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Cajal croit que les fibres de ce faisceau descendant, appelé par lui olivospinal, s'étendent jusque dans le cordon antérieur de lamoelleépinière et qu'elles représentent les fibres cérébello-spinales dont l'existence a été admise tout d'abord par MARcm. Nous croyons avoir démontré (lo) que cette opinion n'est pas justifiée et que les fibres en question ne dépassent pas la partie supérieure du myélencéphale. Le nom de faisceau cérébello-proUibérantiel serait donc pleinement justifié.

FiG. 5G1.

Les pédoncules cérébelleux supérieurs renferment donc exclusivement des fibres ascendantes. Ces fibres proviennent des noyaux dentelés et se terminent dans le no3^au rouge et dans la couche optique du côté opposé. L'entrecroisement de ces fibres est complet, fig. 560 et 561.

Nous avons déjà vu que ces fibres olivo-rubro-thalamiques des pédoncules cérébelleux supérieurs sont contournées, de dehors en dedans et de haut en bas,

par des fibres du ruban de Reil latéral, les fibres du faisceau cérébello-bulbaire et les fibres du faisceau de Gowers qui, sur une partie de leur trajet, deviennent ainsi fibres constitutives descendantes de ces pédoncules.

Weidenreich admet encore, entre les fibres propres du pédoncule et celles du faisceau de Gowers, l'existense d'un faisceau de fibres nerveuses, à trajet descendant, provenant du nerf trijumeau et se terminant dans l'extrémité supérieure du vermis : il l'appelle racine céréhelleiise du nerf de la cinquième paire. Dans les recherches que nous avons faites sur les dégénérescences consécutives à la section du nerf trijumeau en dedans du ganglion de Gasser(42), nous n'avons jamais trouvé des fibres dégénérées dans le pédoncule en question.

Nous savons maintenant que cette racine cérébelleuse de Weidenreich n'est rien d'autre que le faisceau en crochet de Russell que nous avons décrit plus haut, mais dont aucune fibre n'entre directement dans les racines des nerfs périphériques. Nous pensons que c'est ce même faisceau que Edinger a décrit depuis longtemps, tantôt sous le nom de voie sensitive directe du cervelet., tantôt sous celui de Jaisceau nucléo-cérébelleux ou encore de faisceau céréhello-nucléaire et dont les fibres se rendraient du cervelet, en partie dans les noj^aux terminaux, en partie directement dans les faisceaux radiculaires des nerfs sensitifs crâniens.

Quand on étudie, avec la méthode de Golgi, les éléments constitutifs de la substance blanche du cervelet, on y trouve deux espèces de fibres nerveuses décrites par Cajal, Kôlliker, nous-même et Retzius.

1° Des fibres qui ont leurs cellules d'origine dans la couche corticale grise du

cervelet ; elles représentent les prolongements cylindraxiles des cellules de Purkinje.

On a cru pendant longtemps qu'un certain nombre de ces cellules nerveuses donnaient origine à des fibres se rendant dans l'un ou l'autre des trois paires de pédoncules. Nous savons maintenant que cette opinion est erronée : l'écorce cérébelleuse est sans connexion directe avec les pédoncules cérébelleux, les fibres qui en proviennent se rendent exclusivement dans les masses grises centrales : les noyaux dentelés et les noyaux du toit.

2° Des fibres qui se terminent, par des ramifications libres, dans la couche corticale grise du cervelet. Ces fibres appartiennent à deux types : les unes se terminent dans la couche granuleuse et les autres dans la couche moléculaire. Les premières, arrivées dans la couche granuleuse, se bifurquent fréquemment et présentent, soit à un point quelconque de leur trajet, soit à leur terminaison, une toufie de branches plus grêles se terminant librement dans la couche granuleuse, fig. 563. A cause de leur aspect particulier, Cajal leur a

FiG. 563.

Quelques fibres mousseusesde la substance blanche du cervelet.

donné le nom de fibres mousseuses, Dogiel (43) croit que ces fibres se mettent en connexion avec les grains de la couche granuleuse. On ne sait de quelles cellules proviennent toutes ces fibres nerveuses. Ce qui est certain, c'est qu'un grand nombre d'entre elles représentent les ramifications terminales des fibres constitutives des pédoncules cérébelleux inférieurs (Cajal).

Les fibres du second t5'pe se terminent dans la couche moléculaire. Elles viennent de la substance blanche, transversent la couche granuleuse, pénètrent dans la couche moléculaire et s'y terminent par un grand nombre de branches qui viennent se mettre en contact avec les prolongements protoplasmatiques des cellules de PuRKiNjE, FiG. 563. On ignore également où ces fibres ont leurs cellules

FiG. 563.

Les différentes fibres nerveuses qui constituent la substance blanche du cervelet.

d'origine. D'après Cajal, un certain nombre de ces fibres nerveuses proviendraient aussi des pédoncules cérébelleux inférieurs.

Pour donner une idée de la disposition relative de ces trois espèces de fibres nerveuses de la substance blanche, nous les avons réunies dans la fig. 563.

En dehors de ces fibres nerveuses, il existe encore, dans toute l'épaisseur de la

substance blanche, de nombreuses cellules de neuioglie remarquables par leurs prolongements longs et grêles.

Le cervelet apparaît donc, en nous basant sur sa structure et ses connexions, comme un organe central recueillant dans son écorce grise toutes les excitations amenées par les fibres médullaires et bulbaires renfermées dans le corps restiforme, ainsi que par les fibres ponte- et réticulo-cérébelleuses qui constituent les pédoncules cérébelleux moyens. Ces deux pédoncules et les deux corps restiformes sont les véritables voies afférentes du cervelet ou voies nerveuses cérébellipètes. De l'écorce grise partent maintenant des fibres nerveuses allant se terminer soit dans les olives cérébelleuses, soit dans les noyaux du toit. De là naissent les véritables voies efférentes du cervelet ou voies nerveuses cérêbellifuges. Toutes ces voies sont croisées. Les unes se rendent, par le faisceau cérêbello-bulbaire, jusque dans le bulbe, sans que la terminaison précise de ces fibres soit bien connue. Tout ce que l'on sait c'est qu'une partie d'entre elles se terminent probablement dans le noj^au de Deiters et le noyau de Bechterew. Or, nous savons que du noyau de Deiters part un faisceau descendant, le faisceau vestibulo-spinal, qui se laisse poursuivre dans le cordon antéro-latéral de la moelle jusque près de son extrémité inférieure. De plus, nous verrons plus tard que du noyau de Bechterew et des masses grises voisines partent des fibres nerveuses qui entrent dans la constitution du faisceau longitudinal postérieur du même côté et du côté opposé, pour y devenir fibres ascendantes remontant jusque dans le diencéphale, et fibres descendantes pénétrant jusque dans le cordon antérieur de la moelle. Par ces voies nerveuses le noyau du toit peut donc être relié aux noyaux d'origine de tous les nerfs moteurs périphériques.

D'autres fibres cérêbellifuges, beaucoup plus nombreuses, entrent dans le pédoncule cérébelleux supérieur ; après avoir passé la commissure de Wernekink, une partie de ces fibres peuvent se mettre en connexion avec les masses motrices du pont de Varole et du mésencéphale (faisceau cerébello-protubérantiel et fibres se terminant dans les noyaux des nerfs oculaires). Un grand nombre de fibres s'arrêtent dans le noyau rouge d'où descend la voie rubro-spinale se laissant poursuivre jusque dans la moelle sacrée.

Ces connexions anatomiques nous montrent donc le cervelet comme un véritable centre nerveux où se réunissent les excitations provenant de toutes les régions du névraxe : excitations de l'écorce cérébrale amenées par les fibres de la voie descendante cortico-ponto-cérébelleuse ; excitations du métencéphale (trijumeau ?), par les fibres i^éticulo-cérébelleuses renfermées dans le pédoncule cérébelleux moyen et par les fibres radiculaires ascendantes du nerf vestibulaire allant se terminer dans le noyau du toit ; excitations du myélencéphale et de toute la moelle épinière par les nombreuses fibres qui constituent le corps restiforme. A toutes ces excitations le cervelet peut répondre par des réactions centrifuges, se concentrant dans les noyaux du toit et les olives cérébelleuses, pour s'irradier de là vers toutes les masses motrices du névraxe, soit par l'intermédiaire du pédoncule cérébélleux supérieur et le faisceau rubro-spinal ; soit par l'intermédiaire du faisceau céi'ébello-bulbaire, le faisceau vestibulo-spinal, le faisceau longitudinal postérieur et peut-être les fibres réticulo-spinales.

Ces connexions anatomiques expliquent donc parfaitement la haute fonction de coordination de nos mouvements que les expériences physiologiques sont unanimes à attribuer au cervelet.

Vous vous rappelez que, d'après les recherches intéressantes et ingénieuses de BoLK, il existerait, dans le cervelet, pour cette fonction de coordination, une véritable localisation plus ou moins analogue à la localisation motrice universellement admise dans les centres moteurs de l'écorce cérébrale. Si cette opinion de Bolk se confirme, il reste aux recherches ultérieures à établir les voies nerveuses par lesquelles chacun des lobules du cervelet peut exercer son influence sur le groupe musculaire correspondant.

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