V. : Racine spinale du trijumeau
que les cellules lésées forment deux colonnes cellulaires nettement distinctes : une colonne ventrale et une colonne dorsale, fig. 445 à 449.
La colonne ventrale est formée de cellules volumineuses. C'est le noyau moteur ventral du vague ou noyau moteur à grosses cellules. Il correspond, en majeure partie, au noyau ambigu des auteurs. La colonne dorsale est formée de cellules beaucoup plus petites, le noyau moteur dorsal ou noyau moteur à petites cellules.
Le noyau moteur ventral ou noyau ambigu commence, par une partie épaissie, immédiatement en dessous du noyau du facial. Il constitue une colonne cellulaire d'environ quatre millimètres de longueur, plus ou moins continue, que l'on peut poursuivre, au milieu de la formation réticulaire, jusqu'au niveau de l'extrémité inférieure du noyau de l'hypoglosse. Ce noyau est formé de cellules
Cellules radiculaires motrices du nerf pneumo-gastrique chez l'embryon du poulet.
volumineuses dont l'axone se dirige d'abord en arrière et en dedans vers la profondeur du bulbe. Arrivé dans le voisinage du faisceau solitaire, il se recourbe sur lui-même pour se diriger en dehors et sortir de l'axe cérébro-spinal par le sillon collatéral dorsal du myélencéphale, fig. 450 et 451.
Le noyau dorsal représente une longue colonne cellulaire, plus ou moins fusiforme, d'environ sept millimètres de longueur. Sa moitié inférieure accompagne le noyau de l'hypoglosse, en arrière duquel elle est placée. Elle donne naissance aux fibres radiculaires inférieures du nerf vague.
Ce sont ces fibres que l'on a considérées de tout temps comme les fibres bulbaires du nerf de Willis rentrant dans le tronc du vague par la branche interne du neif de la onzième paire. Nous avons vu que ces fibres appartiennent en réalité au nerf de la dixième paire et qu'elles ne s'accolent que momentanément au nerf de Willis pour rentrer dans le nerf pneumo-gastrique.
La moitié supérieure du noyau dorsal apparaît sur le plancher du quatrième ventricule, où elle forme la partie interne de la région grise appelée aile grise ou trigone du vague. Au sommet du triangle inférieur du plancher, le noyau dorsal est situé en arrière et en dehors du noyau de l'hypoglosse, séparé de
FiG. 451.
Coupe passant par l'origine réelle du nerf vague.
XI J : Noyau d'origine et fibres radiculaires du nerf hypoglosse.
X: Noyau dorsal moteur et fibres radiculaires du nerf pneumo-gastrique.
nB : Noyau du faisceau de Burdach.
pci : Pédoncule cérébelleux inférieur, «a : Noyau ambig'u.
ce dernier par un petit amas de cellules nerveuses connu sous le nom de noyau intercalé, fig. 45*. Au fur et à mesure que l'on monte dans le bulbe, on voit ce noyau intercalé augmenter de volume et refouler en arrière et en dehors le noyau dorsal du vague, fig. 453. Vers la partie moyenne du plancher du quatrième ventricule, ce noyau intercalé s'insinue en arrière du noyau dorsal pour aller rejoindre le noyau de l'acoustique, refoulant ainsi dans la profondeur du bulbe le noyau moteur à petites cellules, fig. 454, dont l'extrémité supérieure se termine un peu plus haut que le noyau ventral.
Ce noyau dorsal du vague a été considéré pendant longtemps comme un noyau sensible : le no3'au terminal des fibres sensitives renfermées dans le nerf vague et dans le nerf glosso-pharyngien. Comme la partie supérieure de cette colonne grise apparaît librement sur le plancher du quatrième ventricule où elle constitue en partie l'rtzV^ ^j'Wt;, on avait encore désigné cette dernière sous le nom de trigone du nerf vague et du nerf glossopharyngien. Les recherches que nous avons faites avec la méthode de Nissl et avec la méthode de Golgi, fig. 455, ainsi que des recherches récentes faites par la méthode de Cajal sur des embryons de poulets ont prouvé que cette aile grise est complètement indépendante du nerf de la neuvième paire et en connexion exclusive avec le nerf vague. L'aile grise du plancher du quatrième ventricule porte donc à juste titre le nom de trigone du vague,
Elles ont montré de plus que cette aile grise se compose en réalité de deux parties :
FiG. 453.
FiG. 454.
FiG. 453, 453 et 454. Série de coupes transversales montrant la position respective du noyau de l'hypoglosse, XII, du noyau intercalé, w, i, et du noyau moteur dorsal du vague {n. d. m. X] chez le lapin.
FiG. 455.
Cellules constitutives du noyau dorsal du vague chez le lapin. (Méthode de GoLGi).
une partie interne formée de cellule'î nerveuses dont le prolongement cylindraxile peut être poursuivi jusc]ue dans les faisceaux radiculaires, de telle sorte que leur nature motrice est devenue indiscutable, c'est le noyau moteiii' dorsal; et une partie externe constituée par la partie du faisceau solitaire représentant la racine descendante du nerf vague, séparée du noyau moteur dorsal par une colonne grise : le noyau terminal des fibres sensitives du nerf vague ou noyau du faisceau solUaire. Toutes ces parties forment un véritable noyau sensitivo-moteur qui correspond à toute l'étendue de Yaile grise.
On admet généralement que toutes les fibres nerveuses motrices du nerf périphérique ont leurs cellules d'origine dans le noyau ambigu et dans le noyau dorsal du même côté du bulbe. Ce fait a été contesté par Cajal (i3). Ce savant croit que les fibres radiculaires du nerf vague présentent un entrecroisement partiel, en ce sens qu'un certain nombre de ses fibres proviendraient de cellules nerveuse: du noyau ambigu du côté opposé. Les recherches expérimentales faites au moyen de la méthode de Nissl ne viennent pas à l'appui de l'opinion de Cajal ; elles montrent, en efiet, que toutes les fibres motrices du nerf vague sont des fibres directes [Van Gehuchten (2)], aussi bien celles qui naissent du noyau ventralque celles qui proviennent du noyau dorsal.
La même conclusion se dégage des recherches expérimentales que nous avons faites au moyen de la méthode de la dégénérescence wallérienne indirecte {4). Si on