Anatomie et physiologie de l'ovaire
L’ovaire est aux org’anes g*énitaux des femelles ce que le testicule est aux org*anes g'énitaux des mâles.
L’analog*ie n’est pas seulement apparente, elle est réelle et profonde. Impossibles à disting'uer 1 un de l’autre aux premiers temps de leur apparition, ils ont tous deux pour usag’e de produire un élément anatomique spécial, appelé ovule.
L’ovule mâle et l’ovule femelle, identiques au début, ne se disting-ueront qu’après avoh’ subi une seg’mentation dont les résultats sont différents pour l’un et pour l’autre.
Les produits de segmentation de l’ovule mâle devenus libres, sous forme de spermatozoïdes, de-
I8fi6. Peripr. *
vront aller se mettre en contact avec les produits analog’Lies de Tovule femelle^ restés emprisonnés dans leur enveloppe commune.
Ce rapport établi, les sphères de seg'mentation de l’ovule femelle se disposeront en membrane, et un point limité de cette membrane ne tardera pas alors à se transformer en embryon.
Or, je le demande, peut-on voir dans la production de ces ovules un simple phénomène de sécrétion, et définir l’ovaire une gdande? Évidemment non. La sécrétion, considérée d’une manière g-énérale, est une propriété commune à tout élément anatomique. C’est l’acte en vertu duquel cet élément rejette en dehors de lui des matériaux de désassimilation liquides ou g’azeux.
Si un certain nombre d’éléments anatomiques semblables par leurs produits de désassimilation, sont disposés d’une manière spéciale qui permette à ces produits de se rassembler en conservant leurs caractères spéciaux, la sécrétion deviendra ellemême particulière, et l’organe qui en est la source prendra le nom de glande (1).
Mais la production d’un élément anatomique
(1 , Ou .sait que Robiu divise les (issus en (issus produi(s e( (issu constituants.
Lestissus consti(uau(s comprennent deux groupes: les tissus proprement dits et les tissus parenchymateux ou parenchymes. Les parenchymes sont, les uns glandulaires ou sCcréleurs (glandes salivaires, mamelles); les autres non glandulaires (parenchyme ovarien, testiculaire,— parenchyme pulmonaire, placentaire, etc). L’ovaire est donc rangé dans les parenchymes non glandulaires.
n’est pas une désassimilation ; elle n’est donc pas non plus une sécrétion.
L’ovule n’est pas plus sécrété que la fibre musculaire ne peut l’être.
Lorsque le jeune polype a pris tout son développement et qu’il se détache de l’individu qui lui a servi de souche, on ne dit pas qu’il a été sécrété et que cette séparation de deux êtres vivants est un acte de sécrétion.
On ne saurait le dire davantag*e de la g-énération des ovules, soit male, soit femelle. Ces éléments ont fait partie intég’rante, soit du testicule^ soit de l’ovaire. Au moment de leur apparition, ils sont plong*és dans la trame comme les autres éléments, mais ils en diffèrent par un pouvoir cF assimilation beaucoup plus considérable. Cette assimilation détermine chez eux un accroissement rapide, et pendant la durée de cet accroissement on voit déjà leur substance animée de mouvements propres. Ces mouvements sont l’indice d’une vie energ-ique. Bientôt elle atteindra un degré tel que, comme le jeune polype, l’ovule pourra se détacher de individu souche et continuer à vivre pour son propre compte, à condition toutefois qu’il se trouve dans les conditions de milieu nécessaires à 1 entretien de
son existence.
Nous effacerons donc le mot g* lion de l’ovaire : ce sera pour
lande de la défin 1nous simplement
l’organe femelle.
Eavisag’ée dans son sens le plus étendu, l’étude de l'ovaire devrait embrasser à la fois l’org’ane femelle des vég’étaux et celui des animaux.
La nature du concours pour lequel je fais cette thèse me permet d’exclure sans hésitation tout ce (|Lii est du domaine de la botanique. Mais, ainsi restreinte, la question comporte encore une étendue telle qu’il me serait impossible de la traiter avec des développements suffisants pendant les douze jours qui me sont accordés pour ce travail. Je dois donc me renfermer dans l’anatomie et la physiolog*ie de l’ovaire chez l’espèce humaine, et n’emprunter à l’anatomie comparée que les faits pouv^ant me servir à mieux mettre en relief ce qui a directement trait à mon sujet. Cependant, avant d’entrer en matière, je donnerai un très-court aperçu de l’ovaire dans la série animale.
Ensuite, j’étudierai dans deux chapitres à part l’anatomie et la physiolog*ie.
Dans le premier, je décrirai l’ovaire, sa texture, son développement.
Dans le second, je déterminerai le rôle physiolog*ique de l’ovaire dans les trois périodes si tranchées de la vie de la femme, et que séparent la puberté et la ménopause.
Cette partie comportera donc trois subdivisions :
V L’ovaire avant la puberté;
L’ovaire pendant la période menstruelle
3" L’ovaire après la ménopause.
COUP d’oeil vSUR l’ovaire dans la série animale
La multiplication des individus chez les êtres vivants ne s’effectue pas d’une manière uniforme ; on peut disting’uer trois modes de reproduction parfaitement distincts entre eux, sans compter l’hypothèse de la g*énération spontanée ou hétérogénie, dont nous n’avons pas à nous occuper ici.
Ces trois modes sont :
La scissiparité^ qui consiste dans le fractionnement de l’individu-souche;
La gemmiparité, caractérisée par le l30urgeonnement d’une partie du corps qui devient plus tard
semblable au producteur;
U oviparité ou multiplication par des œufs, c està-dire par des organismes spéciaux, aptes à peipétuer l’espèce, dès qu’ils sont placés dans des conditions déterminées.
L’oviparité est le mode de reproduction le plus général : omne vivum ex ovo, pensaient Harvey et tous les physiologistes de son époque, avant que l’étude des animaux inférieurs eût démontré la réalité des autres procédés de reproduction animale.
Mais les obliI's doivent être coiisUtués au sein
H’oi-ffanes particuliers; pour se dévrloppeiMls exigent rinterventiou des spermatozoïdes; de la la nnressité des appareils sexuels eliez les animaux
ovipares. Bien plus, Ja sexualité et l’oviparité se montrent ég'alenient chez bon nombre d’êtres qui se reproduisent fréquemment par gemmiparité et scissiparité; tous les modes de multiplication ont pu être étudiés sur un même individu (1), et ce luxe de procédés a pour but d’assurer la perpétuité de l’espèce, g’rande loi qui domine l’ensemble des manifestations de la vie à la surface du gdobe.
L’ovaire est l’appareil destiné à produire les œufs ; il est toujours distinct et occupe une position constante; néanmoins, chez les éponges et les hydres, il semble que les œufs peuvent se former indifféremment dans toutes les parties du corps du producteur;, mais cette exception n’est qu’apparente, elle est même infirmée par des recherches récentes de Rougœt et d’Ecker.
La présence de l’ovaire ou du testicule sur un individu détermine le sexe des animaux vertébrés et d’un gTand nombre d’invertébrés (articulés) ; l’espèce se compose alors d’un mâle et d’une femelle. Mais, chez les animaux inférieurs, l’individualité sexuelle est souvent modifiée; tantôt un individu porte à la fois l’ovaire et le testicule (limace) sans pouvoir se féconder lui-même; il est alors monoïque; tantôt la fécondation a lieu sur plac(‘ (tænia), et riiermaplu'odisme est suffisant; lantôl il f'xiste d<‘s individus a^-ames donnant nais-
î eh(v. les l/yJrcs, par cxcinplr. V. les reelitTchcs rlc Tremblay,
sance par g'emmation à des individus sexués; ceuxci ont forme différente de leur producteur, et l’espèce se compose de séries alternantes d’animaux ag’ames et sexués (g’énération alternante); enfln, chez un g*rand nombre de zoophytes, l’ovaire ne se montre qu’à l’époque du rut, et, en dehors de ce temps, son existence est virtuelle, le sexe n’existe pas, ou du moins le caractère qu’il imprime à l’individu nous est inconnu.
Passons rapidement en revue les diverses modifications de l’ovaire dans la série animale.
Protozoaires. — Les infusoires ciliés sont g’énéralement hermaphrodites : ils renferment un ovaire {nucléus) et un testicule (^nucléole). L’accouplement est nécessaire pour la reproduction par oviparité (Balbiani).
L’ovaire est situé au côté interne de la couche corticale de l’animal; il se compose d’une enve/-'^ loppe membraneuse et d’un contenu g’ranuleux. L’enveloppe ne renferme ni noyaux, ni cellules; le contenu présente parfois de petites vésicules limpides ; ce sont les rudiments de I œuf. L œuf est le plus souvent unique.
Radiairbs (mMusaires). — Les ovaires des radiaires ne se développent qu'à des époc[ues délei minées et se présentent alors sous forme d appendices, d u trioules allong-és, ou de stries rubanées, situées dans différentes parties du corps. Le développement des ovaires indique c|ue les individus rpu les
poi’tonl sont arrivés au terme de leurs transformations. A l’état ag*ame, ils se reproduisent par g’emmation. Ils passent donc par les formes de scolex, de strobile et de progdottis, ainsi que les entozoaires.
Echinodkrî^ies. — Les sexes sont séparés chez les échinodermes ; mais les org'anes g’énitaux ont le meme aspect et n’apparaissent qu’à l’époque du rut. L'oA^aire est entouré d’une tunique musculeuse [holothuries)', chez les Synaptes les testicules entourent complètement les ovaires et la gdande g’énitale est hermaphrodite, l.’hermaphrodisme serait même suffisant (Quatrefag’es).
Vers {annélides). — Les annélides sont tantê monoïques [lombrics), tantôt dioïques [néréides). Les ovaires sont composés de petits culs-de sac faisant saillie dans la cavité du corps entre les faisceaux du muscle cutané; à l’époque du rut, les org’anes demeurent apparents.
Entozoaires icestoides). — Chaque article d’un ténia, pai* exemple, possède un appareil g'énital cmmplet : testicule et ovaire. 1^’qvaire double, symétriipie, multilolié, a reçu le nom cjermiçfène Bénéden); dans son tissu se forment les vésicules ^•erminatives; et son canal excréteur est en communication avec l’org’ane qui produit le vitellus ou vitellofiène. L'hermajihrodisme est suffisant; les hémahtïdcs hy.sYr/r/r/r.ç, o.rj/nres' sont dioïques; les n^ aires ( l’ès-ronsidé'rahles consistenl en d(’ux long’ues cor-
nés au Ibnd desquelles naissent les vésicules g’erminatives.
Mollusques. — L’ovaire chez les divers gToupes d’animaux mollusques a l’apparence d’une g*lande acineuse.
Les tuniciers sont spécialement hermaphrodites, les éléments mâle et femelle sont réunis en un seul org’ane placé entre les parois des sacs musculaire et branchial (ascidies).
Les acéphales présentent des différences sexuelles, d’après les époques où ils sont observés, hdi glande génitale peut être successivement et sur te même individu un ovaire ou enfin un org*ane hermaphrodite. Le fait est mis hors de doute par suite des recherches de Davaine, sur la »*énération des huîtres. Mais chez les unio. anodontes, les sexes sont distincts. L’ovaire est o’énéralement double, placé au contact du foie; il prend une extension remarffuable à l’époque du rut. L’hermaphrodisme suffisant est exceptionnel.
Les gastéropodes sont monoïques (Jielix) ou dioïques [paludines). — Chez les premiers, l’ovaire porte le nom àe, glande en grappe., il est constitué par fies utricLiles au fond desquels naissent les œufs. Les éléments spermatiques sont emboîtés dans le sac ovarique. Néanmoins la fécondation exigée un accouplement; mais on conçoit que cettf' disposition puisse amener dans ries cas exceptionnels 1 beimaplirodismc suflisant. Kohin a observe nne limnée fies étan"-s tpii , prise jeune el tenue isoler dans
im bocal, a pondu pendant trois années successives des paquets d’œufs féconds (1).
L’ovaire des gastéropodes dioïques a la inênie apparence que le testicule, sa texture est manifestement lobulée.
Les céphalopodes sont tous dioïques; l’ovaire est placé dans une enveloppe solide {capsule ovarienne^ dépendant du péritoine ; il est divisé en un g*rand nombre de lobules et les ovules sont placés à la périphérie. Les œufs font saillie et adhèrent à l’ovaire par un pédicule gnœle.
Articulés. — L’eni branchement des articulés nous présente un perfectionnement dans l’individualité sexuelle. Presque tous sont mâles ou femelles; les individus neutres (aheilles) n’étant que des femelles incomplètement développées.
L’ovaire des insectes est double , il consiste en tubes g’reles, divisés en plusieurs log*es, et entourées d’une grande quantité de trachées. L’ovaire des arachnides et des crustacés se rapproche de celui des insectes.
Vertébrés. — Liiez les poissons^ l’ovaire est ordidairement pair, situé dans la cavité abdominale et lixé par un repli du péritoine; on y distingaie deux lunifpi(‘s ; une musculeuse et une membraneuse. La tiinifpie musculeuse esl très-developpée chez les poissons osseux, il existe même des éléments mus-
IjSorirlr biol., Cuiîijilc ■|■(’ll(lll. |i. .S'-L
ciliaires clans la trame (Leydig’) ; chez les poissons cartilag’ineiix , les ovaires sont lamelleux (Stanniiis).
Les ovaires des reptiles, situés de chacjue côté de la colonne vertébrale, sont maintenus par un repli péritonéal. Ils ont la forme de sacs ou de tubes, dont l’intérieur est couvert de saillies sur lesquelles se forment les œufs.
L’ovaire des oiseaux est g'énéralement unique et placé au côté g’auche; l’ovaire du côté droit avorte ou reste rudimentaire.
•Les ovaires des mammifères sont doubles et symétriciues; à l’exception des monotrèmes, dont un des ovaires avorte comme chez les oiseaux.
•Chez tous les autres mammifères, l’ovaire présente dans sa forme, ses rapports, sa structure, la plus g’rande analogue avec celui de la femme, dont nous allons entreprendre l’étude.
.le devrais dire ici quelc[ues mots sur la constitution de l’œuf chez les animaux, je préfère les placer en note à la suite de l’étude de l’œuf chez les mammifères.
PKEMIËRE PARTIE