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DESCRIPTION DES OVAIRES

Les ovaires, situés dans l’excavation du bassin, sur les côtés de rutérus, entre la vessie qui est en avant et le rectum qui est en arrière, occupent l’aileron postérieur des lig’aments larg’es [mesoarium). Appendus à la matrice, ils peuvent, comme cet org*ane, se porter en avant, en arrière et sur les côtés, et jouissent néanmoins de moyens de fixité puissants.

L’ovaire, considéré chez une femme adulte, a la forme d’un ovoïde un peu aplati en avant et en arrière, ce qui permet de lui considérer deux faces, deux bords et deux extrémités. Des deux faces, l’une reg’arde en avant et en haut, et 1 autre en arrière et en bas ; elles répondent, 1 antérieure, à l’aileron moyen des lig’aments larg’es, la postérieure repose souvent sur la face postérieure de ces memes lig’aments.

Le bord supérieur, dirig’é transversalement, est convexe, libre, et répond aux circonvolutions de

l'inleslin gTêJe; le bord inlerieur, i*eclilig*ne, doujie passag'e aux vaisseaux el nerfs de l’org'ane, et i-eprésente par conséquent le hile.

De l’extrémité interne part le lig^ament de l’ovaire, et de l’extrémité externe une frangée spéciale appelée ligament de la trompe^ que nous retrouverons en étudiant les moyens de fixité.

La coloration et l’aspect extérieur de l’ovaire varient notablement suivant l’époque de la vie où on les considère. Avant la menstruation, sa surface est lisse, g’risâtre, et son aspect rappelle celui de l’albug’inée du testicule ; à partir de la puberté, cette surface présente des cicatrices qui deviennent de plus en plus prononcées à mesure (juc la femme avance en âg’e ; en sorte qu’à l’époque de la ménopause, l’ovaire offre une teinte brune ou jaunâtre, des cicatrices linéaires ou étoilées, et souvent des dépressions assez profondes <[ui lui donnent un aspect crevassé.

Très-peu développé chez la petite fille, l’ovaire prend un accroissement notable et rapide à l’époque de la puberté, pour décroître de nouveau dans la vieillesse. Son volume augmiente ég’alement à chaque menstruation, pour diminuer ensuite. L’ovaire d’une femme adulte présente en moyenne les I dimensions suivantes : diamètre transversal I ! ‘.diamètre vertical^ ! diamètre antéro-postérieur,

I ' 15"’“. Le poids de l’ovaire à l’état normal est évalué,

I \ f^aFSappey, de 6 à 8 grami^s.

Quoique mobiles et quasi flottants dans la cavité

pelvienne, par rapport aux autres viscères; les ovaires présentent avec les diverses portions de l’appareil g’énital des connexions étroites qui assurent leur solidarité. Ils sont compris avec l’utérus, la trompe et le lig’ament rond dans un même dédoublement du péritoine , le lig’arnent larg*e. L’ovaire est de plus solidement attaché à l’utérus par un lig’ament qui part de son extrémité interne, et à la trompe par un autre lig’ament qui part de l’extrémité externe. La mobilité dont jouissent ces org’anes les uns sur les autres est contenue dans des limites restreintes par ces moyens d’union.

Le ligament de V ovaire est un faisceau arrondi de libres musculaires lisses occupant le bord libre de l’aileron postérieur, d’une long*ueur de 30 à 35 millimètres environ et de 3 à 4 millimètres d’épaisseur. Les fibres qui le constituent se continuent en dedans avec celles de la face postérieure de l’utérus. et se fixent en dehors à l’extrémité interne du

hile de l’org^ane.

Le lig'ament de la trompe, lig’ament tubo-ovarien, frang*e tubo-ovarienne, creusé en g*outtière, se détache du pavillon de la trompe pour aller se fixer vers l’extrémité externe du bord adhérent de l’ovaire.

Roug’et a décrit sous le nom de lig’ament rond postérieur ou lombaire un faisceau de fibres lisses qui de l’utérus se porte au fascia propria de la rég*ion lombaire, en suivant les vaisseaux utéro-

ovariens.

L ovaire est susceplible d épi'uuvei' de iioiiibj‘(Mjx déplacements. Les uns sojU piiysiolog-icjues et les auti'es pathologiques ; intiinenient uni à Tutérus. il monte ou descend avec ce derniei* organe et reprend avec lui sa position pi imitive. Il n’est pas rare de rencontrer l’ovaire adhérent aux parties voisines, d’où un certain nombre d’accidents qu’il est aisé de concevoir. \ og’el considérait la double adhérence des ovaires avec l’utérus comme une cause très-fréquente de stérilité.

M™® Boivin, étudiant ce point d’une façon spéciale, constata l’adhérence de l’ovaire avec les principales portions du tube digestif, le cæcum, le côlon, iliaque et surtout le rectum, et avec les parois de l’excavation pelvienne cl les différents viscères qui y sont contenus. Ces adhérences, que Boivin rattachait à des états phleganasiques antérieurs, seraient, pour cet auteur, une cause très-fréquente d’avortement, l’utérus ne pouvant subir une ampliation suffisante.

La mobilité de l’ovaire dans la cavité pelvienne explique suffisamment sa présence dans un bon nombre de hernies, soit seul, soit avec d’autres viscères abdominaux. Deneux ([) en a recueilli plusieurs exemples; la hernie de l’ovaire ou ovarioncie est le plus ordinairement inguinale. On l’a observée à tous les àg’es de la vie, et plus fréquemment peut-être chez les jeunes enfants, ce qui l’a fait

(I ) Dknri x. Recherrhfs liernic.‘< do l’oxairo. Pari.*;, 18U^.

considérer par certains auteurs comme cong-énitale et due à la persistance du canal de Nuck (1).

L’ovarioncie crurale, moins fréquente que la précédente, n’est cependant pas extrêmement rare. Murat (2) a vu à la Salpêtrière les ovaires, les trompes, l’utérus et une portion du vag’in dans une hernie crurale.

Les auteurs sig’nalent encore les ovarioncies ischiatique et ombilicale. Camper, au dire de Portai, aurait vu sur le cadavre d’une femme l’ovaire droit sorti par l’échancrure ischiatique, et le g-auche faisant hernie par l’anneau ombilical.

Ces hernies, susceptibles d’étrang-lement, donnent lieu à certains accidents dont je n’ai pas à m’occuper ici.

A cause de sa situation profonde, l’ovaire échappe le plus souvent aux lésions physiques; il est en revanche fréquemment atteint de lésions org’aniques. Parmi ces dernières^ les kystes tiennent la première place, ce dont la texture rend suffisamment compte.

(1) Les recherches de S. Duplay lui foui révoquer en doule 1 existence de ce canal. Thèse inaugurale, 1865.

(2) Dict. des sciences méd., t. XXXIX, p. 35.

1866. l’crier.

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