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SIXIÈME LEÇON

Le cerveau terminal ou télencépliale.

Conformation externe du télencéphale (suite).

La face inférieure du cerveau terminal uni au cerveau intermédiaire.

Le rhinencéphale.

Conformation interne du télencéphale.

Le corps strié.

Étude d’une série de coupes frontales montrant la situation, la forme et les rapports des ganglions gris de la base.

Région médiane de la face intérieure du cerveau.

Pour terminer l’étude de la conformation extérieure du cerveau terminal, il nous reste encore à décrire la région de sa face inférieure située sur la ligne médiane entre les deux extrémités du corps calleux.

Quand on enlève la partie inférieure de l’axe cérébro-spinal par une section transversale faite au niveau du cerveau moyen, et que l’on examine la face inférieure du cerveau terminal réuni au cerveau intermédiaire, FIG. 88, on trouve, d’avant en arrière, sur chaque hémisphère : la face inférieure du lobe frontal, le commencement de la fissure de Sylvius et la face inférieure du lobe temporo-occipital. Sur la ligne médiane on voit, en avant et en arrière, une partie de la grande fissure médiane interhémisphérique.

La partie postérieure de cette fissure est limitée en avant par la face inférieure du bourrelet du corps calleux. La partie antérieure de la fissure médiane est limitée en arrière par le genou du corps calleux.

La face inférieure du bourrelet du corps calleux présente quelquefois, de chaque côté de la ligne médiane, FIG. 89, deux petites dépressions qui sont les empreintes des tubercules quadrijumeaux et, plus en dehors,

la bandelette grise qui relie le faisceau denté au nerf de Lancisi ou fasciola cinerea. Au-devant du bourrelet existe une large fente transversale qui constitue la partie moyenne de la grande fente cérébrale de Bichat conduisant dans le troisième ventricule. Cette fente de Bichat correspond latéralement à la fissure de l’hippocampe; celle-ci limite, en

Fig. 88.

Face inférieure du cerveau terminal. Gr. nat. 2/3.

dedans, ainsi que nous bavons vu, la face inférieure du lobe temporooccipital. La partie moyenne de la fente de Bichat est limitée en avant par la face postérieure du tronc cérébral au niveau des tubercules quadrijumeaux. Au-devant de la fente de Bichat, on rencontre :

le corps pinéal, ép., la surface de section du cerveau moyen, puis une région grise spéciale correspondant au plancher du troisième ventricule et qui se trouve nettement limitée : en arrière, par les pédoncules

cérébraux ; latéralement, par les bandelettes optiques et, en avant, par le chiasma des nerfs optiques.

Cette région, étudiée tout récemment par Retzius, présente un grand nombre d’organes rudimentaires, les homologues d’organes plus développés chez les vertébrés inférieurs.

On y trouve, FIG. 89, sur la ligne médiane, et en allant d’arrière en avant, la substance interpédonculaire ou substance perforée postérieure (substantia perf or ata postcrior), s. int,; les corps mamillaires, pyriformes à grosse extrémité . dirigée en dedans, c. niant.; l’éminence sacculaire (eminentia saccularis) de Retzius, ém. sac., se présentant sous la forme de trois saillies dont une médiane et deux latérales; le tubercule cendré avec la tige pituitaire, t.p., et l’hypophyse.

Latéralement, la

Fig' 89.

Partie de la base du cerveau comprise entre le chiasma optique, les bandelettes optiques et les pédoncules cérébraux et appartenant en grande partie au plancher du troisième ventricule.

Gr. nat. 1 1/2. n. opt. : Nerf optique.

s. perf. ant. : Substance perforée antérieure. band. op. : Bandelette optique.

t. p. : Tige pituitaire.

ém. lat. : Eminence latérale.

r. perf. ht. : Région perforée latérale. cm. sacc. : Eminence sacculaire.

c. mam. : Corps mamillaires.

s. int. : Substance interpédonculaire.

ép. : Corps pinéal.

c. p. : Commissure postérieure.

i. quadr, : Empreinte des tubercules quadrijumeaux. f. cin. : Fasciola cinerea.

lamelle grise, qui ferme à ce niveau le troisième ventricule, présente encore un petit tubercule saillant pour lequel Retzius propose le nom de éminence latérale de l’hypothalamus (eminentiae latérales ), ém. lat., — correspondant probablement aux lobes inférieurs du cerveau des vertébrés inférieurs — puis, dans le voisinage immédiat de la bandelette optique, quelques orifices vasculaires formant la zone perforée latérale (area perforata lateralis) de l’hypothalamus.

Quand on relève le chiasma des nerfs optiques en haut et un peu en arrière, on voit partir du genou du corps calleux, de chaque côté de la ligne médiane, un cordon blanc, le pédoncule du corps calleux. Les deux pédoncules s’écartent l’un de l’autre et s’étendent le long des bandelettes optiques en limitant en arrière et en dedans la substance perforée antérieure ou latérale, fig. 90. Dans cette dernière partie de son trajet, le pédoncule du corps calleux porte encore le nom de bande diagonale de Broca. Ces pédoncules peuvent se poursuivre jusqu’à l’extrémité antérieure de la circonvolution de l’hippocampe. Ces deux cordons blancs ne sont que la continuation, sur la face inférieure du cerveau, des nerfs de Lancisi ou stries longitudinales médianes de la face convexe du corps calleux ; ils représentent donc, au même titre que ces derniers et que le faisceau denté, une circonvolution avortée que 1 on désigné actuellement, avec Zuckerkandl, sous le nom de circonvolution sous-calleuse (gynus subcallosus) .

Ces pédoncules du corps calleux circonscrivent, avec le chiasma des nerfs optiques, un espace triangulaire fermé par une lamelle grise, mince et délicate, appelée lame terminale. Cette lame passe au-devant de la commissure blanche antérieure à laquelle elle adhère. Sa partie centrale, mince, transparente et d’un aspect un peu plus foncé que les parties voisines, a été appelée par Retzius « fenêtre de la lame terminale.». C’est un des endroits les plus minces de toute la paroi des hémisphères cérébraux. Il est renforcé en dehors par la pie-mère qui y adhère intimement, au point que, sur des cerveaux frais, l’enlèvement de la pie-mère amène presque toujours la déchirure de la partie centrale de cette lame terminale.

De chaque côté de la ligne médiane, entre la bandelette optique et la partie terminale de la circonvolution sous-calleuse ou bande diagonale de Broca en arrière et en dedans, les circonvolutions frontales et surtout la circonvolution olfactive latérale en avant, l’extrémité antérieure de la circonvolution de l’hippocampe en dehors,

il existe encore une mince lamelle grise en rapport intime avec l’artère cérébrale moyenne. Cette lamelle grise est percée d’un grand nombre de petits orifices, par lesquels passent des branches collaté-

olj . \*K.

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Awc cuni».

Fig. 90.

Région médiane de la face inférieure du télencéphale. Gr. liât.

c. olf. int. : Circonvolution olfactive interne.

b.olf. : Bandelette olfactive. tr. olf. : Trigone olfactif.

c. olf. ext. : Circonvolution olfactive externe.

perf. • Substance ou circonvolution perforée.

b. Br. : Bande diagonale de Broca.

cire, semil. : Circonvolution semi - lunaire du rhinencéphale.

cire. amb. : Circonvolution ambiante du rhinencéphale.

s. s. a: Sillon semi-annulaire.

b. G. : Bandelette de GiacominI.

c. g. ext. : Corps genouillé externe.

c. g. int. : Corps genouillé interne.

pulv. : Pulvinar.

c. A. R. : Circonvolution d’André Retzius.

f. c. : Fasciola cinerea.

psalt. : Psalterium.

bour. : Bourrelet du corps calleux.

p. p. : Pilier postérieur du fornix.

s. int. : Substance interpédonculaire.

c. m. : Corps mamillaire.

t. p. : Tige pituitaire sectionnée.

raies de l’artère cérébrale moyenne et de l’artère cérébrale antérieure pour se rendre aux ganglions de la base. C’est la substance perforée anterieure ou latérale (substantia perforata anterior), s. per.

Retzius est tenté de considérer la substance perforée antérieure comme une circonvolution du rhinencéphale ; il propose de l’appeler circonvolution perforée du rhinencéphale ( gyrus perforatus rhinencephali).

Sur la face inférieure du lobe frontal, le long du sillon olfactif, on trouve une bandelette blanche à direction antéro-postérieure, la bandelette olfactive (tractus olfactorius). L’extrémité antérieure de cette bandelette, fortement renflée, constitue le bulbe olfactif (bulbus olfactorius). A son extrémité postérieure, au niveau du bord postérieur du lobe orbitaire, la bandelette olfactive se renfle en une saillie prismatique, triangulaire, la tubérosité olfactive dont la' face inférieure libre constitue le trigone olfactif (trigonum olfactorium) d’où partent deux faisceaux blancs appelés racines ou stries olfactives. Retzius considère ces stries comme étant de véritables circonvolutions ainsi que cela ressort clairement de l’étude de cerveaux d’embryons, âgés de 3 à 5 mois.

La tubérosité olfactive est une partie de l’écorce grise. Elle forme d’après Retzius, avec la masse grise immédiatement voisine, la circonvolution de la tubérosité olfactive.

La strie olfactive interne (stria medialis), très courte, se dirige en dedans et se perd dans la région voisine de l’écorce cérébrale appelée carrefour olfactif de Broca (area parolfactoria Brocae).

Ce carrefour de Broca forme, d’après Retzius, une circonvolution olfactive médiane se continuant avec les circonvolutions voisines de la face interne des hémisphères cérébraux. Cette circonvolution transversale est limitée en arrière par le sillon parolfactif postérieur.

La strie olfactive externe (stria olfactoria latcralis) se dirige obliquement en arrière et en dehors, croise la substance pei forée antérieure et se perd dans l’extrémité antérieure du lobe temporal.

Le long du bord externe de cette racine olfactive on voit une légère crête à direction antéro-postérieure séparant la substance perforée antérieure de l’insula de Reil, c’est le bord falciforme de Broca ou limen insulae.

Pour bien comprendre les connexions de la bandelette olfactive, il convient de les étudier, comme le recommande Retzius, sur le ceryeau d’embryons humains âgés de 4 ou de 5 mois, FIG. 91. Là, on voit

nettement que la partie postérieure renflée de la bandelette olfactive se bifurque en deux branches volumineuses : une interne et une externe, que Retzius considère, avec Mihalkovics et Guldberg, comme étant de véritables circonvolutions.

Voici quelles sont, d’après Retzius, les connexions de ces deux circonvolutions olfactives, connexions qui ressortent d’ailleurs en toute évidence de l’examen de nos deux figures 91 et 92.

La branche interne ou circonvolution olfactive médiane (Retzius) se dirige en dedans pour se continuer avec les circonvolutions voisines de la face interne de l’hémisphère, cérébral.

C’est cette branche transversale que l’on désigne encore sous le nom de carrefour olfactif de Broca. Elle est limitée, en avant, par un petit sillon incomplet dépendant du sillon olfactif ou sillon droit ; en arrière, par

Fig. 91.

Face inférieure de l’encéphale d’un embryon humain de 24 centim. La bandelette olfactive se divise en une circonvolution olfactive interne et une circonvolution olfactive externe. Celle-ci se coude près de la fosse de Sylvius et se continue avec la circonvolution de l’hippocampe.

le sillon parolf actif postérietir (sulcus parolfactorius posterior).

La branche externe ou circonvolution olfactive latérale est, chez 1 embryon, beaucoup plus volumineuse que l’interne. Elle se dirige transversalement en dehors ; arrivée à la partie interne de la fosse de Sylvius, elle se recourbe brusquement en arrière, puis en dedans — en

formant-ainsi la limite interne de la fosse de Sylvius embryonnaire

et peut se poursuivre jusqu’au niveau de l’extrémité antérieure de la circonvolution de l’hippocampe.

La circonvolution olfactive latérale se trouve donc formée, chez embryon, de deux bras reliés l’un à l’autre par une partie coudée qui séparé la substance perforée antérieure de la fosse de Sylvius.

ans le cours du développement, cette circonvolution olfactive a era e se replie de plus en plus sur elle-même de telle sorte que les

deux bras qui la constituent viennent à se rapprocher complètement et à devenir parallèles. En même temps, sa limite externe s’efface insensiblement ; aussi, cette limite semble-t-elle, chez l’adulte, faire partie de l’insula de Reil ; elle n’y forme plus qu’une légère crête à direction antéro-postérieure séparant la substance perforée des circonvolutions insulaires. C’est cette crête que les auteurs ont désignée sous le nom de bord falciforme de Broca ou limen insulae.

De plus, dans le sillon transversal qui sépare les deux bras de la circonvolution olfactive latérale vient se mettre l’artère sylvienne. Celle-ci, en croisant le coude de cette circonvolution prolonge ce sillon jusque sur l’insula de Reil. Par là, la circonvolution olfactive latérale parait coupée en deux et la fissure de Sylvius se prolonge jusqu’à la substance perforée antérieure.

Si on examine le cerveau de l’adulte, fig. 92, on voit partir du trigone olfactif une circonvolution transversale assez large, limitée en arrière par la substance perforée antérieure et par un prolongement du sillon parolfactif. C’est le long du bord postérieur. de cette circonvolution transversale, dans le voisinage immédiat de la substance perforée, que court la racine olfactive externe.

Arrivée à l’angle externe de la substance perforée, la racine olfactive se recourbe en arrière et disparait dans la substance grise voisine.

La racine olfactive interne part également du trigone olfactif, puis se dirige en dedans et disparait insensiblement dans la circonvolution olfactive médiane.

Il existe quelquefois une racine olfactive médiane qui disparait bientôt dans la substance perforée.

Nous avons vu plus haut que la circonvolution olfactive latérale se prolonge, chez l’embryon, jusqu’à l’extrémité antérieure de la circonvolution de l’hippocampe.

Cette extrémité antérieure présente, du côté interne, deux saillies de forme tout-à-fait typique décrites tout récemment pai Retzius : une interne, ovalaire, et une externe entourant en demi-cercle la première. Ces saillies apparaissent déjà au 4e mois de la vie intra-utérine en même temps que les circonvolutions olfactives externe et interne et par conséquent beaucoup plus tôt que toutes les circonvolutions du pallium. Ces saillies se développent pendant le 5e et le 6= mois et se montrent en connexion étroite avec la circonvolation olfactive latérale.

On dirait que cette circonvolution olfactive, arrivée au niveau de l’extrémité antérieure du lobe temporal, se divise en deux branches séparées l’une de l’autre par un sillon semi-annulaire. La branche

Fig. 92.

Région médiane de la face inférieure du télencéphale. Gr. nat.

c. olf. int. : Circonvolution olfactive interne.

b. olf. : Bandelette olfactive.

tr. olf. : Trigone olfactif.

c. olf. ext. : Circonvolution olfactive externe.

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