ophthalmique. Il pénètre dans la cavité orbitaire par le milieu de la fente sphénoïdale, chemine le long de la paroi supérieure de l'orbite directement appliqué contre le périoste et, arrivé près de la base de l'orbite, il se divise en deux branches terminales : le nerf frontal interne et le nerf frontal externe, Fig. 530 et 5*1.

Le nerf frontal externe ou nerf sus-orbitaire («. supraorbitalis) sort de l'orbite par l'échancrure sus-orbitaire et se divise en rameaux palpébraiix destinés à la peau de la

Fig. 520.

paupière supérieure et en rameaux frontaux, beaucoup plus volumineux, qui vont porter la sensibilité à la peau de la région frontale jusque dans le voisinage de la suture coronaire. Au niveau de l'échancrure sus-orbitaire, il abandonne un petit filet nerveux qui s'engage dans l'épaisseur même de l'os frontal pour se rendre dans les sinus frontaux.

l^e nerf frontal interne {n. supratrochlearis) sort de l'orbite un peu en dedans de l'échancrure sus-orbitaire ; il se divise en rameaux descendants qui se terminent dans la peau de la partie interne de la paupière supérieure et en rameaux ascendants destinés à la peau de la partie médiane de la région frontale.

30 Le nerf nasal ou naso-ciliaire {n. nasociliaris). Il pénètre dans l'orbite par la

Les branches cutanées du nerf trijumeau. Gr. — nat. 1/2.

partie interne de la fente sphénoïdale et traverse l'anneau de Zinn. Placé en dessous du muscle releveur de la paupière supérieure et du muscle droit supérieur, il est d'abord situé en dehors du nerf optique, puis se dirige obliquement en dedans, en passant au dessus de ce dernier nerf ; il longe ensuite la paroi interne de la cavité orbitaire et se termine, au niveau du conduit orbitaire interne et antérieur, en nerf nasal interne et en nerf nasal externe.

Pendant ce trajet, le nerf nasal fournit les branches collatérales suivantes : a) En dehors du nerf optique, une branche nerveuse à un ganglion gris placé sur la face externe de ce nerf : le ganglion ciliaire ou ganglion ophthalmique. Cette

branche du nerf na^al constitue la longue racine {radix longa ganglii ciliaris) ou la racine sensitive de ce ganglion.

b) En dedans du nerf optique, le nerf nasal fournit quelques filets longs et grêles appelés nerfs ciîiaires longs {nn. ciliares loiigi) ; ceux-ci se rendent au globe oculaire avec les nerfs ciîiaires courts qui viennent du ganglion ophthalmique.

Branches terminales. Le nerf nasal fournit deux branches terminales :

1° Le nerf nasal interne ou nerf sous-trochléaire {n. infratrochlearis). Il longe la paroi interne de l'orbite en dessous du muscle grand oblique, passe sous la poulie cartilagineuse de ce muscle, traverse l'orbiculaire des paupières et se divise en rameaux ascendants destinés à la peau de la paupière supérieure et à celle de la partie voisine du front, et en rameaux descendants destinés à la conjonctive, à la caroncule lacrymale, aux conduits lacrymaux, au sac lacrymal, à la peau de l'angle interne des paupières et à celle de la racine du nez.

2° Le nerf nasal interne ou nerf ethmoïdal {n. etJmoidalis anterior) traverse le conduit orbitaire interne et antérieur et arrive ainsi dans la boite crânienne, sur la face supérieure de la lame criblée de l'éthmoïde. Il traverse la fente ethmoïdale et pénètre dans les fosses nasales, où il se divise en un filet interne et un filet externe. Le filet interne se termine dans la muqueuse de la cloison des fosses nasales. Le filet externe donne quelques ramuscules à la muqueuse de la paroi externe des fosses nasales, descend sur la face postérieure de l'os propre du nez, passe entre cet os et le cartilage de l'aile du nez pour se terminer dans la peau du lobule du nez sous le nom de nerf naso-lohaire ou nerf nasal externe (ramus nasalis externus).

Le ganglion ophthalmique ou ganglion ciliaire.

Sur la face externe du nerf optique, au fond de la cavité orbitaire, dans le voisinage immédiat du trou optique, on trouve généralement un petit renflement grisâtre connu sous le nom de ganglion ophthalmique ou ganglion ciliaire. A ce ganglion aboutissent en arrière trois filets nerveux : ce sont les branches afférentes ou les racines du ganglion. De ce même ganglion partent en avant un grand nombre de filets nerveux très grêles : ce sont les branches efférentes connues sous le nom de nerfs ciîiaires, FiG. saa.

Sur le trajet de ces branches afférentes et efférentes on trouve quelquefois de petits nodules ganglionnaires qui constituent des ganglions ophthabniques accessoires [Antonelli (29), d'Erchia (3o), Gallemaerts (3i)].

Les blanches afférentes ou les racines du ganglion ciliaire comprennent :

a) Une racine motrice ou courte racine reliant le ganglion à la branche inférieure du nerf oculo-moteur commun ;

b) Une racine sensitive ou longue racine unissant le ganglion à la branche nasale du nerf ophthalmique de Willis.

c) Une racine sympathique ou racine intermédiaire amenant au ganglion ciliaire des filets sympathiques provenant du plexus qui entoure la carotide interne dans le sinus caverneux.

— ôig —

Les branches eprentes du ganglion ciliaire constituent les nerfs ciliaires courts (il. ciliares brèves). Ils sont au nombre de cinq ou six au moment où ils partent du ganglion ciliaire ; ils se dirigent horizontalement en avant, se divisent et se subdivisent et, mélangés avec les nerfs ciliaires longs provenant de la branche nasale de l'ophthalmique de Willis, ils gagnent la face postérieure du globe oculaire enveloppant de toutes parts le nerf optique. Ils traversent alors la sclérotique, courent entre celle-ci et la choroïde, abandonnent des filets destinés aux différentes couches du globe oculaire et peuvent être poursuivis jusqu'au niveau du corps ciliaire où ils se divisent en branches terminales : les unes, sensibles, se portent dans toutes les

FiG. â'i'i.

parties voisines du globe oculaire et principalement dans l'épithélium antérieur de la cornée ; d'autres, motrices, vont innerver les muscles intrinsèques de l'œil : le muscle ciliaire ou tenseur de la choroïde et le muscle constricteur de l'iris ; d'autres encore, de nature sympathique, vont former les plexus nerveux des vaisseaux.

La signification morphologique du ganglion ciliaire a été longtemps en discussion. Quelques auteurs, comme Retzius (32), le considèrent depuis longtemps comme un ganglion sympathique, d'autres lui attribuent la valeur d'un ganglion spinal et le rattachent au nerf de la troisième paire [Schwalbe (33), Antonelli, etc.)- Krause partage une opinion mixte. D'après lui, le ganglion ophthalmique est double ; il serait formé de deux ganglions fusionnés, dont l'un appartient au sympathique et l'autre représente un ganglion spinal. D'après Holtzmann (34), la nature du ganglion varie d'un animal à l'autre : chez le poulet et le lapin il est formé exclusivement de cellules identiques à celles des ganglions spinaux ; chez le chat il ne renferme que des cellules sympathiques tandis que chez le chien sa nature est mixte.

Il résulte des recherches de Retzius (35), d'ERCHiA (3o) et de Michel (36), entreprises au moyen de la méthode de Golgi, que les cellules constitutives du

ganglion ciliaire sont des cellules nerveuses multipolaires identiques aux cellules constitutives des ganglions de la chaine sympathique. Le ganglion ciliaire doit donc être considéré comme un ganglion sympathique. C'est dans ce ganglion que se terminent les fibres motrices provenant du nerf oculo-moteur commun par la courte racine ; c'est là que se trouvent en réalité les cellules d'origine des fibres motrices innervant les deux muscles intrinsèques du globe oculaire.

D'après des recherches expérimentales de Apolant (37), les fibres du nerf oculo-moteur commun, sectionnées au sortir du mésencéphale, ne dégénèrent que jusque dans le ganglion cihaire. Les recherches de Marina (41) démontrent, en outre, que la section des nerfs ciliaires n'est suivie de dégénérescence rétrograde que jusque dans le ganglion ciliaire. De plus, les recherches expérimentales de Langley et Dickinson (38J ont prouvé que l'injection ou même l'application directe, sur le ganglion à étudier, de quelques milli-. grammes de nicotine paralyse sur le champ toutes les cellules nerveuses alors que les fibres nerveuses restent normales. Se basant sur ce fait, Langley et Anderson (Sg), puis Langendorff (40) ont vu, après empoisonnement local du ganglion ciliaire, la constriction de l'iris faire défaut après excitation expérimeirtale du nerf oculo-moteur commun, alors que l'excitation des nerfs ciliaires était suivie du rétrécissement de la pupille. Marina (41) a repris ces expériences sur le singe. Après injection, dans la cavité orbitaire, d'une dose de 12 milligrammes de nicotine, il a constaté, déjà au bout de six minutes, une dilatation maximum de la pupille avec abolition du réflexe à la lumière et à l'accomodation persistant pendant environ 40 minutes. Ces phénomènes ne s'expliquent que par une paralysie momentanée du muscle constricteur de l'iris consécutive à la mise hors de fonction du ganglion ciliaire. D'ailleurs les recherches expérimentales de Bach (42) ont montré que l'ablation de l'iris et du corps ciliaire entraîne des modifications dans les cellules du ganglion ciliaire, alors que toutes les cellules du noyau d'origine du nerf oculo-moteur commun restent normales. Ce dernier fait a été confirmé par Schwabe (43) et Van Bier- VLiET (44). Il résulte de ces faits que les fibres motrices, amenées au ganglion ciliaire par la branche afférente émanée du nerf oculo-moteur commun, se terminent dans ce ganglion par des ramifications libres et que, par conséquent, les cellules d'origine des fibres qui innervent les muscles intrinsèques du globe oculaire se trouvent dans le ganglion ciliaire lui-même. Ce fait a une importance considérable au point de vue physiologique et pathologique, parce qu'il prouve que le ganglion ophthalmique doit intervenir dans le mécanisme du réflexe pupillaire, comme Marina l'avait déjà admis en iSgS (35). Ce ganglion ne constitue cependant pas le centre de ce réflexe, comme nous l'avions cru d'abord (46). Le centre d'un réflexe c'est, en effet, l'endroit où l'ébranlement nerveux amené par des fibres centripètes se transmet aux cellules d'origine des fibres centrifuges qui vont innerver les muscles périphériques. Or, le réflexe pupillaire a son point de départ dans la rétine et aucune fibre de la rétine ne se termine dans le ganglion ciliaire.

On ignore d'ailleurs entièrement où se trouve ce centre réflexe. Un grand nombre d'auteurs le mettent, à la suite de Volkers et Hensen, dans le noyau d'origine du nerf oculo-moteur commun, mais là aussi n'aboutissent pas des fibres du nerf optique. Bech- TEREW a localisé ce centre dans la masse grise qui entoure le troisième ventricule. Mendel a considéré comme tel le ganglion de l'habénula. Tout récemment Bach (27) a voulu localiser le centre du réflexe pupillaire dans la partie supérieure de la moelle cervicale. Bernheimer (48). après énucléation d'un œil sur le singe, prétend avoir pu poursuivre un faisceau de fibres dégénérées jusque dans l'extrémité antérieure du noyau d'origine du nerf III où il localise, en conséquence, le centre du réflexe pupillaire. Nous croyons que le centre du réflexe pupillaire doit être localisé dans les éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. De là partent alors les fibres centrifuges. Mais, au lieu d'être constituée d'un seul neurone et de se rendre directement dans les muscles périphériques, cette voie centrifuge s'arrête d'abord dans le noyau d'origine du nerf oculomoteur commun, puis dans le ganglion ciliaire, de telle sorte qu'elle se trouve formée d'au moins trois neurones superposés. La voie réflexe qui préside aux mouvements de la pupille est donc une voie excessivement complexe. Nous y reviendrons plus tard.

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TRENTE-ET-UNIEME LEÇON La structure interne du métencéphale (Suite).

Le nerf trijumeau (suite) : Le nerf maxillaire supérieur et le nerf maxillaire inférieur ou nerf mandibulaire.

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