I. Les cellules radiculaires formant deux groupes
1» Les cellules radiculaires antérieures, et
2° Les cellules radiculaires postérieures. IL Les cellules des cordons formant trois groupes :
1" Les cellules des cordons tautomères,
2° Les cellules des cordons hétéromères et
3° Les cellules des cordons hécatéromères.
/. Cellules radiculaires antérieures. Ce sont des cellules volumineuses occupant la corne antérieure de la substance grise. On les trouve aussi bien dans la partie latérale que dan^ la parte médiane de cette corne. Leurs prolongements protoplasmatiques longs et volumineux rayonnent dans tous les sens autour de la cellule d'origine. Ceux de ces prolongements qui ont une direction antéro-postérieure se terminent toujours dans la substance grise. Quand la cellule occupe les parties latérales de la corne antérieure,
FiG. 220.
Coupe transversale de la moelle embryonnaire du poulet montrant la position des
cellules radiculaires.
c. rad. ant. : Cellu'es radiculaires antérieures.
c. rad. post. : Cellules radiculaires postérieures .
col. : Collatérale du prolongement cylindraxile d'une cellule radiculaire antérieure.
ses prolongements internes se terminent aussi dans la substance grise, tandis que ses prolongements externes pénètrent dans la substance blanclie et peuvent s'y poursuivre jusque près de la pie-mère enveloppante.
Quand le corps cellulaire occupe les parties médianes de la corne antérieure, ses prolongonients latéraux externes s'épanouissent dans la substance grise, tandis que ses prolongements latéraux internes passent par la commissure antérieure pour se ramifier et se terminer dans la substance grise de la moitié opposée de la moelle. Ces [)rolongements internes s'entrecroisent alors, dans la commissure antérieure, avec les prolongements internes des cellules radiculaires du côté opposé de la moelle, constituant ainsi une véritable commissure protoplasmatique (Ramon y Cajal, KÔLLiKER et Van Gehuchten), fig. 220 et 221.
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FiG. 221.
Commissure protoplasmatique dans la moelle dorsale d'un enfant né à 7 mois.
Le prolongement cylindraxile de chacune de ces cellules nerveuses se rend directement dans la racine antérieure d'un nerf périphérique, où il devient le cjlindre-axe d'une fibre motrice. Avant de sortir de la corne antérieure, ce prolongement cylindraxile émet, dans quelques cas, une petite branche collatérale qui retourne dans la substance grise, où elle se termine par des ramifications libres (Golgi, Ramon y Cajal, y. Lenhossek et Van Gehuchten).
Les cellules radiculaires antérieures sont des cellules motrices.
Les collatérales nées des prolongements cylindraxiles des cellules radiculaires ou collatérales motrices semblent exister d'une façon constante chez les oiseaux et les mammifères. Nous les avons observées également dans la moelle épinière
de la truite, v. Lenhossek les a obtenues, en nombre considérable, imprégnées par le chromate d'argent dans la moelle épinière de lapins nouveau-nés. Recherchant la valeur fonctionnelle de ces collatérales, v. Lenhossek pense qu'elles ont la conduction celhdipète et qu'elles servent à mettre les ceUules radiculaires en connexion avec les collatérales longues ou sensitivo -motrices des fibres des cordons postérieurs. S'appuyant sur cette manière de voir, v. Lenhossek divise les collatérales qui naissent de l'axone d'une cellule nerveuse en deux groupes : les unes, à conduction cellulipète, naissent de la première portion de l'axone : ce sont les collatérales de Golgi, les axodendrites de v. Lenhossek ; les autres, à conduction cellulifuge, comprennent toutes les autres collatérales émises par les prolongements cylindraxiles : ce sont les collatfrales de Cajal, ]es paraxoties de v. Lenhossek. Nous avons combattu cette manière de voir; pour nous, les axodendrites de v. Lenhossek ont la conduction cellulifuge.
//. Cellules radiculaires postérieures. Les cellules radiculaires postérieures occupent principalement la partie postérieure de la corne antérieure. Leurs prolongements protoplasmatiques peuvent se comporter comme ceux des cellules radiculaires antérieures. Leur prolongement cylindraxile, né du corps de la cellule elle-même ou de la base d'un prolongement protoplasmatique, se dirige directement en arrière. Il traverse toute l'épaisseur de la substance grise, sort de la moelle par le sillon collatéral postérieur, devient cylindre-axe d'une fibre de la racine postérieure et passe par le ganglion spinal sans entrer en relation avec une cellule nerveuse de ce ganglion, FIG. 220.
La découverte de ces cellules radiculaires postérieures est toute récente. Elle a été faite presque en même temps par v. Lenhossek et Ramon y Cajal sur des moelles embryonnaires du poulet au quatrième jour d'incubation. Nous les avons retrouvées sur des moelles de poulet au onzième jour. Leur existence a été confirmée encore par Retzius et par J. Martin.
Ces cellules radiculaires postérieures ne peuvent avoir que la conduction centrifuge et doivent donc être considérées comme des cellules motrices.
En excitant les racines postérieures des nerfs spinaux chez la grenouille, Steinach a observé des contractions locales et des mouvements péristaltiques et antipéristaltiques dans l'intestin; v. Lenhossek et Martin se sont appuyés sur ce fait pour émettre l'idée que le prolongement cylindraxile de ces cellules radiculaires postérieures pourrait bien se rendre, par les rameaux communiquants, dans les ganglions de la chaîne sympathique et se termin^-r par des ramidcalions libres entre les cellules constitutives de ces ganglions.
Les racines postérieures des nerfs spinaux ne sont donc pas formées exclusivement de fibres sensitives. On y trouve aussi, du moins chez le poulet, quelques fibres motrices.
On ignore, jusqu'à présent, si ces cellules radiculaires postérieures existent aussi chez l'homme.
///. Cellules des cordons tautomères. Ces cellules des cordons occupent toutes les régions de la substance grise, aussi bien la corne antérieure où elles se trouvent mêlées aux cellules radiculaires, que les cornes postérieures et les régions intermédiaires. Leur caractère principal est que leur prolongement cylindraxile traverse i)lus ou moins borizontalement la substance grise et pénètre dans la substance blanche du 7néme côté de la moelle pour y devenir cylindre-axe d'une libre constitutive du cordon antérieur, du cordon latéral ou du coi-don ])ostérieur, vu:. 222.
FiG. 222.
Coupe de la moelle indiquant la position des cellules des cordons tautomères.
Arrivé dans la substance blanche, ce prolongement cylindraxile peut se comporter de différentes façons :
a) il peut se recourber en haut et devenir cylindre-axe d'une fibre ascendante ;
b) il peut se recourber en bas et constituer le cylindre-axe d'une fibre descendante ;
c) le plus souvent encore, ce prolongement cylindraxile se bifurque devenant à la fois cylindre-axe ascendant et cylindre-axe descendant.
Dans quelques cas, ce prolongement cylindraxile se divise à la fois en trois branches qui toutes vont devenir cylindre-axe de fibres nerveuses soit ascendantes, soit descendantes.
Cette division du prolongement cylindraxile peut se faire dans la substance grise elle-même. Les deux branches qui en proviennent peuvent
se rendre dans les cordons de la même moitié de la moelle ; ou bien l'un d'eux se rend directement dans le cordon antérieur, latéral ou postérieur du même côté et l'autre passe par la commissure antérieure pour devenir fibre constitutive dans le cordon antéro-latéral du côté opposé; dans ce cas, l'élément nerveux prend le nom de neurone ou cellule des cordons hécatéromères. Chacun de ces cylindres-axes va devenir, dans la substance blanche, soit une fibre ascendante, soit une fibre descendante, soit à la fois, en se bifurquant, une fibre ascendante et descendante.
FiG. 223.
Coupe de la moelle embryonnaire d'un poulet de onze jours.
IV. Cellules commissurales ou cellules des cordons hétéromères. Ce sont des cellules des cordons que l'on peut trouver dans toutes les régions de la substance grise, dont ' le prolongement cylindraxile passe par la commissure antérieure pour se rendre dans le cordon antéro-latéral du côté opposé, FIG. 223 et 224. Ces cellules sont très nombreuses. Ce sont leurs prolongements cylindraxiles entourés d'une gaine de myéline, qui forment l'élément principal de la commissure blanche de la moelle.
Le proïongiement cylindraxiîe de ces cellules des coï'dons hétéromères se comporte comme celui des cellules des cordons lautomères. Arrivé dans la substance blanche du cordon antéro-latéral, il peut s'y diviser en deux ou trois branches qui vont devenir cylindre-axes de fibres nerveuses soit ascendantes, soit descendantes. Cette division peut se faire aussi dans la substance grise, soit quand le prolongement cylindraxile a déjà dépassé la commissure, soit ([uand il se trouve encore dans la moitié de la moelle où il a sa cellule d'origine. Dans ce dernier cas, les deux branches de bifurcation peuvent traverser la commissure, ou bien l'une se rend dans
Coupe transversale de la moelle montrant la position des cellules commissurales
ou cellules des cordons hétéromères.
c : Cellules des cordons hétéromères. ] h : Cellules des cordons hécatéromères.
la substance blanche du même côté et l'autre dans celle du côté opposé. Ces branches appartiennent alors à une cellule des cordons hécatéromères.
F. Cellules mixtes ou cellules des cordons hécatéromères. Ce sont des cellules des cordons dont le prolongement cylindraxile se divise dans la substance grise de la moelle et dont une branche se rend dans un des
cordons du même côté de la moelle, tandis que l'autre branche se rend dans le cordon antéro-latéral du côté opposé.
D'après les recherches de v. Lenhossek, il existerait encore, dans la substance grise de la moelle, des cellules nerveuses dont le prolongement cylindraxile passe par la commissure antérieure pour se terminer, par des ramifications libres, dans la substance grise de la corne antérieure du côté opposé. Jusqu'à présent, ces cellules n'ont été observées que par Goi.Gi et v. Lenhosser; celui-ci les désigne sous le nom de cellules commissurales de Golgi.
Un caractère constant du prolongement cylindraxile des cellules des cordons, c'est, avant de se recourber dans la substance blanche, d'émettre sur son trajet des branches collatérales qui se ramitîent et se terminent librement dans la substance grise voisine.
Ce sont les cellules des cordons qui constituent l'origine des fibres
nerveuses du faisceau fondamental du cordon antéro-latéral, du faisceau
fondamental du cordon postérieur, du faisceau cérébelleux du cordon
latéral et du faisceau de Gowers. Nous allons voir, pour chacun de ces
r faisceaux, la place occupée dans la substance grise de la moelle par les
,' cellules d'origine de leurs libres constitutives.
Origine des fibres du faisceau fondamental du cordon antéro-latéral.
Les cellules d'origine des fibres constitutives de ce faisceau se trouvent dans toutes les régions de la substance grise, dans la corne antérieure, dans la corne postérieure et dans la région intermédiaire, et cela non seulement dans la substance grise de la moitié correspondante de la moelle, mais aussi dans celle de la moitié opposée. Les fibres de ce faisceau proviennent dune aussi bien de cellules des cordons tautomères, FiG. 225, que de cellules commissurales ou cellules des cordons hétéromères, ainsi que de cellules des cordons hécatéromères.
On ne peut faire une coupe transversale de la moelle épinière à n'importe quel niveau sans rencontrer, dans la substance grise, un grand nombre de cellules des cordons envoyant leur prolongement cylindraxile dans le faisceau fondamental. En montant dans la moelle épinière, ce faisceau devrait donc augment(ïr de volume, puisqu'il acquiert continuellement de nouvelles fibres nerveuses. Cependant, en comparant une coupe de la moelle cervicale à une coupe du renflement lombaire, on ne trouve pas de différence très sensible dans le volume du faisceau fondamental. Ce lait s'explique facilement. Les fibres de ce faiseau ne sont pas des voies
lonpfues, mais des voies courtes. Cliacune d'entre elles ne reste dans le l'alsceaii (jne sur une petite étendue de la moelle, puis quitte la substance blanche pour rentrer dans la substance grise. Il s'ensuit qu'au fur et à mesure que de nouvelles libres nerveuses arrivent de la substance grise dans le faisceau fondamental, d'autres fibres quittent ce faisceau pour se terminer dans la substance grise.
Origine des fibres du faisceau
fondamental
du cordon postérieur.
Nous avons vu que ces fibres existent éparpillées dans le cordon postérieur, tout en formant un petit faisceau compact au sommet de ce cordon contre la commissure grise. C'est ce faisceau que l'on désigne souvent
FiG. 225.
Coupe longitudinale du cordon latéral de la moelle.
c : Cellules nerveuses dont le prolongement cylindraxile se rend dans la substance blanche
sous le nom de zone ventrale du cordon latéral et s'y bifurque en une branche
ascendante et une branche descendante (cellules
du cordon postérieur ou faisceau ^es cordons tautomères).
des fibres cornu- commissur aies.
Les fibres de ce faisceau proviennent de cellules nerveuses situées dans la corne postérieure de la substance grise et dans la substance gélatineuse de RoLANDo (Ramon y Cajal et v. Lenhossek). Arrivées dans le cordon postérieur, elles se bifurquent en une branche ascendante et une branche descendante, lesquelles, après un trajet de longueur variable, se recourbent dans la substance grise, fig. 226.
On tend à admettre que les prolongements cylindraxiles des cellules des cordons postérieurs ne constituent pas seulement les fibres de la zone ventrale de ce cordon, mais qu'ils existent aussi plus ou moins éparpillés dans le reste du cordon postérieur ; ils y formeraient le faisceau en virgule de Schultze dans la région cervicale, le centre ovale de Flechsig dans la région lombaire et le triangle de Gomhault et Philippe dans la moelle sacrée.
Ces cellules semblent s'imprégner difficilement par le chromate d'argent dans la moelle épinière des mammifères. Nous les avons rencontrées, en nombre considérable, dans presque toutes les coupes de la moelle épinière de la couleuvre.
D'après les recherches de V. Lenhossek. les fibres endogènes des cordons postérieurs n'existeraient, dans la moelle épinière de Ihomm*', que dans le faisceau de Burdach. Dejerine et Sottas sont arrivés à la même conclusion à la suite de leurs recherches pathologiques.
Origine des flbres du faisceau cérébelleux.
Les fibres du faisceau eérébelleux ont leurs cellules d'origine dans la colonne de Clarke, appelée encore noyau dorsal de Stilling. Vous vous rappelez que l'on donne ce nom à un groupe de cellules nerveuses assez nettement circonscrit, situé sur la face interne de la corne postérieure près de la commissure grise depuis le septième ou le huitième nerf cervical jusqu'au niveau du premier ou deuxième nerf lombaire. D'après les observations concordantes de Ramon y Cajal et de v. Lenhossek, ces cellules sont excessivement riches en prolongements protoplasmatiques rayonnant tout autour de la cellule d'origine fig. 227. Outre
FiG. 226.
Coupe longitud-nale du cordon postérieur montrant ^^'"^'^^ '^ "-" 'o' l'entrée dans ce cordon de quelques fibres des ces cellules nerveuses, OU racines postérieures, et quelques cellules nerveuses ^j,^y^g ^^^^^ j^ COlonne de dont le prolongement cylindraxile devient fibre » ' •
constitutive de ce cordon (d'après Ramon y Gajai.). Clarke, un entrelacement inextricable de fines fibrilles ner-
veuses, entrelacement qui est constitué par les ramifications terminales de nombreuses collatérales nées des libres du cordon postérieur, fig. 228. Le prolongement cylindraxile de chacune des cellules nerveuses de la
Fig. 227.
Cellules nerveuses de la colonne de Glarke. (Moelle d'un enfant de 7 ans.) 'j^
colonne de Clarke se dirige un peu en avant, puis se recourbe transversalement en dehors traversant la substance grise et la partie interne de la
Fig. 228.
Collatérales des libres du cordon postérieur dans la moelle épinière d'un enfant
âge de 7 mois.
substance blanche. Arrivé à la périphérie du cordon latéral, dans le faisceau
cérébelleux, ce prolongement se recourbe en baut pour devenir une fibre constitutive de ce faisceau, fig. 229.
Nous savons, depuis Stilling, que des cellules nerveuses analogues à celles des colonnes de Clarke existent aussi isolées dans la moelle lombaire et dans la moelle cervicale. Leur prolongement cylindraxile se rend aussi dans le faisceau cérébelleux.
Fig. 229.
Coupe transversale de la moelle montrant la position des cellules commissurales
ou cellules des cordons hétéromères.
c : Cellules des cordons hétéromères. j h : Cellules des cordons hécatéromères.
Ce faisceau augmente de volume de bas en haut, parce que les fibres qui le constituent sont des voies longues, et que, au lur et à mesure que ce faisceau remonte le long de la moelle, de nouvelles fibres viennent constamment le renforcer.
Origine des libres du faisceau de Crow^ems.
Le faisceau de Gowers ou faisceau antéro-latéral superficiel est un faisceau de fibres nerveuses qui existe dans la partie périphérique du
cordon latéral, au-devant du faisceau cérébelleux et du faisceau pyramidal croisé. Ses fibres constitutives, une fois sectionnées, présentent la dégénérescence secondaire ascendante et ont pu être poursuivies jusque dans la coucbe interolivaire de la moelle allongée. Elles appartiennent à la voie sensitive centrale. Les fibres de ce faisceau ont probablement leurs cellules d'origine dans la substance grise des cornes postérieures ; ces cellules sont, en majeure partie, des cellules rommissurales ou cellules des cordons liétéromères, en petite partie, des cellules des cordons proprement dits ou cellules des cordons tautomères.
FiG. 230.
Structure de la substance gélatineuse centrale dans la moelle d'un embryon humain
(d'après v. Lenhossek),
Le faisceau de Gowers augmente de volume de bas en haut, parce que ses fibres constitutives sont des fibres longues et qu'au fur et à mesure que ce faisceau monte dans la moelle de nouvelles fibres nerveuses viennent constamment le renforcer.
ta snftstanoe ^ise centrale'.
Nous avons dit que la substance grise qui entoure le canal central se distingue de la substance grise voisine par une transparence spéciale et par un aspect granuleux caractéristique. On lui a donné de tout temps le nom dt' substance gélatineuse centrale. Les recherches entreprises avec la méthode de Golgi ont montré qu'il n'existe à ce niveau que de rares cellules nerveuses. Cette partie de la substance grise de la moelle est au contraire excessivement riche en cellules de neuroglie; elle est de plus traversée en tous sens par le prolongement périphérique des cellules épendymaires, fig. 230.
L<a substance gélatinense de Belando.
En décrivant les coupes transversales de la moelle épinière, nous avons vu que l'on donne ce nom à une zone de substance grise spéciale entourant comme une coitïé la corne postérieure et séparée de la périphérie de la moelle par une mince zone de substance blanche : la zone marginale de Lissauer. On a signalé depuis longtemps, dans cette substance de RoLANHo, de nombreux éléments cellulaires, que les uns considéraient comme de nature nerveuse, tandis que les autres leur attribuaient une nature conjonctive. La méthode de Golgi a montré que, de toutes les parties de la substance grise de la moelle, la substance de Rolando est la plus riche en cellules nerveuses. C'est là que l'on trouve les cellules nerveuses à cylindre-axe court ou cellules de Golgi, et des cellules nerveuses à cylindre- axe long, véritables cellules des cordons, dont le prolongement cylindraxile se rend dans le cordon postérieur ou dans le cordon latéral.
B. Oriffine et mode de terminaison des ramifications cylindraxiles des fibres
de la sabstanee grise.
Outre les cellules nerveuses que nous venons de décrire, on trouve encore, dans la substance grise de la moelle, un entrelacement inextricable de fines fibrilles nerveuses. Celles-ci représentent les ramifications cylindraxiles des fibres de la substance blanche.
Quand on examine au microscope une coupe longitudinale d'une moelle épinière traitée par' la méthode de Golgi, on constate que tous les prolongements cylindraxiles qui constituent la substance blanche émettent, à des distances variables, des branches collatérales. Celles-ci se dirigent horizontalement dans la substance grise, s'y divisent et s'y subdivisent pour s'y terminer par des branches libres et indépendantes, FIG. 231. Découvertes par Golgi, ces collatérales ont été étudiées depuis
par Ramon y Cajal, v. Kollikkh, nous-niêiiie, v. Leniiossek et Cl.Sala. Aucune fibre de la substance blanche ne s'en trouve dépourvue. On les étudie le mieux sur des coupes transversales. Quand la réduction par le chromate d'argent a été quelque peu coniplète.on voit ces collatérales rayonner dans la substance grise de tous les points de la substance blanche, Fu;. 232 et 233. Ces fines fibrilles nerveuses entremêlées forment dans la substance grise un i)lexus tellement compact (ju'il est impossible d'y poursuivre le sort définitif de ces branches collatérales. Quand on étudie, au contraire, ces collatérales sur des coupes où la réduction est moins complète ou sur des moelles embryonnaires où elles n'ont pas encore atteint tout leur développement, on peut constater, avec la plus grande évidence, que chacune de ces branches collatérales se termine librement dans la substance grise sans s'anasto-
FiG. 231.
Coupe longitudinale du cordon lîtéral de la moelle.
c : Cellules nerveuses dont le prolongement cylindraxile se rend dans la substance blanche du cordon latéral et s'y bifurque en une branche ascendante et une branche descendante (cellules des cordons tautoirères).
moser avec les branches voisines.
Les collatérales des fibres du cordon antérieur s'épanouissent dans la corne antérieure du même côté; un certain nombre
cependant de ces collatérales passent par la commissure antérieure pour se terminer dans la substance grise de la corne antérieure du côté opposé.
Les collatérales des fibres du cordon latéral se rendent dans toutes les régions de la substance grise de la moitié correspondante de la moelle; quelques-unes passent par la commissure postérieure pour se terminer dans la substance grise du côté opposé.
Les collatérales des fibres du cordon postérieur se terminent dans la substance gélatineuse de Rolando, ou dans la corne postérieure. Le long de la moelle dorsale, on en voit un grand nombre s'épanouir dans les colonnes de Clarke. Les collatérales les plus longues de ce cordon traversent toute l'épaisseur de la substance grise pour se terminer dans
la corne antérieure. Elles forment le faisceau des collatérales sensitivomolrices de Ramon y Cajal, les collatérales pour les mouvements réflexes (Reflex-collateralen) de Rôlliker.
Un certain nombre des collatérales du cordon postérieur passent par la commissure postérieure pour se terminer dans la substance grise du côté opposé de la moelle.
Ces collatérales des cordons postérieurs ne se terminent pas seulement dans la substance grise, elles peuvent aussi envahir la substance blanche. Dans la moelle embryonnaire de poulet, nous avons pu poursuivre les ramifications terminales de ces branches collatérales à travers
FiG. 232.
Coupe transversale de la moelle lombaire d'un chat de deux jours montrant l'entrelacement des fibrilles nerveuses dans la substance grise.
la substance blanche du cordon antéro-latéral jusqu'à la périphérie de la moelle. Ce fait a son importance. Nous avons vu, en effet, que les cellules radiculaires et les cellules des cordons envoyaient souvent leurs prolongements protoplasmatiques très loin entre les fibres de la substance blanche du cordon antéro-latéral. Kôlliker a considéré même ce fait comme un des arguments les plus importants plaidant en faveur de l'opinion de GoLGi, à savoir que les prolongements protoplasmatiques ne constitueraient qu'un appareil de nutrition, jiuisque entre les fibres de la substance blanche de la moelle, ces prolongements ne pourraient pas venir en contact avec des ramifications cylindraxiles. Cet argument tombe
devant ce fait que les collatérales des fibres du cordon postérieur s'étendent jusque dans la substance blanche du cordon antéro-latéral.
Jusqu'ici nous n'avons parlé que des branches collatérales. Il ne faut pas oublier cependant qu'un grand nond)re de ces branches dites collatérales sont de véritables branches terminales. En étudiant l'origine des fibres de la substance blanche, nous avons vu que les faisceaux pyramidaux diminuent de volume de haut en bas, parce que, en descendant le long de la moelle, ils abandonnent à chaque instant des fibres nerveuses, qui se recourbent à angle droit sur elles-mêmes, pénètrent horizontale-
FiG. 233.
Coupe transversale de la moelle dorsale d'un embryon de vache.
ment dans la substance grise et s'y comportent comme de véritables branches collatérales. Le même fait se reproduit pour toutes les fibres du faisceau fondamental du cordon antéro-latéral et du faisceau fondamental du cordon postérieur, pour toutes les branches descendantes des fibres provenant des racines postérieures et pour un grand nombre de leurs branches ascendantes. Il nous est difficile de distinguer sur une coupe transversale de la moelle les branches terminales des véritables collatérales.
Cet entrelacement produit par les ramifications cylindraxiles des fibres
de la substance blanche devient plus complexe encore par les branches collatérales qu'émet quelquefois le prolongement cylindraxile des cellules radiculaires antérieures, par les collatérales qui proviennent du prolongement cylindraxile des cellules des cordons pendant qu'il traverse la substance grise, par les divisions et les subdivisions du prolongement cylindraxile des cellules nerveuses à cylindre-axe court ou cellules de GoLGi, par les ramifications des prolongements protoplasmatiqiies de toutes les cellules nerveuses, par les prolongements longs et grêles des cellules de neuroglie et par les branches périphériques des cellules épendymaires. Toutes ces ramifications entremêlées forment, au sein de la substance grise, un plexus serré et compact, dans lequel sont englobés les corps des cellules nerveuses et des cellules de neuroglie. Enfin cette structure de la substance grise de moelle est rendue plus complexe encore par les artérioles et les capillaires qui forment un réseau à mailles très serrées dans toute l'étendue de la substance grise.
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