‹ Anatomie du système nerveux de l'homme. Lecons professées à l'Université de LouvainChapitre 107 sur 174 · VI N GT-SE PT I È M E L ECO N · texte numérisé non relu

VI N GT-SE PT I È M E L ECO N

La structure interne du nnétencéphale (Suite).

Le cervelet : Sa structure interiae. — Ses connexions. — Sa circulation.

La structure interne du cervelet.

Le cervelet (cerebellum) forme la partie postérieure du métencéphale. C'est une partie volumineuse de l'axe cérébro-spinal occupant les fosses occipitales inférieures. Il est situé en arrière du pont de Varole, en arrière et au-dessus du myéiencéphale, en dessous des lobes occipitaux du cerveau terminal dont il est séparé par la tente du cervelet, fig. 401.

Nos connaissances de l'organisation interne et des fonctions physiologiques du cervc-let sont encore très incomplètes et, malgré de nombreux travaux, le cervelet est encore de nos jours, morphologiquement et physiologiquement, une des parties les plus énigmatiques de l'axe cérébrospinal.

Les recherches de physiologie expérimentale, faites sur le cervelet dans le but de jeter quelque lumière siu- ses fonctions, sont nombreuses et variées. Malheureusement les résultats qu'elles ont fournis sont tellement contradictoires, qu'en 1879 Eckhardt a pu dire, non sans raison, que « depuis Flouuens (4820) le matériel s'est tellement accumulé et est devenu à ce point contradictoire qu'on souhaiterait volontiers ne rien savoir du tout ».

Avant l'application de la méthode de Golgi à l'étude de l'organisation interne du cervelet, on pouvait en dire autant au point de vue histologique.

Il semble néanmoins résulter des nombreuses expériences entreprises, dans ces dernières années, par Luciani, Russell, Ferrier, Turner et d'autres encore, qu'après l'ablation de parties cérébelleuses assez grandes, les mouvements deviennent incertains ; cependant, dans ces cas, l'influence de la volonté sur chaque muscle en particulier paraît conservée intacte.

D'où l'on conclut généralement que le cervelet est un organe qui sert de centre pour la coordination des mouvements. Tous nos mouvements seraient régularisés, coordonnés par le cervelet.

Cette action de cDordination, que le cervelet exerce sur nos mouvemenis, constitue ce que LuaANi appelle l'action statique-équilibratrice exercée par le cervelet sur le système nerveux central, action qui assure dans les éléments en action le rythme et la continuité. A la suite de lésions cérébelleuses importantes ou à la suite de l'extirpation de parties volumineuses du cervelet, cette action statique-équilibratrice fait défaut. On observe alors de la titubation ou de l'incoordination cérébelleuse que LuaAM désigne sous le nom de astasie.

Outre cette action statique-équilibratrice, l'influence du cervelet sur le système nerveux central se manifesterait encore, d'après Luciam, par une action sthénique, qui augmente l'énergie potentielle dont disposent les appareils neuro-musculaires et par une action tonique, qui accroît la tension de ces appareils pendant les pauses fonctionnelles. Chez les animaux privés de la moitié du cervelet, il y a suppression de l'onde continue de renfort (influx nerveux), qui s'irradie normalemet du cervelet vers le cerveau et la moelle. Il s'ensuit que les muscles sont plus flasques du côté de la lésion (atonie), que la contraction musculaire a diminué d'énergie (asthénie), qu'enfin les mouvements ne sont plus fusionnés, ne sont plus coordonnés (astasie). Les lésions cérébelleuses produisent donc, d'après Luciani, l'asthénie, l'atonie et l'astasie à rencontre des lésions cérébrales qui produisent la parésie et la paralysie.

Les auteurs anglais Ferrier et Rcssell admettent l'existence et le rôle de l'astasie, mais ils rejettent l'action tonique et sthénique admise par Luciani.

Les faits fournis par l'anatomie comparée semblent venir à l'appui de cette manière de voir. Le cervelet existe, plus ou moins développé, chez tous les vertébrés. Sa structure interne, pour autant qu'elle est connue, semble la même aussi bien chez les amphibiens, les reptiles et les poissons cyclostomes où le cervelet est réduit à une simple lamelle recouvrant le quatrième ventricule, que chez les poissons osseux, les oiseaux et les mammiières qui ont, en général, un cervelet fortement développé. Edinger, dans ses belles recherches d'anatomie comparée, appelle l'attention sur les faits suivants : les poissons osseux, excellents nageurs, ont un cervelet énorme comparativement à celui de certains poissons cartilagineux, tels que les Dipnoï, qui vivent tranquillement dans la vase. De même, le mince feuillet cérébelleux du lézard devient trois fois plus volumineux chez le crocodile, le seul saurien vivant dans l'eau. Ces faits semblent prouver, dit Edinger, que le cervelet intervient d'une façon quelconque dans le jeu des mouvements, puisque les animaux qui ont besoin de dispositions d'équilibre spéciales, ou mieux d'une coordination toute spéciale des mouvements (nageurs), ont le cervelet plus développé que ceux dont les mouvements sont ou plus lents ou moins complexes.

Mais ce centre de coordination des mouvements n'existerait que dans le lobe médian du cervelet ; les hémisphères, en effet, manquent chez les poissons, les amphibiens et les reptiles.

Chez les oiseaux et les mammifères, les hémisphères cérébelleux existent et se mettent en rapport avec le cerveau terminal par les pédoncules

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PiG. 401.

Vue d'une section médiane de l'encéphale montrant les diverses parties qui le constituent ;

cerveau, cervelet, protubérance annulaire, pr, et moelle allongée, m. ail.

Gr. nat, 2/3.

cl. tr. : Cloison transparente.

cire. d. ce. : Circonvolution du cors calt. chor. : Toile choroïdienne. [leux, s.pc. : Sillon paracentral.

s. cal. m. : Sillon calloso-marginal.

se. pari. oce. : Fissure pariéto-occipitale. se. cale. : Fissure calcarine.

ép. : Épiphyse.

str. méd. : Strie médullaire.

t. quad. : Tuben-ules quadrijumeaux.

V[ : Quatrième ventricule.

p.c. : Pédoncule cérébral.

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