‹ [Anatomie élémentaire en 20 planches... avec un texte explicatif à part... formant un manuel complet d'anatomie physiologique... - Texte]Chapitre 98 sur 232 · A ANATOMIE ÉLÉMENTAIRE · texte numérisé non relu

A ANATOMIE ÉLÉMENTAIRE

le cœur et ses enveloppes, ils reposent en bas sur la double voussure du diaphragme qui les sépare de la cavité abdominale ; en haut, la cloison cervico-thoracique les isole des espaces celluleux du cou.

Volume. Le volume des poumons est nécessairement dans un rapport exact avec celui de la cavité thoracique qu’ils remplissent en entier. Les dimensions augmentent ou diminuent avec celles de la cage ostéo-musculaire. Le volume considérable ayant pour effet une respiration étendue, est une des causes de vigueur et de force musculaire. Le poumon droit, soulevé par le foie, est un peu moins long que le gauche ; mais ce dernier, qui environne une plus grande portion du cœur, est un peu moins épais en travers ; leur diamètre antéro-postérieur est le même.

Couleur. Elle varie beaucoup en raison de l’âge, du genre de mort et des maladies. Dans l’enfant nouveau-né, le poumon est de couleur fauverosée; à mesure que l’individu avance en âge, la surface de cet organe prend un aspect grisàtre'et azuré, et se trouve émaillée de stries linéaires et de plaques d’une matière noire, dite pulmonaire, souvent fort abondante dans des organes dont le tissu est d’ailleurs très sain. Cette matière •qui imprègne aussi les ganglions bronchiques se retrouve dans les crachats. Le mélange des diverses colorations du poumon exsangue et d’un fauve-rosé, de celles engorgées de sang, variant du brun au rouge vif, les infiltrations séreuses grisâtres et les taches noires ou azurées, constituent cet aspect varié qui rend la couleur des poumons si difficile à reproduire.

Poids. Les poumons doivent être considérés sous le double rapport de leur pesanteur spécifique et absolue. — 1° Pesanteur spécifique. Beaucoup moindre que celle de tous les autres organes, elle est même inférieure à celle de l’eau. Cette légèreté spécifique, qui tient à la présence de l’air dans le tissu pulmonaire, est cause que ces organes surnagent au-dessus de l’eau. Un poumon entièrement privé d’air se précipite au fond du liquide , comme tous les. autres organes. 2° Pesanteur absolue. Elle établit le rapport entre le poids réel de l’organe comparé à celui du corps dans son entier. L’appréciation de la pesanteur absolue ou spécifique est d’une haute importance en médecine légale pour déterminer si un enfant nouveau-né a ou non respiré, et, dans les cas d’asphyxie, pour prononcer sur la cause de mort.

Élasticité. Cette propriété est très remarquable dans le tissu pulmonaire ; elle y tient lieu de la contractilité musculaire dont il est privé en •dehors des ramifications aériennes. C’est par elle qu’un poumon insufflé se vide de lui-même jusqu’à cet état spongieux moyen, qui représente àpeu-près l’effet de l’expiration pendant la vie.

CONFIGURATION, DIVISIONS (Figures-i, a, 3 , 5 , 6).

La forme des poumons est celle d’un conoïde irrégulier, aplati en avant, obtus en arrière, très large et convexe en dehors, excavé en dedans, dont la base s’appuie en bas et dont le sommet est tourné en haut. Le poumon droit est formé de trois lobes , supérieur (a), moyen {b) et inférieur (c). Le poumon gauche n’est formé que de deux lobes , supérieur (a) et inférieur (ej. Les lobes sont séparés jusqu’à leur racine par de larges sillons nommés scissures inter-lob aires (d,d). La racine des lobes est en dedans, à l’entrée des gros vaisseaux, occupant le tiers moyen des poumons de haut en bas , et sensiblement leur partie moyenne d’avant en. arrière.

La racine des lobes pulmonaires est un angle plan, mousse, qui vient s’offrir pour l’entrée et la sortie des gros vaisseaux. Au-dessus et au-dessous, les lobes s’étendent pour former la périphérie; les lobes inférieurs occupent en arrière plus des trois quarts de la hauteur. Les lobes supérieurs descendent davantage en avant ; le lobe moyen droit offre sa périphérie intermédiaire de ce côté, d’où il résulte que les grandes scissures interlobaires, formées par la juxta-position de surfaces planes, sont dirigées de haut en bas et d’arrière en avant, sur le contour, et de dehors en dedans vers les racines.

La surface des lobes est entrecoupée par un grand nombre de stries ou de lignes celluleuses déprimées, inscrivant des polyèdres irréguliers, où domine la forme pentagonale, et qui constituent la saillie périphérique des lobules , subdivision des lobes. Dans quelques points sur les bords, la séparation de plusieurs lobules forme les sillons ou scissures inter-lobulaires.

On distingue aux poumons une surface périphérique demi-circulaire, une face interne piano-concave, deux bords, une base et un sommet.

Surface demi-circulaire ou costale. Circonscrite par le thorax dont elle revêt la forme, elle est légèrement aplatie en avant, convexe latéralement et surtout en arrière.

Face interne ou médiastine. Elle forme le plan antéro-postérieur par lequel se correspondent les poumons, et se divise de haut en bas en trois portions, une supérieure en rapport avec les gros vaisseaux qui s’y creusent des gouttières de réception ; une moyenne, par où entrent ou sortent les vaisseaux propres du poumon ; une inférieure, excavée pour recevoir le cœur. Cette face répond en arrière au feuillet de la plèvre, dit médiastin postérieur, et, par son intermédiaire à la colonne vertébrale et aux parties qu’elle supporte, la trachée, l’œsophage et les gros vaisseaux. En avant,

elle est en contact avec le feuillet du médiastin antérieur, le péricarde et les vaisseaux diaphragmatiques.

fiords. L’ antérieur, très mince, est incliné de haut en bas et de dedans en dehors, en formant autant de grandes courbes qu’il y a d’extrémités de lobes, trois à droite, deux à gauche; de sorte que les deux poumons insufflés s’accollent au-dessus du cœur, séparés par les feuillets du médiaslin antérieur. En regard de cet organe viennent aboutir les deux, grandes scissures inter-lobaires, dont l’objet est évidemment de faciliter les mouvemens du cœur par le déplacement partiel des masses pulmonaires.

Le bord postérieur n’est autre que l’angle mousse incurvé de la face postérieure sur la face interne. Il est en rapport avec la colonne vertébrale et le grand sympathique par l’intermédiaire de la plèvre médiastine.

Base. Appuyée de chaque côté sur l’une et l’autre voussure du diaphragme, elle se moule en creux sur leur convexité, de sorte que les deux poumons, considérés comme un seul organe, sont plus longs à la périphérie , où ils, pénètrent dans l’intervalle dù diaphragme et des côtes, et plus courts par leurs faces internes adjacentes correspondant au sommet de la voûte diaphragmatique. En travers, ils s’étendent du sixième cartilage costal, au milieu de la huitième côte, et, d’avant en arrière du même cartilage, à la neuvième ou dixième côte.

Sommet. Chaque poumon se termine en haut par un sommet obtus logé sous la vôùte du diaphragme fibreux cervico-thoracique, qui s’oppose à la hernie de l’organe dans les espaces cellulaires du cou.

Page 1