III : Nerf oculo-moteur commun
ht/p. : Hypophyse.
cm. : Corps mamillaires.
ch. : Chiasma des nerfs optiques.
It. : Lame terminale.
co7n. g. : Commissure grise.
com. a. : Commissure antérieure.
gen. : Genou du corps calleux.
cérébelleux moyens qui s'entrecroisent dans le mésencéphale. On ne connaît rien encore des fonctions des hémisphères du cervelet.
Tout porte à croire que le cervelet est un organe important :
1° son existence dans tout l'embranchement des vertébrés;
2° son développement considérable chez les vertébrés supérieurs;
3° surtout ses relations multiples avec les parties voisines : relations avec la moelle allongée et la moelle épinière par les pédoncules cérébelleux inférieurs; relations avec les ganglions de la base du cerveau
FiG. 402.
Coupe horizontale du métencéphale. Gr. nat.
par les pédoncules cérébelleux supérieurs; relations avec le cerveau terminal par les pédoncules cérébelleux moyens.
Si les fonctions du cervelet sont encore si peu connues, la cause principale en réside, sans aucun doute, dans nos connaissances toutes rudimentaires de son organisation interne.
Le cervelet, comme toutes les parties de l'axe cérébro-spinal, est formé de deux substances : la substance blanche et la substance grise, FIG. 402.
La substance grise.
La substance grise se trouve à la i)ériphérie du cervelet où elle constitue la couche corticale grise; c'est une mince lamelle grise qui recouvre régulièrement toute la surface cérébelleuse en suivant tous les plis et
tous les replis qui donnent à eette snrrace son aspect lamelleux. Elle existe encore dans la i)i'ofondeur môme du cervelet, où elle forme plusieurs noyaux enclavés dans la substance blanche. Les plus imj)ortantes de ces niasses grises centrales sont les noyaux dentelés (nudeiis dentatus) ou olives cérébelleuses et les noyaux du toit ou noyaux de Slillïng.
Les noyaux dentelés sont i'ormés d'une mince lamelle grise repliée irrégulièrement sur elle-même et située, de chaque côté de la ligne médiane, au centre de la substance blanche de chaque hémisphère,
Les noyaux du toit sont deux masses grises situées de chaque côté de la ligne médiane, en dedans des olives cérébelleuses, dans la partie la plus élevée du lobe médian du cervelet.
Entre chaque noyau du toit et l'olive cérébelleuse correspondante existent encore deux petits amas de substance grise qui constituent les noyaux dentelés accessoires.
Les niasses grises centrales sont lormées de cellules nerveuses multipolaires et d'un plexus inextricable de fines fibrilles nerveuses. On ignore encore où se terminent, d'une manière certaine, les prolongements cylindraxiles de ces cellules nerveuses de même qu'on n'a pas encore pu établir, sans conteste, l'origine des fibrilles nerveuses qui viennent s'y terminer. On a admis jusqu'ici que les fibres du pédoncule cérébelleux inférieur, qui viennent de la mocîUe allongée, se terminent dans l'olive cérébelleuse, tandis que les fibres qui, par ce pédoncule, arrivent de la moelle épinière (fibres du faisceau cérébelleux) se termineraient dans la masse grise des noyaux du toit. Et encore, que les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur se terminent également, au moins en majeure partie, dans l'olive cérébelleuse.
Les recherches récentes de Cajal, sur les dégénérescences qui surviennent dans les fibres des pédoncules cérébelleux à la suite de l'extirpation de zones limitées de l'écorce cérébelleuse, tendent à prouver que les fibres des pédoncules cérébelleux supérieurs viennent directement des cellules de Purkinje et ne sont par conséquent pas en connexion avec l'olive cérébelleuse. Et, à la suite de ses recherches sur la structure du cervelet, laites au moyen de la méthode de Golgi, Cajal conclut que toutes les fibres qui viennent se terminer dans l'olive cérébelleuse et dans le ganglion du toit sont des fibres qui viennent directement de l'écorce cérébelleuse. Enfin les fibres constitutives du pédoncule cérébelleux inférieur ne se rendraient pas dans l'olive, mais se termineraient dans la couche granuleuse du cervelet où elles forment une partie des fibres mousseuses. Ce dernier
fait, nous l'avons constaté depuis longtemps dans le système nerveux central de la truite. Là, la plupart des fibres du pédoncule cérébelleux inférieur sont des fibres ascendantes; elles pénètrent dans la couche granuleuse de l'écorce cérébelleuse où elles se terminent au moyen des fibres mousseuses décrites par Cajal, Van Gehuchten et Kôllikeu.
De ces recherches de Cajal il semble donc résulter, contrairement à ce que la plupart des auteurs avaient crû jusqu'à présent, que les masses grises centrales du cervelet ne sont pas en connexion, ni avec les pédoncules cérébelleux inférieurs, ni avec les pédoncules cérébelleux supérieurs : la seule connexion probable est celle qui relie l'écorce
cérébelleuse d'un hémisphère à l'olive cérébelleuse correspondante; cette connexion s'établit par des libres de Purkinje qui viennent de la couche corticale du ccnveict pour se terminer dans l'olive. Quant aux cellules constitutives de l'olive elle-même, les recherches de Kôlliker, Cajal et LuGAHo n'ont pas encore pu établir où se rendent leurs prolongements cylindraxiles.
La couche corticale grise du cervelet est formée de deux couches distinctes : une couche externe, d'une teinte grisâtre, appelée généralement couche moléculaire, et une couche interne, d'une teinte roussâtre, connue sous le nom de couche granuleuse. Ces deux couches sont séparées l'une de l'autre par une série continue de cellules volumineuses décrites pour la première fois par Purkinje en 1837 et appelées cellules de Purkinje, fig. 403 et 404. Nous allons décrire successivement :
1° Les cellules de Purkinje; 2° La couche granuleuse; 3° La couche moléculaire.
Cellules de Purrinjk
du (jervelet d'un enfant nouveau-né.
I. Cellules de Purkinje, Ce sont des cellules nerveuses volumineuses
situées à la limite de la couche granuleuse et de la couche moléculaire. Elles sont pourvues de nombreux prolongements protopkismatiques qui tous pénètrent dans la couche moléculaire, s'y divisent et s'y subdivisent pour se terminer i)ar des ramilications libres à la surl'ace du cervelet. Du côté
FiG. 404.
Les différents éléments constitutifs de la couche corticale grise du cervelet,
de la couche granuleuse, chaque cellule de Purkinje émet un prolongement cylindraxile qui traverse cette couche et va devenir le cylindre-axe d'une fibre constitutive de la substance blanche. Golgi a montré qu'en traversant la couche granuleuse, ce prolongement cylindraxile émet quelques branches collatérales qui retournent dans la couche moléculaire où elles se terminent librement, fig. 403 et 404.
II. La couche granuleuse. La couche interne de l'écorce cérébelleuse
est décrite généralement comme formée de petites cellules à noyau volumineux et à corps cellulaire peu développé pourvu de deux prolongements courts et grêles. Ces petites cellules, appelées aussi grains,
donnent, sur des coupes colorées au carmin, un aspect granuleux caractéristique à toute la moitié interne de l'écorce grise du cervelet.
C'est pour ce motif que Gerlach l'avait désignée sous le nom de couche granuleuse. On a longtemps discuté sur la nature de ces grains que les uns considéraient comme des éléments conjonctifs, les autres comme des corpuscules lymphatiques, d'autres encore comme des éléments particuliers appartenant à un tissu spécial propre au système nerveux.
Les recherches faites avec
FiG. 405.
Les grains de la couche granuleuse. (Coupe parallèle aux lamelles du cervelet.)
Ces éléments appartiennent
la méthode de Golgi (Gol(;i, Ramon y Cajal, Kôlliker, Van Gehuchtkn, Retzils) ont révélé la véritable nature des éléments constitutifs de la couche granuleuse. Ces éléments appartiennent à trois espèces de cellules
ayant des caractères nettement distincts :
1" Les grains ou petites cellules de la couche granuleuse ;
2" Les grandes cellules de la couche granuleuse ;
3" Les cellules de neuroglie.
Les grains ou petites cellules de la couche granuleuse, FIG. 405 et 406. Chacun des grains de la couche granuleuse est formé d'un petit corps polyédrique, des angles duquel partent des prolongements protoplasmatiques. Ceux-ci sont généralement au nombre de quatre ou de cinq. Ils ont une longueur variable et se terminent par une petite touffe
FiG. 406.
Les grains de la couche granuleuse. (Coupe
perpendiculaire aux lamelles du cervelet).
de trois ou quatre branches courtes et épaisses. Le prolongement cylindraxile est beaucoup plus grôle (jue les prolongements protoplasmatiques. 11 naît le
plus souvent, à quelque distance du corjjs cellulaire, de l'un ou de l'autre des prolongements protoplasmatiques ; quelquefois cependant il provient du corps cellulaire lui-même. Il se dirige alors vers la couche moléculaire en suivant un trajet plus ou moins ondulé et, arrivé dans cette couche, il se bifurque en deux branches terminales qui courent parallèlement à la direction des lamelles du cervelet . Dans toute l'épaisseur de la couche moléculaire, on trouve ces fibres parallèles, de telle sorte que, sur une coupe antéro-postérieure du cervelet, fig. 406, toute la couche externe grise est criblée de points noirs, sections des branches terminales du prolongement cylindraxile des grains. Sur des coupes frontales, au contraire , ces fibres se montrent suivant leur longueur et la couche moléculaire apparaît doublement striée, fig. 405 : ou y voit des fibres horizontales qui représentent les branches terminales du prolongement cylindraxile, et des fibres verticales, perpendiculaires aux premières, représentant
Fig. 407.
Cellule nerveuse à cylindre-axe court de la couche granuleuse du cervelet d'un chat âgé de huit jours.
la partie des mêmes prolongements cylindraxiles comprise entre les grains et leur point de division en branches terminales, fig. 405. Toutes ces fibres horizontales semblent se terminer librement dans l'épaisseur de la couche moléculaire.
Les grandes cellules de la couche granuleuse. Elles ont été décrites pour la première fois par Golgi. Ce sont des cellules volumineuses pourvues de nombreux prolongements protoplasmatiques, qui se divisent et se subdivisent pour se terminer librement soit dans la couche granuleuse elle-
-y 1 f même, soit dans la couche moléculaire. Le prolongement cylindraxile pénètre plus profondément dans la couche granuleuse, s'y divise et s'y subdivise un nombre considérable de fois, de façon à donner naissance, par toutes ces branches de division entrelacées, à un plexus inextricable occupant une grande étendue de la couche granuleuse, fig.
407. On ignore encore quelle peut être la signification physiologique de ces grandes cellules. Par la façon dont se comporte le prolongement cylindraxile, elles rentrent dans le groupe des cellules sensitives de Golgi, cellules à cylindre-axe court de Ramon y Cajal, Kolliker,Van Gehuchten, V. Lenhossek et Retzius. On peut les considérer, avec Cajal, comme des cellules d'association ayant pour fonction d'agir, à la fois, sur un nombre considérable de petites cellules de la couche ganuleuse.
Les cellules de neuroglie. On trouve dans la couche granuleuse du cervelet deux espèces de cellules de neuroglie. Les unes, petites, sont pourvues d'un grand nombre de prolongements courts et grêles rayonnant dans tous les sens autour de la cellule dont ils proviennent. Les
Fig. 408.
Cellules de neuroglie de l'écorce grise du cervelet.
autres, beaucoup i)lus voliniiineuses, ont un corps cellulaire irrégulier; elles émettent, dans la couche granuleuse, quelques petits prolongements gros et courts ; mais du côté de la couche moléculaire, elles sont pourvues de prolongements plus volumineux et plus longs qui traversent toute
FiG. 409.
Cellules de neuroglie de l'écorce cérébelleuse d'un enfant nouveau-né. c.P. : Zone des cellules de Purkinje.
cm. : Couche moléculaire.
c.gr.sup. : Couche des grains superficiels.
l'épaisseur de cette couche pour se terminer, près de la pie-mère enveloppante, par un petit épaississement triangulaire, fig. 408 et 409.
III. La couche moléculaire. La couche moléculaire est riche en cellules
qui ont été décrites pour la première fois d'une façon exacte par Ramon Y Cajal et dont l'existence a été confirmée par Kôlliker, Van Gehuchten et Retzius. Ces éléments occupent surtout les deux tiers internes de la couche. Le corps cellulaire est pourvu de nombreux prolongements protoplasmatiques qui se terminent librement dans la couche moléculaire. Le prolongement cylindraxile de ces cellules nerveuses traverse la couche suivant une direction antéro-postérieure, perpendiculaire à la direction des fibres parallèles qui dépendent des petites cellules de la couche granuleuse. D'une longueur variable, il émet sur son trajet des branches collatérales qui descendent verticalement en bas et se terminent par une
FiG. 410.
Les différents éléments constitutifs de la couche corticale grise du cervelet,
touffe de branches libres autour du corps des celhiles de Purkinje, puis se recourbe lui-même en bas et se termine comme une de ses branches collatérales, fig. 4I0.
mi
En deliors de ces cellules nerveuses, on trouve encore, dans la couche moléculaire, les branches verticales et les fibres parallèles qui représentent les iirolongenients cyliiulraxiles des petites cellules de la couche granuleuse, les ramifications protoplasinatiques des cellules de PuRKiNJE et les ramifications des cellules de neuroglie de la couche granuleuse, fig. 409.
En décrivant les fibres de la substance blanche, nous verrons qu'un grand nombre d'entre elles viennent encore s'y terminer par des ramifications libres.
La couche corticale grise du cervelet a donc une structure excessivement complexe. Pour mieux la faire ressortir par une vue d'ensemble, nous avons réuni dans une même figure tous les éléments constituants de la couche grise cérébelleuse, fig. 410. Malheureusement, on ignore encore pour le moment les fonctions qu'il faut attribuer à la plupart de ces éléments nerveux.
La substance blanche.
La substance blanche du cervelet est formée de fibres nerveuses dont les unes appartiennent en propre au cervelet et dont les autres forment trois paires de faisceaux volumineux, appelés pédoncules cérébelleux, servant à relier le cervelet aux parties voisines de l'axe cérébro-spinal.
Nous avons vu que les pédoncules cérébelleux inféiieui^s commencent à la partie moyenne de la moelle allongée.
Ils sont formés à la fois de fibres ascendantes ou centripètes et de fibres descendantes ou centrifuges.
Les fibres ascendantes viennent, en partie, de la moelle épinière : fibres du faisceau cérébelleux du cordon latéral ; en partie aussi du myélencéphale : fibres venant des noyaux des faisceaux de Goll et de Burdacii du même côté et du côté opposé et de l'olive bulbaire du côté opposé. On a cru pendant longtemps que les fibres du faisceau cérébelleux allaient se terminer dans le noyau du toit ou noyau de Stilling, tandis que toutes les autres fibres de ce pédoncule se rendaient dans les olives cérébelleuses, fig. 41 1.
Il résulte des recherches récentes de Cajal, que les fibres du pédoncule cérébelleux inférieur restent indépendantes de l'olive cérébelleuse et du noyau du toit. Ces fibres pénètrent dans la couche granuleuse de l'écorce cérébelleuse de l'hémisphère correspondant et de l'hémisphère opposé et y deviennent les fibres 7nousseuses décrites depuis longtemps, se terminant par des ramifications libres entre les cellules de la couche granuleuse et entre les corps des cellules de Purkinje. Les recherches que nous avons faites sur le système
FiG. 411.
Schéma monlrant le mode de constitutioD des pédoncules cérébelleux.
f. céréb. : Faisceau cérébelleux. j f. cort. prot. : Faisceaux cortico-protubé-
pci : Pédoncules cérébell. infér. rantiels.
pcm : Pédoncules cérébell. moyens | pcs. : Pédoncules cérébelleux sup.
nerveux de la truite nous ont appris, depuis longtemps déjà, que cette manière de voir est l'expression de la réalité.
Les tibres ascendantes des i)édoncules cérébelleux inférieurs se terminent donc dans l'écorce cérébelleuse.
Les pédoncules cérébelleux inférieurs renferment encore des tibres descendantes, centrifuges.
Depuis longtemps déjà Marciii a montré que, après l'extirpation de parties plus ou moins volumineuses du cervelet, on observait des libres en dégénérescence dans le pédoncule cérébelleux inférieur et dans la partie antérieure du cordon latéral de la moelle. Thomas a observé le même fait à la suite de lésions pathologiques. Ils ont conclu de ces faits à l'existence de fibres cérébello-spinales ayant leurs cellules d'origine dans les cellules de PuRKiNJE du cervelet, descendant par le pédoncule cérébelleux inférieur dans la partie antérieure du cordon latéral de la moelle pour se terminer dans la substance grise de la corne antérieure. Ces fibres cérébello-spinales relieraient ainsi l'écorce du cervelet aux cellules d'origine des nerfs moteurs périphériques et expliqueraient ce fait physiologique bien connu : l'influence que le cervelet exerce sur la coordination des mouvements.
Cajal, dans ses recherches expérimentales faites sur des cobayes, a observé également, après l'extirpation d'un certain nombre de lamelles cérébelleuses, de nombreuses fibres en dégénérescence dans le pédoncule cérébelleux inférieur. Il croit que ces fibres se rendent dans l'olive bulbaire du côté opposé.
Pour KÔLLiKER, au contraire, les fibres descendantes viennent des cellules de PuRKiNJE et se rendent dans l'olive bulbaire du même côté. De cette olive partiraient alors d'autres fibres nerveuses descendant dans le cordon latéral de la moitié opposée de la moelle et allant se mettre en connexion avec les cellules de la corne antérieure.
Ferrier, Turner et Russell combattent l'existence de fibres directes reliant l'écorce cérébelleuse aux cellules de la corne antérieure de la moelle épinière. Après l'ablation d'un hémisphère cérébelleux, ils ont observé cependant des fibres en dégérescence dans le pédoncule cérébelleux inférieur et ont même pu poursuivre quelques-unes de ces fibres jusque dans la moelle cervicale.
De toutes ces recherches il résulte donc, à l'évidence, qu'il existe une voie descendante, ou cérébello-spinale, reliant l'écorce cérébelleuse aux noyaux d'origine des nerfs moteurs dépendant de la moelle épinière. Pour KÔLLIKER et Cajal cette voie cérébello-spinale est formée de deux neurones : un neurone cérébello-olivaire et un neurone olivo-spinal. Pour Marchi,
Thomas et d'autres, cette voie n'est formée que par un seul neurone : des celliiles de Plrkinje dont les prolongements cylindraxiles pénètrent directement dans la partie antérieure du cordon latéral. Les recherches que nous avons faites sur le système nerveux central de la truite nous font partager cette dernière manière de voir.
Cette voie cérébollo-spinale est, avant tout, une voie directe : elle relie l'hémisphère cérébelleux aux cellules de la corne antérieure de la moitié correspondante de la moelle.
Les pédoncules cérébelleux moyens renferment deux espèces de fibres nerveuses différentes l'une de l'autre par l'époque à laquelle elles développent leur gaine de myéline.
Les fibres proximales représentent des fibres ponto-cérébelleuses ; elles ont leurs cellules d'origine dans les noyaux du pont et se terminent, par des ramifications libres, en majeure partie dans l'écorce cérébelleuse du côté opposé, fibres croisées; en petite partie ausssi dans l'écorce cérébelleuse du même côté, fibres hotnolatérales.
>'ous venons plus tard que des fibres cortico-protubérantielles relient l'écorce grise d'un hémisphère cérébral aux noyaux du ])ont de la moitié correspondante de l'axe nei'veux. De telle sorte que ces fil)res cortico-protubérantielles directes avec les fibres ponto-cérébelleuses croisées constituent une vole cortico-ponto-cérébelleuse, voie croisée, unissant l'iiémisphère cérébral d'un côté à l'hémisphère cérébelleux du côté opposé.
Les fibres distales sont encore des fibres cérébello- spinales. Ce sont des fibres centrifuges ayant leurs cellules d'origine dans les cellules de Plrkinje. Elles passent dans le pont de Varole, croisent la ligne médiane, puis descendent dans le cordon latéral de la moelle pour s'y mettre en connexion avec les cellules des cornes antérieures (Cajal).
Les pédoncules cérébelleux supérieurs. Les fibres constitutives de ces pédoncules sortent de l'olive cérébelleuse, montent sur la face postérieure de la protubérance annulaire en se rapprochant insensiblement de la ligne médiane, puis disparaissent sous les éminences postérieures des tubercules quadrijumeaux. Elles s'entrecroisent alors sur la ligne médiane au-devant de l'aqueduc de Sylvils, entre le faisceau longitudinal postérieur et la couche des fibres sensitives, pour se mettre en connexion avec le noyau rouge et avec les couches optiques. On ignore encore, d'une manière certaine, où ces fibres ont leur origine et leur terminaison. Mahaim, à la suite de ses recherches expérimentales sur les pédoncules cérébelleux supérieurs, a formulé la conclusion que les fibres de ces pédoncules ont leur origine dans le noyau rouge et qu'elles se terminent dans le corps denté et dans
l'hémisphère cérébelleux. D'après les recherches récentes de Mahcmi, MiNGAzziNi et Cajal au contraire, les fibres des pédoncules cérébelleux supérieurs dégénèrent presque totalement à la suite de rexlirj)ation de l'écorce cérébelleuse. Ils en concluent que ces fibres sont des fibres ascendantes, centripètes et qu'elles ont, en majeure partie, leurs cellules d'origine dans les cellules de Plhkinje.
D'après Edinger, on trouverait encore, dans la substance blanche du cervelet un faisceau de fibres nerveuses venant des noyaux olivaires accessoires et descendant le long de la partie interne des pédoncules cérébelleux inférieurs jusqu'au niveau de la clava dans la moelle allongée. Ce faisceau diminuerait de volume de haut en bas, parée qu'il abandonne des fibres nerveuses aux masses grises qui constituent les noyaux sensitifs terminaux du nerf trijumeau, du nerf acoustique et probablement aussi du nerf glosso-pharyngien et du nerf pneumo-gastrique. Edinger lui donne le nom de voie sensitive directe du cervelet. Nous ne pensons pas que ce faisceau nerveux soit formé de fibres partant de l'olive accessoire pour se rendre dans les noyaux terminaux des nerfs sensitifs crâniens. Nous croyons plutôt qu'il est constitué par des branches ascendantes qui proviennent de la bifurcation des fibres sensitives à leur entrée dans le tronc cérébral et qui, au lieu de constituer une racine ascendante, prennent la direction horizontale et pénètrent dans le cervelet.
D'après les recherches de Cajal, les branches ascendantes, qui proviennent de In bifurcation des fibres constitutives du nerf vestibulaire, se réunissent en un petit faisceau des fibres nerveuses qui traverse le noyau de Bechterew en lui envoyant de nombreuses collatérales pour se terminer entre les cellules constitutives du noyau du toit. Ce faisceau aconstico-cérébelleux relie donc le nerf vestibulaire au cervelet.
En dehors de ces fibres nerveuses qui relient le cervelet aux autres parties de l'axe cérébro-spinal et que l'on pourrait considérer comme des fibres de projection du cerveFet, on admet encore l'existence, dans le cervelet, de fibres qui lui appartiennent en propre :
1° des fibres commissurales qui vont d'un hémisphère cérébelleux à l'autre en passant au-dessus des noyaux du toit, et
2° des fibres (ï association qui relient entre eux des points plus ou moins éloignés de l'écorce grise d'un même hémisphère.
Quand on étudie, avec la méthode de Golgi, les éléments constitutifs de la substance blanche du cervelet, on y trouve deux espèces de fibres nerveuses décrites par Ramon y Cajal, Kôlliker, nous-méme et Retzius.
1° Des fibres qui ont leurs cellules d'origine dans la couche corticale grise du cervelet; elles représentent les prolongements cylindraxiles des cellules de Plrkinje.
Ces fibres de Purkinje se rendent :
1) Dans le pédoncule cérébelleux inférieur et par là dans la moelle épinière soit directement (Marciu, Thomas, Van Gehuchten), soit indirectement en passant par l'olive bulbaire (Kôlliker, Cajal). Ces fibres représentent une voie cérébello-spinale qui est avant tout une voie directe;
2) Dans la partie inférieure du pédoncule cérébelleux moyen et du pont de Varole. Après entrecroisement, ces fibres se recourbent pour devenir longitudinales et se mettre en connexion avec les cellules d'origine des nerfs moteurs (Cajal).
FiG. 412.
Quelques fibres mousseuses de la substance blanche du cervelet.
3) Dans le pédoncule cérébelleux supérieur pour se terminer dans le noyau rouge et la couche optique du côté opposé (Cajal).
4) Dans l'olive cérébelleuse et le noyau du toit (Cajal).
D'après Kôlliker, les fibres de Purkinje qui pénètrent dans les pédoncules cérébelleux inférieurs et moyens se termineraient dans l'olive bulbaire et dans les noyaux du pont.
2° Des fibres qui se terminent, par des ramifications libres, dans la couche corticale grise du cervelet. Ces fibres appartiennent à deux types : les unes se terminent dans la couche granuleuse et les autres dans la couche moléculaire. Les premières, arrivées dans la couche granuleuse,
se bifurquent fréquemment et i)résentent, soit au niveau des points de division, soit à un point quelconque de leur trajet, soit à leur terminaison, une touffe de branches plus grêles se terminant librement dans la couche granuleuse, fig. 412. A cause de leur aspect particulier, Ramon y Gajal leur a donné le nom de fibres mousseuses. On ne sait pas de quelles cellules proviennent toutes ces fibres nerveuses. Ce qui est certain, c'est qu'un
FiG. 413.
Les diiférentes fibres nerveuses qui constituent la substance blanche du cervelet.
grand nombre d'entre elles représentent les ramifications terminales des fibres constitutives des pédoncules cérébelleux inférieurs (Cajal, Van Gehuchten).
Les fibres du second type se terminent dans la couche moléculaire. Elles viennent de la substance blanche, traversent la couche granuleuse, pénètrent dans la couche moléculaire et s'y terminent par un grand
nombre de branches qui \iennent se mettre en contact avec les prolongements protoplasmatiques des cellules de Plrkinje, fig. 413. On ignore également où ces fibres ont leurs cellules d'origine. D'après Cajal, un certain nombre de ces fibres nerveuses proviendraient aussi des pédoncules cérébelleux inférieurs.
•eh. 1-^T-J co. :>pmpost.
Les artères de la face postérieure de la moelle allongée (d'après Duret).
Pour donner une idée de la disposition relative de ces trois espèces de fibres nerveuses de la substance blanche, nous les avons réunies dans la FIG. 413.
En dehors de ces fibres nerveuses, il existe encore, dans toute l'épaisseur de la substance blanche, de nombreuses cellules de neuroglie remarquables par leurs prolongements longs et grêles.
La circulation du cervelet.
Le cervelet reçoit le sang artériel de trois paires de branches volumineuses : les artères cérébelleuses supérieures et les artères cérébelleuses
moyennes ou artères cérébelleuses inférieures et antérieures, branches du tronc basilaire, fig. 415, ot les artères cérébelleuse inférieures et postérieures qui proviennent des artères vertébrales, fig. 414.
Chaque artère cérébelleuse inférieure ou artère cérébelleuse inférieure et postérieure {a. cerebelli inferior posterior) naît de l'artère vertébrale correspondante vers la partie inférieure de la moelle allongée. Elle contourne cet organe en arrière et en dedans, gagne la face inférieure du cervelet
'cz CCI ch. si-i'p .
77 tO
a.. oCj'ch. ut/.
Fig. 415.
Les artères de la face antérieure de la moelle allongée et de la protubérance annulaire
(d'après Duret).