Partie centrale
Les voies centrales, en connexion avec les fibres centripètes du nerf de la cinquième paire, doivent avoir leurs cellules d'origine dans la masse grise qui accompagne de haut en bas la racine descendante ponto-bulbo-spinale.
L'étude de ces connexions centrales est de date toute récente. Elle a été inaugurée par les recherches expérimentales de Wallenberg (2), de Van Gehuchten (3) et de Lewandowsky (4), en même temps que par les observations anatomo-pathologiques de Hôsel (5) et Wallenberg (6).
Il est difficile de détruire, plus ou moins isolément, le noyau terminal du triju-
FlG. 788. FiG. 789.
meau dans la protubérance annulaire et dans la partie supérieure de la moelle allongée. Ce noyau est, au contraire, plus facilement accessible dans la moitié inférieure du bulbe et la partie supérieure de la moelle cervicale. Il résulte de nos recherches expérimentales que, après destruction de cette masse grise dans la partie inférieure du myélencéphale, on voit partir de la partie lésée deux faisceaux de fibres en dégénérescence : un faisceau ventral et un faisceau dorsal, fig. 783. Les fibres du faisceau ventral se rendent dans la couche interolivaire du côté opposé. Elles appartiennent à la voie médullo-thalamique. Leur dégénérescence est du'î à une lésion concomitante des noyaux des cordons postérieurs.
Le second faisceau est formé de fibres nerveuses qui, partant de la région détruite, s'inclinent en avant et en dedans dans la partie dorsale de la formation réticulaire. Arrivées au-devant du noyau de l'hypoglosse, ces fibres deviennent transversales et se poursuivent jusqu'au raphé. Elles passent ce dernier, en s'incli-
nant quelque peu en avant, pour redevenir transversales et se recourber ensuite en haut, au-devant du noyau de l'hypoglosse et en dedans des fibres radiculaires de ce nerf. A partir de ce point, les fibres ascendantes de la voie centrale du trijumeau traversent, de bas en haut, la partie supérieure du myélencéphale, fig. 783, 784, 785, puis toute la hauteur du pont de Varole en s'inclinant lentement en dehors, FiG. 780. Pendant ce trajet ce faisceau reste toujours dans la partie dorsale de la formation réticulaire, il passe en dedans de la branche radiculaire externe du facial, FIG. 785, puis immédiatement en dedans du noyau masticateur du trijumeau, fig. 78G.
Dans la partie supérieure du pont de Varole, la voie centrale du trijumeau continue à s'écarter du raphé en même temps qu'elle se rapproche de la substance grise
Fig. 790.
Dégénérescence des fibres de la voie centrale du trijumeau.
qui entoure l'aqueduc de Sylvius, fig. 787. Elle longe pendant quelque temps la face interne du pédoncule cérébelleux supérieur, puis se trouve traversée par les fibres de ce pédoncule qui s'inclinent en dedans pour entrer dans la constitution de la commissure de Wernekink. Le faisceau nerveux traverse ensuite le mésencéphale, étanl situé en dehors du noyau d'origine des nerfs IV et III, fig. 78S, pour pané-
trer dans la lame médullaire interne de la couche optique et se terminer dans cette masse grise, fig. 789.
Le trajet spécial que ces fibres de la voie centrale du trijumeau décrivent dans le tronc cérébral ressort, avec la plus grande netteté, de l'étude d'une série de coupes sagittales (7), fig. 790.
Il résulte des recherches de Cajal, faites avec la méthode de Golgi, que ces fibres du trijumeau se terminent, par des ramifications libres, dans deux petites masses grises placées en avant et en arrière du noyau terminal des fibres de la voie méduUo-thalamique, noyaux gris que Cajal désigne sous les noms de noyau semilunaire antérieur et noyau semi-lunaire postérieur du noyau sensitif de la couche optique, fig. 7i>l.
La partie bulbaire du noyau terminal du trijumeau d'un côté est donc reliée à
Fig. 791.
Terminaison des fibres centrales du trijumeau. H, dans les noyaux accessoires, B et C, de la coache optique (d'après Cajal).
G : Voie méduUo-thalamique.
F : Corps mamillaire.
T: Ecorce cérébrale motrice.