‹ Anatomie du système nerveux de l'homme. Lecons professées à l'Université de LouvainChapitre 133 sur 174 · TRENTE-CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-CINQUIÈME LEÇON

La structure générale du système nerveux cérébro-spinal.

IjU substance glaise et la siabstance blanche. — Les voies longiaes et les voies courtes. — La division des voies longues. — Les voies longties de la sphèi'e tactile. — Les voies ascendantes tactiles : Leur division en voies tactiles centrales et voie tactile périphérique. — Les voies sensitives périphériq.ues.

Nous avons terminé l'étude de l'organisation interne des différentes parties qui constituent l'axe cérébro-spinal. Cette étude nous a mis en possession d'une série de coupes transversales prises à toutes les hauteurs depuis le filet terminal de la moelle épinière jusqu'au lobe frontal du cerveau terminal. Nous allons maintenant mettre ces coupes les unes au-dessus des autres et tâcher de reconstruire avec elles toute la structure interne du système nerveux cérébro-spinal.

Pour mener à bonne fin cette étude, il est un fait qu'il ne faut jamais perdre de" vue, c'est que le système nerveux cérébro-spinal est un système médian, c'est-à-dire un système parfaitement symétrique non seulement dans son ensemble, mais encore dans toutes ses parties ; de telle sorte qu'une coupe transversale faite dans cet axe nerveux, à n'importe quel niveau, sera toujours formée de deux moitiés ^telles que si on les appliquait l'une sur l'autre, elles correspondraient exactement jusque dans le moindre de leurs détails. C'est cette parfaite symétrie de l'axe nerveux qui en rend l'étude relativement facile et qui vous permettra de vous représenter, sans trop de difficultés, toute sa structure interne.

L'axe nerveux tout entier est formé de deux substances : la substance blanche et la substance grise. Un fait qui mérite d'être signalé, c'est que dans toute la partie inférieure de cet axe, depuis le cerveau intermédiaire jusqu'au filet terminal, la substance grise est centrale et la substance blanche est périphérique. Le cerveau terminal et le cervelet sont les seules l)arlies qui présentent une structure inverse : ils ont une substance blanche centrale et une substance grise périphérique.

Cette disposition a son importance. Le cerveau et le cervelet consti-

tuent, en effet, les centres nerveux supérieurs. C'est dans leur substance grise corticale que doivent aboutir, en dernière analyse, toutes les impressions venues soit de la profondeur des organes internes, soit de toute l'étendue de nos téguments externes; c'est de leur substance grise corticale que partent aussi, en grande partie, les incitations motrices par lesquelles l'organisme va répondre, d'une façon consciente ou inconsciente, aux excitations internes et externes. La partie inférieure de l'axe nerveux, au contraire, représente les centres nerveux inférieurs ou centres secondaires, reliés à l'écorce cérébrale et à l'écorce cérébelleuse et influencés, dans une forte mesure, par les éléments nerveux constitutifs de cette substance grise supérieure.

Substance grise.

Depuis le cerveau intermédiaire jusqu'au filet terminal, la substance centrale de l'axe nerveux est traversée par le canal médullaire primitif.

La substance grise placée au-devant du canal est essentiellement motrice; c'est là que l'on trouve les cellules nerveuses qui donnent origine aux fibres motrices périphériques, fig. 504 : cornes antérieures et cornes latérales de la substance grise sur toute l'étendue de la moelle épinière ; trigone de l'hypoglosse et noyau ambigu pour les nerfs moteurs

Fig. 504.

Schéma montrant l'origine réelle des nerfs crâniens et rachidiens.

qui dépendent du myélencéphale; noyaux moteurs du facial, de l'oculomoleur externe et du trijumeau dans l'épaisseur du pont de Varole ; noyau du pathétique dans l'isthme du rhombencéphale et noyau du nerf oculo-moteur commun dans le cerveau moyen.

Celte substance grise antérieure n'est pas exclusivement formée par les cellules radiculaires des nerfs moteurs périphériques; on y trouve encore, comme second élément constitutif, un entrelacement inextricable de fines fibrilles nerveuses. Parmi celles-ci, quelques-unes représentent

les ramifications cylindraxiles collatérales et terminales des fibres nerveuses de la voie motrice centrale qui doivent relier ces noyaux d'origine à la zone motrice de l'écorce cérébrale; d'autres représentent les ramifications cylindraxiles des fibres nerveuses formant les voies motrices courtes (fibres du faisceau longitudinal postérieur, fibres cérébello-spinales) reliant les masses grises du diencépbale et des diverses parties du rbombencéphale aux cellules d'origine des nerfs moteurs péripbériques ; d'autres encore appartiennent aux collatérales des fibres sensitives voisines : telles un grand nombre de fibrilles qui se terminent dans les cornes antérieures et latérales de la moelle épinière et qui ajjpartiennent aux fibres des cordons postérieurs; telles encore les collatérales destinées aux noyaux d'origine des nerfs moteurs crâniens et qui proviennent des fibres constitutives de la voie sensitive centrale.

La substance grise placée en arrière du canal central est en rapport avec les fibres sensitives. C'est là que viennent se terminer une grande partie des ramifications collatérales et terminales des fibres sensitives périphériques : cornes postérieures et régions moyennes de la substance grise de la moelle et noyaux des faisceaux de Goll et de Burdach pour les fibres des racines postérieures des nerfs spinaux ; trigone du vague et du glosso-pharyngien et substance grise voisine du faisceau solitaire pour les fibres sensitives de ces deux nerfs ; les diflérentes masses grises connues sous le nom de noyaux de l'acoustique pour la terminaison des fibres des deux racines du nert de la huitième paire (noyau accessoire et tubercule latéral pour les fibres du nerf cochléaire, noyau à grosses cellules ou noyau de Deiters, noyau de Bechterew et noyau principal ainsi que la masse grise qui longe en dedans la racine descendante) pour les fibres du nerf vestibulaire; le noyau terminal et la substance grise voisine de la racine descendante ou spinale du nerf trijumeau pour les fibres sensitives du nerf de la cinquième paire.

Cette substance grise postérieure ne constitue pas seulement le noyau de terminaison des fibres sensitives périphériques, elle forme encore le noyau d'origine pour le neurone sensitif central, neurone central dont le prolongement cylindraxile ascendant doit se terminer dans une masse grise des centres supérieurs.

La substance grise de tout l'axe cérébro-spinal est formée essentiellement de cellules nerveuses. On y trouve des cellules nerveuses à cylindre-axe long et des cellules nerveuses à cylindre-axe court. Les ramifications cylindraxiles de ces dernières cellules s'épuisent entièrement dans la substance grise. Les cellules nerveuses à cylindre-axe long envoient leurs

FiG. 505.

A. Schéma des voies longues de la sphère tactile. oii.^niniprP

B.Schémadesvoiescourtesoufibrescommissuraleslongitudmalesdanslamoelleépimere.

prolongements cylindraxilos dnns la siibstnnee blanche. Entourés d'une gaine de myéline, ces prolongements cylindraxiles vont devenir les libres constitutives de cette dernière substance.

Substance blanche.

La substance blanche de tout l'axe cérébro-spinal est formée de fibres nerveuses. Ces fibres constituent les voies nerveuses que l'on divise en deux groupes : les voies longues et les voies courtes.

Voies longues. Les voies longues sont formées par l'ensemble des fibres nerveuses qui relient les diverses sphères sensorielles du cerveau terminal à tous les organes et à tous les tissus du corps. Nous avons vu que chacune de nos sphères sensorielles est reliée aux organes périphériques correspondants par un double faisceau de fibres nerveuses : un faisceau de fibres ascendantes, centripètes ou sensitives et un faisceau de fibres descendantes, centrifuges ou motrices, fig. 505, A.

L'étude des voies longues consiste à rechercher l'origine et la terminaison de ces voies ascendantes et de ces voies descendantes, à poursuivre leur trajet et à établir leurs connexions à travers tout le système nerveux central et périphérique.

Nous étudierons donc successivement les voies longues ascendantes et descendantes de la sphère tactile, de la sphère auditive, de la sphère visuelle et de la sphère olfactive.

Voies courtes. Toutes les autres voies peuvent être considérées comme des voies courtes. Elles ont pour fonction de relier l'une à l'autre des masses grises plus ou moins rapprochées dans l'axe cérébro-spinal. Ces voies sont excessivement nombreuses. Elles forment, dans la moelle épinière, le faisceau fondamental de chacun des trois cordons blancs et relient l'un à l'autre les différents étages de la moelle, fig. 505. B. Elles forment encore, au moins en partie, les fibres constitutives des trois pédoncules cérébelleux, ainsi qu'un grand nombre des fibres constitutives des diverses parties de l'encéphale. On range encore dans ce groupe les fibres du faisceau longitudinal postérieur et toutes les fibres propres du cervelet et du cerveau terminal.

Nous avons rencontré tous les faisceaux de fibres nerveuses qui constituent ces voies longues et ces voies courtes dans les différentes coupes de l'axe nerveux que nous avons étudiées antérieurement. Nous allons les rei)rendre l'un après l'autre, poursuivre leur trajet et étudier leurs connexions et leurs rapports à travers toute l'étendue de l'axe cérébrospinal.

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