‹ Anatomie du systeme nerveux de l'hommeChapitre 89 sur 176 · XI. Le nerf accessoire de Willis · texte numérisé non relu

XI. Le nerf accessoire de Willis

Le nerf accessoire de Willis («. accessorius) ou nerf spinal, est exclusivement moteur. On le considère généralement comme formé de deux parties : une partie médullaire provenant de la plus grande partie de la moelle cervicale, et une partie bulbaire représentée par un certain nombre de filets radiculaires sortant de la partie inférieure du sillon collatéral dorsal du bulbe. Ces deux parties se réunissent en un tronc unique. Celui-ci sort de la boite crânienne par le trou déchiré postérieur, puis se divise en deux branches terminales : un rameau interne se jetant tout entier dans le nerf pneumo-gastrique, et un rameau externe qui va innerver le muscle sterno-cléïdo-mastoïdien et le muscle trapèze.

Origine réelle. La partie médullaire du nerf de Willis a son origine réelle dans les cellules radiculaires de la corne latérale de la moelle cervicale sur toute la hauteur des 5 à 7 premiers segments cervicaux, fig. 439 et 430.

Quand on coupe le nerf de Willis dans la cavité rachidienne chez le lapin et que, après une survie d'une dizaine de jours, on recherche les cellules lésées dans

Fig. 439.

Coupe transversale de la moelle faite au niveau des filets radiculaires du premier nerf cervical.

Cl cii cm

Fig. 430

Schéma montrant l'origine réelle des nerfs crâniens moteurs, le névraxe, on trouve en chromolyse toutes les cellules motrices en connexion avec

Fig. 431. Fig. 433. Fig. 433.

le nerf de la onzième paire. Ces cellules lésées occupent la partie latérale de la corne antérieure. Elles représentent le noyau d'origine des fibres de la partie spinale,

ainsi que cela résulte des recherches faites par Bunzl-Federn (3) et par nous-même (2).

Si on arrache le nerf à la base du crâne, et qu'on laisse survivre l'animal 3o à 40 jours afin de permettre à la dégénérescence wallérienne indirecte d'envahir toutes

FiG. 435.

FiG. 436.

les fibres du bout central, on peut poursuivre sur une série de coupes transversales, pratiquées dans toute l'étendue de la moelle cervicale, le trajet particulier que les fibres radiculaires y décrivent pour se rendre de leur origine réelle dans la corne grise antérieure jusqu'à leur origine apparente sur la face latérale de la moelle. Ces coupes montrent, fig. 43 1, que les cylindre-axes des cellules radiculaires commencent par se diriger horizontalement en arrière jusque près de la base de la corne grise postérieure. Là, i • ' FIG. 433, ils se réunissent en un petit faisceau distinct,

qui monte verticalement en haut étant situé au sein Fig. 434. (Je substance grise ; aprèsun trajet de longueur varia-

ble il se coude transversalement en dehors, fig. 433, pour sortir de la moelle épinière immédiatement au-devant du sillon collatéral dorsal, fic. 434, [Van Gehuchten (4)].

Au sortir du trou déchiré postérieur toutes ces fibres d'origine médullaire entrent dans la constitution de la branche externe du nerf, pour aller innerver le muscle sterno-mastoï-

dien et le muscle trapèjie, ainsi que cela résulte de nos recherches expérimentales d'après lesquelles la section des fibres médullaires dans la cavité rachidienne n'entraîne aucune dégénérescence ni dans les fibres de la branche interne, ni dans le tronc du vague (4).

FiG. 437. FiG. 438.

FiG. 439.

FiG. 435 à 439. Série de coupes transversales passant par le noyau dorsal du nerf de Willis ou partie inférieure du noyau dorsal du vague chez le lapin.

«. d. X. : Noyau vago-spinal.

«. V. X. : Noyau ambigu ou noyau moteur ventral du vague. V. : Racine spinale du trijumeau.

Page 1