‹ Anatomie et physiologie comparées de la Pholade dactyle; structure, locomotion, tact, olfaction, gustation, vision, dermatoptique, photogénie, avec une théorie générale des sensationsChapitre 14 sur 57 · VE. — DES TRIANGLES ET DES CORDONS DE POLI · texte numérisé non relu

VE. — DES TRIANGLES ET DES CORDONS DE POLI

Ces organes ont été décrits pour la première fois par Poli (4), puis étudiés avec plus de soin par Panceri (2), qui a reconnu la nature glandulaire de l’épithélium qui les recouvre.

Toutefois, les recherches de ces auteurs ne peuvent donner de leur structure une idée suffisante pour qu'il soit possible de se rendre compte de leur fonctionnement physiologique. Les cordons sont situés dans le canal ventral, sur la cloison, (Co, pl.IX et Co PI. X.) de chaque côté de la ligne médiane. Ils s'étendent depuis l’extrémité du canal jusque vers la base du siphon. Un peu en dehors et en avant se montrent les deus triangles (p/. IX, tr).

Ces cordons et ces plaques triangulaires forment un relief de un à deus millimètres sur le reste de la paroi, dont ils se détachent, en outre, par leur couleur blanc jaunâtre notablement différente de la teinte gris bleuâtre du fond.

Leur surface est marquée de sillons transversaus formés par le froncement des couches qui les composent.

Pour bien comprendre la structure dé ces organes, il est indispensable de connaître celle des couches myo-épithéliales et neuroconjonctives que nous avons décrites plus haut.

Ces cordons, ainsi que les triangles, ne sont en réalité que le résultat d’un accroissement considérable de la couche neuro-conjonctive (L fig. 1 et fig. 3, pl. IT; Co. pl. Xin,n. pl. XI; ec. fc, n. fig. 1 et id. fig 2, pl. XIT.) accompagné d'une modification morphologique et physiologique des segments épithéliaus de la couche myo-épithéliale.

Ceus-ci ne sont plus ici, comme dans la paroi externe, représentés par des segments recouverts d'une épaisse cuticule et chargés de matière pigmentaire; il sont transformés au niveau des cordons et des plaques en cellules caliciformes (fig. 14, 15, 16, 17, 25,

(1) loc. cit. p. 2.

(2) Panceri: Organe lumineux et lumière des Pholades: ann. d.Sc.nat 92ser. z001,

24, pl. XV.) munies de cils vibratiles très caducs. Ces cellules s'unissent par leur rebord pour former une paroi externe mamelonnée, comme capitonnée (fig 1, pl. XII et fig 93 et 24, pl. XV).

A l’état frais, ces cellules sont remplies d’un contenu blanchâtre, formé de fines granulations, qui est rejeté au dehors dès qu'on excite l'organe ou les nerfs qui s’y rendent.

Dans les coupes qui ont nécessité l'emploi de réactifs fixateurs exerçant une action fortement irritante, ces cellules se montrent vides de leur contenu, rétractées et leurs parois sont accolées. Il se forme entre elles de vastes lacunes qui donnent à la coupe un aspect particulier (f. c. pl. XI et pl. XIT).

Vers leur partie profonde, ces segments épithéliaus présentent un noyau assez volumineus et se continuent par un prolongement plus ou moins renflé qui représente le segment contractile (/. ce. pl. XI et pl. XIT). Celui-ci, à son tour, se poursuit sans ligne de démarcation visible, avec des tractus (#. n. fig. 1, pl. XIT) venus du tissu neuro-conjonctif (n. n, n. fig. 1, pl. XIT) formant la masse principale des cordons et des plaques.

C'est principalement au niveau de ces organes que se montre manifestement la continuité des segments épithéliaus, contractiles et neuraus, dont la constatation est si importante pour l'explication des faits physiologiques quinous sontfournis par l’expérimentation.

Dans la masse neuro-conjonctive, et surtout à sa base, on rencontre, en grand nombre, des éléments granuleus plus ou moins irréguliers et qui présentent la plus grande analogie avec des éléments de même nature que l'on trouve dans le mucus dont s’imprègnent les cordons et les plaques, quand on les excite.

Ce sont des éléments migrateurs ausquels j'attache une grande importance au point de vue du rôle des plaques et des cordons dans la production de la lumière (v. Photogénie.). À côté des éléments caliciformes sécréteurs, on rencontre aussi, en les isolant par la dissociation, des éléments qui se terminent par un segment épithélial en cône ou en bâtonnet (fig. 18, 19, 90, 91, 22, pl. XV); je les considère comme des éléments purement sensoriels.

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