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C : Tutercule latéral

B : Pédoncule cérébelleux inférieur.

: Racine spinale du nerf trijumeau.

FiG. y 5 y.

Toutes ces fibres réunies, fibres du corps trapézoïde proprement dit aussi bien que fibres du faisceau de Held, forment la voie acoustique ventrale reliant, d'une façon croisée, le noyau ventral de l'acoustique à la base du tubercule quadrijumeau inférieur.

Pendant ce trajet bulbo-mésencéphalique, les fibres acoustiques passent dans le voisinage immédiat d'un grand nombres de masses grises protubérantielles :

FiG. 764.

d'abord l'olive supérieure située en dedans de la branche radiculaire externe du facial, puis une masse grise moins volumineuse située dans le voisinage du raphé et appelée noyau du corps trapézoïde. Les fibres acoustiques entrent en connexion avec ces masses grises. Il résulte, en effet, des recherches de Kolliker, Held et Cajal que les fibres transversales du corps trapézoïde envoient de nombreuses ramifications collatérales et terminales dans toute l'épaisseur de l'olive supérieure. D'après les recherches de Cajal (i5), les cellules de l'olive enverraient leurs axones dans la

substance blanche rétro-olivaire où ils donneraient naissance à une voie acoustique de troisième ordre de nature réflexe.

Le corps trapézoïde, en passant dans le voisinage du noyau du corps trapézoïde, abandonne à cette masse grise un certain nombre de ses fibres. Les unes grêles s'y terminent par des ramifications libres, les autres beaucoup plus volumineuses, présentent une disposition terminale caractéristique en forme de nid ou de corbeille que l'on désigne sous le nom de nids de Held, fig. 765. D'après Cajal ces grosses fibres du corps trapézoïde n'auraient pas leurs cellules d'origine dans les noyau ventral, mais représenteraient de véritables fibres radiculaires dont l'existence, dans le corps trapézoïde, a été établie par les recherches expérimentales de Thomas et de MiCHOTTE. Les cellules du corps trapézoïde envoient généralement leur

Fig. 765. Fig. 766.

Ramifications cylindraxiles terminales dans le noyau du corps trapézoïde (chat âgé de huit jours), cylindre-axe en dedans. On admet qu'il va devenir une fibre constituante du corps trapézoïde, fibre de second ordre comme toutes celles nées dans le noyau ventral et réprésentant la continuation, vers les masses grises supérieures, des quelques fibres radiculaires qui trouvent leur terminaison dans le noyau du coips trapézoïde.

Cette voie acoustique ventrale existe aussi dans le tronc cérébral de l'homme, mais à cause du développement considérable des fibres ponto-cérébelleuses du pont de Varole, le corps trapézoïde n'apparait pas librement sur la face externe du tronc cérébral. Il est recouvert par la partie inférieure de la protubérance annulaire, fig. 766. Dans son trajet transversal, depuis le noyau ventral jusqu'au raphé, ces fibres acoustiques passent successivement au devant de la racine descendante du trijumeau et de l'olive supérieure. Elles sont séparées les unes des autres, au dehors par les fibres du faisceau de Gowers et probablement aussi par les fibres du faisceau rubro-spinal mélangées avec des fibres réticulo-spinales, en dedans, dans le voisinage du raphé par les fibres de la voie médullo-thalamique.

Voie acoustique dorsale. Les fibres de cette voie ont toutes leur origine dans

FiG- 77».

le tubercule latéral, masse grise située sur la face postéro-externe du pédoncule cérébelleux inférieur, fig. 755 et y5«. Au sortir de ce noyau les fibres acoustiques s'inclinent en avant et en dedans en passant au-dessus de la branche radiculaire externe du facial, fig. y«7, 768. En dedans de cette branche elles s'écartent les unes des autres et deviennent transversales, à une certaine distance en arrière des fibres du faisceau de Held. Elles gagnent ainsi le raphé, où elles s'entrecroisent avec les fibres du côté opposé en s'inclinant légèrement en avant, puis reprennent leur direction transversale et peuvent être poursuivies jusque en arrière de l'olive supérieure où elles deviennent ascendantes, réunies en un seul faisceau avec les fibres du faisceau de Held, fig. 768, 769. Ce faisceau ascendant traverse de bas en haut la partie antéro-latérale de la formation réticulaire du métencéphale, en s'inclinant légèrement en dehors. Il passe ainsi au-devant du noyau masticateur du trijumeau, FIG. 769. A la partie supérieure du pont de Varole, au-dessus du noyau moteur du trijumeau, ces fibres s'inclinent en arrière et en dehors pour entrer dans la constitution du lemniscus latéral dont elles forment la couche profonde, séparées de la couche superficielle formée par les fibres du corps trapézoïde par une mince lame de substance grise, 770. Elles contournent ensuite lentement de bas en haut et d'avant en arrière la face externe du pédoncule cérébelleux supérieur, fig. 771, et peuvent être poursuivies jusqu'à la base du noyau du tubercule quadrijumeau inférieur, fig. 773.

Cette voie acoustique dorsale existe également dans le tronc cérébral de l'homme. Mais ici, les fibres qui la constituent, au sortir du tubercule latéral, se réunissent en faisceaux compacts qui croisent transversalement la face libre du plancher du quatrième ventricule sous le nom de stries médullaires ou de stries

Fig. 773-

acoustiques, fig. 773 S.M. Arrivées au niveau du raphé ces fibres s'inclinent en avant, s'entrecroisent avec celles du côté opposé, pour pénétrer dans la formation réticulaire et se rendre, pense-t-on, jusque en arrière de l'olive supérieure du côté opposé où elles deviennent ascendantes.

Toutes ces fibres de la voie acoustique dorsale relient donc, d'une façon croisée, le tubercule latéral d'un côté à la base du tubercule quadrijumeau du côté opposé.

Les fibres acoustiques ventrales et dorsales, d'après les résultats fournis par la méthode des dégénérescences secondaires, paraissent se terminer dans le tubercule

quadrijumeau inférieur.

La masse grise centrale de ce tubercule n'est cependant pas le noyau de terminaison de ces fibres acoustiques centrales. Ce qui le prouve, c'est que la destruction de cette masse grise n'est pas suivie de la dégénérescence ascendante d'un neurone de troisième ordre, ou neurone cortical, devant conduire, jusque dans l'écorce grise du télencéphale, les impressions auditives recueillies dans l'organe de CoRTi (14). Ce qui le prouve encore, c'est que, en utilisant la méthode de Golgi, Cajal a pu poursuivre directement ces fibres jusque dans le corps genouillé interne du diencéphale, fig. 774.

Les fibres acoustiques qui partent du tubercule latéral, du noyau accessoire et du noyau du corps trapézoïde d'un côté du tronc cérébral, passent donc toutes la ligne médiane pour se terminer, par des ramifications collatérales, dans le tubercule quadrijumeau inférieur, et par des ramifications terminales dans le corps genouillé interne. Elles constituent une voie acoustique ponto-métathalamique Cette voie est croisée, fig. 775.

Fig. 775.

Schéma montrant la constitution de la voie acoustique bulbo-métathalamique, voie croisée reliant le noyau ventral, N. V., et le tubercule latéral,T.L.,d'un côté du bulbe, au tubercule quadrijumeau inférieur et au corps genouillé interne du côté opposé.

A ce chaînon ponto-métathalamique doit faire suite maintenant un chaînon métathalamocortical, allant se terminer dans la sphère auditive du télencéphale, puisque les impressions auditives, recueillies par les fibres du nerf cochléaire, arrivent jusque dans le domaine de la conscience.

Cette voie acoustique corticale n'a pas encore été mise en évidence par la

méthode des dégénérescences secondaires. Son existence a cependant été prouvée d'une façon indiscutable par v. Monakow (i6). Ce savant a détruit sur des chats, des chiens et des lapins nouveau-nés la partie de l'écorce cérébrale correspondant à la sphère auditive. Après une survie de plusieurs mois, il a trouvé une atrophie complète du corps genouillé interne du côté corpespondant, et d'un faisceau de fibres nerveuses passant en partie par la capsule interne, en partie par l'anse du noyau lenticulaire et se laissant poursuivre jusque dans le corps genouillé.

Ces trois groupes de neurones superposés :

1) neurones périphériques constituant le nerf cochléaire, neurones directs reliant l'organe de Corti aux masses grises protubérantielles,

2) neurones ponto-métathalamiqucs, ou neurones croisés reliant les masses grises protubérantielles d'un côté au corps genouillé interne du côté opposé et

3) neurones métathalamo-corticaux, ou neurones directs reliant le corps genouillé interne à l'écorce cérébrale

constituent, par leur ensemble, la voie acoustique amenant, jusque dans l'écorce cérébrale, les ébranlements que l'endolymphe du limaçon membraneux transmet aux ramifications nerveuses renfermées dans l'organe de Corti.

Littérature.

(i) Van Gehuchen : La voie centrale des noyaux des cordons postérieurs. Le Névraxe, Vol. IV, 1902. — Le corps restiforme et les connexions bulbo-cérébelleuses. Le Névraxe, Vol. VI, 1904. — (2) Van Gehuchten : Connexions du noyau de Deiters et des masses grises voisines. Le Névraxe, Vol. VI, 1904, La déi^énérescence dite rétrograde. Le Névraxe, Vol. V, igo3. — (2') Van Gehuchten : Nouveau procédé de section intracranienne du nerf trijumeau. Le Névraxe. Vol. II, 1900. — (3) Ferrier et Turner : A record of experiments illustrative of the symptomatology and degeneration following lésions of the cerehellum. Philos. Transactions, Vol. i85, 1894. — (4) RussELL : Degenerations conséquent on expérimental lésions of the cerehellum. Procedings of the Roj-al Soc, Vol. 106, 1895. — The origin and destination of certain afférent and efferent tracts in the medulla oblongata. Brain, 1897. — (5) Klimoff : Ueber die Leitungsbahnen des Kleinhirns. Archiv fiir Anat. and Phys., Anat. Abth., 1899. — (6) Kohnstamm : Ueber UrspruHgskerne spinaler Bahnen im Hirnstamm. Archiv fiir Psychiatrie, Bd. 32, 1899. — (yj Probst : Ueber vom Vierhiigel, von der Briicke und vom Kleinhirn absteigende Bahnen. Deutsche Zeitschr. fiir Nervenheilkunde, Bd. i5, 1899. — Experimen telle Untersuchungen ûber die Schleifenendigung. Archiv fiir Psychiatrie, Bd. 33. 1900. — Zur Anatomie und Physiologie des Kleinhirns. Archiv fur Psychiatrie. Bd. 35, 1902. — (8) Fraser : An expérimental research into the relations of the posterior longitudinal bundle and Deiters' nucleus- Journ. of Physiology, Vol. 27, 1901. — (9) Thomas : Le cervelet, Paris, 1897. — Etude sur quelques faisceaux descendants de la moelle. Journ. de phys. et de pathologie générale, 1899. — (10) Miinzer et Wiener : Beitràge zur Anatomie des Centralnervensystems. Prager medic. Wochenschrift, 1895. — (11) Van Gehuchten : Les pédoncules cérébelleux supérieurs. Le Névraxe, Vol. VII, 1905. — (12) Van Gchuchten : Les connexions centrales du nerj de la huitième paire. Presse oto-laryngologique belge, 1904. — {i3) Thomas : Les terminaisons centrales de la racine labyrinthique. Mém. Soc. Biologie, 1898. — (14) Van Gehuchten : Recherches sur la voie acoustique centrale. Le Névraxe, Vol. IV, 1902. — (i5) Cajal : Sistema nervioso del hombre, Vol, 2, 1904. — (16) v. Monakow : Experimentelle und pathologisch-anatomische Untersuchungen iiber die Haubenregion, Archiv fiir Psych. Bd 27, 1895.

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