‹ [Anatomie élémentaire en 20 planches... avec un texte explicatif à part... formant un manuel complet d'anatomie physiologique... - Texte]Chapitre 215 sur 232 · STRUCTURE DU GROS INTESTIN · texte numérisé non relu

STRUCTURE DU GROS INTESTIN

Membrane péritonéale. Ses rapports avec le cæcum et lés trois premières portions du colon nous sont déjà connus. A l’S iliaque et aux deux tiers supérieurs du rectum , le péritoine, par l’adossement de ses feuillets postérieurs , forme un mésentère très court. Dans sa moitié inférieure, au contraire, le rectum plonge, par sa membrane musculaire à nu, dans ùn tissu cellulaire adipeux : le cul-de-sac de réflexion du péritoine passe de la vessie, dans l’homme, sur la face antérieure du rectum, et remonte obliquement sur les côtés.

Membrane musculeuse. Elle se compose, comme pour l’intestin grêle, de deux plans de fibres longitudinales et circulaires, mais avec cette différence que le plan longitudinal se concentre dans les trois bandelettes dont nous avons parlé. Cette disposition commence à disparaître

à PS iliaque, et elle cesse enfin complètement au rectum, où le plan longitudinal est très prononcé. La couche de fibres circulaires de ce dernier intestin est également très épaisse, et devient de plus en plus forte en s’approchant de son extrémité inférieure.

Membrane muqueuse. Pâle et plus molle que dans le reste de l’intestin, elle est dépourvue de villosités ; mais elle est parsemée d’un grand nombre de follicules qui se présentent à la loupe comme de petites ampoules, et qui lui donnent un aspect aréolaire. La muqueuse du rectum, en particulier, est beaucoup plus lâche que les autres, et forme un grand nombre de replis, verticaux et obliques à la partie supérieure, et horizontaux à la partie inférieure. Au-dessus de l’orifice de l’anus, la membrane muqueuse, resserrée tout-à-coup par le sphincter rectal, se termine par une gouttière circulaire, entrecoupée par des enfoncemens qui prennent le nom de lacunes du rectum.

Vaisseaux sanguins. Ils sont fournis par les troncs mésentériques supérieurs et inférieurs. Des vaisseaux mésentériques supérieurs procèdent, avant ceux du mésentère : 1° les artères et veines mésocoliques ou coliques supérieures (e, 1), destinées au colon transverse, et , par un même tronc, les coliques droites (g, h) et les cœcales. C’est cette dernière branche qui s’anastomose avec la terminaison de l’arcade mésentérique Supérieure. A gauche, les vaisseaux sont fournis par les troncs mésentériques inférieurs (1, m), d’où procèdent les coliques supérieures gauches (i, k) et moyennes, destinées au colon descendant, et l’inférieure, qui appartient au colon iliaque. Les branches de continuation des deux troncs sont les artères et veines rectales ou hémorrhoïdales supérieures, qui se distribuent au rectum et s’anastomosent - avec les hémorrhoïdales moyennes et inférieures. Toutes les branches des vaisseaux coliques s’anastomosent par de vastes arcades, de la convexité desquelles naissent les branches antérieures et postérieures qui se distribuent à l’intestin.

Vaisseaux et ganglions lymphatiques. Leur mode de distribution est le même que pour l’intestin grêle, mais leur nombre est beaucoup moins considérable; leur trajet est également celui des vaisseaux sanguins, d’où il résulte que les lymphatiques du côté droit se jettent dans l’amas mésentérique supérieur, et ceux du côté gauche dans les chapelets lombaires.

Nerfs. C’est encore sur les vaisseaux sanguins que sont calqués l’origine, le trajet et la distribution des nerfs. Les filamens et les.anses plexiformes qui accompagnent les vaisseaux coliques droits, procèdent du plexus mésentérique supérieur: ceux qui accompagnent les vaisseaux

coliques gauches naissent du plexus mésentérique inférieur, émanation du plexus solaire par le plexus aortique.

FOIE (fig. 8, 9).

Organe glanduleux d’un volume et d’une pesanteur considérables, lisse et dense, de couleur brune ardoisée, situé dans l’hypocondre droit, et destiné à la sécrétion de la bile.

Configuration, connexions. D’une forme irrégulièrement triangulaire, le foie offre sa masse principale à droite, en haut et en arrière , et se termine en s’amincissant en un bord à gauche, en avant et en bas. On considère à cet organe une face supérieure convexe, une inférieure concave, deux bords antérieur et postérieur, une base et un sommet.

Face supérieure. D’un aspect lisse ; elle est contiguë à la face inférieure du diaphragme, sous laquelle elle se moule exactement, au point de recevoir l’empreinte des faisceaux de ce muscle et de la saillie des côtes. Elle est partagée d’avant en arrière par le ligament falciforme ou suspenseur du foie, formé lui-méme par l’adossement des feuillets péritonéaux du diaphragme, qui se séparent sur le foie pour former son enveloppe. C’est cette ligne que l’on adopte arbitrairement pour tracer une démarcation fictive entre le lobe droit et le lobe gauche. Cette face coudée prend une étendue considérable en arrière ; elle est également revêtue, dans ce sens, par le péritoine pariétal postérieur, qui s’y réfléchit ; à l’angle courbe formé par la réunion des faces supérieure et postérieure, est un espace triangulaire dépourvu de péritoine.

Face inférieure. Beaucoup plus compliquée que la précédente ; elle est parsemée d’éminences entrecoupées par des sillons ou scissures qui établissent, la division du foie en trois lobes. Dans le fond des scissures pénètrent les vaisseaux. Les divers objets à considérer sont : 1° le lobe droit ou grand lobe A, offrant une dépression qui correspond à l’extrémité pylorique de l’estomac et au duodénum ; 2" le lobe gauche ou lobe moyen B, également concave pour s’accommoder à la petite courbure de l’estomac ; 3° une petite saillie du foie, considérée mal-à-propos comme un lobe distinct, et nommée le lobule de Spigel C ; 4° un vaste sillon antéro-postérieur, ou sillon de la veine ombilicale E, qui traverse le foie de l’un à l’autre bord, au tiers gauche de sa largeur : il loge, dans le fœtus , en avant la veine ombilicale , et en arrière le canal veineux , transformés l’un et l’autre en cordons fibreux dans l’adulte; 5" au milieu du foie part transversalement, de la partie moyenne du sillon antéropostérieur, le sillon transverse ou sillon de la veine porte, point de départ

de l'épiploon gastro hépatique, et par lequel entrent ou sortent les vaisseaux du foie. Dans ce sillon, long de cinq centimètres, pénètre la veine porte hépatique G, l’artère hépatique H, et sort le canal hépatique F, entre les lymphatiques et les nerfs. Les deux bords saillans de la scissure prennent le nom d 'éminences portes ,- 6° de l’extrémité droite du sillon part, directement vers le bord antérieur, la fossette de réception de la vésicule du fiel D. Entre cette fossette et le sillon antéro-postérieur en travers, le sillon transverse et le bord antérieur, d’arrière en avant, est le foie carré ou antérieur de quelques auteurs, continuation de l’éminence porte antérieure. Enfin, en arrière, sur le prolongement de la fossette de la vésicule, est une gouttière profonde, quelquefois convertie en canal parla substance du foie, et qui loge la veine cave inférieure I.

Des bords du foie , le postérieur n’est qu’une courbe mousse ; l’antérieur, au contraire, est assez aigu : il est divisé, par deux échancrures, pour recevoir la veine ombilicale et la vésicule du fiel. L’angle ou sommet du lobe gauche adhère au diaphragme par un prolongement péritonéal, dit le ligament triangulaire.

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