XII : Noj-au de l'hypoglosse
n. i. : Noyau intercalé.
n. d. m. X. : Noyau vago-spinal.
/. s, : Sillon limitant, y. s. : Faisceau solitaire.
Origine apparente. Les fibres de la portion spinale ont leur origine apparente sur la face latérale de la moelle cervicale, un peu au devant des faisceaux radiculaires postérieurs des cinq ou six premiers nerfs cervicaux. Cette origine se fait par une série de filets nerveux qui se dirigent en dehors et se réunissent en un seul tronc. Celui-ci remonte dans le canal rachidien jusqu'à la partie inférieure du bulbe, pénètre dans la boite crânienne en passant par le trou occipital et reçoit les filets d'origine
de la portion bulbaire. Ceux-ci sortent de la partie inférieure du sillon collatéral postérieur du bulbe, en dessous des filets d'origine du nerf pneumo-gastrique. Ils se dirigent horizontalement en dehors et vont se joindre au tronc formé par les fibres spinales, fig. 443.
Toutes les fibres qui entrent dans la constitution de ce nerf sont des ûhres directes,
Fig. 443.
L'origine apparente du nerf accessoire de Willis, du nerf pneumo-gastrique et du nerf glosso-pharyngien. Gr. nat.
elles proviennent toutes des masses grises situées dans la moitié correspondante de l'axe nerveux [Van Gehuchten (4 et 5)].
Trajet. Le tronc unique du nerf accessoire de Willis ainsi constitué se dirige en dehors vers le trou déchiré postérieur, par lequel il sort de la boite crânienne, immédiatement derrière le nerf pneumo-gastrique, au-devant du sinus latéral qui va se continuer avec la veine jugulaire interne. Sorti du crâne, l'accessoire de Willis se divise directement en deux branches terminales.
Pendant son trajet ascendant dans le canal rachidien, le nerf spinal s'anastomose d'une façon presque constante avec les racines postérieures des nerfs cervicaux.
Branches terminales. La branche interne du nerf spinal se jette tout entière dans le nerf pneumo-gastrique, fig. 443.
La branche externe, descend obliquement en dehors, derrière ou devant la veine jugulaire interne, passe sous l'insertion supérieure du inuscle stylo-hyoïdien et du ventre supérieur du muscle digastrique, gagne ainsi la face profonde du muscle sterno-cléido-mastoïdien et traverse ce muscle vers l'union du tiers supérieur avec le tiers moyen, en lui abandonnant des filets d'innervation. Il parcourt ensuite, de haut en bas, le triangle sus-claviculaire et se termine dans le muscle trapèze.
Il résulte des recherches anatomiques de Bendz, Spence et surtout de celles de Cl. Bernard (6) que se sont les fibres bulbaires seules qui se rendent dans le tronc du nerf vague par la branche interne du nerf spinal. Ce fait a élé confirmé par nos recherches expérimentales (7) : après section isolée des fibres bulbaires dans la cavité rachidienne, la dégénérescence secondaire envahit toutes les fibres de la branche interne et certaines fibres du tronc du vague, tout en laissant intactes toutes les fibres de la branche externe.
Les fibres bulbaires du nerf de Willis sont exclusivement des fibres motrices.
On a beaucoup discuté sur la valeur physiologique de ces fibrer qui, par la branche interne du nerf accessoire, se rendent dans le tronc du nerf pneumogastrique.
On admettait généralement, il y a un peu plus de cinquante ans, avec Arnold, BiscHOFF, Valentin, Longet et d'autres, que le nerf pneumo-gastrique était, à son origine, exclusivement formé de fibres sensitives et que toutes les fibres motrices qu'il abandonne sur son trajet lui provenaient de la branche interne du nerf de Willis. Celui-ci n'était donc rien autre que la racine motrice du nerf de la dixième paire.
Cette opinion fut combattue essentiellement par Volkman et surtout par Van Kempen (8), mon savant prédécesseur dans la chaire d'anatomie de Louvain. En se basant sur de nombreuses recherches expérimentales, Van Kempen défend la nature mixte du nerf vague dès son origine et conteste au nerf de Willis toute intervention dans l'innervation motrice du larynx, du pharynx, de l'oesophage et de l'estomac. Pour lui, le nerf de Willis est uniquement destiné à innerver le muscle sterno-cleïdo-mastoïdien et le muscle trapèze.
Entre ces deux opinions e.Ktrêmes ont surgi des opinions intermédiaires revendiquant pour le nerf de Willis une part plus ou moins grande dans l'innervation motrice de certains organes soumis à l'influence du nerf de la dixième paire, principalement dans l'innervation du larynx, de l'estomac et du cœur.
Innervation du larynx- Beaucoup d'auteurs admettent que le nerf de Willis fournit au nerf vague toutes les fibres motrices du larynx. Après section intracranienne des fibres bulbaires (BiscHOFF, Valentin, Longet), ou après arrachement du nerf à la base du crâne d'après le procédé de Cl. Bernard (Cl. Bernard, Schiff, Heidenhain, Schlech), ils ont vu survenir la paralj'sie complète de la corde vocale correspondante, ou bien ils ont trouvé en dégénérescence secondaire les fibres motrices renfermées dans les deux nerfs laryngés (Burchard, Mirto et Pusateri).
D'autres auteurs (Navrattl, Grabower, Grossmann, Onody, Kreidl et Rethi), se basant sur des expériences analogues, affirment que le nerf de Willis ne fournit aucune fibre motrice au larynx.
Telle était l'état de la question lorsque nous avons entrepris nos recherches sur la part que le nerf de Willis prend à l'innervation motrice des organes dépendant du nerf pneumogastrique. Le nerf de Willis est un nerf moteur. Par sa branche interne, il abandonne au nerf vague toutes ses fibres motrices d'origine bulbaire. Où se rendent ces fibres motrices ? Pour le savoir nous avons pratiqué avec le Bochenek (9), sur un grand nombre de lapins,
n. pharyngien.
n. laryngé moyen.
n. laryngé supérieur.
n. de Cyon.
n. laryngé inférieur.
FiG. 444.
Schéma montrant les connexions du nerf de Willis avec le nerf pneumo-gastrique.
la section intracranienne du nerf, au moment où, s'engageant dans le trou déchiré postérieur, les fibres médullaires forment avec les fibres bulbaires un tronc unique.
Après une survie de quinze jours nous avons recherché, avec la méthode de Marchi, la dégénérescence secondaire dans le tronc du nerf vague et dans toutes les branches qui
Van Gehuchtek. Système Nerveux, 4* éd. 35
en proviennent. Nous avons pu établir que les fibres bulbaires du nerf de Willis passent, par la branche interne de ce nerf, dans le tronc du va^ue, qu'elles accompagnent ce nerf dans toute l'étendue de sa portion cervicale, pour entrer dans la constitution du nerf larj-ngé inférieur et ainsi prendre part à l'innervation motrice du larynx, fig. 444. Il résulte de plus, des recherches que De Beule (iu) a faites dans notre laboratoire, que ces fibres motrices du nerf de Willis sont toutes destinées à l'innervation du muscle thyroaryténoïdien externe.
Les fibres bulbaires du nerf de Willis interviennent donc pour une certaine part dans l'innervation motrice du larynx.
Innervation de V estomac. Il résulte des recherches expérimentales déjà anciennes de Waller et de celles, plus récentes, deBATELLi (ii), que le nerf de Willis doit être considéré comme le nerf moteur de l'estomac. Nos recherches (7) ont montré que cette opinion n'est pas exacte : les fibres bulbaires du nerf de Willis se rendent exclusivement dans le nerf laryngé inférieur.
Innervation du cœur. Une opinion généralement admise, c'est que les fibres que le nerf accessoire abandonnent au nerf vague sont les fibres motrices par l'intermédiaire desquelles ce dernier nerf exerce sur le cœur son action inhibitive. Cette opinion s'appuie essentiellement sur les recherches expérimentales que Waller a fait connaître en i856 : après arrachement du nerf spinal à la base du crâne, ce savant a constaté que la galvanisation du pneumo-gastrique cervical du côté correspondant restait sans effet sur le cœur, alors que la galvanisation du nerf du côté opposé était suivie de l'arrêt cardiaque découvert presque en même temps par Weber, Budge et Cl. Bernard. Cette expérience a été refaite un grand nombre de fois par Schiff, Heidenhain, Fr. Franck et beaucoup d'autres en donnant toujours les mêmes résultats. Aussi presque tous les physiologistes admettentils comme un fait indiscutable que l'action inhibitive, que le nerf pneumo-gastrique exerce sur le cœur, n'est pas une action appartenant en propre au nerf X, mais une action empruntée par ce nerf aux fibres bulbaires du nerf de Willis. Nous avons repris, dans ces derniers temps (7), les recherches expérimentales de Waller, tantôt en recourant à l'arrachement du nerf spinal à la base du crâne d'après le procédé de Cl. Bernard, tantôt à la section intracranienne de tous les filets bulbaires et médullaires du nerf de Willis. Il résulte de nos recherches que, après section intracranienne du nerf XI, le pneumo-gastrique conserve son action inhibitive sur le cœur. Si, après l'arrachement extracranien du nerf accessoire cette action inhibitive est très souvent perdue, c'est que le traumatisme n'a pas porté uniquement sur les filets radiculaires du nerf XI, mais a intéressé un nombre variable de filets radiculaires du nerf pneumo-gastrique lui-même.
La branche interne que le nerf spinal abandonne au nerf vague ne renferme donc pas les fibres inhibitives que ce nerf abandomie au cœur.
Il résulte de toutes les recherches expérimentales que nous avons faites, avec la collaboration de quelques-uns de nos élèves (Bochenek, Van Biervliet et De Beule), que les fibres motrices que le nerf de Willis abandonnent au nerf vague ne sont destinées ni à l'estomac, ni au cœur, mais qu'elles pénètrent toutes dans le nerf laryngé inférieur et servent exclusivement à l'innervation du muscle thyro-aryténoïdien externe.
On peut maintenant se demander si les fibres bulbaires du nerf de Willis appartiennent bien en propre au nerf de la onzième paire, ou bien s'il ne convient pas de les rattacher au nerf pneumo-gastrique, ainsi que l'ont pensé Willis, Holl, Obersteiner, Van Gehuchten, Cajal, Onodi, Waldayer, His et d'autres ?
Si l'on considère : 1° Que ks fibres bulbaires du nerf spinal se rendent à un seul des muscles du larynx, alors que tous les autres muscles laryngés sont innervés par le nerf pneumo-gastrique ;
2" Que les fibres bulbaires du nerf spinal proviennent de la moitié inférieure
d'une longue colonne grise dont la moitié supérieure appartient incontestablement au nerf pneumo-gastrique.
3" Que les fibres motrices que le pneumo-gastrique abandonne au larynx proviennent de cette même colonne cellulaire, ainsi que cela résulte des recherches de De Beule confirmées par celles de Broeckaert (12), au point que l'on peut considérer cette colonne grise comme le véritable noyau d'innervation du larynx ;
4° Que chez certains animaux les fibres bulbaires du nerf de Willis restent indépendantes des fibres médullaires et se jettent directement dans le tronc du vague ;
Nous aurons des motifs suffisants pour admettre que les filets radiculaires inférieurs du bulbe sont indépendants du nerf de Willis, qu'ils ne font que s'accoler momentanément au nerf spinal, pendant leur passage à travers le trou déchiré postérieur, pour rentrer ensuite dans le tronc du vague. Le nerf de Willis devient donc un nerf exclusivement médullaire, ainsi que Willis lui-même l'avait décrit il y a plus de deux cents ans. Il provient de la partie latérale de la corne antérieure de la moelle cervicale et va innerver (avec certains filets nerveux provenant du plexus cervical) le muscle sterno-cléido mastoïdien et le muscle trapèze.
X, Le nerf pneumo-gastrique.
Les deux nerfs pneumo-gastriques, appelés encore nerfs vagues (n. vagus), constituent la dixième paire des nerfs crâniens. Ils proviennent de la moelle allongée, sortent du crâne par les trous déchirés postérieurs, parcourent de haut en bas toute la région cervicale et toute la région thoracique, pour traverser le diaphragme et se terminer dans les parois de l'estomac, dans le foie et dans le plexus solaire du sympathique. Ce sont des nerfs mixtes qui abandonnent sur leur ti'ajet des branches d'innervation motrices et sensibles à tous les viscères du cou, du thorax et à une partie des viscères de l'abdomen.
Origine réelle. Chaque nerf pneumogastrique présente deux noyaux d'origine, l'un pour sa partie motrice et l'autre pour sa partie sensitive.
Pour déterminer d'une manière précise la place accupée dans le myélencéphale par les cellules d'origine de ses fibres motrices, nous devons avoir recoures à des recherches expérimentales. Si l'on coupe, chez le lapin, le nerf de la dixième paire dans le voisinage immédiat de la base du crâne et que l'on cherche, au bout d'une dizaine de jours, la place occupée par les cellules en état chromolytique, on trouve
FiG. 445.
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FiG. 447.
FiG. 448.
FiG. 449.
FiG. 445 à 449. Série de coupes transversales passant par le noyau moteur ventral et le noyau moteur dorsal du vague chez le lapin.
iu d. X: Noyau moteur dorsal.
«. V, X : Noyau moteur ventral.
7t. i. : Noyau intercalé.
: Olive.
;;. /, c. : Noyau latéral externe.