V : Racine spinale du nerf trijumeau
f. cer. : Faisceau cérébelleux.
Pour compléter l'étude du myélencéphale, il nous reste donc à décrire l'origine réelle, l'origine apparente et le trajet périphérique des quatre dernières paires de nerfs crâniens.
Xn. Le nerf grand hypoglosse.
Le nerf grand hypoglosse (n. hypoglossus) — la douzième paire des nerfs crâniens — est un nerf exclusivement moteur. Il provient du bulbe et va innerver tous les muscles de la langue,
Il a son origine réelle dans une longue colonne de substance grise située en partie au-devant et en dehors du canal central dans la moitié inférieure de la moelle allongée, fig. 329, en partie directement en dessous du plancher du quatrième ventricule, de chaque côté de la ligne médiane, dans la moitié supérieure du bulbe. La partie supérieure de cette colonne grise se trouve au niveau de l'aile blanche interne, que nous avons décrite sur la face postérieure du bulbe et qu'on api)elle encore, à cause du voisinage de ce noyau d'origine, le trigone de l'hypoglosse, fig. 330. Cette colonne grise est formée de cellules nerveuses volumineuses entremêlées de fibrilles nerveuses.
■ci^cW.
FiG. 330.
Coupe correspondant au plan de section 8, de la fig. 303.
XII : Noyau d'origine et fibres radiculaire du nerf hypoglosse.
X : Noyau terminal sensitif et fibres radiculaires du nerf pneumo-gastrique.
nB : Noyau du faisceau de Burdach.
pci : Pédoncule cérébelleux inférieur, na : Noyau ambigu.
Les cellules nerveuses sont des cellules radiculaires. Leur prolongement cylindraxile se dirige horizontalement en avant et en dehors, et devient le cylindre-axe d'une fibre radiculaire. Les prolongements protoplasmiques de ces cellules nerveuses rayonnent dans tous les sens autour de la cellule d'origine. Les plus internes dépassent quelquefois la ligne médiane où ils s'entrecroisent avec ceux du côté opposé, constituant ainsi, entre les noyaux des deux nerfs, une commissure protoplasmatique, FIG. 331, analogue à celle qui existe, le long de la moelle épinière, entre les cellules radiculaires des nerfs spinaux.
Les fibrilles nerveuses forment, dans toute la longueur de cette colonne grise, un plexus inextricable. Elles représentent, sans aucun doute, des ramifications cylindraxiles collatérales et terminales venant se mettre en contact avec les cellules radiculaires. Pour le moment, on ignore encore d'où viennent toutes ces fibrilles nerveuses. Ce qui est certain, c'est qu'un grand nombre d'entre elles doivent être considérées comme les ramifications terminales de fibres nerveuses provenant, au moyen de la voie pyramidale, des cellules nerveuses motrices de l'écorce grise de l'hémispbère cérébral du côté opposé. Pour atteindre le noyau d'origine du nerf hypoglosse, ces fibres motrices d'origine corticale doivent donc passer la ligne médiane en un point quelconque de leur trajet.
Ce qui est certain encore, c'est qu'un bon nombre de ces fibrilles nerveuses proviennent des fibres sensitives voisines; non pas directement des fibres qui forment la racine descendante du nerf glosso-pharyngien
Oet du nerf vague et la racine descendante ou spinale du trijumeau; mais des fibres de la voie sensitive centrale qui proviennent des cellules consstitutives du noyau de l'aile grise et du noyau qui avoisine la racine descendante du pneumo-gastrique, du glossopharyngien et du trijumeau.
Ces fibres passent horizontalement au-devant du noyau d'origine du nerf hypoglosse et lui abandoiment de nombreuses collatérales (C.ual).
Un point encore soumis à discussion est celui de savoir, si toutes les fibres du nerf hypoglosse i)roviennent de cellules nerveuses placées du même côté du bulbe, ou bien si chaque nerf périphérique ne renferme pas quelques fibres provenant du noyau d'origine placé dans la moitié opposée. Les fibres radiculaires du nerf hypoglosse présentent-elles une décussation partielle ?
Nous avons vu que pour les nerfs spinaux cette décussation n'existe pas. Toutes les fibres d'une racine antérieure d'un nerf spinal proviennent de cellules nerveuses placées dans la corne antérieure grise correspondante.
FiG. 331.
Cellules radiculaires du nerf hypoglosse chez
rembr}'on du poulet.
Pour le nerl' grand liypoglosse, la question n'est pas encore délinitivenient tranchée. Matiiias Duval nie toute décussation entre les fibres radiculaires du norl" de la douzième paire. Oiœrsteineh, au contraire, admet, d'une manière générale, une décussation partielle pour les fdets radiculaires de tous les nerls périj)hériques. Koi.likku nie toute décussation.
Nous avions cru, dans la première édition de ce livre, pouvoir affirmer l'existence d'une décussation partielle entre les fibres radiculaires du nerf hypoglosse dans la moelle embryonnaire du poulet; et cela, en nous basant sur l'examen de la fig. 331.
Nous croyions, à cette époque, que la cellule nerveuse du noyau droit, dont le prolongement cylindraxile passe la ligne médiane et peut être poursuivi jusqu'au niveau des cellules constitutives du noyau gauche, devait être considéré comme une cellule radiculaire. Mais, depuis lors, nous avons appris qu'un certain nombre de cellules nerveuses de la formation réticulaire du myélencéphale envoyaient leur prolongement cylindraxile à travers le raphé, dans le faisceau longitudidal postérieur du côté opposé; or, ce faisceau longitudinal existe dans le voisinage immédiat de l'endroit où s'arrête le prolongement cylindraxile en question. La flbre qui passe la ligne médiane, dans notre fig. 33 1 , pourrait donc bien se rendre dans ce faisceau longitudinal. Dès lors, la preuve que nous croyions avoir fournie de l'existence d'un entrecroisement partiel entre les fibres radiculaires du nerf de la douzième paire perd beaucoup de sa valeur.
Les fibres radiculaires du nerf hypoglosse, réunies en faisceaux plus ou moins volumineux, traversent d'arrière en avant toute l'épaisseur du bulbe. Ils longent en dehors la couche des fibres sensitives, passent entre l'olive accessoire interne et l'olive et sortent du bulbe par le sillon collatéral antérieur situé entre la pyramide antérieure qui est en dedans, l'olive et le cordon latéral placés en dehors.
C'est dans ce sillon collatéral antérieur que le nerf hypoglosse a son origine apparente.
Littérature.
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VI NGT-DEUXI ÈME LEÇON
La slruclure interne du myélencéphale. (Suite).
Les nerfs périphériciues qu.i dépendent du ixiyélencéplnale : Ije nerf grand hypoglosse. — Le nerf pneumo-Kastrique. — Le nerf accessoire de ■Willis.