‹ Anatomie du systeme nerveux de l'hommeChapitre 88 sur 176 · XII. Le nerf grand hypoglosse (Suite · texte numérisé non relu

XII. Le nerf grand hypoglosse (Suite

Nous avons vu, dans la dernière leçon, que le nerf grand hypoglosse a son origine apparente sur la face antérieure de la moelle allongée, dans le sillon qui sépare la pyramide antérieure de l'olive, ou sillon collatéral antérieur du bulbe.

Cette origine se fait au moyen de dix à douze petits faisceaux qui se dirigent, en convergeant, en avant et en dehors. Ils se réunissent en deux faisceaux plus volumineux qui traversent séparément la dure-mère crânienne, puis se fusionnent en un tronc unique. Celui-ci sort du crâne par le canal condylien. Au sortir de ce canal, le nerf grand hypoglosse descend dans le triangle pharyngomaxillaire, en arrière du nerf pneumo-gastrique et de la veine jugulaire interne. Il s'accole alors au ganglion plexiforme du pneumo-gastrique, contourne ce ganglion en dehors, passe entre la veine jugulaire interne et la carotide interne, sous le muscle stylo-hyoïdien et le ventre postérieur du muscle digastrique. Il croise la carotide externe et arrive ainsi au bord antérieur du muscle sterno-cléïdo-mastoïdien. Là, il se recourbe en avant, en suivant la courbure du muscle digastrique, un peu audessus de la grande corne de l'os hyoïde, étant situé sur la face externe du muscle hyo-glosse qui le sépare de l'artère linguale. Il s'enfonce alors au-dessus du muscle mylo-hyoïdien et pénètre dans le noyau musculaire de la langue, fig. 436.

Dans ce trajet, le nerf grand hypoglosse fournit des branches anastomotiques, des branches collatérales et des branches terminales.

Branches anastomotiques. Le nerf grand hypoglosse s'anastomose :

1° Avec le ganglion cervical supérieur du sympathique, au sortir du canal condylien. 2° Avec le ganglion plexiforme du pneumo-gastrique pendant que le nerf grand hypoglosse contourne ce ganglion.

3° Avec l'anse nerveuse qui unit l'une à l'autre les branches antérieures des deux premiers nerfs cervicaux. D'après les recherches de Holl, cette anastomose amènerait au nerf hypoglosse des fibres des nerfs cervicaux. Celles-ci remontent en

partie dans le tronc de l'hypoglosse pour se rendre aux muscles grand droit et petit droit antérieurs de la tête, fig. 437 : m ; elles descendent en partie dans le tronc de l'hypoglosse pour se rendre, soit dans l'anse nerveuse que forme ce nerf avec le plexus cervical, soit dans les muscles thyro-hyoïdien et génio-hyoïdien, fig. 4ay.

40 Avec le nerf lingual. Cette anastomose se fait sur la face externe du muscle hyo-glosse, fig, 48C,

Fig. 436.

Ces nombreuses anastomoses expliquent comment le nerf grand hypoglosse, à son origine exclusivement moteur, puisse renfermer, dans son trajet périphérique, des fibres sensitives.

Branches collatérales. Outre les filets d'innervation qu'il donne aux deux muscles droits antérieurs de la tête et qui lui viennent des nerfs cervicaux, le nerf grand hypoglosse fournit encore plusieurs branches collatérales :

1° Un rameau récurrent méningé.

2» La branche descendante de l'hypoglosse {ramus descendens). Elle se détache du tronc nerveux au moment où il croise la carotide externe. Elle se porte directement en bas, se place généralement sur la face externe de la carotide primitive, devant ou

derrière la veine jugulaire interne, et s'anastomose, vers le milieu de la région sous-hyoïdienne, avec une branche descendante du plexus cervical, constituant ainsi une anse à concavité supérieure appelée anse nerveuse de l'hypoglosse ( ansa hypo-

glossi), FIG. 4»8.

De la convexité de cette anse partent des rameaux musculaires destinés aux muscles de la région sous-hyoïdienne :

les muscles omo-hyoïdien, sterno-hyoïdien et

sterno-thyroïdien. Ces fibres d'innervation des muscles de la région soushyoïdienne proviennent en réalité des nerfs cervicaux, soit par la branche descendante du plexus cervical, soit par l'anastomose de l'hypoglosse avec les deux premiers nerfs cervicaux, fig. 4a7.

3" Le nerf du ventre antérieur du muscle omohyoïdien.

40 Le nerf du muscle thyro-hyoïdien ( ramus thyreohyoideus). Il provient de l'hypoglosse tout près de la grande corne de l'os hyoïde. Ce sont des fibres d'emprunt qui viennent du plexus cervical par l'anse nerveuse de l'hypoglosse, FIG. 427, th.

5" Un rameau pour le muscle génio-hyoïdien. Il est formé également de fibres provenant du plexus cervical, FIG. 437, gh.

FiG. 437.

Schéma luontrant les rapports du plexus cervical avec le nerf grand hypoglosse (d'après Holl;.

/, //, /// : Les branches antérieures des trois premiers nerfs cervicaux.

m : Filets d'innervation des muscles grand et petit droits antérieurs de la tête.

a : Filets d'innervation pour les muscles de la région sous-hj'oïdienne. M : Nerf du muscle th5 ro-hyoïdien.

g/i : Nerf du muscle génio-hyoïdien.

Parhon et GoLDSTEiN (i) ont arraché la branche descendante de l'hypoglosse chez le chien ei ont trouvé en chromolyse les cellules d'un petit groupe assez bien délimité, occupant la partie la plus postérieure et externe du noj'au de l'hypoglosse le long de la moitié inférieure de ce dernier. Ils concluent de leurs recherches que les fibres de la

branche descendante ne proviennent pas des branches antérieures des nerfs cervicaux, mais du nerf hypoglosse lui-même. Ces recherches demandent cependant à être confirmées. Nous avons, en effet, sectionné le nerf hypoglosse du lapin à l'endroit où il avait déjà abandonné sa branche descendante et nous avons trouvé en chromolyse toutes les cellules du noyau d'origine. Ce qui semble admettre que les fibres de la branche descendante ne proviennent pas de ce noyau.

FiG. 428.

Les nerfs de la région cervicale. Gr. nat. 1/2.

Branches terminales. Par ses branches terminales, le nerl hypoglosse innerve tous les muscles de la langue ( rami linguales) : le stylo-glosse, l'hyo-glosse, le génio-glosse et le lingual. Ces filets d'innervation appartiennent exclusivement au nerf grand hypoglosse.

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