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Faisceau de Gowers

Il ne faut pas croire cependant que, en réalité, les limites de ces différents faisceaux, dans la substance blanche de la moelle, soient aussi nettement tranchées que nous les avons indiquées dans cette figure. Il n’en est rien. Ce qui le prouve, c’est qu’à la suite de sections transversales de la moelle, on peut trouver, dans les faisceaux

pyramidaux, quelques fibres éparpillées présentant la dégénérescence secondaire ascendante, aussi bien que, dans les faisceaux sensitifs, on peut rencontrer des fibres éparpillées présentant la dégénérescence secondaire descendante. Ce sont là des fibres courtes ou fibres commissurales longitudinales égarées en dehors du faisceau fondamental.

Ce groupement des fibres nerveuses de la substance blanche en faisceaux physiologiquement distincts a été étudié, pour la première fois et d’une façon précise, par Flechsig (i) en 1876. Nous avons déjà vu que, d’après les recherches de Flechsig, tout l’axe cérébro-spinal est formé exclusivement de substance grise jusque vers le milieu du cinquième mois de la vie embryonnaire. A partir de cette époque apparait la substance blanche. Celle-ci est due uniquement aux gaines de myéline qui se développent autour des prolongements cylindraxiles des cellules nerveuses.

Cette myélinisation des fibres nerveuses ne se fait pas d’une façon irrégulière, bien au contraire. En étudiant des embryons à différents stades du développement et en les comparant entre eux au point de vue de la répartition des faisceaux de fibres déjà pourvues de leur myéline, Flechsig a fait une double découverte : d’abord il a trouvé que, sur des embryons du même âge, ce sont toujours les mêmes faisceaux de fibres nerveuses qui apparaissent comme de la substance blanche, tandis que les embryons d’àge différent présentent également une répartition différente des fibres déjà myélinisées. Il a conclu de ces faits que 1 apparition de la myéline, pour les fibres nerveuses des différents faisceaux, se fait d’après un ordre parfaitement déterminé et toujours le même ; de telle sorte que, connaissant l’âge de l’embryon, on peut dire d’avance quels sont les faisceaux dont les fibres constitutives ont déjà leur gaine de myéline et quels sont ceux qui en sont dépourvus.

La seconde découverte de Flechsig, beaucoup plus importante que la première au point de vue des connexions qui peuvent exister entre les différentes régions du névraxe, est la suivante :

Toutes les fibres nerveuses qui ont la même origine et la même terminaison — c’est-à-dire qui ont les mêmes connexions anatomiques et Qui, pai conséquent, doivent remplir les mêmes fonctions — prennent, a la même époque, leur gaine de myéline ; tandis que les faisceaux de fibres nerveuses qui ont des connexions anatomiques différentes développent leur myéline à des époques différentes.

Flechsig attache à ce fait une grande importance. Tous ces faisceaux de fibres nerveuses, ainsi morphologiquement différents les uns des autres par l’époque à laquelle leurs fibres constitutives prennent leur gaine de myéline, seraient aussi, à son avis, différents les uns des autres au point de vue physiologique. Chacun de ces faisceaux constitue pour lui un système.

Comme résultats de ces observations, Flechsig distingue, dans la substance blanche de la moelle, les différents faisceaux'ou systèmes suivants, FIG. 2x9 :

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