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VIII. Le nerf acoustique

Le nerf acoustique (n. aciisticus) ou nerf de la huitième paire est un nerf exclusivement sensoriel. Il provient du sillon horizontal qui sépare la protubérance annulaire de la moelle allongée et parcourt le conduit auditif interne, au fond duquel il se divise en deux branches terminales : une branche vestibulaire ou nerf vestibulaire (n. vestibuli) et une branche limacéenne ou nerf cochléaire (n, cochleae ).

Origine réelle. Le nerf acoustique étant un nerf exclusivement sensitif doit avoir son noyau d'origine réelle en dehors de l'axe cérébro-spinal. Sur le trajet de chacune des branches terminales de ce nerf, on trouve, en effet, des amas de cellules nerveuses connus sous le nom de ganglions. La branche cochléaire se rend au limaçon, après avoir donné un rameau vestibulaire au saccule et à l'ampoule du canal demi-circulaire inférieur. Elle présente sur son trajet, à la base de la lame spirale, un ganglion appelé ganglion spiral (ganglion spirale) ou ganglion de Corti.

Le rameau vestibulaire de cette branche cochléaire présente également sur son trajet, au fond du conduit auditif interne, un petit ganglion.

Le ganglion de la branche vestibulaire du nerf acoustique est situé au fond du conduit auditif interne ; il est connu depuis longtemps sous le nom de ganglion de Scarpa ou ganglion vestibulaire (ganglion vestibulare).

Les recherches de Retzius (i), Van Gehuchten (2), Cajal (3), v. Lenhos- SEK (4), nous ont appris que tous ces ganglions sont formés de cellules nerveuses bipolaires dont le prolongement externe se termine, par des ramifications libres, entre les cellules épithéliales de l'organe de Corti pour les cellules du

FiG. 477.

Schéma montant l'origine et la terminaison des fibres du nerf cochléaire,

ganglion spiral, fig. 477, entre les cellules épithéliales des taches acoustiques pour les cellules du ganglion de Scarpa. Le prolongement interne de ces cellules bipolaires représente le prolongement cylindraxile de la cellule nerveuse ; il devient le cylindre-axe d'une fibre constitutive du nerf acoustique.

L'origine réelle des fibres du nerf acoustique se trouve donc dans ces ganglions périphériques.

Origine apparente. Le nerf acoustique apparaît à la face externe de l'axe cérébro-spinal dans la partie la plus reculée du sillon horizontal qui sépare la protubérance annulaire de la moelle allongée. Cette origine se fait par deux

racines, fig. 478. La racine externe ou racine cochléaire (radis cochlearis) contourne le pédoncule cérébelleux inférieur ; ses fibres constitutives, arrivées dans le tubercule latéral et dans le noyau accessoire, se bifurquent toutes en une branche descendante et une branche ascendante se terminant rapidement dans la substance grise de ces noyaux.

D'après les recherches expérimentales de Thomas (7), un certain nombres des fibres radiculaires de la racine cochléaire pénètrent dans le corps trapézoïde pour se terminer soit dans l'olive supérieure et le noyau juxta-olivaire du même côté (ûhr es directes), soit dans l'olive supérieure, le noyau juxta-olivaire et le noyau du corps trapézoïde du côté opposé (^brcs croisées). Un certain nombre de ces fibres radiculaires pénètrent même dans la couche latérale du ruban de Reil contra-laléral jusqu'au noyau latéral. Weigner (7'^'^) a repris ces recherches sur l'écureuil, il a trouvé, après destruction du limaçon, de la dégénérescence dans les stries acoustiques et dans le corps trapézoïde pouvant se poursuivre jusque dans le lemniscus latéral du côté opposé. Michotte a lait dans notre laboratoire les mêmes recherches sur le cobaye. Après destruction du limaçon qui fait saillie sur la paroi interne de l'oreille moyenne, il a trouvé en dégénérescence un petit nombre de fibres nerveuses du corps trapézoïde, avec intégrité complète des stries acoustiques.

Fig. 479.

Coupe transversale du pont de Varole correspondant au plan de section i de la fig. 464.

La racine interne ou racine vestibulaire ( radix vestibularis J pénètre dans le tronc cérébral entre le pédoncule cérébelleux inférieur et la racine descendante du nerf trijumeau, fig. 479 ; ses fibres constitutives, arrivées au niveau d'une masse grise volumineuse, appelée noyau à grosses cellules de l'acoustique ou noyau de Deiters, se divisent également en une branche ascendante et une branche descendante. Les branches ascendantes se terminent dans la substance grise voisine : le noyau de Deiters et le noyau de Bechterew. D'après les recherches de Cajal (6) et de Thomas {']), quelques unes d'entre elles se laissent poursuivre, à travers le noyau de Bechterew, jusque dans le noyau du toit du cervelet (faisceau acoustico-cérébelleux de Cajal, faisceau cérébello-

vestihdaire de Thomas). Les branches descendantes, beaucoup plus longues, se réunissent en un faisceau compact qui constitue la racine descendante diineyfvestibulaire. Ces fibres vont se terminer, par des ramifications collatérales et terminales, dans une longue colonne de substance grise située en dedans de la racine descendante et là vont se mettre en connexion avec les cellules d'origine de la voie sensitive centrale.

Trajet périphérique. A partir de son origine apparente, le nerf acoustique se dirige en dehors, passe entre le pédoncule cérébelleux moyen et le lobule du pneumo-gastrique du cervelet et pénètre dans le conduit auditif interne. Il parcourt ce conduit avec le nerf facial et le nerf intermédiaire de Wrisberg, étant placé sur le plan le plus inférieur et, arrivé au fond du conduit, il se divise en une branche cochléaire et une branche vestibulaire, dont nous verrons le trajet ultérieur en étudiant l'oreille interne.

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