III. — ELIMINATION, EXCRÉTION
Dans certains cas, la direction du courant dans le canal ventral peut être renversée et, par la contraction de ses parois, le siphon peut expulser au dehors soit des produits de secrétion ou d'excrétion, tels que ceus qui résultent de l'exercice de la fonction photogénique, soit des corps étrangers. Caillaud a noté (1) que le produit de désagrégalion des roches résultant de leur creusement par la Pholade pouvait être puisé par la bouche et, après avoir traversé le tube digestif,être rejeté par le canal branchial.Les matières excrémentilielles, au contraire, s'échappent par le canal expirateur ou dorsal : elles se présentent souvent sous forme d’un long filament brunâtre ininterrompu. J'ai constaté à la surface d’un de ces filaments, chez une Pholade dactyle conservée vivante dans une cloche de verre depuis plusieurs mois, la présence d’une grande quantité d'algues monocellulaires, les unes vertes et les autres violettes, présentant le même aspect que les algues symbiotiques, qui ont été décrites par Brandt chezles animaus chlorophylliens (2).
Remarque. — Sur d'autres animaus, j'ai pu suivre ce filament excrémentitiel jusqu'au voisinage de la tige cristalline. I m'a semblé que la substance gélatineuse de cette singulière formation, dont on ignore le rôle, avait servi de base au filament en question. Sur la tige cristalline, à l'une de ses extrémités demi-flurdifiée, on rencontrait en grand nombre les alques dont je viens de parler, ainsi que d'autres organismes animaus et végétaus vivants. Peut-lre la tige cristalline n'a-t-elle d'autre rôle que de fixer et de nourrir des organismes qui. peuvent à un moment donné rendre certains services à la Pholade aus dépens de laquelle ils vivent.
Les canaus du siphon donnent non seulement passage à des matières solides et liquides, mais encore à des gaz dont l'origine
(1) Caillaud :.ext. des ann. d. Mus. de Nantes, suppl. du 20 août 1855, Nantes impe. Mellinet.
(2) Brandt: Ueber das Zusammenleben von Algen, und Thieren : biol. cent. TI, 1881, 1882, p.924:
n'est pas connue. Ces gaz sont très vraisemblablement le résultat d'une excrétion et ne sont pas empruntés à l'air libre, car ils peuvent être expulsés en assez grande abondance à l'état normal et spontanément par des animaus immergés depuis longtemps. Un abondant dégagement de ces gaz peut être obtenu en plongeant une Pholade dans l'eau bouillante. A l'état normal, la quantité expulsée en une seule fois ne dépasse pas, en général, deus à trois centimètres cubes, mais elle est parfois plus considérable chez les individus de grande taille, ce qui nous a permis d'en faire l'analyse.
1 ANALYSE|2"® ANALYSE|3"° ANALYSE Volume total du gaz expulsé . 614 Dr ou 4°. 36 APT CAPNONIQUE 0... (LEZ OLM00 0 00 CAVERNE. LR ui Len Lune 1 54 ONRCTE AUS ONE PSN EOEPE : Do 6 82 SAM AA OxvRéne nee. ul 18 0 6 18. 4 1005
La faible teneur de ces mélanges en acide carbonique tient probablement à la solubilité relativement forte de ce gaz dans l’eau. Quant à la proportion d'oxygène, plus faible que dans les gaz simplement dissous dans l’eau aérée à la pression ordinaire, elle semble indiquer que ce mélange est de l'air extrait de l’eau par la Pholade, mais ayant servi déjà à la respiration ; toutefois, on s'explique difficilement la présence d'une aussi grande quantité d'azote dans cet air.
Je rappèlerai enfin que le mode de terminaison des deus canaus présente une disposition avantageuse pour éviter le mélange de l’eau pure et de celle qui est souillée par les déjections. Lorsque le siphon est étendu, on constate que l'extrémité du canal dorsal est libre et que son orifice est tourné vers la face de l'animal, tandis que l'orilice du canal aspirateur s'ouvre directement en arrière,
Université de Lyon. — II. B. 3
c’est-à dire en haut, lorsque la Pholade occupe dans son trou sa position naturelle,