‹ Anatomie et physiologie comparées de la Pholade dactyle; structure, locomotion, tact, olfaction, gustation, vision, dermatoptique, photogénie, avec une théorie générale des sensationsChapitre 10 sur 57 · MORPHOLOGIE · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE

ÏJ. — Historique

La Pholade dactyle estun curieus mollusque qui habite les côtes de la Manche, de l'Océan et de la Méditerranée.

Cet animal était connu des anciens, qui s’en servaient pour leur alimentation, mais 1l est probable qu'ils confondaient sous un même nom liré du grec ookex, oolxc qui signifie aussi trou, caverne, divers coquillages marins habitant, comme Ja Pholade, des trous creusés dans le roc ou dans l'argile.

Il est bien certain toutefois que la Pholade dactyle avait spécialement attiré l'attention des naturalistes de l'antiquité, car Pline (1) parle dans ses œuvres de la merveilleuse propriété qu'elle possède, à l'exclusion des autres espèces du même genre, de dégager de la lumière.

Ce coquillage marin a porté successivement divers noms scientifiques : PAolas, Athenœus ; Concha longa (Rondelet) ; Donax sive Dactylus mas (Belon); Balanus et Dactylus (Bonnani et Lister).

Les pêcheurs de nos côtes désignent également sous des noms différents cette « huître » qu'ils appellent suivant les localités,

(1) Plinius : Lib. IX, Historia mundi.

Université de Lyon. — Il. B. 1

Dail, Daille, Dayon, Datte de mer, à cause de sa vague ressemblance avec un doigt humain, qui lui a également valu le nom spécifique de Dactylus (du grec daxrvko, doigt) que lui aurait donné Linné (1).

Sur les côtes de Sussex, où elle abonde, les Anglais la connaissent -sous le nom de Piddick el il est probable qu'elle porte encore beaucoup d'autres noms vuleaires.

Parmi les auteurs modernes qui ont écrit sur le Pholas dactylus, on doit ciler principalement Réaumur et Pol.

Réaumur a communiqué à diverses reprises d'intéressantes notes à l'Académie des sciences sur la facon dont ces coquillages s'enfoncent dans le sol et sur les merveilles des Dails, (2) et Poli (3) en a donné une assez bonne descriplion anatomique, à laquelle on n’a d'ailleurs ajouté que fort peu de chose, mais qui renferme quelques erreurs graves.

Nous citerons encore les noms de Monti, de Beccari et de Galeali (4).

Quant aus recherches contemporaines, elles portent pour la plupart, comme celles des auteurs que je viens de citer, sur des points très spéciaus, à propos desquels elles seront rappelées.

Mais, de l'examen de ces quelques documents, 1l ressort clairement qu'une élude biologique générale de la Pholade, à la fois zoologique, anatomique et surtout physiologique était absolument indiquée.

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