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V. Le nerf trijumeau (Suite

Nous avons vu, dans la dernière leçon, que le ganglion de Gasser du nerf trijumeau donne origine à trois branches périphériques : le nerf ophthalmique, le nerf maxillaire supérieur et le nerf maxillaire inférieur. Nous avons décrit le trajet et la distribution périphérique de la première branche du nerf trijumeau ; nous allons étudier aujourd'hui le trajet et la distribution des deux autres branches.

Deuxième branche.

Le nerf maxillaire supérieur.

Le nerf maxillaire supérieur provient du ganglion de Gasser entre le nerf ophthalmique de Willis qui est en dedans et un peu au-dessus et le nerf maxillaire inférieur placé en dehors et un peu en dessous. Il se dirige directement en avant et en dehors,' sort du crâne par le trou grand rond, ou trou du nerf maxillaire supérieur, que présente la base de la grande aile du sphénoïde, traverse d'arrière en avant la partie supérieure de la fosse ptérygo maxillaire, entre dans la cavité orbitaire par la fente sphéno-maxillaire, parcourt la gouttière sous-orbitaire, puis le canal sousorbitaire et sort par le trou sous-orbitaire pour se terminer, sous le nom de nerf sous-orbitaire, dans la peau de la face depuis la paupière inférieure jusqu'à la lèvre supérieure, fig. 528.

Branches collatérales. Pendant ce trajet, le nerf maxillaire supérieur fournit un grand nombre de branches collatérales :

1° Un rameau méningé moyen ( n. meningeus médius) ; il est destiné à la dure-mère et accompagne les ramifications de l'artère méningée moyenne.

2° Le nerf zygomatique {n. zygomaticus) ou temporo-malaire. Il naît du nerf maxillaire supérieur en dessous du trou grand rond, se dirige directement en avant en traversant la fosse ptérygo-maxillaire, passe par la fente sphéno-maxillaire pour entrer dans la cavité de l'orbite dont il longe la paioi externe. Dans cette cavité orbitaire.

FiG. 584.

Les branches"ciitanées du nerf trijiimeau. Gr. — nat. 1/2.

il s'anastomose avec le nerf lacrymal, fig. 533, et donne ainsi quelques filets à la glande lacrymale ; il pénètre ensuite dans le canal temporo-malaire où il se divise en deux rameaux : un rameau malaire ou rameau zygomatico-facial (ramiis zygomaticofacialis) qui sort par le trou malaire, sur la face externe de l'os malaire, pour se distribuer à la peau de la pommette; et un rameau zygomatico -temporal [ramus zygomaticotemporalis) qui arrive dans la fosse temporale, traverse le muscle temporal et l'aponévrose qui le recouvre et se distribue à la peau de la partie antérieure de la région temporale, FIG. 534.

30 Les ner/s sphéno -palatins {un. sphénopalatini) , Il sont au nombre de deux ou de trois; nés du nerf maxillaire supérieur dans la fosse ptérygo-maxillaire, ils se dirigent verticalement en bas et, après un trajet de quelques millimètres, se jettent dans un ganglion nerveux dépendant de la deuxième branche du nerf trijumeau et appelé ganglion spkéno-palatin.

Les nerfs sphéno-palatins constituent la longue racine ou la racine sensitive de ce ganglion.

40 Les nerfs dentaires supérieurs et postérieurs. Ils proviennent du nerf maxillaire supérieur, an nombre de deux ou de trois, au moment où ce nerf pénètre dans la

Fig. 535.

Le nerf facial et la bra^nche moyenne ou nerf maxillaire supérieur du nerf trijumeau (d'après Hirscheld)

cavité orbitaire. Ils descendent verticalement en bas sur la tubérosité du maxillaire supérieur, fournissent des filets nerveux à la muqueuse des gencives des dents molaires supérieures et parcourent les canaux dentaires supérieurs et postérieurs dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus maxillaire. Ils s'anastomosent, dans l'épaisseur de cette paroi, avec le nerf dentaire supérieur et antérieur et fournissent des rameaux aux racines de toutes les dents m.olaires supérieures, fig. 535.

5° Le nerf dentaire supérieur et antérieur. Il provient du nerf sous orbitaire pendant

Van Gehuciiten. Système Nerveux, 4* éd. ,q

son passage à travers le canal sous-orbitaire, descend dans un canal osseux creusé dans la paroi externe du sinus du maxillaire, fig. 533, s'anastomose avec les nerfs dentaires supérieurs et postérieurs en formant dans l'épaisseur du maxillaire supérieur le plexus dentaire supérieur, fig. 525, et envoie ses filets terminaux dans la racine des dents incisives et canines supérieures.

Branches terminales. Arrivé dans le canal sous-orbitaire, le nerf maxillaire supérieur prend le nom de nerf sous-orbitaire {n. infraorhitalis). Il sort par le trou sous-orbitaire et se divise en un grand nombre de branches terminales que l'on peut diviser en trois groupes :

a) Des filets ascendants ou palpébraux inférieurs [rami palpebrales inferiores) destinés à la peau et à la conjonctive de la paupière inférieure.

h) Des filets descendants ou labiaux supérieurs {rami labiales superiores) qui vont s'épanouir dans la peau et la muqueuse de la lèvre supérieure.

c) Des filets internes ou nasaux {rami nasales externi et interni) donnant la sensibilité à la peau de l'aile du nez.

Le ganglion sphéno-palatin.

Du nerf maxillaiie supérieur dépend un ganglion nerveux appelé ganglion sphéno-palatin. Il est situé dans la partie supérieure de la fosse ptérygo-maxillaire.

Fig. sae.

Schéma montrant les anastomoses qui se font entre le nerf trijumeau, le nerf facial et le nerf glosso-pharygien.

Il est relié à des nerfs crâniens par un cf^rtain nombre de filets nerveux constituant ses branches afférentes et émet un certain nombre d'autres filets nerveux qui constituent ses branches effér entes.

Les branches afférentes du ganglion sphéno-palatin comprennent :

a ) Deux ou trois rameaux qui relient ce ganglion au nerf maxillaire supérieur ; ils sont connus sous le nom de nerfs spJiéno-palatins.

b ) Un rameau nerveux appelé nerfvidien ou nerf du canal ptérygoïdien ( n. canalis pterygoidei). Celui-ci parcourt le canal vidien et se jette dans la partie postérieure du ganglion sphéno-palatin. Nous avons vu, en décrivant le nerf facial, que le nerf vidien lui-même est formé de fibres sympathiques, provenant du plexus-carotidien interne, et de fibres sensitives venues du facial par le nerf grand pétreux superficiel

Branches efférentes. Du ganglion sphéno-palatin partent les branches efférentes suivantes :

10 Le nerf pharyngien ou ptéry go-palatin ; il se dirige directement en arrière, parcourt le canal ptérygo-palatin et se distribue à la muqueuse de la partie supérieure du phar5'nx.

2° Les nerfs nasaux postérieurs et supérieurs (rami nasales posteriores superiores). Ils proviennent du côté interne du ganglion sphéno-palatin, traversent directement le trou sphéno-palatin et arrivent ainsi dans les fosses nasales. Là, ils se divisent en rameaux internes et en rameaux externes.

Les rameaux internes (rami médiates) se rendent à la partie postérieure et supérieure de la muqueuse qui tapisse la cloison des fosses nasales. Un de ces rameaux, plus volumineux que les autres, est connu sous le nom de nerf naso-palatin de Scarpa (n. nasopalatinus). Il se dirige obliquement en bas et en avant, en parcourant toute l'étendue de la cloison des fosses nasales entre le périoste et la muqueuse. Il pénètre ensuite dans le canal palatin antérieur ou canal incisif et va se distribuer, par ses branches terminales, à la muqueuse qui recouvre la partie antérieure de la voûte palatine.

'Les rameaux externes (rami latérales), beaucoup plus nombreux, se divisent en branches antérieures se distribuant à la muqueuse de la paroi externe des fosses nasales au niveau du cornet supérieur, du méat supérieur et du cornet moyen, FIG. 527, et en branches postérieures destinées à la muqueuse de la voûte et de la paroi latérale du pharynx.

3° Les filets orbitaires (rami orbitales). Ils pénètrent dans la cavité orbitaire par la fente sphéno-maxillaire et se distribuent au périoste de la paroi externe de l'orbiie, aux cellules ethmoïdales supérieures et au sinus sphénoïdal.

4° Les nerfs palatins ( nn. palatini). Ils sortent du bord inférieur du ganglion sphéno-palatin et descendent verticalement en bas dans le canal palatin postérieur et les petits canaux accessoires. Ils sont au nombre de trois que l'on distingue sous le nom de nerf s palatins antérieur , moyen et postérieur, fig. 587.

Le nerf palatin antérieur parcourt de haut en bas le canal palatin postérieur et arrive ainsi à la partie postérieure de la voûte palatine. Là, il se divise en rameaux postérieurs destinés à la muqueuse de la face antérieure du voile du palais et en un rameau antérieur plus volumineux ; celui-ci parcourt d'arrière en avant la gouttière latérale de la voûte palatine et se termine, par de nombreux filets, dans la gencive supérieure et dans la muqueuse de la voûte de la cavité buccale.

Pendant son trajet dans le canal palatin postérieur, le nerf palatin antérieur

fournit le rameau nasal postérieur et inférieur ; celui-ci traverse la lame verticale de l'os palatin et se distribue à la muqueuse de la paroi externe des fosses nasales au niveau du méat moyen, du cornet et du méat inférieurs, et du sinus du maxillaire supérieur, FIG. 537.

Le nerf palatin moyen descend, sur la tubérosité du maxillaire, dans un canal paja-

Les nerfs palatins (d'après Hirschfeld).

tin accessoire et va se distribuer à la muqueuse des amygdales et de la partie voisine du voile du palais.

Le nerf palatin postérieur parcourt également un conduit palatin accessoire qui l'amène jusqu'au bord antérieur du voile du palais. Il pénètre alors dans ce voile et s'y termine à la muqueuse qui recouvre les deux faces.

Ganglion sphéno-palatin. — Le ganglion sphéno-palatin est généralement considéré comme une dépendance du S3^stème nerveux sympathique. D'après les recherches de V. Lenhossek, il est formé de cellules nerveuses multipolaires identiques aux cellules constitutives des ganglions de la chaîne sympathique.

Troisième branche.

Le nerf mandibulaire.

Le nerf maxillaire inférieur ou nerf mandibulaire constitue la branche terminale la plus volumineuse du nerf trijumeau. Il est formé d'une racine sensitive, qui lui vient du ganglion de Gasser en dessous et en dehors de l'origine du nerf maxillaire supérieur, et d'une racine motrice qui lui vient directement

du tronc cérébral, fig. 538. Le nerf maxillaire inférieur devient donc un nerf mixte. Il va porter la motilité à tous les muscles de la mastication et à quelquesuns des muscles de la région sus-hyoïdienne et la sensibilité à la peau de la partie inférieure de la face, à la muqueuse de la joue et à la peau de la partie antérieure de la région temporale.

Du ganglion de Gasser, le nerf maxillaire inférieur se dirige en bas et en dehors ; il sort du crâne par le trou ovale du sphénoïde, fournit une branche collatérale qui rentre dans la boite crânienne et, arrivé dans la fosse zygomatique, se divise directement en sept branches terminales.

Branche collatérale. Avant sa division en branches terminales, le nerf maxillaire inférieur fournit un rameau méningé. Celui-ci rentre dans la boite crânienne par le trou sphéno-épineux et se distribue à la dure-mère voisine.

Schéma montrant l'origine réelle des fibres constitutives du nerf trijumeau.

Branches terminales. Les branches terminales peuvent se diviser en deux groupes : des branches sensitives et des branches mixtes.

Les branches mixtes renferment des fibres sensitives et des fibres motrices celles-ci sont destinées aux muscles de la mastication, au muscle péristaphylii. externe, au muscle interne du marteau, au muscle mylo-hyoïdien et au ventre antérieur du muscle digastrique. Elles comprennent :

10 nerf masséterin (n. massetericus) ; il se dirige de dedans en dehors, croise lé bord supérieur du muscle ptéiygoïdien externe, puis le bord postérieur du

muscle temporal, traverse l'échancrure sigmoïde de la branche verticale du maxillaire inférieur et pénètre dans la face profonde du muscle masséter auquel il est destiné, fig. 539. Pendant ce trajet, il abandonne une branche collatérale à l'articulation temporo-maxillaire et envoie un rameau nerveux dans la partie postérieure du muscle temporal : le rameau temporal profond postérieur (n. temporalis profùndus posierior).

2° Le nerf buccal (n. buccinatorius) provient du nerf maxillaire inférieur en dessous du trou ovale. Il se dirige en dehors et traverse le muscle ptérygoïdien

Fig. 539.

externe; il longe un peu en dedans la partie antérieure du muscle temporal, puis passe entre l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur et la tubérosité du maxillaire supérieur. Arrivé sur la face externe de muscle buccinateur, il se divise en branches terminales.

Pendant son trajet, le nerf buccal fournit des filets moteurs au muscle ptérygoïdien externe et abandonne un rameau à la partie antérieure du muscle temporal, le rameau temporal profond antérieur ( n. temporalis profùndus anterior).

Les branches terminales sont toutes sensitives et se terminent soit à la peau, soit à la muqueuse de la joue.

3° Le nerf du muscle ptérygoïdien interne (n. pterygoideus internus). Il provient du nerf maxillaire inférieur et va se distribuer à la face interne du muscle ptérygoïdien interne, fig. 531. Dans le voisinage du ganglion otique, il abandonne deux petits filets nerveux qui se réunissent avec des filets venus de ce ganglion et vont se rendre dans le muscle péristaphj'lin externe, ou tenseur du voile du palais, et dans le muscle interne du marteau.

4° Le nerf temporal profond moyen se dirige de dedans en dehors. Il longe la paroi supérieure de la fosse zygomatique et se réfléchit sur la face profonde du muscle temporal dans lequel il se termine.

Toutes ces branches nerveuses réunies constituent le nerf masticateur ( n. masticatorius).

5° Le nerf dentaire ou alvéolaire inférieur (n. alveolaris inferior). C'est la plus volumineuse de toutes les branches terminales du nerf maxillaire inférieur. Ce nerf descend entre les deux muscles ptérygoïdiens, étant situé en arrière et en dehors du nerf lingual. Il passe ensuite entre le muscle ptérygoïdien interne et la branche verticale du maxillaire inférieur, pénètre dans l'orifice supérieur du canal dentaire inférieur et parcourt ce canal jusqu'au niveau du trou mentonnier, où il se divise en branches terminales, fig. 539.

Pendant ce trajet, le nerf dentaire inférieur fournit :

a) Le rameau mylo-hyoïdien (n. mylohyoideus ) . C'est un rameau moteur qui quitte le nerf dentaire au moment où celui-ci entre dans le canal dentaire, fig. 533, il descend alors dans le sillon creusé sur la face interne du corps du maxillaire inférieur et va se terminer dans le muscle mylo-hyoïdien et dans le ventre antérieur du muscle digastrique.

h) Les rameaux dentaires inférieurs et postérieurs. Ils proviennent du nerf dentaire pendant qu'il parcourt le canal dentaire et se rendent aux racines des dents molaires, à la paroi des alvéoles dentaires et à la gencive voisine.

Branches terminales. Arrivé au trou mentonnier, le nerf dentaire inférieur se divise en nerf mentonnier et nerf incisif .

Le nerf mentonnier ( n. mentalis) sort par le trou mentonnier et se résout en branches terminales destinées à la muqueuse de la lèvre inférieure et à la peau de la lèvre inférieure et du menton, fig. 530.

Le nerf incisif poursuit son trajet dans le canal dentaire inférieur et se distribue aux racines et aux alvéoles de la dent canine et des dents incisives inférieures et à la gencive voisine.

Les branches sensitives du nerf maxillaire inférieur sont au nombre de deux. Ce sont :

1° Le nerf temporal superficiel ou nerf aiiriculo-temporal ( n. auriculo-tomporalis). Il provient du nerf maxillaire inférieur par deux racines qui embrassent l'artère méningée moyenne, se dirige en bas, en arrière et en dehors vers le col du condyle du maxillaire inférieur. Arrivé au bord postérieur de ce col, il se recourbe en haut, monte en dessous de la parotide, entre l'articulation temporo-maxillaire et le conduit auditif : externe, abandonne des filets à la parotide ( rami parotidei) et va se terminer dans la

peau qui recouvre la face externe du pavillon de l'oreille et dans la peau de la région temporale, fig. 530.

Pendant ce trajet, le nerf auriculo-temporal s'anastomose : a) Avec le ganglion otique. Ce sont des filets du ganglion otique qui passent dans le nerf auriculo-temporal. On admet généralement que ces filets originaires du ganglion otique proviennent du nerf glosso-pharygien, par l'intermédiaire du nerf petit pétreux superficiel, et qu'ils quittent plus loin le nerf temporal pour se rendre dans la glande parotide.

Fig. 580.

Les branches cutanées du nerf trijumeau. Gr. — nat. 1/2.

h) Avec le nerf facial. Cette anastomose se fait au niveau du col du condyle du maxillaire inférieur.

2° "Lq nerf lingual {ti. lingualis). Le nerf lingual descend entre le muscle ptérygoïdien externe et le muscle ptérygoïdien interne, puis entre ce dernier muscle et la face interne de la branche verticale du maxillaire inférieur, étant situé, FIG. 531, au devant et un peu en dedans du nerf dentaire inférieur. Arrivé au bord inférieur du muscle ptérygoïdien interne, il se recourbe en avant et croise la face externe du muscle hyo-glosse, étant recouvert par la glande sous-maxillaire. Le nerf lingual passe alors au-dessus du muscle mylo-hyoïdien, étant en rapport immédiat avec le conduit excréteur de la glande et avec la muqueuse qui tapisse le plancher de la cavité buccale, puis il pénètre dans la substance même de la langue en

passant entre le muscle lingual et le muscle génio-glosse, fig. 533, et se résout en branches terminales qui vont porter la sensibilité générale et la sensibilité gustative à la muqueuse qui recouvre la face inférieure, les bords latéraux et les deux tiers antérieurs du dos de la langue, c'est-à-dire, depuis la pointe de la langue jusqu'au V lingual.

Durant ce trajet, le nerf lingual s'anastomose avec plusieurs nerfs voisins et fournil quelques branches collatérales et un grand nombre de branches terminales. Il s'anastomose :

a ) Avec le nerf dentaire inférieur, un peu en dessous du ganglion otique, par un

Fig 581.

La corde du tympan.

petit filet nerveux provenant du nerf dentaire et se dirigeant obliquement en bas et en dedans pour se réunir au nerf lingual.

b) Avec le nerf facial. Cette anastomose, beaucoup plus importante, se fait par l'intermédiaire de la corde du tympan que nous avons décrite avec le nerf facial, fig, 531. Cette corde du tjnnpan amène dans le nerf lingual des fibres sécrétoires â.esimées à la glande sous-maxillaire et à la glande sublinguale, qui lui viennent soit directemont du nerf facial, soit du plexus sympathique ; et des fibres gustatives dont nous avons étudié l'origine en décrivant le nerf de la septième paire et le nerf intermédiaire de Wrisberg.

c) Avec le nerf grand hypoglosse. Cette anastomose a lieu sur la face externe du muscle hyo-glosse, tout près de la terminaison des deux nerfs, fig. 583.

Branches collatcr aies. 1° En passant derrière la glande sous-maxillaire, le nerf lingual envoie quelques filets nerveux à un petit ganglion appelé ganglion sous-maxillaire.

2° A l'extrémité postérieure de la glande sublinguale, le nerf lingual fournit un rameau sublingual. Celui-ci se dirige en avant, longe la face externe de la glande sublinguale, en donnant à cette glande des fibres sécrétoires, et va se terminer dans la muqueuse des gencives et dans celle de la partie antérieure du plancher de la cavité buccale. Quelques auteurs décrivent sur le trajet de ce rameau un petit gan-

FlG. 53».

glion nerveux, appelé ganglion sublingual. Le rameau sublingual fournirait à ce ganglion des fibres sensitives ; de ce ganglion partiraient ensuite les fibres d'innervation de la glande sublinguale.

30 En dedans du muscle ptéiygoïdien interne, le nerf hngual abandonne quelques filets à la muqueuse de la partie postérieure du plancher de la cavité buccale.

Branches terminales. Par ses branches terminales, le nerf lingual donne la sensibilité gustative (fibres de la corde du tympan) et la sensibilité générale (fibres du nerf trijumeau) à la muqueuse de la face inférieure, des bords latéraux et des deux tiers antérieurs de la face dorsale de la langue.

Le ganglion otique.

Le ganglion otique {ganglion oticiim) ou ganglion d'Arnold est un petit renflement ganglionnaire d'environ 4 mm. de diamètre. Il est situé dans le voisinage immédiat du trou ovale, sur la face interne du nerf maxillaire inférieur, entre ce nerf et la partie cartilagineuse de la trompe d'EusxACHE.

Ce ganglion présente des branches afférentes et des branches effêrentes.

Branches afférentes. Les branches afférentes du ganglion otique sont au nombre de trois. On les désigne communément sous le nom de racines. On distingue une courte racine, une longue racine et un racine ganglionnaire.

La courte racine lui vient du nerf trijumeau. Elle est représentée par quelques filets nerveux qui partent de la face interne du nerf maxillaire inférieur et qui se

FlO. 583.

Schéma montrant les anastomoses qui se font entre le nerf trijumeau, le nerf facial et le nerf glosso-pharygien.

rendent dans le ganglion otique. On ignore si ces filets nerveux conduisent à ce

ganglion des fibres sensitives ou des fibres motrices.

La longue racine est constituée par le nerf petit pétreux superficiciel (n. peirosus superficialis minor). En décrivant le nerf facial, nous avons vu que ce nerf petit pétreux superficiel provient du nerf glosso-pharyngien et qu'il est relié au ganglion géniculé du facial par un rameau anastomotique.

La racine ganglionnaire est représentée par quelques minces filets nerveux qui relient le ganglion au plexus sympathique de l'artère méningée moyenne.

Branches effêrentes. Les branches qui partent du ganglion otique sont encore mal connues. On admet généralement que le ganglion otique s'anastomose avec

les branches nei\cuses du nerf maxillaire inférieur (amenées par le nerf du muscle ptérygoïdien interne) qui se rendent dans le muscle interne du marteau, ou muscle tenseur de la membrane du tympan, et dans le muscle péristaphylin externe, ou muscle tenseur du voile du palais {n. tensoris veli palatini).

On ignore si le ganglion otique appartient au système nerveux cérébrospinal ou au système nerveux sympathique. On ne connaît pas la forme de ses cellules constitutives. Peut-être devra-t-on le considérer comme un ganglion sympathique analogue au ganglion sphéno-palatin et au ganglion oplitlialmique.

Le g-anglion sous-maxillaire

C'est un renflement fusiforme d'environ 3 ou 4 mm. de diamèire dont on ignore la signification morphologique. On le considère généralement comme un ganglion sympathique. Il est relié au nerf lingual par un certain nombre de filets nerveux qui constituent ce qu'on est convenu d'appeler la racine motrice et la racine sensitive, fig, 533. Les fibres de la racine motrice lui viennent du nerf facial par la corde du tympan déjà fusionnée à ce niveau avec le nerf lingual. Cette corde du tympan lui fournit des fibres secrétoires. Les fibres de la racine sensitive lui viennent du neii trijumeau par le nerf lingual lui-même. Enfin ce ganglion sous-maxillaire reçoit encore quelques filets du plexus sympathique qui entoure l'artère faciale. Ils constituent sa racine ganglionnaire.

Du ganglion sous-maxillaire partent des filets nerveux qui pénètrent dans la substance même de la glande et d'autres qui accompagnent son conduit excréteur ou conduit de Wharton.

Littérature.

V. Lenhossek : Ueber das Ganglion spheno-palatinum und den Bau der sympatUschen Ganglien. Beitrage zur Histologie des Nervensystems und der Sinnesorgane. Wiesbaden, 1894.

TRENTE-DEUXIÈME LEÇON La structure interne du métencéphale (Suite)-

Le cervelet : Sa structure interne. — Ses connexions.

La structure interne du cervelet.

Le cervelet (cerehellum) forme la partie postérieure du métencéphale. C'est une partie volumineuse de l'axe cérébro-spinal occupant les fosses occipitales inférieures. Il est situé en arrière du pont de Varole, en arrière et au-dessus du myélencéphale, en dessous des lobes occipitaux du cerveau terminal dont il est séparé par la tente du cervelet, fig. 534.

Nos connaissances de l'organisation interne, des connexions anatomiques et des fonctions physiologiques du cervelet sont encore très incomplètes et, malgré de nombreux travaux, le cervelet est encore de nos jours, anatomiquement et phj^siologiquement, une des parties les plus énigmatiques de l'axe cérébro-spinal.

Les recherches de physiologie expérimentale, faites sur le cervelet dans le but de jeter quelque lumière sur ses fonctions, sont nombreuses et variées.

Il semble résulter de ces expériences faites par Luciani, îRussell, Ferrier, Turner, etc. (i), qu'après l'ablation de parties cérébelleuses assez grandes, les mouvements deviennent incertains ; cependant, dans ces cas, l'influence de la volonté sur chaque muscle en particulier paraît conservée intacte. D'où l'on conclut généralement que le cervelet est un organe qui sert de centre pour la coordination des mouvements. Tous nos mouvements seraient régularisés, coordonnés par le cervelet.

Cette action de coordination, que le cervelet exerce sur nos mouvements, constitue ce que Luciani appelle l'action statique-êquilihyatrice exercée par le cervelet sur le système nerveux central, action qui assure dans les éléments en action le rythme et la continuité. A la suite de lésions cérébelleuses importantes ou à la suite de l'extirpation de parties volumineuses du cervelet, cette action statique-équilibratrice fait défaut. On observe alors de la titubation ou de l'incoordination cérébelleuse, que Luciani désigne sous le nom de astacie.

Outre cette action statique-équilibratrice, l'influence du cervelet sur le système nerveux central se manifesterait encore, d'après Luciani, par une action sténique, qui augmente l'énergie potentielle dont disposent les appareils neuro-musculaires, et par une action ionique, qui accroit la tension de ces appareils pendant les pauses fonctionnelles. Chez les animaux privés de la moitié du cervelet, il y a suppression de l'onde continue de renfort (influx nerveux), qui s'irradie normalement du cervelet vers le cerveau et la moelle. Il s'ensuit que les muscles sont plus flasques du côté de la lésion ( atonie), que la contraction musculaire a diminué d'énergie (asthénie), qu'enfin les mouvements ne sont plus fusionnés.

ne sont plus coordonnés (astasie). Les lésions cérébelleuses produisent donc, d'après LuciANi, l'asténie, l'atonie et l'astasie ; à l'encontre des lésions cérébrales qui produisent la parésie et la paralysie. Thomas (ii) a confirmé les conclusions des recherches de Luciani. Pour lui, « le cervelet n'est pas le siège d'un sens particulier, mais le siège d'une réaction particulière, mise enjeu par diverses excitations ; cette réaction s'applique au maintien de l'équilibre, dans les diverses formes d'attitudes ou de mouvements, réflexes, automatiques, volontaires : c'est un centre réflexe de l'équilibration ».

u.rcfrerCLsu.p

Corru Oiy ✓

FlG. 534.

Vue d'une section médiane de l'encéphale montrant les diverses parties qui le constituent : cerveau, cervelet, protubérance annulaire, /y, et moelle allongée, m. ail.

Gr. nat. 2/3.

cl. tr. : Cloison transparente.

cire. d. ce. : Circonvolution du corps calleux.

t. chor. : Toile choroïdienne.

s. pc. : Sillon paracentral. cal, n. : Sillon calloso-marginal.

se. pari. occ. : Fissure pariéto-occipitale. se. cale. : Fissure calcarine.

ip. : Epiphyse.

str. méd. : Strie médullaire.

t. quad. : Tubercules quadrijumaui.

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