‹ Anatomie du systeme nerveux de l'hommeChapitre 168 sur 176 · en · texte numérisé non relu

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Les nerfs périphériques. Les nerfs périphériques du système nerveux sympathique sont formés de fibres nerveuses à myéline et de fibres sans myéline ou fibres de Remak. Ces dernières forment cependant l'élément constitutif principal des nerfs sympathiques. Ces nerfs se rendent dans les parois des viscères ou dans les parois des vaisseaux, ou dans la profondeur des glandes annexes du système intestinal et du système uro-génital.

Les nerfs sympathiques périphériques renferment trois groupes de fibres nerveuses :

a) Des fibres motrices destinées à innerver les muscles lisses des vaisseaux (nerfs vaso-moteurs) et des viscères. Ces fibres motrices innervent aussi un certain nombre de muscles striés : tels les muscles du cœur, du pharynx et de la partie supérieure de l'œsophage.

b) Des fibres secrétaires destinées aux glandes annexes du système intestinal et du système uro-génital.

c) Des fibres sensitives. Celles-ci se terminent par des ramifications libres, soit entre les cellules épithéliales des muqueuses, soit dans la profondeur des parois vasculaires et viscérales, soit entre les éléments constitutifs des glandes. Quelques unes de ces fibres se terminent entre les deux feuillets du mésentère et y produisent les corpuscules de Pacini.

Les nerfs périphériques du système nerveux sympathique présentent un mode de distribution caractéristique qui les distingue des nerfs cérébro-spinaux. Ils ont une grande tendance à se réunir, à s'entrelacer les uns dans les autres et à former des plexus. Aux nœuds de ces plexus, on rencontre fréquemment des amas plus ou moins volumineux de cellules nerveuses qui constituent les ganglions périphériques. Ces cellules nerveuses appartiennent au type multipolaire ; elles possèdent plusieurs prolongements protoplasmatiques et un seul prolongement cylindraxile, ainsi que nous avons pu nous en convaincre sur les ganglions semi-lunaires de chats et de chiens adultes.

Nos connaissances concernant l'organisation interne du système nerveux sympathique sont encore très incomplètes. On suppose que les nerfs périphériques sont formés à la fois de fibres à conduction centrifuge — fibres représentant les prolongement cylindraxiles des cellules nerveuses des ganglions de la chaîne sympathique ou provenant directement du système nerveux cérébro-spinal par les rameaux communicants — et de fibres à conduction centripète, réprésentant les prolongements cylindraxiles des cellules nerveuses des ganglions périphériques (Dogiel), ou bien représentant les prolongements périphériques des cellules des ganglions cérébrospinaux (Kôlliker).

Les fibres à condition centrifuge se terminent, par des ramifications libres, dans les organes périphériques.

Les fibres à condition centripète se terminent probablement dans les ganglions de la chaîne sympathique.

Les rameaux communicants. Les rameaux communicants sont des faisceaux de fibres nerveuses reliant les nerfs spinaux aux ganglions de la chaîne sympathique.

On admet généralement que ces rameaux communicants renferment des fibres cérébro-spinales et des fibres sympathiques.

Les fibres d'origine cérébro-spinale, amenées par les rameaux communicants dans les ganglions de la chaîne sympathique, sont des fibres motrices destinées à maintenir les cellules nerveuses sympathiques sous la dépendance du système nerveux cérébro-spinal. Ces fibres se terminent en partie dans les ganglions de la chaîne sympathique,- en partie passent directement dans les nerfs périphériques,

Les fibres d'origine périphérique, qui pénètrent dans les rameaux communicants, peuvent s'y comporter de deux façons. Les unes, arrivées au ganglion spinal, se recourbent en dehors et deviennent fibres constitutives du nerf spinal périphérique. Les autres continuent leur trajet vers la moelle pour transmettre à cette partie inférieure de l'axe cérébro-spinal les impressions recueillies dans les organes périphériques. Ces fibres ayant la conduction centripète doivent être considérées comme des fibres s'jisitives. On ne connaît rien de certain sur leur trajet ultérieur. Une chose semble établie, c'est que ces fibres ne pénètrent pas dans la moelle épinière. Nous avons vu, en eftet, que toutes les fibres des racines antérieures de la moelle sont des fibres motrices ayant leurs cellules d'origine dans la corne antérieure de la substance grise, et que les fibres des racines postérieures représentent les prolongements cylindraxiles des cellules des ganglions spinaux.

D'après des recherches de Cajal, les fibres sympathiques du cordon intermédiaire pénétreraient dans le ganglion spinal pour s'y terminer, par des ramifications libres, autour du corps des cellules nerveuses. Les impressions sensitives recueillies par les fibres du système svmpathique seraient donc transmises aux cellules des ganglions spinaux, c'est-à-dire aux éléments sensitifs du système cérébro-spinal.

Le système nerveux sypathique forme un tout continu s'étendant depuis la face inférieure de l'atlas jusqu'au ganglion coccygien situé au-devant du coccyx, FIG. 846. Pour la facilité de la description des différents ganglions qui le constituent et des nerfs périphériques qui en dépendent, on le divise généralement en quatre parties distinctes :

1° la partie cervicale, 2° la partie dorsale, 3° la partie lombaire et 40 la ■partie sacrée.

Pour chacune de ces parties de la chaîne ganglionnaire, nous décrirons le nombre et la position des ganglions qui la constituent, ainsi que les branches qui partent de ces ganglions et que l'on peut ranger en trois groupes :

1° des branches anastomotiques ;

2° des branches vasculaires ;

3° des branches viscérales.

Le sympathique cervical.

Dans la région cervicale, la chaîne sympathique est située au devant des apo-

physes transverses des vertèbres cervicales ; elle en est séparée par le muscle long du cou et par le muscle grand droit antérieur de la tête recouverts par l'aponévrose prévertébrale. On la trouve en arrière de la veine jugulaire interne, en arrière et un peu en dehors du nerf pneumo-gastrique, de l'artère carotide interne en haut et de l'artère carotide primitive en bas.

La partie cervicale du grand sympathique ne comprend plus que deux ou trois ganglions reliés entre eux par des cordons intermédiaires. On désigne ces ganglions sous le nom de ganglion cervical supérieur, ganglion cervical moyen et ganglion cervical inférieur.

Ganglion cervical supérieur. Le ganglion cervical supérieur est le plus volumineux de tous les ganglions de la chaîne sympathique. C'est un ganglion fusiforme, mesurant de deux à quatre ou cinq centimètres de longueur ; il est situé au-devant des apophyses transverses des vertèbres cervicales supérieures, depuis le corps de la deuxième jusqu'à celui de la quatrième et quelquefois de la cinquième vertèbre cervicale. Il est séparé des apophyses transverses de ces vertèbres par le muscle grand droit antérieur de la tête et par l'aponévrose prévertébrale. Il se trouve placé directement en arrière de la carotide interne et est croisé, en dehors, par les nerfs glosso-pharyngien, pneumo-gastrique et hypoglosse.

Branches anastomotiques. Le ganglion cervical supérieur du sympathique s'anastomose :

1° Avec les branches antérieures des quatre premiers nerfs cervicaux. Ce sont les rameaux communicants qui relient ce ganglion au système nerveux cérébro-spinal.

2° Avec les nerfs crâniens voisins. Le ganglion supérieur envoie des branches anastomotiques aux nerfs glosso-pharyngien, pneumo-gastrique et grand hypoglosse.

3° Avec le ganglion cervical moyen. De l'extrémité inférieure du ganglion part un faisceau de fibres nerveuses qui se dirige verticalement en bas pour s'unir à l'extrémité supérieure du ganglion cervical moyen. C'est le cordon intermédiaire étendu entre les deux premiers ganglions de la chaîne sympathique.

4° Avec les nerfs crâniens supérieurs. De l'extrémité supérieure du ganglion part un filet nerveux assez grêle connu sous le nom de nerf carotidien. Il accompagne l'artère carotide interne jusque dans le canal carotidien de l'os temporal, où il se divise en deux rameaux : un rameau interne et un rameau externe ; ces rameaux s'anastomosent fréquemment entre eux pour constituer autour de l'artère carotide le plexus carotidien interne. Ce plexus accompagne l'artère dans le sinus caverneux, où il prend le nom de plexus caverneux.

Du plexus carotidien partent des fines branches collatérales qui vont s'anastomoser :

a) avec un des filets du rameau de Jacobson sur la paroi interne de l'oreille moyenne ;

b) avec le nerf grand pétreux superf ciel pour constituer \enerfvidien et se rendre au ganglion sphéno-palatin, dont ces filets sympathiques constituent la racine ganglionnaire.

Du plexus caverneux partent aussi de nombreux filets très grêles qui vont se rendre :

a) dans le nerf oculo-moteur externe, le nerf pathétique, le nerf oculo-moteur commun et le nerf ophthalmique de Willis, pendant le passage de ces nerfs dans la.: paroi externe du sinus caverneux ;

b) dans le ganglion ciliaire ou ganglion opthalmique situé au fond de la cavité orbitaire. Ce filet passe par la fente sphénoïdale et constitue la racine ganglionnaire de ce ganglion ;

c) dans l'hypophyse.

De ce plexus caverneux se détachent encore des filets vasculaires qui vont former des plexus dans la paroi de toutes les artèi^es qui naissent de l'artère carotide interne : le plexus de l'artère opktkalmique, le plexus de l'artère cérébrale antérieure, de l'artère cérébrale moyenne et de l'artère communicante postérieure, ainsi que de toutes les branches collatérales qui naissent de ces troncs artériels.

Branches vasculaires. Outre les branches fournies à l'artère carotide interne et à toutes les artères collatérales et terminales de ce tronc artériel, le ganglion cervical supérieur du sympathique fournit encore des rameaux qui vont constituer le plexus carotidien externe. Ces rameaux se rendant directement à la partie voisine de la carotide interne, descendent le long de cette artère jusqu'au point de bifurcation de la carotide primitive. Là, ils s'unissent avec des rameaux venus du nerf pneumogastrique et du nerf glosso-pharyngien pour former le plexus inter carotidien. On trouve souvent dans le plexus un petit ganglion nerveux, le ganglion intercarotidien ou ganglion d'Arnold.

Du plexus intercarotidien partent de nombreux filets qui vont entourer l'artère carotide externe, plexus carotidien externe, passant successivement sur toutes les branches fournies par la carotide externe et constituant le plexus thyroïdien inférieur, le plexus lingual, le plexus facial, le plexus occipital, le plexus pharyngien inférieur, le plexus . auriculaire, le plexus temporal superficiel et le plexus maxillaire interne.

Dans la paroi de toutes ces artères, ces plexus abandonnent de petites ramilles destinées à innerver les muscles de la couche musculaire (nerfs vaso-moteurs).

Branches viscérales. Du ganglion cervical supérieur partent encore :

1° Des rameaux pharyngiens, Ceax-ci partent du ganglion et se dirigent obliquement en bas et en dedans pour gagner la paroi latérale du pharynx. Là, ils se réunissent avec des branches venues du nerf glosso-pharyngien et du nerf pneumogastrique pour constituer le plexus pharyngien d'où naissent alors les fibres destinées à la muqueuse, aux muscles et aux vaisseaux.

2° Des rameaux laryngiens. Ceux-ci s'anastomosent avec des filets du nerf laryngé inférieur pour constituer le plexus laryngé.

3" Le nerf cardiaque supérieur. Né par deux ou trois filets en partie du ganglion supérieur et en partie du cordon intermédiaire, le nerf cardiaque supérieur se dirige en bas et en dedans, il passe derrière l'artère thyroïdienne supérieure, pénètre dans la cage thoracique et va prendre part à la constitution du plexus cardiaque.

Ganglion cervical moyen, fig. 846. Le ganglion cervical moyen est beaucoup plus petit que le ganglion cervical supérieur. Il est situé au niveau de l'apophyse trans-

Van Geuuciiten. Système Nerveux, 4" éd. ^2

verse de la sixième vertèbre cervicale, en dedans ou au devant de l'artère thyroïdienne inférieure, un peu au-dessus de l'artère sous-clavière. Ce ganglion n'est pas constant.

Branches anastomotiques. Il s'anastomose :

1° avec les branches antérieures du cinquième et du sixième nerf cervical, au moyen de deux rameaux communicants ;

2° avec le ganglion cervical supérieur par un cordon intermédiaire long et grêle ;

30 avec le ganglion cervical inférieur, au moyen de deux cordons, dont l'un passe devant et l'autre derrière l'artère sous-clavière ; ces deux cordons constituent ainsi une anse nerveuse appelée anse nerveuse de Vieussens.

Branches vasculaires. Il fournit des branches vasculaires à l'artère thyroïdienne inférieure constituant le plexus thyroïdien inférieur et s'étendant jusque dans le corps thyroïde.

Branches viscérales. Le nerf cardiaque moyen. Il naît du ganglion cervical moyen par deux ou plusieurs filets grêles, descend derrière la carotide interne, passe devant ou derrière l'artère sous-clavière et se rend dans le plexus cardiaque.

Ganglion cervical inférieur. Ce ganglion est situé au niveau de l'espace qui sépare l'apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale et le col de la première côte, en arrière de l'artère sous-clavière. Il a une forme irrégulière.

Branches anastotnotiques. Il s'anastomose :

i" Avec la branche antérieure du septiètne et du huitième nerf cervical au moyen de deux rameaux communicants ;

2° Avec le ganglion cervical moyen par deux cordons intermédiaires qui forment Vanse de Vieussens.

3° Avec le premier ganglion dorsal par un cordon intermédiaire très court.

Branches vasculaires. Ces branches se jettent en partie sur l'artère sous-clavière pour constituer un plexus nerveux qui va se distribuer dans la paroi musculaire de toutes les artères qui dépendent de l'artère sous-clavière ; elles se rendent en partie aussi à l'artère vertébrale constituant le plexus vertébral et accompagnent toutes les ramifications de ce tronc artériel.

Branches viscérales. Le ganglion cervical inférieur fournit le nerf cardiaque inférieur. Ce nerf passe derrière le tronc artériel brachio-céphalique à droite, derrière la crosse de l'aorte à gauche et s'épuise dans le plexus cardiaque.

Le plexus cardiaque. Le plexus cardiaque est constitué par les trois nerfs cardiaques venant de chaque côté de la chaîne ganglionnaire du sympathique cervical et par de nombreux filets nerveux appartenant aux deux nerfs pneumo-gastriques.

Les nerfs cardiaques gauches passent au-devant de la crosse de l'aorte, tandis que les nerfs cardiaques droits passent derrière cette crosse.

Ce plexus est situé en partie sur la face antérieure et en partie sur la face postérieure de la crosse aortique.

Il présente, sur la face concave de la crosse, un ganglion nerveux assez volumineux appelé ganglion de W risberg.

De ce plexus cardiaque partent deux groupes de branches : des branches anastomotiques et des branches vasculaires.

Branches anastomotiques. Le plexus cardiaque s'anastomose avec les plexus bronchique et pulmonaire droits et avec les plexus bronchique et pulmonaires gauches.

Branches vasculaires. Il donne des branches :

a) A l'artère pulmonaire constituant le plexus de l'artère pulmonaire.

b) Aux troncs artériels qui partent de la crosse de l'aorte.

c) Aux artères'coronaires : ces filets nerveux constituent le plexus coronaire droit et le plexus coronaire gauche. Ces deux plexus accompagnent les ramifications des deux artères coronaires sur la face antérieure et sur la face postérieure du cœur. Ils abandonnent un grand nombre de filets nerveux qui pénétrent directement dans la substance propre du cœur et qui vont se terminer, par des ramifications indépendantes, sur les fibres musculaires.

Ces plexus coronaires sont riches en ganglions périphériques. On décrit ces ganglions comme situés de préférence sur la face externe du cœur immédiatement en dessous du péricarde. Ils sont le plus nombreux dans le sillon horizontal qui sépare les oreillettes des ventricules amsi qu'au niveau de l'embouchure des veines caves supérieure et inférieure dans l'oreillette droite. On admet aussi qu'il existe de petits ganglions microscopiques entre les fibres musculaires mêmes des parois. Dans les recherches que nous avons faites avec la méthode de Golgi sur les nerfs du cœur de la souris blanche nouveau-née, nous avons observé un entrelacement très abondant de fibres nerveuses entre les cellules musculaires de la paroi ventriculairc, mais nous n'avons pas eu la bonne fortune d'obtenir réduites les cellules des ganglions périphériques. Cette même richesse de fibres nerveuses, dans toute l'étendue du myocarde, a été observée par Jacques (5) et par Heymans et Demoor (6).

Le sympathique tboraclque.

La portion thoracique du système nerveux sympathique est formée de onze ou de douze ganglions, appelés ganglions thoraciques, reliés les uns aux autres par des cordons intermédiaires, fig. 847.

Ces ganglions thoraciques sont situés, de chaque côté de la colonne vertébrale, au devant des apophyses transverses des vertèbres dorsales, entre les têtes des côtes ; ils sont recouverts immédiatement par la plèvre costale.

De cette chaîne sympathique partent trois groupes de branches nerveuses : des branches anastomotiques, des branches vasculaires et des branches viscérales.

Branches anastomotiques. Chaque ganglion thoracique est relié à la branche antérieure du nerf spinal voisin par un, quelquefois par deux rameaux communicants.

Chaque ganglion est relié encore aux deux ganglions sympathiques voisins par des cordons intermédiaires.

Branches vasculaires. Les branches vasculaires partent de la chaîne thoracique ; les unes se dirigent en dehors et accompagnent les artères intercostales — elles constituent des plexus dans les parois de ces artères ; — les autres se dirigent en

dedans accompagnant l'artère intercostale jusqu'au tronc aortique et vont prendre part à la constitution du plexus aortique thoracique. Ce plexus se continue en haut avec le plexus cardiaque et, en bas, avec le plexus cœliaque.

Branches viscérales. Outre les filets nerveux fournis au plexus œsophagien et au plexus pulmonaire, la portion thoracique du système nerveux sympathique fournit encore [deux branches volumineuses appelées nerf grand splanchniqiie et nerf petit splanchnique.

Le nerf grand planchnique est formé par des filets nerveux qui, venant du sixième, du septième, du huitième et du neuvième ganglion thoracique, se dirigent obliquement en bas en en dedans pour se réunir en un tronc volumineux sur la face latérale du corps de la dixième vertèbre dorsale. Il traverse alors la partie interne du pilier correspondant du muscle diaphragme, pénètre ainsi dans la cavité abdominale pour se terminer dans le ganglion semi-lunaire du plexus cœliaque ou plexus solaire.

Le nerf petit splanchnique naît des deux ou trois derniers ganglions thoraciques par deux ou trois filets très grêles qui se dirigent obliquement en bas et dedans pour se réunir en un tronc unique. Celui-ci traverse le muscle diaphragme un peu en dehors de l'endroit par où passe le nerf grand splanchnique. Arrivé dans la cavité abdominale, il se divise en deux ou trois rameaux qui se rendent dans le plexus solaire et dans le plexus rénal.

FiG. 847.

Portion thoracique de la chaîne ganglionnaire du sympathique. Gr. nat. 1/2.

g'g'S : Ganglions thoraciques.

ci : Cordons intermédiaires.

?!i : Nerfs intercostaux.

rc : Rameaux communicants, g-s : Nerf grand splanchnique.

// : Deuxième côte.

JCII : Douzième côte.

Le sympathique lombaire.

La portion lombaire du système nerveux sympathique est généralement constituée par quatre ganglions appelés ganglions lombaires, reliés les uns aux autres par des cordons intermédiaires.

Ces ganglions sont situés sur la face antéro-latérale de la colonne lombaire immédiatement au-devant de l'insertion supérieure du muscle psoas. Les ganglions droits sont recouverts par la veine cave inférieure, tandis que ceux du côté gauche sont en rapport avec l'aorte abdominale.

Le cordon intermédiaire qui relie le premier ganglion lombaire au dernier ganglion dorsal traverse le pilier du muscle diaphragme un peu en dehors des nerfs sphanchniques. Celui du côté gauche traverse quelquefois l'ouverture aortique du diaphragme, à gauche de l'aorte.

De ces ganglions lombaires et des cordons intermédiaires qui les réunissent partent des branches anastomotiques, des branches vasculaires et des branches viscérales.

Branches anastomotiques. Chaque ganglion lombaire est relié, par un ou par deux rameaux communicants, aux branches antérieures des nerfs lombaires. Ces rameaux communicants se dirigent en haut et en arrière, passent en dessous des arcades aponévrotiques que présente le muscle psoas, en l'endroit où il s'insère sur les corps des vertèbres lombaires, et se jettent dans les branches constitutives du plexus lombaire, dans l'épaisseur même du muscle psoas.

Branches vasculaires et viscérales. Des ganglions lombaires partent des filets nerveux destinés aux artères lombaires. Ces filets constituent, dans la paroi de ces artères, un plexus nerveux qui accompagne l'artère en dehors jusque dans ses ramifications terminales et, en dedans, jusqu'à l'aorte abdominale, autour de laquelle ils vont constituer le plexus aortique abdominal. Ce plexus entoure toute l'étendue de l'aorte, depuis l'orifice aortique du diaphragme jusqu'au point où l'aorte se divise en artères iliaques primitives et artère sacrée moyenne. Il est le plus développé au niveau de l'extrémité supérieure de l'aorte thoracique. Là, il forme, autour du tronc cœliaque, un plexus volumineux appelé plexus cœliaque ou plexus solaire.

'Lq plexus cœliaque entoure l'origine du tronc cœliaque et de l'artère mésentérique supérieure. Compris entre les deux capsules surrénales, il s'étend depuis l'orifice aortique du muscle diaphragme jusqu'au point où naissent les artères rénales. Il est situé au-devant de l'aorte abdominale et au-devant de la portion lombaiie du muscle diaphragme.

Ce plexus est constitué, de chaque côté, par les deux nerfs splanchniques, par des filets du nerf pneumo-gastrique et par les filets nerveux venant des ganglions lombaires supérieurs. De chaque côté de la colonne vertébrale, appliqué contre le pilier correspondant du muscle diaphragme, au niveau des capsules surrénales, on trouve dans ce plexuc un ganglion volumineux à bord externe convexe et à bord interne concave, appelé ganglion semi-lunaire. Les deux ganglions semi-lunaires sont reliés l'un à l'autre par de nombreux filets passant au-devant de l'aorte. Chaque ganglion reçoit le nerf grand splanchnique du côté correspondant et un rameau venu du nerf petit splanchnique ; de plus, dans le ganglion semi-lunaire droit se jette encore une branche volumineuse du nerf pneumo-gastrique droit. Ce nerf pneumogastrique droit, le ganglion sem.i-lunaire droit et le nerf grand splanchnique droit forment ainsi une anse volumineuse à concavité supérieure connue sous le nom de anse mémorable de Wrisberg.

Le plexus cœliaque renferme encore d'autres petits ganglions irrégulièrement

distribués. Il donne naissance à une série de plexus secondaires accompagnant les branches artérielles qui naissent de la partie supérieure de l'aorte abdominale,

a) Les plexus diaphragmatiques inférieurs accompagnant les artères diaphragmatiques inférieures ; ils donnent des filets au diaphragme, aux capsules surrénales et à la partie inférieure de l'œsophage.

b) Le plexus coronaire stomachique donnant des filets aux parois de l'estomac dans les parties voisines de la petite courbure.

c) Le plexus hépatique destiné au foie et qui abandonne des filets à l'artère pylorique, à l'artère gastro-épiploïque droite et aux artères jumelles ou cystiques. Ce plexus accompagne non seulement les branches de l'artère hépatique, mais il entoure aussi le canal cholédoque, le canal cystique, le canal hépatique et la veineporte.

d) Le plexus splénique destiné au pancréas, à la grande courbure de l'estomac et à la rate.

e) Le plexus mésentérique supérieur. Il enlace l'artère du même'nom, court entre les deux feuillets du mésentère et envoie ses filets terminaux dans les parois de l'intestin grêle et de la moitié droite du gros intestin. Un grand nombre de ces filets s'arrêtent entre les deux feuillets du mésentère et s'y terminent par un corpuscule de Pacini.

f) Les plexus surrénaux destinés aux capsules surrénales.

g) Les plexus rénaux accompagnant les artères rénales. Ces filets nerveux sont destinés aux reins, mais ils abandonnent un plexus à l'artère capsulaire inférieure et un autre à l'artère spermatique.

h) Les plexus spermatiques. Ils viennent en partie du plexus aortique, en partie des plexus rénaux ; ils accompagnent l'artère spermatique et se distribuent, de chaque côté, au testicule et à l'épididyme. Chez la femme, ils accompagnent l'artère ovarique et sont destinés à l'ovaire et à la partie supérieure de la matrice.

Tous ces plexus renferment de nombreux petits ganglions sympathiques périphériques. Ils sont destinés à innerver non seulement les muscles de la paroi contractile des artères, mais ils doivent encore donner la motilité aux muscles et la sensibilité à la muqueuse de tous les viscères.

La partie inférieure du plexus aortique abdominal, depuis l'origine de l'artère spermatique jusqu'à la division de l'aorte abdominale en artères iliaques primitives, porte le nom de plexus lombo-aortique. Celui-ci fournit le plexus mésentérique inférieur qui enlace l'artère correspondante pour aller se distribuer à la moitié gauche du gros intestin.

Le plexus lombo-aortique se continue, en haut, avec le plexus cœliaque. En bas, il se jette sur les artères iliaques primitives, de là sur l'artère iliaque externe et va fournir les nerfs vaso-moteurs pour toutes branches collatérales et terminales qui naissent de ces artères, c'est-à-dire pour toutes les artères du petit bassin et du membre inférieur. Au point de bifurcation de l'artère iliaque primitive, une partie du plexus accompagne l'artère iliaque interne et pénètre, de chaque côté, dans le petit bassin pour constituer le plexus hypo gastrique.

— qyô —

Entre les deux artères iliaques primitives, le plexus lombo-aortique se jette sur l'artère sacrée moyenne, pénètre avec elle dans le petit bassin et va s'unir au plexus hypogastrique .

Le sympathique sacré.

La portion sacrée du système nerveux sympathique est formée, de chaque côté de la ligne médiane, par quatre ganglions irréguliers, appelés ganglions sacrés, reliés les uns aux autres par des cordons intermédiaires. Cette chaîne sacrée est située sur la face antérieure du sacrum, tout près de la ligne médiane, en dedans des trous sacrés antérieurs.

Le ganglion sacré supérieur est relié au dernier ganglion lombaire par un cordon intermédiaire. Du quatrième ganglion sacré part, de chaque côte, un filet nerveux qui descend sur la face antérieure du coccyx pour s'y terminer dans un petit ^riglion médian : le ganglion coccygien. De ces ganglions sacrés et du ganglion coccygien partent des branches anastomotiques, des branches vasctilaires et des branches viscérales.

i' ■ Branches anastomotiques. Chaque ganglion sacré est relié à la branche antérieure du nerf sacré voisin par un rameau communicant.

Branches vasculaires et viscérales. Des ganglions sacrés et coccygien partent un grand nombre de filets nerveux qni se dirigent obliquement en haut, en avant et en dehors ; ils s'anastomosent fréquemment les uns avec les autres pour constituer le plexus hypogastrique.

Le plexus hypogastrique est situé dans l'excavation pelvienne, sur les côtés du rectum et de la vessie chez l'homme, sur les côtés du rectum, du vagin et de la vessie chez la femme. Il est formé :

1° par des branches nerveuses venant directement des ganglions sacrés et du ganglion coccygien ;

2" par des filets nerveux émanés directement, de chaque côté, du deuxième et du troisième nerf sacré, connus sous le nom de nerfs érecteurs ;

3° par la partie du plexus lombo-aortique qui se jette sur l'artère sacrée moyenne et sur l'artère iliaque interne ;

4" par des filets venant de la partie inférieure du plexus mésentérique inférieur (ou plexus hémorrhoïdal) ;

5° par des filets nerveux provenant des nerfs lombaires inférieurs. Ces filets descendent au-devant de la colonne lombaire en formant, de chaque côté, un nerf descendant, connu sous le nom de nerf hypogastrique, et qui se termine dans les ganglions du plexus hypogastrique.

Le plexus hypogastrique donne naissance à une série de plexus secondaires d-estinés à innerver les viscères renfermés dans l'excavation pelvienne. Pour atteindre ces viscères, les plexus accompagnent les artères qui leur sont destinées. Le plexus hypogastrique fournit donc, de chaque côté : -' ■ 10 le plexus hémorrhoïdal moyen ;

2° \e -plexus vésical ;

i° le plexus prostatique ;

4° le plexus caverneux et 5° le plexus séminal.

Ces trois derniers plexus sont remplacés chez la femme par le plexus utérin et le plexus vaginal.

Littérature.

(i) Cajal : Las CeluJas del gran simpatico del homhre adulto. Trabaios... Tome IV. igoS. — (2) Langley : Preliminary account ofthe arrangement of tke sympathetic nervoiis System, hased chiefly ou observations npon pilo-motor nerves. Preceedings of the Royal Society, 1893. — The arrangevient of the sympathetic nervous System, hased chieflv on observations upsn pilo-motor nerves. Journal of Physiolog}', 1893. — A short account of the sympathetic System. Physiological Congres. Bern. 1895. — (3) Langendorff : Ciliarganglion imd Oculomotorius. Pfliiger's Archiv, 1894. — (4) Apolant : Ueler das Ganglion ciliare. Verhandl. der physiolog. Gesellsch. zu Berlin, 1894. — (5 J Jacques : Contribution à l'étude des nerfs du cœur. Comptes-rendus de la Soc. de BioL, 1894. — Recherches sur les nerfs du cœur chez la grenouille et les mammifères. Journal del'Anat. et de la phys., 1894. — (6; Heymans et Demoor : Etude sur l'innervation du cœur des vertébrés à l'aide de la méthode de Golgi. Mémoires couronnés de l'Acad. royale de méd. de Belgique, 1894.

P^ini d'imprimer le 20 février igo6.

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