TISSU PROPRE
De même que le poumon se partage en deux ou trois lobes, chaque lobe lui-même se divise en lobules; chaque lobule reçoit un petit canal aérifère
de l’arbre bronchique et un rameau de l’artère pulmonaire, tandis qu’il émet en retour un rameau de veine pulmonaire et des vaisseaux lymphatiques, outre les nerfs et les ramuscules des vaisseaux bronchiques indispensables à sa nutrition. C’est donc dans le lobule que se trouve le secret de la texture fonctionnelle du poumon dans son entier. Les lobules étant agglomérés par grappes, sans intervalle entre eux, prennent la forme de pyramides polyédriques irrégulières, adossées par des surfaces planes inégales, réunies sous des angles variés, avec un sommet tronqué, tourné vers le centre, au point d’entrée des vaisseaux, et une base plus large vers la périphérie. A l’extérieur les lobules sont circonscrits par une cloison imperforée. Ces cloisons, sous la surface pleurétique, forment les petits sillons interlobulaires.
CANAUX AÉPJFÈRES.
Us se composent d’un grand tronc d’origine qui établit la communication du larynx aux poumons, la trachée artère, divisée en deux canaux, les bronches, une pour chaque poumon. Les bronches elles-mêmes forment le point de départ d’une série de canaux aérifères dont les derniers tuyaux débouchent dans les espaces capillaires des lobules. De sorte que l’appareil aérien représente un arbre ou un cône dont le sommet est au larynx et la base à la périphérie du poumon.
TRACHÉE ARTÈRE (i, figures 4, i, 2,3, 5,6.)
Long canal symétrique, fibro-cartilagineux, contractile et très élastique, situé sur le plan mo/cn au-devant du rachis, étendu de la cinquième vertèbre cervicale à la troisième ou quatrième dorsale. Diffèrent de volume dans les deux sexes, son calibre est de dix lignes à un pouce de diamètre dans l’homme adulte.
Surface externe. Cylindrique, en avant et sur les côtés, la trachée est aplatie en arrière où elle s’applique sur l’œsophage et le rachis. Ce canal flexible, est mobile latéralement et se prête à tous les mouvemens du cou. Séparé en deux portions par l’aponévrose cervico-thoracique, la portion cervicale, est enveloppée par la grande thyroïde et les vaisseaux thyroïdiens; latéralement elle est côtoyée par les gros vaisseaux, les nerfs et les lymphatiques du cou. La portion thoracique est située dans le médiastin postérieur, protégée en avant par la première pièce du sternum, et côtoyée latéralement par les troncs sanguins brachio-céphaliques.
En bas, par l’angle de sa bifurcation, elle répond à celle de l’artère pulmonaire.
Surface interne. Formée par la membrane muqueuse, elle est rosée et d’apparence rugueuse, parla saillie des follicules mucipares.
BRONCHES (k, 1, figures 4, 5,6).
Au nombre de deux troncs., droit et gauclié, résultant de la bifurcation de la trachée artère, elles s’écartent l’une de l’autre sous un angle obtus pour se diriger en travers, et pénétrer chacune dans le poumon auquel elle appartient. La bronche droite (k,), longue d’un pouce, de dix lignes de calibre, est oblique en bas. La bronche gauche ( 1 ), longue de deux pouces, d’un calibre de sept à huit lignes, est presque horizontale. Audessus d’elle passent l’aorte et le tronc pulmonaire de son côté.
Structure de la trachée et des bronches.
La trachée et les bronches, composent des cylindres fibreux renfermant dans leur épaisseur des cerceaux cartilagineux incomplets, une couche musculaire partielle et une autre de tissu jaune élastique, des glandules mucipares, des vaisseaux sanguins et lymphatiques, et des nerfs.
1° Membrane fbreuse ( 1, fig. 6 ). Née circulairement du bord inférieur du cartilage cricoïde, elle s’étend sans interruption, de la trachée aux bronches, et de ces dernières à tout l’arbre aérifère. Dans la portion cartilagineuse, elle constitue une première couche extérieure, mince, formée de fibres longitudinales très fines. En arrière, où elle existe seule,, elle est plus épaisse et composée de fibres plates, verticales et obliques , d’un aspect nacré, comme le tissu ligamenteux , inscrivant une série de losanges allongés, dont les aires sont occupées par les glandules tra.chéales et les trous vasculaires. De chaque côté l’extrémité des arceaux cartilagineux est encastrée dans autant de petites cavités de réception.
2» Cerceaux cartilagineux ( 2, 2, fig. 4 ). Superposés transversalement et séparés par des intervalles inégaux, ils sont au nombre de quinze à vingt pour la trachée, huit à dix sur la bronche gauche, quatre sur la bronche droite, avant la naissance du tronc du lobe supérieur, et cinq ou six sur la grosse branche de continuation avant sa division dichotomique. Les cerceaux cartilagineux forment des deux tiers aux trois quarts de la circonférence des conduits. Ils sont liés par de petits faisceaux ligamenteux, obliques et entrecroisés, renfermant des loges glandulaires. La forme des cerceaux est irrégulière; parfois deux ou même trois s’unissent d’un côté par les bords ; des segmens isolés complètent la circonférence de
l’autre côté. Le premier anneau trachéal, plus haut que les autres , fait suite au cartilage cricoïde. Le dernier cartilage s’infléchit en bas en formant deux courbes obliques réunies à angle aigu au point de division de la trachée. Les cartilages bronchiques, encore plus irréguliers que ceux de la trachée, tendent à se confondre de plus en plus de haut en bas.
3° j Muscle trachéo-bronchique (3, fig. 7 ). Entre les deux membranes fibreuse et muqueuse, la cloison postérieure de la trachée et des bronches renferme une couche de fibres musculaires transversales disposées en autant de petits faisceaux superposés qu’il y a de cartilages, auxquels ils se fixent par des dentelures. La succession de ces faisceaux constitue un muscle constricteur trachéo-bronchique.
4° Faisceaux longitudinaux ( 4 fig. 7 bis ). Sous la membrane muqueuse de la trachée et des bronches, existe une couche de longues fibres longitudinales parallèles, saillantes à l’intérieur, élastiques, d’une couleur jaune-rougeâtre; ces fibres se continuent dans les bronches et les canaux aérifères. Autour de leurs orifices elles forment une sorte de demisphincter ou éperon. Les faisceaux jaunes, par leur élasticité, font l’office d’un muscle rétracteur trachéo-bronchique.
5° Glandules trachéales { Fig. 6.). Elles sont disposées en trois plans: sous la membrane muqueuse, dans l’épaisseur de la membrane fibreuse et dans l’espace intermédiaire.
6 ° Membrane muqueuse. Mince, diaphane, d’un blanc rosé, elle fait suite à celle du larynx et se continue dans les canaux bronchiques.
7° Vaisseaux de la trachée. Les artères sont fournies par les thyroïdiennes, au nombre de liuit à dix petits rameaux. Les veines se jettent dans le plexus-thyroïdien inférieur. Ces vaisseaux se distribuent en plus grand nombre aux follicules mucipares et à la membrane muqueuse.
CANAUX BRONCHIQUES (figures 4, 3, 5,6).
Décroissant graduellement de volume, ces canaux se rangent sous trois divisions : 1° les grands canaux lobaires ( m, m ), en nombre égal à celui des lobes du poumon. L’incrustation cartilagineuse s’y présente sous forme de segmens irréguliers ou de larges plaques juxta-posées, composant par leur réunion le contour du cylindre. 2° Canaux moyens (n, n). Subdivisés en branches secondaires, ternaires, quaternaires, les plus gros sont d’abord formés de plaques minces qui dégénèrent graduellement en noyaux cartilagineux largement espacés, puis en nodules et en stries linéaires compris dans l’épaisseur de la membrane fibreuse. 3° Petits canaux bronchiques (o, o ). Décroissant d’une ligne de diamètre jusqu’à
l’état microscopique, leur disposition continue d’être ramifiée; leur slrûoture est toute membraneuse.