‹ [Anatomie élémentaire en 20 planches... avec un texte explicatif à part... formant un manuel complet d'anatomie physiologique... - Texte]Chapitre 216 sur 232 · STRUCTURE DU FOIE · texte numérisé non relu

STRUCTURE DU FOIE

Enveloppes .— \° Membrane péritonéale. Le péritoine enveloppe le foie presque en entier. Quant à la face supérieure du diaphragme, il descend en arrière sur le prolongement de la veine cave, en formant au contour postérieur le ligament coronaire , et d’avant en arrière le ligament suspenseur. Pour la face postérieure, il se réfléchit en haut en formant un ligament postérieur : c’est entre celui-ci et le ligament coronaire qu’est la portion extra-péritonéale du foie. De la face convexe, il se réfléchit par les bords sur la face concave, qu’il tapisse en entier en passant sur la vésicule du fiel, pour se réunir au pourtour du sillon transversal, d’où procède l’épiploon gastro-hépatique qui enveloppe les vaisseaux.

2° La membrane propre ou fibreuse enveloppe le foie en entier. Parvenue au sillon horizontal, elle se replie sur elle-même pour envelopper, par autant de gaines, la veine porte, l’artère et le canal hépatiques, et se continue sur leurs divisions dans l’épaisseur du foie.

Vaisseaux (fig. 9). Le foie renferme : 1° l’ artère hépatique H, qu’en raison de son petit volume on ne considère comme servant qu’à la nutrition de l’organe. 2° La veine porte hépatique G, qui prend ce nom à son entrée dans le foie , et n’est antre que la continuation du tronc de la veine porte abdominale, affluent commun de toutes les veines des viscères digestifs. La veine porte hépatique se distribue d’abord en deux grosses branches horizontales, de volume inégal, pour les deux côtés du

foie, d’où procèdent des branches secondaires et des ramifications qui se répandent dans toute la profondeur du viscère. Parvenues à l’état capillaire, aux divisions de la veine porte succèdent, par anastomose, les racines des veines hépatiques (i), qui se réunissent de tous les points du foie pour se rassembler, en haut et en arrière, en trois grosses veines dites veines hépatiques, qui se jettent dans la veine cave inférieure I. Il en résulte que la veine porte offre cette singularité particulière à la circulation du foie, d’un grand tronc veineux intermédiaire entre deux systèmes capillaires, la veine porte abdominale n’étant que la réunion des veines mésaraïques ou mésentériques , et la veine porte hépatique se terminant aux capillaires veineux, d’où naissent les veines hépatiques. 3° Le canal hépatique. Il naît, par ses radicules, des granulations du foie; les radicules se rassemblent en rameaux et en branches, lesquels marchent par faisceaux triples avec les artérioles et les divisions de la veine porte hépatique, de manière à se réunir, à la sortie du sillon transversal, en un seul tronc, le canal hépatique, qui descend dans l’épiploon, reçoit l’abouchement du canal cyslique qui ouvre dans la vésicule, cette poche membraneuse étant considérée comme un réservoir où la bile s’accumule pour s’épaissir entre les digestions. De la jonction des canaux hépatique et cystique naît le canal cholédoque (c, fig. 5), .qui traverse obliquement la face postérieure du duodénum , reçoit près de sa courbure le canal pancréatique, et traverse obliquement les tuniques du duodénum, pour s’ouvrir à l’intérieur de cet intestin, où il verse les deux liquides mélangés. 4° Granulations du foie. On sait que l’organe proprement sécréteur de la bile est une granulation miliaire , aboutissant au point de départ d'un capillaire de chaque espèce, une artériole , deux veinules et un radicule excréteur. 5° Lymphatiques. Elles forment deux plans : un superficiel ou sous-péritonéal très abondant, et un profond, qui accompagne les vaisseaux et leurs divisions. Les uns et les autres viennent se rendre dans les ganglions de l’épiploon gastro-hépatique. 6“ Nerfs. Les nerfs très fins, fournis par le plexus solaire et le pneumogastrique postérieur, constituent sur les vaisseaux le plexus hépatique, très minime en comparaison de l’énorme volume du foie. 7° La vésicule du fiel , réservoir de la bile, est un organe conoïde, logé dans la fossette du foie, et recouvert extérieurement par le péritoine- La base au fond, sur le bord antérieur, est élargie; son autre extrémité est le sommet du col de la vésicule coudé en S, et garni intérieurement de deux valvules avant sa continuation avec le canal cystique. Outre l’enveloppe péritonéale incomplète, elle est formée par une membrane fibreuse aréolaire qui en constitue la charpente, et tapissée par une membrane mu-

queuse. Elle reçoit une artériole cystique de l’artère hépatique, et des filamens nerveux du plexus; dégage une veine qui se jette dans la veine porte, et des vaisseaux lymphatiques très nombreux, souvent teints en jaune par la bile, et qui prouvent par cela même l’activité de l’absorption aqueuse dans l’intérieur de la vésicule.

PANCRÉAS (fig. 4 et 5, K).

Organe glanduleux, situé profondément en travers de l’abdomen, sécréteur d’un fluide nommé suc pancréatique, versé par un canal excréteur particulier, soit dans le canal cholédoque , soit dans le duodénum, où il contribue, avec la bile , au départ du chyle de la pâte chymeuse.

Configuration, connexions. De forme irrégulièrement rectangulaire, son plus grand diamètre en travers ; aplati d’avant en arrière; élargi à son extrémité droite, dite la tête, qui occupe la concavité du duodénum ; rétréci au milieu ou corps, le plus souvent terminé en un sommet mousse à son extrémité gauche, dite la queue, en contact avec la rate. En rapport en avant avec le feuillet pariétal du péritoine, qui le sépare de l’estomac; appliqué en arrière sur la colonne vertébrale, les vaisseaux spléniques et l’extrémité supérieure du rein droit, il forme en arrière une sorte de gouttière d’encastrement pour les vaisseaux spléniques. Son bord inférieur correspond à la troisième portion du duodénum, dont le séparent les vaisseaux mésentériques supérieurs, et à l’origine du jéjunum. Un appendice de la grosse extrémité, qui se prolonge sur le duodénum, porte le nom de petit pancréas.

Structure. Outre les vaisseaux et les nerfs, cet organe se compose de granulations agglomérées de couleur fauve, rosacée, d’où se détachent des canalicules excréteurs qui vont rejoindre un canal central commun, disposition qui, jointe à la nature du liquide filant et incolore qu’elles sécrètent, a fait assimiler par Siebold aux glandes salivaires le pancréas, qu’il nomme glande salivaire abdominale.

Vaisseaux et nerfs. Les artères , en grand nombre et d’un petit volume, sont fournies par l’hépatique, la splénique, la mésentérique supérieures et par les duodénales , nées elles - mêmes des premières. Les veinules se jettent dans la mésaraïque supérieure et la splénique. Les lymphatiques, peu connus, se jettent dans les amas de ganglions voisins. Les filamens nerveux, en petit nombre, proviennent du plexus solaire.

Canal pancréatique (d). Long canal aplati, qui rampe longitudinalement dans l’épaisseur du pancréas, de l’une à l’autre de ses extrémités. Dans

son trajet, il reçoit latéralement les petits canaux provenant des grappes de granulations, qui sont eux-mêmes le produit de la réunion des canalicules granulaires. Le canal pancréatique, isolé sur l’extrémité droite, se jette, ou dans le canal cholédoque, près de son insertion dans le duodénum, ou traverse le duodénum isolément, auprès du canal cholédoque.

RATE (figures 10 et il).

Viscère spongieux, très vasculaire et granuleux, situé verticalement dans l’hypochondre gauche.

Configuration, connexions. Aplati, de forme irrégulièrement quadrilatère, de couleur lie de vin violacée, friable et cassant, ce viscère est situé en arrière de l’estomac, entre sa grosse tubérosité et le diaphragme. On y distingue deux faces externe et interne, et une circonférence. La face externe ou diaphragmatique, est convéxe et lisse dans toute son étendue, et en rapport avec le péritoine pariétal; la face interne ou gastrique, concave, est divisée obliquement, de haut en bas, par le sillon ou la scissure de la rate, par où les vaisseaux spléniques s’introduisent dans la rate ou en sortent. Au pourtour de la scissure se détachele péritoine d’enveloppe (BB), qui entoure les vaisseaux, en formant l’épiploon gastro-splénique. Circonférence. Elle comprend un bord supérieur épais et mousse, un antérieur, plus mince, divisé par des échancrures (A) en une série de lobules qui souvent sont complètement isolées dans l’épiploon, et forment autant de rates partielles, ayant leurs vaisseaux distincts. Les deux bords, ou extrémités supérieure ou diaphragmatique, et inférieure ou colique, n’offrent rien de particulier.

Structure. La rate possède deux enveloppes péritonéale et fibreuse , des vaisseaux, des nerfs et un appareil de cellules tapissées de granulations. La membrane péritonéale enveloppe la raie en entier, excepté au niveau de la scissure au contour de laquelle elle se réfléchit pour former l’épiploon gastro-splénique. La membrane fibreuse ou enveloppe propre de la rate, la revêt en entier. On admet que, dans la scissure, elle se réfléchit en canaux fibreux sur les gros vaisseaux. Vartère et la veine splénique (C, D.), sont d’un volume considérable proportionnellement à celui du viscère, la veine surtout qui est double et quelquefois triple de l’artère- Ces vaisseaux se divisent dans la scissure en six ou huit branches qui pénètrent dans le tissu de l’organe (E) et s’y ramifient à l’infini. Les lymphatiques très nombreux se rendent dans l’épiploon gastro-splénique. Les nerfs, dégagés du plexus solaire forment sur les gros vaisseaux le plexus splénique, également très considérable par rapport aux viscères.

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