QUARANTE TROISIÈME LEÇON
La structure générale du système nerveux cérébro-spinal.
Les voies ascendantes d'origine bulbaire. Les voies ascendantes d'origine bulbo-protubérantielle : Voies vestibulaires. Voies cochléaires ou acoustiques.
Nous avons terminé les voies ascendantes d'origine médullaire. Il nous reste encore à étudier les voies nerveuses nées dans les parties supérieures du tronc cérébral ; notamment les voies ascendantes d'origine bulbaire et d'origine protubérantielle.
Voies ascendantes d'origine bulbaire.
Nous savons que dans le bulbe viennent se terminer toutes les fibres centripètes amenées par le nerf glosso-pharyngien, le nerf pneumo-gastrique, le nerf de Wrisberg ou racine centripète du nerf facial, de même qu'une partie au moins des fibres de la racine descendante du nerf vestibulaire et du nerf trijumeau. Les connexions centrales de ces deux derniers nei^fs, ainsi que celles de la branche cochléaire du nerf de la huitième paire, peuvent être considérées comme constituant des voies d'origine bulbo-protubérantielle. Il nous reste donc à rechercher, dans le bulbe proprement dit, les voies centrales en connexion avec la partie sensitive des trois nerfs : pneumo-gastrique, glosso-pharyngien et facial.
iPartIe pêripliêrique.
Le nerf pneumo-gastrique présente, sur le trajet de ses filets radiculaires centripètes, deux ganglions nerveux, le ganglion péireux et le ganglion plexifortne, qui sont les homologues d'un ganglion spinal. Ils sont formés, comme ce dernier, de cellules nerveuses unipolaires dont le prolongement unique, à une distance variable de la cellule d'origine, se divise en un prolongement externe et un prolongement interne, fig. 7.30. Le prolongement externe, devenu le cylindre-axe d'une fibre périphérique va se terminer dans la muqueuse du pharynx, de l'œsophage, de l'estomac, du larynx, de la trachée-artère, des bronches et de leurs ramifications. Le prolongement interne, devenu cylindre-axe d'une fibre radiculaire, pénètre dans
le tronc cérébral, puis se recourbe en bas pour entrer dans la constitution de la racine descendante du pneumo-gastrique. Cette racine traverse de haut en bas la moelle allongée, en diminuant lentement de volume. On admet que ses fibres constituantes se terminent dans une longue et mince colonne grise, longeant la face interne de la racine, et qui représente le noyau terminal de toutes les fibres centripètes renfermées dans le nerf de la dixième paire.
Le nerf glo-so pharyngien possède également deux petits ganglions (jugulaire etj>étreux) situés sur le trajet de ses filets radiculaires. Ils sont constitués de cellules unipolaires. Le prolongement externe, né de la bifurcation du prolongement
FiG. 730.
Deux cellules du ganglion plexiforme d'un chat nouveau-né.
/r. : Prolongement protoplasmatique.
/r. c. : Prolongement cylindraiile.
FiG. 731.
Schéma montrant les noyaux d'origine et les noyaux de terminaison des nerfs crâniens.
unique, devient le cylindre-axe d'une fibre périphérique. Toutes ces fibres vont se terminer dans la muqueuse qui recouvre le tiers postérieur du dos de la langue et la partie voisine des piliers du voile du palais.
Les prolongements internes pénètrent dans le tronc cérébral et s'y recourbent en bas, en formant la racine descendante du nerf glosso-pharyngien, dont les fibres constituantes se terminent dans une masse grise voisine : le noyau terminal de toutes les fibres centripètes du nerf de la neuvième paire.
Le nerf de Wrisberg présente, sur son trajet dans le canal de Fallope, un petit ganglion nerveux, le ganglion géniculé, formé de cellules unipolaires. Les pro-
longements externes vont devenir les fibres constituantes soit de la chorde du tympan, soit du nerf grand pétreux superficiel, pour se terminer dans la muqueuse qui recouvre les deux tiers antérieurs du dos de la langue (chorde du tympan) et celle qui recouvre la face antérieure du voile du palais et de ses piliers antérieurs. Les prolongements internes pénètrent dans le tronc cérébral où ils se recourbent en bas, pour former la racine descendante, dont les fibres constituantes se terminent dans la masse grise voisine, ou noyau terminal pour les fibres centripètes du nerf de la septième paire.
Toutes ces fibres descendantes des trois nerfs VII, IX et X forment, par leur ensemble, le faisceau solitaire du bulbe. Celui-ci est accompagné sur sa face interne par une colonne grise connue sous le nom de noyau du faisceau solitaire, fig. 731.