V. Le nerf trijumeau
Le nerf trijumeau {n. trigeminiis) forme la cinquième paire des nerfs crâniens. Il provient de la face latérale de la protubérance annulaire, passe au-dessus de l'extrémité interne de la portion pierreuse du temporal et présente, sur la face supérieure de la grande aile du sphénoïde, un ganglion volumineux appelé gmiglion de Casser ou ganglion semilunaire {ganglion seminulare), d'où partent les trois branches terminales auxquelles ce nerf doit son nom. Ces branches vont porter la sensibilité à la peau de la face, à la muqueuse de la cavité buccale et des fosses nasales et à la peau d'une |)arlie de la tète. Elles donnent aussi la molilité aux différents muscles de la mastication.
Origine réelle. Le nerf trijumeau est un nerf mixte ; il a donc deux noyaux d'origine : un noyau central pour sa partie motrice et un noyau périphérique pour sa partie sensitive.
Les fibres motrices du nerf trijumeau proviennent de cellules nerveuses situées dans l'axe nerveux où elles rornieiit (Ifiix masses grises nettement distinctes : une masse voliiiiiiiiousc; située dans la protubérance annulaire : le noi/au principal on iioijau masticateur et une longue et mince traînée de substance grise ipii s'étend depuis la partie supérieure de la protubérance annulaire jusque près de l'extrémité supérieure des tubercules quadrijumeaux : le noijau accessoire.
Le noyoîi principal est situé profondément dans la protubéi-ance annulaire. Il est formé de cellules nerveuses volumineuses dont les prolongements cylindraxiles deviennent les cylindres-axes des libres motrices périphériques. Quelques auteurs acceptent, pour ces fibres radiculaires
Fm. 381.
Les cellules radiculaires du noyau principal du trijumeau chez l'embryon du poulet.
motrices, un entrecroisement partiel, en ce sens que le plus grand nombre de ces fibres proviendraient du noyau moteur du même côté, tandis qu'un petit faisceau de fibres nerveuses proviendrait du noyau du côté opposé. Cet entrecroisement n'est cependant pas accepté généralement. Dans les recherches que nous avons faites chez l'embryon de poulet, nous avons obtenu réduites quelques fibres radiculaires, fig. 381, qui n'avaient pas leurs cellules d'origine dans le noyau moteur du même côté, mais qu'on pouvait poursuivre jusqu'au delà du raphé. Nous pensons qu'il s'agit de fibres radiculaires provenant du noyau du côté opposé. Si ce ftiit se vérifie, il existerait, au moins chez le poulet, un entrecroisement partiel entre les fibres radiculaires motrices du nerf de la cinquième paire. Cet
entrecroisement partiel semble exister aussi chez l'homme. Sur des coupes qui passent par le noyau d'origine du nerf trijumeau, on voit un faisceau de fibres nerveuses côtoyer le noyau d'origine moteur, traverser toute la largeur de la coupe un peu en dessous du plancher du quatrième ventricule et s'entrecroiser dans le raphë avec un faisceau semblable venant du côté opposé, FiG. 382.
KÔLLiKER accepte cet entrecroisement partiel au moins pour les fibres radiculaires du trijumeau chez le lapin. Cajal prétend n'avoir jamais rencontré de fibres radiculaires croisées dans le tronc nerveux des mammifères qu'il a étudiés. L'existence d'un entrecroisement partiel des fibres radiculaires motrices de nerf trijumeau n'est donc pas absolument prouvée.
Le noyau accessoire de la partie motrice du nerf trijumeau est formé par une longue traînée de substance grise, qui commence près du bord supérieur du mésencéphale, et traverse de haut en bas le cerveau moyen
FiG. 382.
Coupe correspondant au plan de section 4 de la fig.
étant située sur la face latérale de l'aqueduc de Sylvils. Les cellules constitutives de cette colonne grise envoient leurs prolongements cylindraxiles en bas. Tous ces prolongements réunis forment un petit faisceau de fibres nerveuses augmentant de volume de haut en bas et connu sous le nom de racine motrice, racine cérébrale, racine supérieure ou racine mésencéphalique du nerf trijumeau. Arrivées dans le voisinage du noyau masticateur, les fibres constitutives de cette racine se recourbent en dehors et se joignent aux fibres radiculaires venues du noyau principal pour constituer ensemble la racine motrice du nerf de la cinquième paire.
Les cellules d'origine des fibres de cette racine motrice ont été décrites pour la première fois par Deiters, en 1865, et étudiées d'une façon spéciale par Mathias DuvAL en 1879. Ce sont des cellules volumineuses et globuleuses qui semblent
Ml
dépourvues de prolongements protoplasmatiques et que les auteurs désignent communément sous le nom de cellules vésiculeuses.
On a longtemps discuté pour savoir si les libres constitutives de ce qu'on appelle racine supérieure du trijumeau et les cellules vésiculeuses voisines doivent être considérées comme appartenant au nerf trijumeau ou bien au nerf pathétique. Deiters, Stim.ing, IIkni.e et Stieda les rattachaient au nerf de la quatricre paire; Meynert, HuGUENiN, Merkki,, Krause et ScuwALBE au nerf de la cinquième paire. La question semblait définitivement tranchée en faveur de cette dernière manière de voir à la suite des recherches de Mathias Dlvai.. Ce savant a constaté en effet, que, chez la taupe, il n'existe ni fibres radiculaircs, ni noyau d'çrigine du nerf pathétique, et cependant on y retrouve la racine supérieure du trijumeau avec les cellules vésiculeuses voisines.
Un travail publié par Goi.Gi, en 1893, a tout remis en discussion. D'après Golgi, la racine supérieure du trijumeau des autours appartient au nerf de la quatrième paire et les cellules vésiculeuses situées le long de la face interne de cette racine sont de véritables cellules monopolaires ayant beaucoup de ressemblance avec les cellules des ganglions cérébro-spinaux. Ces cellules doivent être considérées comme les cellules d'origine du nerf pathétique. Ce sont des cellules monopolaires, totalement dépourvues de prolongements protoplasmatiques. Goi.Gi attache à ce fait une grande importance. Ces cellules, dépourvues de prolongements jjrotoplasmatiques, lui servent à combattre la théorie de Van Gehi ghten et Ramon y Ca.jal, théorie d'après laquelle les prolongements protoplasmatiques possèdent la conduction cellulipète et les prolongements cylindraxiles la conduction cellulifuge.
Kôi.LiKER, le premier, s'est élevé contre ces assertions de Golgi, D'après lui, les cellules vésiculeuses en question sont des cellules multipolaires ; elles représentent les cellules d'origine de la racine supérieure du trijumeau des auteurs ; celle-ci doit être considérée comme une racine motrice.
Des recherches spéciales que nous avons faites sur le système nerveux central des poissons osseux, il résulte que ces prévisions de Kôlliker sont conformes à la réalité. Les cellules vésiculeuses sont les cellules d'origine des fibres de la racine supérieure du trijumeau. Arrivées au niveau du noyau moteur de la protubérance, ces fibres se recourbent en dehors pour prendre part à la constitution du nerf périphérique.
liUGARo a vu, chez des fœtus de lapin, le prolongement cylindraxile des cellules nerveuses situées de chaque côté de l'aqueduc de Syi.viu.s pénétrer dans la racine supérieure du trijumeau. Les cellules d'origine étaient presque toutes unipolaires; il a pu poursuivre leurs prolongements cylindraxiles jusqu'au noyau masticateur.
Plus récemment encore Cajal a étudié les cellules constitutives de cette colonne grise dans le système nerveux central du lapin, de la souris et du rat. Il a pu établir que le prolongement cylindraxile de chacune de ces cellules nerveuses, arrivé au niveau du noyau masticateur, émet deux, trois ou quatre branches collatérales qui vont se ramifier et se terminer entre les cellules constitutives du noyau masticateur.
Arrivées dans le voisinage de ce noyau, les fibres de la racine supérieure se recourbent en dehors pour se joindre aux fibres venues du noyau principal et constituer ensemble la racine motrice du nerf de la cinquième paire.
Le noyau sensitif est situé en dehors de l'axe cérébro-spinal. Il est représenté par le ganglion de Casser, Ce ganglion est constitué, chez toug les vertébrés que nous avons étudiés, de cellules nerveuses unipolaires id('iiti(pies aux cellules des ganglions spinaux, vu,. 383. Le prolongement uni([ue de chacune de ces cellules nerveuses se bifurque bientôt en une
FiG. 383.
Le ganglion de Gasser d'un embryon de cobaye presqirà terme.
branche externe et une branche interne. La branche externe devient le cyiiudre-axe d'une fibre nerveuse sensitive périphérique, La branche interne devient le cylindre-axe d'une fibre de la racine sensitive. Arrivées dans la profondeur de la protubérance annulaire, toutes ces fibres sensitives se bifin^quent en une brancbe ascendante et une branche descendante, fk;. 384. Les branches ascendantes sont très courtes et très grêles; elles se terminent, par des ramifications , libres, entre les cellules constitutives de la masse grise voisine qui représente la partie supérieure du noyau sensilil" terminal du trijumeau.
Les bi'aiiclics (l('S('{'ii(l;iiitcs (|iii proviciiiiciil des fihi'os S(;iisili\i'S du lU'if Irijimicnii soiil lt(';iiic(Mi|) plus Idiii^iics. Kllcs se l'éiinissoiil eu nu raisccaii Irrs coiiiiiacti' coiiiiii sous le uoiu de riiciiit' dcscciithniU' ou mieux encore ntv'mc iiilrriciii\\ nic'uic siiiinih', raciiic senslthh' du ncir trijumeau. On peut poui'siuvre (■cite raciuc à ti'avers la partie inlericui'c (h; la pi'O- Inhéranee et toidc l'étendue de la moelhi allongée jusqu'au niveau du premier nerf cervical. Cette racine de.s(; ndantii l'ecouvre toujours en dehors
Fi(i. 384.
Schéma montrant l'originu réelle des libres constitutives du nerf trijumeau.
la substance gélatineuse de Rolaxdo. Elle diminue de volume de haut en bas, parce qu'à chaque instant des fibres quittent ce faisceau pour se rendre dans la substance grise avoisinante. Pendant ce trajet descendant, toutes les fibres constitutives de cette racine abandonnent de nombreuses collatérales qui se terminent dans la longue colonne d(î substance grise (pii accompagne en dedans cette racine et que l'on désigne sous le nom de noyau de la racine spinale du trijumeau. Cette colonne grise repiésente à la fois le noyau terminal pour les fibres constitutives du nerf périphérique et le noyau d'origijie pour les fibres de la voie sensitive centrale.
Sur des coupes de la protubérance annulaire d'embryons de poulet faites au niveau de l'origine du nerf de la cinquième paire, nous avons
vu presque toutes les fibres sensitives se bifurquer à leur entrée dans le tronc cérébral ; pour les unes, les deux branches de bifurcation avaient le même volume et devenaient fibres constitutives des deux racines ; pour les autres, la branche descendante, très épaisse, pénétrait seule dans la racine descendante, tandis que la branche ascendante, beaucoup plus grêle, prenait une direction horizontale; parmi celles-ci, les plus courtes se terminaient directement dans la substance grise voisine, tandis que les
FiG. 385.
La base du crâne montrant la sortie des nerfs crâniens. Gr. nat. 1/2.
plus longues pénétraient dans le pédoncule cérébelleux moyen pour se rendre au cervelet. Ce sont là, sans doute, les fibres de la voie sensitive directe du cervelet, dont Edingeu admet l'existence pour les nt-rfs sensibles crâniens.
Dans le système nerveux central de la truite et de la salamandre, les fibres sensitives ne se bifurquent pas, mais se recourbent directement en bas pour devenir des fibres constitutives de la racine inférieure.
Origine apparente. Le nei'f trijumeau sort de l'axe cérébro-spinal sur la partie latérale de la protubérance annulaire au point où celle-ci se
continue avec le pédoncule cérébelleux moyen, ne. 386. Cette origine se fait par deux racines : l'une externe, très volumineuse, constitue la grosse racine ou racine sensitive (portio major) ; l'autre, interne, beaucoup plus grêle, s'appelle la petite racine ou racine motrice (portio minor).
Trajet périphérique. A partir de leur origine apparente, les deux racines du nerl" trijumeau se dirigent en avant et en dehors. Elles passent par
Jtunoi
c oe/i cxt.
FiG. 386.
Face antérieure du tronc
c. mam. : Corps mammillaires.
inf. : Infundibulum.
ch. : Chiasma des nerfs optiq 'os.
s. int. : Substance interpédonculaire.
bnnd. : Bandelette optique.
pc. : Pédoncule cérébral.
c. gen. ext. : Corps genouillé externe. pr. : Protubérance annulaire.
pcm : Pédoncule cérébelleux moyen.
cérébral. Gr. nat.
lob : Lobule du pneumo-gastrique.
cire. : Sillon circonférenciel.
Olive.
Pyramides antérieures.
Racine antérieure du premier nerf cervical.
Origine des dix dernières paires des nerfs crâniens.
py-
III à XII
un orifice ovalaire formé par la petite dépression que présente la partie interne du bord supérieur du rocher et par le bord postérieur de la tente du cervelet qui passe comme un pont au-dessus de cette dépression, l'iG. 385. Arrivé ainsi sur la face antérieure du rocher, le nerf trijumeau présente son ganglion volumineux, de forme semi-lunaire, appelé
ganglion de Casser. Ce ganglion est situé dans une loge fibreuse constituée par un dédoublement des deux feuillets constitutifs de la dure-mère et connue sous le nom de loge de Meckel. La racine sensitive seule se continue avec le ganglion. De ce ganglion de Gasser partent les trois grandes branches terminales du trijumeau : 4" le nerf ophthulmique de Willis (n. ophthalmicns), qui entre dans la cavité orbitaire par la fente sphénoïdale, 2" le nerf maxillaire supérieur [n. maxillaris), qui sort du crâne par le trou grand rond et 3" le nerf maxillaire inférieur ou nerf mandibulaire {n. mandibularis) qui quitte la boîte crânienne par le trou ovale. La racine motrice, d'abord située en avant et en dedans de la racine sensilive, passe en dessous de cette dernière, puis en dessous du ganglion de Gasser pour se jeter tout entière dans le nerf maxillaire inférieur.
Première branche.
Le nerf ophthalmique. .
C'est la plus grêle et la plus interne des trois brandies du nerf trijumeau.
Elle est exclusivement sensitive. Ce nerf provient du ganglion de Gasser,
parcourt d'arrière en avant la paroi externe du sinus caverneux et, arrivé à la fente sphénoïdale, il se divise en trois branches terminales : le nerf lacrymal, le nerf frontal et le nei^f nasal, fig. 387.
Pendant son trajet dans la paroi externe du sinus caverneux, il reçoit quelques fdets du plexus carotidien interne du sympathique, s'anastomose avec le nerf
oculo-moteur commun, donne quelques filets au nerf pathétique et au
iiiiiU ccct
FiG. 387.
nerf oculo-moteur externe et émet une l)i'anche récurrente, le nerf récurrent d'Arnold, qui va se terminer dans la tente du cervelet (n. tentorii).
1^ Le nerf lacrymal {n . Incrimalix) . Le nerf lacrymal est la plus grêle des trois branches du nerf opiilhalmique. Il pénètre dans la cavité orbitaire par la j)artie la jikis externe de la fente sphénoidale et, placé immédiatement contre le périoste de cette cavité, il se dirige vers la glande lacrymale en longeant le bord supérieur du muscle droit externe. Arrivé près de la glande lacrymale, le nerf se divise en deux rameaux : l'un, le rameau externe ou inférieur, descend et va s'anastomoser avec le rameau orbitaire dn nerf maxillaire supérieur [ramus anastomoticus cum n. zygoînatico); de l'anse nerveuse ainsi formée partent des filets destinés à la glande lacrymale; l'autre, le rameau interne ou supérieur, pénètre jusque dans la glande et se résout en rameaux terminaux destinés à la glande, à la conjonctive, à la peau de la paupière supérieure et à la peau de l'angle interne de l'œil, fig. 388.
2" Le nerf frontal {n. frontalis). Le nerf frontal constitue la branche la plus volumineuse du nerf ophthalmique. Il pénètre dans la cavité orbitaire par le milieu de la fente sphénoidale, chemine le long de la paroi supérieure de l'orbite directement appliqué contre le périoste et. arrivé près de la base de l'orbite, il se divise en deux branches terminales : le nerf frontal interne et le nerf frontal externe, fig. 387 et 388.
Le nerf frontal externe ou nerf sus-orbitaire (n. siipraorbitalis) sort de l'orbite par l'échancrure sus-orbitaire et se divise en rameaux palpébraiix destinés à la peau de la paupière supérieure et en rameaux frontaux, beaucoup plus volumineux, qui vont porter la sensibilité à la peau de la région frontale jusque dans le voisinage de la suture coronaire. Au niveau de l'échancrure sus-orbitaire, il abandonne un petit filet nerveux qui s'engage dans l'épaisseur même de l'os frontal pour se rendre dans les sinus frontaux.
Le nerf frontal interne (n. supratrochlearis) sort de l'orbite un peu en dedans de l'échancrure sus-orbitaire; il se divise en rameaux descendants qui se terminent dans la peau de la partie interne de la paupière supérieure et en rameaux ascendants destinés à la peau de la partie médiane de la région frontale.
3° Le nerf nasal ou naso-ciliaii^e (n. nasociliaris) . Il pénètre dans l'orbite par la partie interne de la fente sphénoidale et traverse l'anneau de ZiNN. Placé en dessous du muscle releveur de la paupière supérieure et du muscle droit supérieur, il (;st d'abord situé en dehors du nerf optique, puis se dirige obliquement en dedans, en passant au-dessus de ce dernier nerf; il longe ensuite la paroi interne de la cavité orbitaire et se
terinine, nu niveau du conduit urljitaire interne et antérieur, en nerf nasal interne et en nerf nasal externe.
Pendant ce trajet, le nerf nasal fournit les branches collatérales suivantes :
a) En dehors du nejf optique, une branche nerveuse a un ganglion gris placé sur la face externe de ce nerf : le ganglion ciliaire ou ganglion ophthiilmiquc. Cette branche du nerf nasal constitue la longue racine iradix longa ganglii cilidris- uu la racine sensitive de ce ganglion.
/z ùcLi^m.e,rûhfUtiti
i*iii / ^
FiG. 388.
Les branches cutanées du nerf trijumeau.
h) En dedans du nerf optique, le nerf nasal fournit quelques tjJets longs et grêles appelés nerfs ciliaires longs hm. ciliares longi); ceux-ci se rendent au globe oculaire avec les nerfs ciliaires courts qui viennent du ganglion ophthalmique.
Branches terminales. Le nerf nasal fournit deux branches terminales :
1° Le nerf nasal externe ou nerf sous-trochléaire n. infratrochlearis).
Il longe la paroi interne de l'orbite en dessous du muscle grand oblique,
passe sous la poulie cartilagineuse de ce muscle, traverse l'orbiculaire (les j)aupières et se divise en rameaux ascendants destinés à la j)f'au de la paujiière supérieure et à celle de la i)artie voisine du front, et en rameaux descendants destinés à la conjective, à la caroncule lacrymale, aux conduits lacrymaux, au sac lacrymal, à la peau de l'anj^le interne des paupières et à celle de la racine du nez.
2° Le nerf nasal interne ou nerf ethmo'idal {n. ethmoidalis anierior) traverse le conduit orbitaire interne et antérieur et arrive ainsi dans la boîte crânienne, sur la face supérieure de la lame criblée de l'etbmoïde. Il traverse alors la fente etbmoidale et pénètre dans les fosses nasales, où il se divise en un lilet interne et un filet externe. Le fdet interne se termine dans la muqueuse de la cloison des fosses nasales. Le fdet externe donne quelques ramuscules à la muqueuse de la paroi externe des fosses nasales, descend sur la face postérieure de l'os propre du nez, passe entre cet os et le cartilage de l'aile du nez pour se terminer dans la peau du lobule du nez sous le nom de nerf naso-lohaire ou nerf nasal externe {ramiis nasalis externus).
Le gang-lion ophthalmique ou gang-lion ciliaire.
Sur la face externe du nerf optique, au fond de la cavité orbitaire, dans le voisinage immédiat du trou optique, on trouve un petit renflement grisâtre connu sous le nom de (janglwn ophthalmique ou ganglion ciliaire. A ce ganglion aboutissent en arrière trois fdets nerveux : ce sont les branches afférentes ou les racines du ganglion. De ce même ganglion partent en avant un grand nombre de filets nerveux très grêles : ce sont les branches efferentes connes sous le nom de nerf ciliaires, Fir.. 389.
Les brandies afférentes ou les racines du ganglion ciliaire comprennent :
a) Une racine motrice ou courte racine reliant le ganglion à la brancbe inférieure du nerf oculo-moteur commun;
bj Une racine sensitive ou longue racine unissant le ganglion à la brancbe nasale du nerf opbtbalmique de Willis; et
c) Une 7'acine sympathique on racine intermédiaire amenant au ganglion ciliaire des fdets sympatbiques provenant du plexus qui entoure la carotide interne dans le sinus caverneux.
Les brandies efferentes du ganglion ciliaire consti'uent les nerfs ciliaires courts inn. ciliares brèves). Ils sont au nombre de cinq ou six au moment où ils partent du ganglion ciliaire; ils se dirigent liorizontalement en avant, se divisent et se subdivisent et, mélangés avec les nerfs ciliaires longs
provenant de la branche nasale de l'ophthalmique de Willis, ils gagnent la face postérieure du globe oculaire enveloppant de toutes parts le nerf optique. Ils traversent alors la sclérotique, courent entre celle-ci et la choroïde, abandonnent des filets destinés aux diflerentes couches du globe oculaire et peuvent être poursuivis jusqu'au niveau du corps ciliaire où ils se divisent en branches terminales : les unes, sensibles, se portent dans toutes les parties voisines du globe oculaire et principalement dans l'épithélium antérieur de la cornée; d'autres, motrices, vont innerver les muscles intrinsèques de l'œil : le muscle ciliaire ou tenseur de la choroïde
n riiujc ùvf
Y \ y y. iph^' vû puJ.ati.1 1^ ctcixluj,rt. SLLp A post.
FiG. 389.
et le muscle constricteur de l'iris ; d'autres encore, de nature sympathique, vont former les plexus nerveux des vaisseaux.
La signification morphologique du ganglion ciliaire a été longtemps en discussion. Quelques auteurs, comme Retzius, le considèrent comme un ganglion sympathique, d'autres lui attribuent la valeur d'un ganglion spinal et le rattachent au nerf de la troisième paire (Schwalbe, Antonelli, etc.). KiuusE partage une opinion mixte. D'après lui, le ganglion ophthalmique est double; il serait formé de deux ganglions fusionnés, dont l'un appartient au sympathique et l'autre représente un ganglion spinal.
Il résulte des recherches récentes de Retzius, entreprises au moyen de la méthode de Golgi, que les cellules constitutives du ganglion ciliaire sont des cellules nerveuses multipolaires identiques aux cellules constitutives
SSl
des ganglions de la chaîne sympatliique. Le ganglion cllialre doit donc être considéré comme un ganglion sympathique.
D'après des recherches expérimentales récentes, les libres du nerf oculo-moteur commun, sectionnées au sortir du mésencéphale, ne dégénèrent que jusque dans le ganglion ciliaire. Si ce fait se confirme, on devrait en tirer la conclusion que les fibres motrices, amenées au ganglion ciliaire par la branche afférente émanée du nerf oculo-moteur commun, se terminent dans ce ganglion par des ramifications libres et que, par conséquent, les cellules d'origine des fibres qui innervent les muscles intrinsèques du globe oculaire se trouvent dans le ganglion ciliaire luimême. Ce fait aurait une importance considérable au point de vue physiologique et pathologique parce qu'il tendrait à prouver que le centre du réflexe pupillaire se trouve, non pas dans le noyau d'origine du nerf de. la troisième paire comme on le croit généralement, mais bien dans le ganglion ophthalmique.
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VI N GT-SIXI ÈM E L ECO N
La structure interne du nriétencéphale (Suite).
Le nerf trijuinetin (suite) : Le nerf maxillaire supérieur et le nerf maxillaire inférieiax- ou. nerf inandibulaire.