Olive
pj/. : Pyramides antérieures.
Cl : Racine antérieure du premier nerf cervical.
/// à Xn. : Origine des dix dernières paires de nerfs crâniens.
le faisceau radiculaire du facial d'un côté du tronc cérébral reçoit un certain nombre de fibres nerveuses qui viennent du côté opposé, fig. 368. Lugaro a confirmé cet entrecroisement partiel pour les fibres radiculaires du facial chez le lapin. Cajal a fait tout récemment la même observation pour les fibres radiculaires du facial chez la souris nouveau-née. Malheureusement la réduction que nous avons obtenue était incomplète et nous n'avons pas
pu poursuivre ces libres jusqu'à leurs cellules d'origiue. Un entrecroisement partiel des fibres radiculaires semblé donc exister cliez le poulet et chez les mammifères. Nous ignorons s'il en est de même chez l'homme.
Origine apparente. Le nerf facial a son origine apparente dans le sillon horizontal (pii sépare la protubérance annulaire de la moelle allongée, au-dessus des fibres radiculaires du nerf glosso-pharyngien et au-devant de l'origine apparente du nerf acoustique, fig. 369, VIL
Trajet périphérique. A partir de son origine apparente, le nerf facial se du'ige obliquement en avant et en dehors vers l'oi'iflce interne du conduit auditif interne. Il parcourt ce conduit avec le nerf acoustique, étant placé dans une gouttière que présente la face supérieure de ce dernier nerf.
n ophihaîji-L.
^ Ji irijuirumu^-
aq. iphtito bcUut
n petit bùreujc Slipcrj.
aa.oti<jHjV
n 'paltxtj rt^si.
n dcivt
- -n d n-L ci ictiicr
. y ■ cU, Ja.tobsoit' ■n U.in.pvriil àiLptrf.
— r mijhj hxjoi-cL.
''br tej-ixporo fa.CixiiA' br ct^rvico- fiic-lule^
Schéma montrant les anastomoses qui se font entre le nerf trijumeau, le nerf facial et le nerf glosso-pharygien,
Arrivé au fond du conduit auditif interne, il se sépare du nerf acoustique et pénètre dans le canal de Fallope qui lui est destiné. Avec ce canal, il se dirige d'abord horizontalemeht en avant et en dehors ; après un court trajet, il se coude brusquement en arrière, fig. 370, étant situé dans cette partie du canal de Fallope qui surplombe quelque peu la partie supérieure de la paroi interne de la caisse du tympan. Arrivé à la limite postérieure de cette caisse, il se coude une seconde fois sur lui-même et prend une
direction verticale pour sortir bientôt par l'orifice inférieur du canal de Fallope ou trou stylo-mastoïdien. A sa sortie du canal, le facial se dirige en bas et en avant vers le bord postérieur du muscle masséter en traversant d'arrière en avant l'épaisseur de la glande parotide. Pendant ce trajet, il est situé en deliors du ventre postérieur du muscle digastrique, en dehors aussi de la carotide externe et de la veine temporo-maxillaire. C'est dans l'épaisseur de la parotide qu'il se divise en deux branches terminales : une branche temporo-faciale et une branche cervico- faciale.
Branches collatérales. Pendant ce trajet assez complexe, le nerf facial fournit un grand nombre de branches collatérales.
A l'endroit où le canal de Fallope se recourbe pour la première fois horizontalement en arrière, le nerf facial présente un épaissement triatigulaire connu sous le nom de genou du facial {geniculum n. facialis) et formé par un amas de cellules nerveuses constituant le ganglion géniculé ou genouillé [ganglion geniculi). Nous reviendrons plus tard sur la structure et sur la signification de ce ganglion. A ce niveau, le nerf facial émet deux branches collatérales : le nerf grand pétreux superficiel et le nerf petit pétreux superficie'.
Le nerf facial et la branche moyenne ou nerf maxillaire supérieur
du nerf trijumeau (d'après Hirschfeld).
1° Le nerf grand pétreux superficiel (n. petrosus super ficialis major) parcourt d'abord Miiatus de Fallope qui l'amène dans une gouttière que
préseiile la l'ace aiitériouru du rocher. Pendant ce trajet, il s'est réuni au nerf grand pétreux profond, branche du rameau de Jacobson appartenant au glosso-phnrynj^ien. Cette gouttière conchiit le nerf grand pétreux superficiel jusqu'au trou déchiré antérieur. Là, il sort de la boîte crânienne et se réunit à un rameau du sympathique provenant du plexus carotidien pour former le nerf vidien ou nerf du canal pteriigoidien (n. canalLs plerijyoidei). Celui-ci parcourt le canal vidien percé dans la base de l'apophyse ptérygoïde du sphénoïde et arrive ainsi dans la fosse ptérygo-palatine, oii il se jette dans le ganglion spliéno-palatin du nerf maxillaire sui)érieur, kig. 371. On admet généralement que les fibres motrices, amenées du facial au ganglion sphéno-palatin par le nerf grand jiétreux superficiel, se rendent par les nerfs palatins dans les muscles i)éristapliylin interne et palato-staphylin du voile du palais. Nous avons vu cependant que, d'après les recherches expérimentales de Rethi, ces muscles seraient innervés par des fibres du nerf pneumogastrique.
2" Le nerf petit pétreux superficiel (n. petrosus superficialis minor) provient également du facial au niveau du ganglion géniculé, il s'anastomose avec le nerf petit pétreux j^rofond, branche du rameau de Jacobson, traverse un petit canal creusé dans la paroi antérieure du rocher et arrive ainsi dans la boite cranienne.il se di ige en avant, parallèlement au nerf grand pétreux superficiel, et sort du crâne par un petit orifice situé en dedans du trou ovale. Arrivé ainsi à la face externe de la base du crâne, il se jette dans le ganglion optique qui dépend du nerf maxillaire inférieur, branche inférieure du trijumeau. Ce nerf amène au ganglion optique des fibres motrices du facial et des fibres sensitives du glosso-pharyngien dont on ignore la destinée.
3" Le nerf du muscle de rétrier {n. stapedius). Il provient du facial pendant son trajet dans la partie verticale descendante du canal de Fallope, pénètre en avant dans la saillie osseuse appelée pyramide et s'y termine dans le muscle de l'étrier.
4" La corde du tympan provient du facial un peu au-dessus du trou stylo-mastoïdien. Ce nerf se dirige directement en haut et en avant, de façon à former avec le facial un angle aigu ouvert en haut, et parcourt un petit canal osseux qui vient s'ouvrir dans la caisse du tympan près du bord postérieur et inférieur de la membrane du tympan. Dans la caisse du tympan, ce nerf décrit une courbe à convexité supérieure et à direction antéro-i)Ostérleure. Pendant ce trajet, il passe entre le manche du marteau et la grande apophyse de l'enclume, kig. 372, et sort de la caisse par un petit canal situé à l'extrémité interne de la fente de Glaser ou fissure
pétro-tympanique. Arrivée ainsi à la base du crâne, la corde du tympan se dirige en bas et en avant pour s'unir au nerf lingual. Unie au nerf lingual, la corde du tympan fournit des branches au ganglion sousmaxillaire, puis se termine avec les fibres du nerf lingual dans la muqueuse
qui recouvre les deux \\ri'> antérieurs du dos de la langue.
LuxqiLCLt irûr.
ud.
FiG. 372.
La corde du tympan.
On admet généralement que la corde du tympan renferme :
1° des fibres secrétaires destinées à la glande sous-maxillaire et à la glande sublinguale, provenant directement du nerf facial lui-même et allant constituer la racin»^ motrice du ganglion sous-maxillaire ;
2° des fibres gustatives dont l'origine est très contestée.
Ce qui est certain, c'est qu'après la section de la corde du tympan dans l'oreille moyenne les impressions gustatives ne sont plus perçues dans les deux tiers antérieurs du dos de la langue. La corde du tympan renferme donc des fibres gustatives.
D'après quelques auteurs, ces fibres gustatives proviennent du nerf trijumeau par la branche maxillaire supérieure. Nous avons vu, en effet, que le facial est uni au trijumeau par le nerf grand pétreux superficiel
qui so leiui du j;anj;iion géiiiculé au ganglion sphéno-palatiii. Celte brandie anastuniotique renferme des fibres motrices provenant du facial. Elle renfermerait aussi des fibres sensitives provenant du trijumeau; celles-ci s'accoleraient au facial jusque près du trou stylo-mastoïdien, puis quitteraient le facial pour ])ai'coui'ir la corde du tympan et se terminer dans la muqueuse de la langue, vu:. 373. Cette bypotlièse est généralement al»;ni(l(iiiu(;e aujoiird'liui , dos reclierchcs expérimentales faites sur le chien ayant prouvé (jik; l'extirpation du ganglion spliénopalatin n'amène j)as la perte de la sensibilité giistative dans la murpieuse Ce la partie antérieure de la langue.
(70 cuhaio pcUixti.
>Z pCllcilLlI,
iiiiieroant Ici >7iu.6clo ptJiilùifih, interna et fiit.laJ.o- sUiphuiniX'
n .JucLclL'
gq COLl/O 3-n.cl^x.- .
FiG. 373.
Schéma indiquant le chemin que suivraient les libres gustatives pour aller du trijumeau dans la corde du tympan. La ligne pointillée indique le trajet des libres gustatives venant du trijumeau et les lignes pleines montrent le trajet des fibres motrices venues du facial.
D'autres auteurs admettent que les fibres gustatives de la corde du tym])an lui viennent du nerf glosso-pharyngien. Pour arriver dans la corde du tympan, ces fibres suivraient le nerf petit pétreux profond qui s'unit au nerf petit pétreux superficiel; par là, les fibres gustatives arriveraient au ganglion géniculé du facial. Ces fibres du glosso-pharyngien quitteraient le facial au niveau de l'origine de la corde du tympan.
L'opinion la plus probable, c'est que les fibres gustatives de la corde
du tympan proviennent directement du tronc cérébral lui-même par le nerf intermédiaire de WiusrŒRc, dont nous parlerons plus loin.
o" Un rameau ajiastomotique avec le nerf auriculaire du vague.
Après sa sortie du canal de Fallope, le nerf facial fournit les branches collatérales suivantes :
1° Le rameau auriculaire postérieur ou profond Ir. auricularis posterior). Il se sépare du facial au niveau du trou stylo-mastoïdien et se dirige en arrière entre l'apopbyse mastoïde et le conduit auditif externe. Ce nerf arrive sur la face externe de l'apophyse mastoïde, s'anastomose avec le nerf auriculaire principal du plexus cervical et se divise en deux branches terminales qui se rendent dans le muscle auriculaire supérieur, le muscle auriculaire postérieur et le muscle occipital.
2" Un rameau anastomotique avec le nerf glosso-pharyngien.
3" Le rameau du stijlo-hjoidïen et du digastrique destiné à innerver le muscle stylo-hyoidien et le ventre postérieur du muscle digastrique.
4° Le rameau du stylo-glosse. Il croise le muscle stylo-pharyngien, s'anastomose avec le nerf glosso-pharyngien et se termine dans le muscle stylo-glosse.
Branches terminales. Dans l'épaisseur de la glande i)arotidienne. le nerf facial se divise en une branche supérieure appelée temporo-faciale et une branche inférieure ou cervico-faciale. Arrivées sur la face externe du muscle masséter, ces deux branches s'anastomosent fréquemment entre elles et forment un plexus d'oii partent en divergeant toutes les branches terminales pour se rendre dans les muscles superficiels de la face, depuis le muscle frontal jusque dans la partie supérieure du muscle peaucier du cou, FIG. 374.
La branche temporo-faciale est la plus volumineuse. Elle se dirige en haut et en avant vers le col du condyle du maxillaire inférieur. Là, elle reçoit plusieurs filets anastomotiques du nerf auriculo-temporal et se divise en plusieurs rameaux qui se divisent et se subdivisent à leur tour et se rendent dans tous les muscles de la face, depuis le front jusqu'à la lèvre supérieure.
On divise ces fdets terminaux d'après les régions auxquelles ils se rendent en :
1° rameaux temporaux Irami temporales) et frontaux, innervant le muscle auriculaire antérieur, le muscle frontal et le muscle sourciller ;
2° rameaux orbitaires ou palpébraux destinés au muscle orbiculaire des paupières ;
3*^ rameaux sous-orhilaires ou nasauj: {rami zygomatici) donnant des libres motrices au muscle zygomati(iue, à l'élévateur de la commissure, au muscle carré de la lèvre supérieure et au muscle transverse du nez; enfin
4" rameaux buccaux supérieurs {rami buccales) se terminant dans le muscle buccinateur et la partie sui)érieure du muscle orbicuiairo des lèvres.
,/l fronl
FiG. 374.
Brandies terminales du nerf facial. Gr. nat, 1/2.
La branche cervico-faciale descend, dans l'épaisseur de la parotide, vers l'angle du maxillaire inférieur où elle se divise en branches terminales :
a) les rameaux buccaux inférieurs (rami buccales) destinés au muscle buccinateur et à la moitié inférieure du muscle orbiculaire des lèvres ;
b) le rameau mentonnier (ramus marginalis mandibulae) longeant le
bord inférieur du maxillaire i)Our se teriniiiei- dans les muscles de la lèvre inférieure et du menton ;
c) le rameau du cou (rnmus colli) (\u\ descend dans la région sushyoïdienne, s'anastomose avec les branches terminales du nerf ciUané du cou et innerve par ses fdets terminaux le muscle peaucier.
Toutes ces branches terminales du nerf facial s'anastomosent fréquemment avec les branches terminales voisines du nerf trijumeau, de telle sorte qu'un grand nombre des tilets du Ricial deviennent, dans leur trajet périphérique, des nerfs mixtes donnant des libres aux muscles et des fibres à la peau.
Littérature.
Retzil'S : Die End'gungsiceisc des Ge/iôrJtcrveii. Biolog. Untors., Neu'"'. Folgc, 1892. — Van Gkhucuïen : Contribtition à l'étude des ganglions ccrcbro-spinaux. La Cellule, t. Vil, 1892. — Cajai, : Nuevo concepto de la Histolngki de los Ce^itros ncrviosos. Barcelone, 1893. — v. Lenhossek : Die ^ervenendigung n in. den Maciilae xind Cristae acusticae. Beitrapre zur Histologie dis Nei'veiisvslum; und der Sinnesorgane, AViesbaden, 1804. — Va.n Gkhuchtkn : Le système nerveux de l' homme, l'^ édition. Lierre, 1893. — Cajal : Ajmntes jwra cl estudio dcl bulho raquideo, ccrebelo y origen de los nervios encefalieos. X. Origen del 7tervio vestibular. Msdrid, 1895. — Mathias DuvAi. : Recherches sur Vorigine réelle des nerfs crâniens. Journal de Tanatomie et de la physiologie, 1878 à 1880. — Tkstut : T7-aité d'anatomie humaine. Deuxième édition — Cajai. : Loc. cit. XVL Nucleo del facial. Malrid, 1895. — Lugaro : Ueber den Vrsprung einiger Hirnnerven. Moleschott 's Untersachungen, Ed. XV.
VI NGT-CINQU I ÈME LEÇON La structure interne du niétencéphale, (Suite).
Le nerf intermédiaire ou nerf de 'Wrisl:)erg. — Le nerf t)ciilo-inoteur externe. — Le nerf trijumeau.
Le nerf intermédiaire ou nerf de Wrisberg.
Entre rurigiiie apparente du nerf acoustique et celle du nei'f facial, on trouve, dans le sillon horizontal qui sépare le mëtencëphale du inyélencépliale, un mince lilet nerveux que l'on considère généralement comme une seconde racine du nerf facial. Ce tllet nerveux a été décrit ]iar WiusiîEnr. sous le nom de nerf intermédiaire (n. intermedius). On lui donne communément le nom de nerf intermédiaire de Wrisberg. A partir de son origine apparente, il se dirige en avant et en dehors, étant situé entre le nei-f acoustique qui est en dessous et le nerf facial qui se trouve au-dessus ; il parcourt avec ces deux nerfs le conduit auditif interne, envoie quelques lilets anastomotiques au nerf acoustique pour se jeter tlnalement dans le nerf facial.
On a beaucoup discuté sur la valeur de ce nerf intermédiaire et sur son noyau d'origine que l'on cherchait toujours dans le tronc cérébral. En 1878, Mathias Dlval décrit, comme noyau d'origine du nerf intermédiaire, l'extrémité supérieure de la masse grise connue sous le nom de trigone du nerf glosso-pharyngien et du nerf vague. S'appuyant sur ce fait, Testlt considère ce nerf comme un rameau erratique du glosso-pharyngien. Les idées que nous avons acquises depuis sur l'origine réelle des nerfs sensitifs nous permettent de rejeter cette interprétation. Le trigone du glosso-pharyngien et du vague n'est pas un noyau qui donne origine à des fibres périphériques, mais un noyau terminal dans lequel viennent aboutir les fibres sensitives de la dixième et de la neuvième paire des nerfs crâniens. Les noyaux d'origine de ces fibres sensitives se trouvent en dehors de l'axe cérébro-spinal.
En 1883, Sai'olim a fait du nerf intermédiaire de Wrisbeug une étude macroscopique très détaillée. Il a pu poursuivre ce nerf, du côté central, dans le tronc cérébral où il présente une racine descendante qui s'étend, d'après S.^poLixi, jusque dans le voisinage du cordon de Goll; du côté péri-
HSÎ
phérique, il n poursuivi le nerf intermédiaire dans le ganglion géniculé du facial, au-delà duquel il se continue avec un faisceau de fibres nerveuses, qui s'accole tout simplement au nerf facial pour s'en détacher près du trou stylomastoïdien et passer tout entier dans la corde du tympan. D'après Sapolini, le nerf intermédiaire de Wrisberg, le ganglion géniculé et la corde du tympan nr^ constitueraient que les trois parties d'un même nerf, auquel il donne le nuiii (Jf treizième nerf cérébral, fig. 375.
Ce qui donne à ces recherches de Sapolini un appui considérable, c'est que His 1887 et Mahiin 18'.)0; ont trouvé, dans le ganglion géniculé du facial, chez des embryons humains et des embryons de chats, des cellules bipolaires identiques aux cellules bipolaires qui constituent, chez l'embryon, tous les ganglions cérébro-spinaux et que Retzils (1880) a décrit, dans le même ganglion du chien, du chat et de l'homme adultes, des cellules unipolaires identiques aux cellules des ganglions cérébro-spinaux des mammifères adultes.
Plus récemment encore v. LeniirissEK a décrit et figuré les cellules constitutives du ganglion géniculé du facial chez des souris nouveaunées, en se basant sur les résultats fournis par la méthode de Golgi.
Ce sont des cellules unipolaires, identiques aux cellules des ganglions spinaux, dont le prolongement unique, après un trajet d'une longueur variable, se bifurque en une branche périphérique et une branche centrale. Toutes les branches centrales réunies constituent le nerf intermédiaire, tandis que les branches périphériques se joignent aux fibres du nerf facial, v. Lemios- SEK n'a i)u les poursuivre assez loin pour pouvoir établir leur terminaison. Il admet, comme l'opinion la plus probable, que ces branches périphériques deviennent les fibres constitutives de la corde du tympan, opinion en faveur de laquelle plaident les recherches physiologiques de Dlval, VuLPiAN, Ed. Schultze, etc., de même que les recherches anatomiques de Sapolini et de Penzo. Il laisse cependant la porte ouverte aux deux possi-
FiG. 375.
ti33
bilités suivantes : iiiu' partie de ces fibres pourraient rester dans le facial jusque dans ses raniiUcations péripiiériques, puisque le nerf facial est sensible à sa sortie du trou st\lo-iuasloidien ; ou l)ieii ({uelques-unes de ces fibres pourraient, au niveau de l'entrecroisement du facial avec le rameau auriculaire du vai;ue, se rendre dans ce dernier nerf.
Le j^angiion i^éniculé doit donc être considéré connue un gan},Hion cérébrospinal. S'il en est ainsi, il ne peut appartenir au nerf facial, puisque le nerf (acial, tel qu'on le considère actuellement, esl un nerf exclusivement moteur. On ne trouve, en eltét, de ganglion péripbéri(iue que sur le trajet des nerfs sensibhîs et par conséquent h; ganglion géniculé ne peut appartenir qu'à un nerf sensible.
Dans ces conditions, il ne reste plus que deux alternatives : ou bien, nous devons considérer le nerf intermédiaire de Wiusiœrg comme un nerf distinct, un treizième nerf cérébral, comme le propose Sapolini. Ce serait alors un nerf exclusivement sensitif ayant son noyau d'origine réelle dans le ganglion géniculé. Ou bien, nous pouvons considérer le nerf de Wrisbeug comme la partie sensitive du nerf facial. Dans cette hypotbèse, le nerf de la septième paire serait un nerf mixte comme le trijumeau, le giosso-pharyngien, le pneumo-gastrique et comme tous les nerfs spinaux, La partie sensitive du nerf facial aurait naturellement son noyau d'origine réelle dans le ganglion géniculé.
Dans l'une et l'autre de ces bypotbèses, les fibres qui dépendent du ganglion géniculé doivent, à leur entrée dans le tronc cérébral, se comporter comme les fibres d'un nerf sensitif, c'est-à-dire qu'elles doivent se bifurquer en branches ascendantes et en branches descendantes. Nous avons vu que les branches ascendantes des nerfs sensitifs crâniens sont généralement très courtes et se terminent dans la substance grise voisine (témoin la partie sensitive du nerf glosso-pbaryngien et du nerf vague). Les brandies descendantes, au contraire, sont beaucoup plus longues. Elles constituent, pour la dixième et la neuvième paire, le faisceau solitaire ou la racine descendante de ces deux nerfs. Or, d'après les observations de Sai'olini, le nerf de Wrisherg aurait une racine descendante.
Quoiqu'il en soit de cette terminaison centrale des fibres du nerf intermédiaire, une chose nous paraît certaine, c'est que les prolongements externes des cellules du ganglion géniculé s'accolent au nerf facial pour passer dans la corde du tympan. Celle-ci renlerme donc des fibres sensitives qui vont se terminer dans les deux tiers antérieurs du dos de la langue.
Les fibres gustatives, qui existent en réalité dans la corde du tym-
pan, ne doivent donc pas être des fibres d'emprunt soit du nerf trijumeau, soit du nerf glosso-pliaryngien; elles peuvent être les fibres constitutives du nerf de Wrisherg. Ce qui semble faire admettre l'existence, dans la corde du tympan, de fibres motrices originaires du facial, c'est l'action que cette corde exerce sur les glandes sous-maxillaire et sublinguale.