ORGANE DE L’OLFACTION
Appareil d’une vaste étendue, quoique relativement rudimentaire dans l’homme, situé à la partie moyenne de là face, dont il détermine le volume , entre les deux cavités orbitaires eh dessus, la cavité buccale en dessous; composé d’Un organe extérieur en saillie; le nez, et dedeux grandes cavités latérales anfractueuses , les fosses nasales, dont le vide contribue à la légèreté du squelette, séparées l’une de l’autre par une cloison médiane, oüvertes à l’extérieur par les deux narines, et profondément par deux larges orifices dans le pharynx, au-dessus du voile du palais.
NEZ PROPREMENT Dit.
Eminence ou saillie verticale située sur la ligne médiane de la face, en forme d’une demi-pyramide, hexagonale, à trois plans, un moyen
ORGANES DES SENS
et deux latéraux obliques, avep un sommet tronqué intermédiaire aux deux cavités orbitaires, et une base inférieure, ouverte horizontalement par les deux narines. La face antérieure du nez se divise en trois parties : en haut, la racine au milieu, la saillie ou le dos du nez; et en bas, l’extrémité libre et arrondie ou le lobule.
STRUCTURE DU NEZ. 1° Charpente ostpo-carlilagineuse. La charpente osseuse est formée au sommet par les os propres ou nasaux (A), dont le bord libre correspond au dos du nez, et par les apophyses montantes des os maxillaires supérieurs B, dont l’écartement circonscrit, avec les os nasaux, l’orifice nasal antérieur du squelette. La portion cartilagineuse comprend cinq cartilages réunis par une membrane fibreuse. — 1° Cartilages latéraux. Triangulaires; chacun d’eux s’étend, de son côté, de l’os propre du nez auprès de la narine, et s’articule en bas et en dehors avec le cartilage de l’aile du nez, en dedans, et verticalement, avec le cartilage médian ou de la cloison. Souvent ce cartilage est divisé au milieu en deux pièces. — 2° Cartilages des narines. Elargis en dehors et rudimentaires sur les ailes du nez , rétrécis en bas et en avant, mais plus épais et résistans sur le bord externe des narines ; terminés , en avant, par un élargissement sur le lobule. — 3° Des noyaux cartilagineux, en nombre irrégulier, plus ou moins accidentels, sont compris entre les bords adjacens des grands cartilages, en dehors et sous le lobule. — 4 ° Cartilage de la cloison. Triangulaire, situé verticalement entre la lame perpendiculaire de l’ethmoïde et le vomer, en haut et en arrière, le dos du nez ou l’intervalle des cartilages latéraux en arrière, et la suture des os maxillaires supérieurs en bas; offrant deux faces latérales qui font suite à la cloison osseuse, et, comme elle, sont tapissées par la membrane muqueuse olfactive.
2“ Muscles (fig. 22). Ce sont, outre le pyramidal du nez ; le transverse (H), l’élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure (F), l’élévateur propre (G) et le dilatateur de l’aile du nez (K), le naso-labial. ( Voyez Myologie, pl. 3 ).
3° Peau. Lisse et fine sur le dos du nez ; épaisse, dense, élastique et très vasculaire au lobule et sur les ailes du nez; garnie en ces divers points de follicules sébacés ; réfléchie sur le bord des narines, puis amincie à leur surface interne garnie de poils, où elle conserve encore ses caractères avant de se continuer en membrane muqueuse dans les fosses nasales.
4° Vaisseaux et nerfs du nez (fig. 23). Les artères sont fournies par la faciale (a) et ses divisions , la coronaire labiale supérieure, les dorsales du nez, par des rameaux de la sous-orbitaire et de l’ethmoïdale de l’oph-
thalmique (c). Les veines , en grand nombre, se rendent dans les troncs veineux correspondans aux artères. Les nerfs sont des rameaux du nasal et du sous-orbitaire de la cinquième paire et des branches buccales et palpébrales de la septième paire.
FOSSES NASALES (fig. 24).
Elles sont formées par une enceinte osseuse divisée en compartimens tapissés par la membrane muqueuse. Les os qui concourent à former les fosses nasales sont : 1° A la voûte, Veihmoïde (c), partagé par la lame perpendiculaire en deux moitiés symétriques et subdivisé par des lamelles papyracées en deux séries de Cellules antérieures et postérieures; les premières communiquant avec les sinus frontaux et les secondes avec les sinus sphénoïdaux. Des lamelles plus grandes et contournées en volutes, prennent le nom de cornets supérieurs et moyens. 2° En avant les os propres du nez, continués plus bas par les cartilages latéraux. 3° Sur les côtés et à la partie inférieure, les os maxillaires supérieurs et palatins , dont le plancher inférieur forme la voûte palatine qui sépare les fosses nasales de la cavité buccale. Dans l’épaisseur des os maxillaires sont creusés les grands sinus du même nom. Sur leur paroi interne s’appliquent les cornets inférieurs (H). 4° La cloison verticale , formée en grande partie par le vomer (F), est complétée en avant par le cartilage médian.
Les fosses nasales sont partagées en trois séries de cavités ouvrant les unes dans les autres, et dites les méats inférieur, moyen et supérieur. Le méat inférieur est formé par la gouttière sus-palatine, étendue sous le grand cornet, de la narine antérieure à l’orifice pharyngien ou la narine postérieure. Le méat moyen comprend la gouttière au-dessus du cornet inférieur, le sinus maxillaire, les cellules antérieures de l’ethmoïde et les sinus frontaux. Au méat supérieur appartiennent les cellules ethmoïdales postérieures et les sinus sphénoïdaux.
Membrane olfactive ou pituitaire. Membrane fibro-muqueuse, très vasculaire, qui tapisse les fosses nasales dans toute leur étendue, plus épaisse sur les grandes surfaces et les cornets, amincie dans les sinus et les cellules ; elle fait suite à la peau des narines antérieures et se continue avec lés muqueuses du pharynx et de la cavité buccale.
Structure. La pituitaire est la seule des membranes muqueuses qui revête des os quoique avec l’intermédiaire d’un tissu fibreux. — Ses artères sont fournies par la sphéno-épineuse et les palatines , ramifiées dans le tissu sous-muqueux en lacis très déliés qui s’anastomosent en avant
ORGANES DES SENS
avec les artères du nez. — Les veines , en nombre considérable, accompagnent les artères pour les divisions principales ; mais, à l’état capillaire, elles forment des réseaux si abondans qu’ils ressemblent à un tissu érectile étalé en membrane. — Les lymphatiques forment un réseau superficiel très abondant. — Les nerfs sont de deux sortes : 1° Le nerf olfactif, première paire cérébrale, organe essentiel de l’olfaction, à partir du renflement situé dans la gouttière crânienne de l’ethmoïde, se divise en nombreux rameaux, semblables à une chevelure, qui traversent les petits trous de la lame criblée, et se répandent dans la membrane pituitaire, où on les suit jusque sur le cornet moyen. 2° Plusieurs rameaux de la cinquième paire, c’est-à-dire : de la branche ophthalmique par le rameau nasal interne et le rameau frontal, et du maxillaire supérieur parles nerfs sphéno-palalin, grand palatin, vidien et dentaire antérieur.