VAISSEAUX PROFONDS DE LA TÊTE
(Figures 4 et 6. Supplément düangèiologie, voyez planches 10, 11 et 12).
Préparation. — FIGURE 4. Profil de la tête et du cou (côté gauche). La tête représente la couche profonde de la face et l’intérieur du crâne. Les os ont été sciés ou désarticulés au contour, pour montrer la surface de la cavité crânienne dont on distingue les trois fosses antérieure, moyenne et postérieure, séparées par les replis de la faux du cerveau et de la tente du cervelet. Au cou, on a enlevé tous les muscles qui auraient masqué la vue des vaisseaux.On n’a conservé que les muscles de l’hyoïde en avant, et le transversaire épineux en arrière. Au thorax il n’existe que la ceinture d’isolement formée par le cercle des premières côtes, le sternum et l’extrémité correspondante de la clavicule.
FIGURE 5. Plan de la base du crâne, montrant les trois fosses antérieure, moyenne et postérieure. La dernière n’est visible que du côté
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gauche, au travers d’une section de la tente du cervelet, conservée dans le reste de l’étendue avec la portion correspondante de la faux cérébrale. A la surface de la base du crâne se voient les principales divisions des artères vertébrales et carotides internes; à gauche, le plancher de l’orbite enlevé laisse voir l’intérieur de la cavité orbitaire parcourue par les vaisseaux ophthalmiques.
Les lettres ont la même signification dans les deux figures.
A. SEGMENT DE LA CROSSE DE L’AORTE d’où naissent les troncs brachio-céphaliques (Voy. pl. 10 ).
a. Section au-dessous de la jonction de l’azygos, de la veine cave supérieure, affluent commun des troncs veineux brachio-céphaliques (Voy. pl.io). -
B. b. Section sur la première côte de l’artère ( B) et de la veine ( b) sousclavières.
C. ARTÈRE CAROTIDE PRIMITIVE GAUCHE. Née de l’aorte entre l’artère sous-clavière du même côté, et le tronc brachio-céphalique, ascendante, presque verticale, séparée de sa congénère en bas par la trachée et l’œsophage, en haut parle larynx et le pharynx; logée profondément dans le sillon du cou et inférieurement dans le thorax, pour un trajet de vingt lignes, correspondant de l’autre côté à la longueur du tronc brachio-céphalique; se bifurque à la hauteur de la grande corne de l’os hyoïde en deux artères carotides externe et interne (Voy. pl. 11).
C. VEINE JUGULAIRE INTERNE. Vue dans toute sa hauteur à partir de ses principaux affluens cérébaux, le sinus longitudinal supérieur (1), le sinus longitudinal inférieur (2), le sinus droit (3); ce dernier sur la figure 5, renfermé, d’un côté, sous la dure-mère, et ouvert de l’autre dans toute sa longueur, jusqu’au confluent d’origine dit le golfe de la veine jugulaire (4) (Voy. pour les sinus, pl. 10 , et pour la veine elle-même, pl. 11).
D. d. ARTERE CAROTIDE EXTERNE avec sa veine concomitante temporo-faciale. Branche externe et antérieure de bifurcation du tronc de la carotide primitive dont elle continue d’abord la direction, la carotide externe, plus faible que l’interne, monte verticalement au devant de cette dernière, fournit la thyroïdienne supérieure (6), la linguale (7), la faciale (9). Chacune de ces artères est accompagnée par une - veine de retour correspondante (6, 8, 10). Au-dessous naissent les vaisseaux occipitaux (11, 12), et auriculaires postérieurs; puis les troncs devenus temporomuxillaires (13, 14) se divisent en temporaux superficiels (15, 16), e t maxillaires internes (17,18) (Voy. pour les artères et veines de la face,pl. il et 12).
17, 18. VAISSEAUX MAXILLAIRES INTERNES. - Artère maxir-
laire interne. Destinée aux parties profondes de la face, à la dure-mère et à la table interne des os du crâne; située profondément dans les fosses zygomatique et ptérigo-mâxillaire. Après sa naissance, elle s’enfonce en dedans du col du condyle maxillaire, traverse horizontalement d’arrière en avant la fosse zygomato-maxillaire, légèrement sinueuse et oblique en haut; s’incurve derrière la tubérosité maxillaire pour devenir verticale, et monte dans la fosse ptérygo-maxillaire, à la partie supérieure de laquelle sa branche terminale prend le nom de sphéno-palatine.
Branches de la maxillaire interne. Au nombre de quinze que l’on énumère d’après le lieu de leur origine : 1° En dedans et près du condyle. Artère tympanique rameau destiné au conduit auditif externe, à l’articulation temporo-maxillaire et à la caisse du tympan dans laquelle il pénètre par le scissure de Glaser. (19) Artère méningée moyenne. La plus forte des branches de la maxillaire interne, pénètre dans la crâne par le trou sphéno-épineux, et se divise à la surface de la dure-mère à laquelle elle se distribue, ainsi qu’à la table interne du crâne. Un ramuscule pénètre dans la caisse du tympan, et un autre accompagne le nerf facial dans l’aqueduc de Fallope (Voy.pl. 10, fig. 4 et 7).(20) Artère dentaire inférieure. Fournit quelques rameaux musculaires, pénètre dans le canal dentaire inférieur, et donne des artérioles à toutes les racines des dents et au diploë. En dehors, elle fournit par le trou mentonnier l’artère du même nom (21)., 2° Entre les ptérygoïdiens. Petite artère méningée destinée à la dure-mère ; artères ptérygoïdienne et massétèrine interne vues sur la figure, et destinées aux muscles du même nom; temporale profonde postérieure (22) destinée au muscle temporal. 3° Derrière la tubérosité maxillaire. Artères buccale et alvéolaire supérieure (23) : la première destinée aux muscles profonds de la joue; la seconde aux gencives, aux racines des dents et au diploë de l’arcade alvéolaire supérieure. (24) Temporale profonde antérieure destinée comme son homonyme au muscle temporal. Sous-orbitaire (25). Pénètre dans le canal de ce nom et se termine dans les muscles de la fosse canine. 4° Dans la fosse ptérygo maxiliaire. Artère palatine supérieure (pl. 10). Descend dans le conduit palatin postérieur et se distribue à la voûte palatine, et au voile du palais. Pharyngienne supérieure. Sort par le trou ptérygopalatin, et se distribue aux attaches supérieures du pharynx. Artère ptèrygoïdienne. Traverse en arrière le trou vidien, et se distribue à la trompe d’Eustache et aux attaches du pharynx. Sphéno-palatine (pl. 10, fig. 3 et 8). Terminaison de la maxillaire interne, destinée à la surface muqueuse des fossés nasales : se divise en une branche interne qui se ramifie sur la cloison, et une branche externe h trois divisions sur les cornets.
ANGÉIOLOGIE. —IVÉ VROLOGIE. 1 £>
18. VEINE MAXILLAIRE INTERNE. Formée par la réunion de toutes les veinules qui accompagnent les artères, sa jonction avec la temporale, constitue l’origine de la veine jugulaire externe (pi. 12). Des branches de formation de la maxillaire interne la plus remarquable est la veine méningée moyenne (pl. 10) distinguée par ses origines aux sinus du crâne, principalement le longitudinal supérieur, chaque veinule étant formée par la jonction de plusieurs rameaux en forme de A , de sorte que les veines méningées contribuent au dégorgement des sinus cérébraux par la veine jugulaire externe.
B. ARTERE CAROTIDE INTERNE. Branche interne de bifurcation de la carotide primitive, se coude en arrière, monte verticalement, atteint la base du crâne, traverse le canal carotidien, débouche par le trou déchiré antérieur, longe horizontalement le sinus caverneux dans lequel elle fait saillie, se réfléchit en haut au niveau de l’apophyse clinoïde antérieure, et se divise en trois branches terminales. Ainsi pour entrer dans le crâne, la carotide interne est logée dans un canal inflexe ostéo-fibreux, qui forme cinq coudures successives destinées à ralentir le choc de la colonne sanguine.
Connexions. Recouverte par le sterno-mastoïdien et le ventre postérieur du digastrique; logée d’avant en arrière entre la face latérale du larynx et les muscles prévertébraux, elle est protégée par les saillies de l’angle de la mâchoire et des apophyses styloïde et mastoïde. La veine jugulaire interne, d’externe en bas, devient postérieure en haut.
Branches de la carotide interne. 1° Artère ophthalmique (26). Entre dans l’orbite par le trou optique, et se divise en plusieurs rameaux : l’artère lacrymale destinée à la glande du même nom; la centrale de la rétine qui se distribue dans l’intérieur du globe oculaire; la frontale •profonde qui longe le plancher supérieur de l’orbite, sort par l’échancrure surcilière, et se distribue au front; les artères ciliaires; les musculaires supérieure et inférieure; la nasale d’où procèdent les ethmoïdales et les palpébrales profondes (Voy. pour les artères de l’œil, pl. 16).
2° ARTERES CÉRÉBRALES. 1° Communicante postérieure (27), tronc de trois lignes de longueur qui établit en arrière la communication de la carotide interne, avec le tronc basilaire des vertébrales par la cérébrale postérieure. 2° Cérébrale moyenne (28). Longe la scissure de Sylvius, et se divise en un grand nombre de ramifications qui se distribuent aux lobes antérieur et moyen du cerveau. 3» Cérébrale antérieure (29). Rapprochée en avant de sa congénère, elle lui est unie par une branche transversale d’une ligne de longueur, l’artcre communicante antérieure (30) qui complète le cercle artériel de la base du crâne. Au-delà la cérébrale antérieure
contourne en avant le corps calleux pour gagner sa face supérieure, et se distribuer au lobe antérieur, à la face interne des hémisphères et aux parties profondes du cerveau.
F, f. VAISSEAUX VERTÉBRAUX. — Artère vertébrale (F). La plus forte des branches de la sous-clavière, située verticalement à la partie latérale du cou, dans le canal ostéo-fibreux formé par la succession des apophyses transverses et des muscles inter épineux cervicaux; destinéeàla moelle épinière, à la protubérance, au cervelet et au lobe postérieur du cerveau. Née de la coudure de la sous-clavière, elle s’incurve en arrière pour entrer dans le premier canal osseux de la sixième apophyse transverse, et monte successivement au travers de tous les autres. Parvenue au-dessous de l’axis, elle s’incurve en dehors pour traverser l’atlas, puis contourne en arrière, dans une gouttière spéciale, l’apophyse transverse de cette vertèbre, en formant quatre coudures à angle droit (31), autour de cette apophyse et du trou occipital, et se brise une cinquième fois pour s’unir à sa congénère (32), et former en commun le tronc basilaire (33), lequel par un sixième angle droit se divise en T (34), pour donner naissance à la cérébrale •postérieure (36) et à la communicante de Willis déjà connue (27). D’où il' suit que, dans son trajet, avant de pénétrer dans le crâne, la vertébrale ne présente pas moins de coudures que la carotide interne, pour briser le choc de la colonne sanguine.
Branches de l’artère vertébrale. i° A chaque espace intertransversaire , deux petits rameaux extérieurs ostéo-musculaires et un profond OU spinal; 2° à son entrée dans le crâne un ou deux rameaux méningés postérieurs destinés à la dure-mère de la fosse occipitale inférieure; 3° les artères spinales antérieure et postérieure, branches descendantes qui se distribuent à la moelle et à ses enveloppes, et commencent en haut la série des artérioles spinales que continuent les artères, intercostales et lombaires; 4» Tronc basilaire, vertical et médian, qui fournit de ses parties latérales les artères cérébelleuses inférieure (36) et supérieure (37) destinées la première au lobule antérieur du cervelet, et la seconde à la partie antérieure et au lobe médian (Voy. pl. 16).
Veine vertébrale. Née de la partie supérieure du cou dans l’épaisseur des muscles, reçoit des veinules musculaires et spinales, et inférieurement la veine cervicale postérieure, puis se jette dans le tronc veineux brachio-céphalique.
BOURGERY ET JACOB.
ANGÉIOLOGIE.