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CONSIDERATIONS GENERALES

§ 1. — Anatomie générale «l'un tour dn limaçon.

Pour bien faire comprendre la description qu'on va lire, je crois utile d'exposer d'abord sommairement l'anatomie générale d'un tour du limaçon. J'abrégerai autant que possible cet exposé : le lecteur qui désirerait être informé plus amplement sur ces questions, trouvera plus de détails dans mon article sur les membranes et les canaux du limaçon, cité page vil

Chaque tour du tube cochléen se divise en deux cavités secondaires qu'on appelle rampes (scalœ) (fig. 1, F et G), la rampe vestibulaire et la rampe tympanique. La cloison qui effectue cette séparation est en partie osseuse (fig. 2, C), en partie composée de formations non osseuses, de consistance très-variée (fig. 2, D). Depuis les remarquables recherches de M. Reissner (de Dorpat), on savait que la rampe vestibulaire du limaçon, au lieu de n'être qu'une seule cavité, renferme deux canaux bien distincts l'un de l'autre. Mais on ne pouvait pas se mettre d'accord sur la délimitation de ces canaux, les uns niant tout à fait l'existence de la membrane dite de Reissner,qui, selon cet auteur et d'autres, constituerait la cloison ; les autres n'admettant pas certaine insertion externe de la membrane dite de Gorti, qui, selon ceux-là, servirait de septum. J'ai montré (voir l'article cité plus haut) que, non-seulement la membrane controversée de Reissner (fig. 1, li) existe, mais qu'en outre la seconde pellicule, partant du même point de la lame spirale que la première (fig. 1, 5), possède (ib. 12), comme celle-ci (ib. 1, 13), une insertion à la paroi extérieure du tube cochléen. J'ai constaté ainsi F existence d'un canal (ib. 1), inconnu jusqu'alors, délimité par la membrane de Gorti, celle de Reissner et la bande vasculaire (fig. 1, 8), qui se trouve appliquée contre le ligament spiral (ib. 7) (voy. aussi fig. 2). Il faut donc distinguer quatre canaux dans le tube cochléen :

1° La rampe tympanique (fig. 1, G).

2° Un canal que j'appellerai canal de la lame spirale (ib., 2, 9 et 10), borné par la membrane basilaire (fig. 1, 6), le sillon spiral interne (ib. ^h) (surface externe de la protubérance de Huschke (ib. 3), la membrane de Gorti (ib. 5), et le sillon spiral externe [ib. 11) (j'appelle ainsi la pai tie de la face interne du ligament spiral {ib. 7) comprise entre l'insertion de la membrane de Gorti et celle de la lame basilaire) : ce canal contient l'organe deCorti (ib. 10), le bourrelet épithélial (ib. 9), etc.;

3° Le canal que j'ai découvert (ib. 1);

If Ce qui reste de la rampe vestibulaire (fig. 1, F), canal li-

Il LQEWENBERG. — LA LAME SPIRALE DU LIMAÇON

mité par la membrane de Reissner, une partie de la face supé rieure de la protubérance de Huschke, la lame spirale osseuse et une partie de la paroi du tube cocbléen.

Les pages suivantes contiendront une description de la lame spirale osseuse et de la lame spirale molle. Le canal que j'appelle canal de la lame spirale y sera traité, excepté toutefois : la membrane de Corti, qui forme une de ses parois et que j'ai décrite dans mes « Études sur les membranes et les canaux du limaçon » , et Vorgane de Corti, qui fera l'objet d'une étude spéciale.

§ 2. — Méthodes d'examen.

L'histoire des différentes découvertes auxquelles nous devons nos connaissances actuelles sur la structure du limaçon, est là pour prouver l'importance des méthodes d1 examen dans ces recherches, si tant est que l'importance de la méthode en matière anatomique ait besoin d'être démontrée. Tel détail de structure ou de disposition était controversé, tel mode de développement demeurait incertain, jusqu'à ce qu'un observateur plus heureux que ses prédécesseurs eût trouvé un procédé de préparation propre à élucider le point litigieux. J'insisterai donc particulièrement sur les méthodes qui m'ont donné les meilleurs résultats.

Outre les procédés spéciaux qui ne servent qu'à démontrer certains rapports de détail, il y a Linéiques principes généraux qui doivent présider à ces recherches et dont nous allons nous occuper d'abord.

Il est essentiel d'abord d'examiner les limaçons le plus vite possible après la mort de l'animal, car la plupart des parties qui nous occupent, s'altèrent en très-peu de temps par la décomposition. De là résulte la difficulté de se procurer des limaçons d'homme assez frais pour l'étude des détails intimes de structure, difficulté qui est moindre cependant dans certaines journées d'hiver, où un froid sévère conserve assez bien le cadavre pendant l'époque qui doit s'écouler avant qu'on puisse procéder à l'autopsie.

L'examen des parties en question exigeant beaucoup de temps,

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il est souvent désirable de pouvoir conserver une pièce pour en examiner successivement les détails. Pour cela on n'a qu'à plonger l'organe dans une solution d'acide cliromique ou de bichromate de potasse, ou bien dans la liqueur conservatrice de H. Muller, liquides qui le préserveront fort bien de toute décomposition pendant très-longtemps.

Il est indispensable de comparer continuellement des vues de face avec des coupes minces les unes aux autres, pour parvenir à une connaissance exacte des parties et de leurs dispositions mutuelles. Il n'est pas bien difficile de faire des coupes d'un limaçon d'embryon , dans lequel l'ossification n'a pas encore commencé ou n'est pas bien avancée, ou bien de détacher un morceau de la lame spirale déjà ossifiée et d'en faire des tranches. Mais outre qu'en détachant des morceaux on détériore très-facilement les parties en les touchant, ou en y faisant pénétrer des esquilles d'os, il est très-difficile de ne pas écraser ni déplacer par l'action même du rasoir les parties délicates que contient le canal cochléen et qui ont des attaches des plus fragiles. J'ai donc employé aussi pour ces objets la méthode qui m'a donné de si bons résultats pour les membranes et les canaux du limaçon (voyez l'article cité plus haut). Je plonge dans une solution concentrée de gomme arabique le limaçon entier (préalablement ouvert à n'importe quel endroit pour laisser entrer le liquide), ou un morceau détaché de la lame spirale; je laisse évaporer l'eau, et j'obtiens ainsi un morceau compacte de gomme renfermant toutes les parties si bien étayées, que l'instrument tranchant ne peut plus les déranger ni les casser. J'ai l'habitude d'ajouter 3 à h gouttes de glycérine pure à la quantité de liquide qui suffit pour enfermer un limaçon ; cela a pour but. de rendre moins friable le morceau solide qui reste, et qui sans cela se fendillerait facilement sous la pression de l'instrument tranchant. Je coupe en deux le morceau ainsi obtenu, en traversant de haut en bas l'axe du limaçon dans toute sa longueur, et j'en fais des tranches minces à l'aide d'un rasoir très-tranchant. Une goutte d'eau dissout ce qu'il y a de gomme dans la tranche, et il me reste alors la coupe du limaçon voulue.

Quand j'ai affaire à un limaçon déjà ossifié, je divise en deux verticalement, par un trait de scie fine, le mOrceau gommé obtenu parle procédé indiqué ci-dessus. Après avoir enlevé la plus grande partie de l'enveloppe dure avec un scalpel très-fort, je procède alors comme pour les parties non ossifiées.

On peut enlever les sels calcaires à l'aide de l'acide chlorhydrique très-dilué, et cette méthode que Scarpa a déjà employée est avantageuse dans certains cas, par exemple lorsqu'on veut rendre transparente la lame spirale osseuse pour étudier la marche des nerfs qu'elle contient; mais je n'ai pas réussi jusqu'ici à utiliser ce mode de préparation pour obtenir des coupes fines d'après ma méthode indiquée ci-dessus, parce que la solution de gomme ne remplissait pas complètement les limaçons que j'avais traités ainsi.

L'emploi de la gomme peut servir aussi pour obtenir des vues de face. Pour isoler de cette manière la lame spirale, on dirige le rasoir perpendiculairement à l'axe, tandis que pour les vues de profil on le conduit en sens vertical.

Lorsque le limaçon ne s'est rempli qu'imparfaitement, de sorte qu'il n'y a qu'un simple enduit gommeux sur la lame spirale et que les rampes elles-mêmes sont vides, j'utilise encore la préparation pour en tirer des vues de face. Je détache alors simplement des morceaux de la lame spirale, et je mets à nu les parties en dissolvant l'écorce gommeuse dans une gouttelette d'eau. Souvent ce léger enduit gommeux suffit pour conserver admirablement toutes les formations fragiles qui recouvrent la lame spirale.

Mes recherches ont été faites surtout sur des limaçons d'hommes, enfants et adultes, de chats, de chiens, de lapins, de cochons d'Inde et de rats, et en outre sur des embryons d'hommes et de cochons.

En décrivant le limaçon, nous nous le figurons reposant sur sa base, le sommet en haut, l'axe dirigé verticalement. Par conséquent nous désignerons la rampe vestibulaire comme supérieure , tandis que dans la station debout de l'homme elle regarde en avant et en dehors, et la rampe tympanique comme inférieure.

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Nous appellerons longitudinale la direction que suivent les tours du limaçon, transversale ou radiale celle qui est perpendiculaire à la première.

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