HL TRAME DE L OVAIRE
Si, avant d’étudier l’ag^encement des éléments constitutifs de la trame ovarique, nous nous de-
^1) Nous n’emploierons pas l’expression jfO-omA comme synonyme (le Irame, car c’est cnmmeltre une erreur de termes et de fait que de donner au mot stroma la siçniHcation du mot trame ou de ses équivacnts usités depuis longtemps en anatomie. Stroma (de aTpwaa, tapis) est géqéLixtux:.tk-]a surface (j u i porte la fi uctlficatipn des plantes
cryptogames (Persoon). De là, on en est venu à donner ce nom à la partie superficielle de l’ovaire des animaux qui contient seule les ovisacs, puis, par confusion, à la portion du tissu de Tovaire qui ne renferme pas
mandons quels sont ces éléments, nous sommes déjà en présence d’une difficulté.
Tous les auteurs ne s’accordent pas sur leur nature. Indépendamment des vaisseaux et nerfs, sur 1 existence desquels il ne s’élève aucun doute, et dont nous traiterons à part, les éléments constitutifs de la trame sont, suivant Robin, des fibres lamineuses, la plupart encore à l’état de corps fusiformes ; beaucoup cependant sont très-bien développées, disposées en nappes lâchement unies avec interposition d’une assez g-rande quantité de matière amorphe et beaucoup de noyaux embryoplastiques (1).
Mais Roug’et considère comme élément prédominant la fibre musculaire lisse. Elle serait, d’après lui, répandue dans tous les points de l’org*ane. Celte manière de voir est adoptée par Sâppey (2), His (3), Aeby (4); mais His, qui admet que tous les
d’ovules. C’est ainsi ({iie His appelle parenchyme la portion corticale, et stroma la portion médullaire. Plus tard, par suite d’une confusion plus grande encore, ce mot est devenu à tort, pour quelques auteurs, synonyme de ce que l’on désigne exactement par trame d’un tissu, lorsqu’au sein de cette trame se trouve quelque partie constituante spéciale, telle que les acini d’une glande plongés dans le tissu qui leur est interposé, etc. C’est plus inexactement encore qu’il est donné comme synonyme de trame par quelques médecins modernes dans la description de tumeurs d’origine glandulaire, épithéliales, etc. (Voyez Dictionnaire de Nysten : stp.oma.)
(1) Robin. Programme du cours d’hislolo^ie, p. 25 7.
(2) Sappey. Anal., t. 111, p. 62G.
(!i) His. neoliaclilungeu Liber don Bau des Sailgelliicr-hicrsloclces arc/i., fur ni'hrosl,oj>lsclie anal., de M. Schultze, T. 1, J8ît», p. I5I- 202. pl. vin-M.
( î) Aeby. Keichert, und. Dubois. Arch.. ISGt, p. t)3>,
éléin6nls en lorine de eellule sont eoiitraetiles, se fonde ici sur le volume et surtout sur la disposition des éléments fusiformes en faisceaux rubanés ou en cordons plus ou moins cylindriques pour établir leur nature musculaire.
Tous ces éléments n’affectent pas la meme disposition dans tous les points de l’org^ane.
Il y a peu d’années encore, tous les traités g*énéraux ou spéciaux décrivaient l’ovaire avec de Baer (1) comme formé d’une enveloppe ou albug*inée par comparaison avec l’enveloppe testiculaire, et d’une substance propre (stratum superficiale et stratum intimum). Dans cette dernière on admettait l’existence d’un petit nombre de vésicules de de Graaf, 20 à 30 visibles à l’œil nu, et un plus g*rand nombre, 200 au maximum (2), réparties indistinctement au milieu de la trame, visibles seulement au microscope.
Cependant, Kolliker avait remarqué que ce « pa- « renchyme paraît composé de deux substances, «l’une corticale, l’autre médullaire, dont la pre- « mière seule contient des follicules. » Mais il ny avait qu’une très-lég’ère différence entre cette manière de voir et celle qui avait cours alors.
Schron(3), le premier, en 1863, émit des idées en
Epistola de ovi maminaliutn et hotninis genesi. Lciç-
zig, 1827.
(2) /Tc)///7rcr, p. 574, Iraduct. française.
(3) Schron. Beilrage zur kennlnlss dcr Anal, and Physiol. der Eicrstocks der Saügclhier {Zehschnîfff. iv. zool. l'on Sicbuld and Kolliker. T, XII, 1863, p. 409-426; II, 32-34).
opposition avec celles de ses devanciers; ses reclierches le conduisirent à considérer l’ovaire (îomme formé de deux parties bien distinctes : l’une superficielle, siég’e exclusif d’ovules innombrables; l’autre médullaire, dans laquelle les vésicules de de Graaf peuvent bien venir faire saillie, mais où jamais elles ne prennent naissance.
En 1864, Sappey igmorant .les recherches de Schron, arriva à la même conclusion. ^
En même temps les travaux de Rohin, Pflüg’er, Klebs, Grohe, Bischoff, Quincke, Henle, Borsenkow, Spiég*elberg*, His, etc., donnèrent de ces faits une complète démonstration.
Nous devons donc étudier successivement dans l’ovaire une portion périphérique, corticale, ou encore ovig’ène, et une portion centrale ou médullaire.
Mais^ auparavant, nous devons nous demander s’il existe une enveloppe?
L’ovaire est tapissé par une couche épithéliale continue avec l’épithélium du péritoine voisin; mais sous cette couche épithéliale, on a décrit une membrane fibreuse que, par comparaison avec le testicule, on a désig’née sous le nom d’albug-inée.
Cette membrane fibreuse même, aurait-on dit, envoie dans l’intérieur de l’ovaire des prolong’emcnts sous forme de cloisons.
Le revêtement épithélial ne donne lieu à aucune contestation. Mais il n’en est pas de même do l’en-
— 2fi —
veloppe fibreuse. Sappey (1) Ja nie rormellemenf, el pour Uobin (2) il n’y aurait pas non plus de paroi propre; la trame de l’ovaire formerait à la surface de l’org^ane une couche mince, non vasculaire, (pie l’on ne saurait eomparer à une tunique fibreuse, et encore moins à l’albug'inée du testicule.'
Cette couche, formée de fibres lamineuses entrelacées^ et de matière amorphe renferme un trèsg>rand nombre de noyaux embryoplastiques. Ces noyaux sont ceux que Schron (3) a décrits comme des éléments spéciaux et jouant un rôle considérable dans la production de l’ovule.
Les Allemands, qui continuent à décrire la couche superficielle sous le nom d’albiigânée, reconnaissent cependant qu’il est impossible de tracer une limite entre cette couche et la couche sous-jacente, où l’on rencontre les ovules.
D’ailleurs, quelle que soit l’opinion que l’on adopte à ce sujet, il est certain que les ovisacs les plus superficiels sont toujours à une certaine distance de la surface même de l’ovaire, et que, jusqu’au moment de leur rupture spontanée, il existe toujours, au point culminant, une mince couche de tissu ovarique propre.
a. Portion phiphérique . — Appelée aussi couche corticale, couche ovig*ène.
(1) Sappey. Anat.^ t. III, p. 630.
(2) Cours d’histologie.
(3) Schrôn, loco citnto.
Remarquable par sa couleur blancbe et sou apparence homoœène, cette couche présente en moyenne 1 millimétré tl épaisseur. — Sa surface libre est convexe, sa surface profonde ou adhérente est foitement concave 5 par ses bords elle circonscrit le hiledelorg’ane. Cette couche peut être considérée comme la partie essentielle de l’ovaire, puisque seule elle produit 1 ovule. Le nom de couche ovig’ène lui est donc parfaitement appliqué.'
La disposition de la trame dans son intérieur est entièrement subordonnée à la disposition et à la config>Liration des ovisacs. Mais ceux-ci n’y sont pas répartis au hasard. On sait aujourd’hui que ces ovisacs sont d’autant plus développés qu’on s’éloig*ne de la surface, et que ce n’est qu’après avoir fait saillie dans la portion médullaire, qu’ils deviennent superficiels avant de se rompre. Dans la couche profonde, on reconnaît parfaitement que les ovisacs visibles à l’œil nu sont complètement isolés et entourés de toutes parts par le tissu de l’ovaire qui se condense à leur pourtour, au point que cette portion de la trame de l'ovaire a été décrite comme une enveloppe de l’ovisac (enveloppe externe des auteurs).
Ma is Robin (.1) a démontré que, lorsqu’on a extrait l’ovisac de l’ovaire, ce qu’on peut faire assez facilement g^râce à la résistance de la tunique propre, on met à nu une cavité lisse^ brillante, d un g’ris rosé, sans aucun revêtement spécial; la
d) Robin, /. c.
paroi de cette cavité est le tissu propre de l’ovaire directement à découvert, L’ovisac lui était relié par quelques fibres lamineuses lâches et des vaisseaux capillaires, qui cèdent facilement et se rompent sous de lég*ères tractions. Cette disposition est facile à constater en raison du volume considérable des ovisacs à cette période de leur évolution.
Nous avons dit que, vers les couches superficielles, leur développement était beaucoup moins avancé; et même près de la surface ils sont constamment en voie de g’enèse. La disposition de la trame est-elle la même en ce point, c’est-à-dire circonscrit-elle une cavité sphérique autour de chaque ovisac, ou du moins des éléments qui seront le centre d’évolution de cet ovisac? Existe-t-il au contraire une disposition différente?
Ici existe entre les histolog*istes une scission profonde.
Un g^rand nombre d’histologistes recommandables pensent avec Schron (1) que chaque follicule se développe isolément, et qu’il est séparé, à toutes les époques, des follicules voisins par une portion de la trame ovarique.
D’autres, non moins habiles,' pensent avec Pflüger (2) que les ovisacs ne s’isolent que dans les couches profondes, mais que dans les couches superficielles ils constituent des amas en forme de co-
(1) Schrôn, l. v.
(2) rflüger. Ueber die Eierxtocke. der Saügelhierc und des
Menschen, Leipsig, 1863,
Ion nés, dont l’axe serait perpendiculaire à la surface de 1 ovaire, la trame deForg^ane circonscrivant dans ce cas des espaces tubulaires, moulés sur les amas de follicules.
Pour d’autres, ces amas formeraient des masses en réseaux, circonscrites alors par des aréoles de l’ovaire communiquant toutes entre elles (Borzenkow) (1).
His (2) considère la portion ovig’ène de l’ovaire comme formée de quatre couches :
1° Revêtement externe ou zone sans follicules :
2“ Zone corticale ou des follicules primordiaux;
3° Zone subcorticale ou des follicules qui se préparent ;
4® Zone des follicules ou des follicules parfaits.
La première est celle que nous avons décrite comme enveloppe; seulement His lui considère plusieurs couches, parce que, suivant lui, lorsqu’on en examine une coupe oblique, la partie moyenne est ou plus claire ou plus foncée.
Dans la deuxième, la trame affecte la disposition sig’nalée par Borzenkow (3), c’est-à-dire celle de mailles communiquant larg’ement entre elles, de minces bandes de substance ovarique séparant les uns des autres les amas de follicules qui se pressent à ce niveau. Les recherches de His sur ce
(1) Borzenkow. Ueber den fcinern liau des EierstocksVorlaüfige. Noliz. ff^urzb. naturer Zeitschri/t^ I. IV, 1803, p. 56-61.
(2) His, /. c.
(3) Borzenkow, /. r.
point ont porté non-seiilement sur les animaux (eliatte, — vache), niais encore sur les fœtus liumains où cette couche prédomine de beaucoup sur les autres.
La troisième zone serait mal limitée, car elle servirait d’intermédiaire entre la deuxième et la quatrième , les amas folliculaires commenceraient à s’isoler. L’isolement complet caractériserait la quatrième zone, où la trame affecterait la disposition que tous les auteurs s’accordent à trouver autour de l’ovisac complet.
b. Portion médullaire. — Son étude est moins complexe que celle de la portion précédente. Ce qui la caractérise essentiellement, avons-nous dit, c’est l’absence d’ovisacs, mais les éléments sont les mêmes. Sa couleur tranche sur celle de la portion périphérique; elle est en effet d’un rougœ foncé, indice de l’abondance des vaisseaux.
La prédominance de ceux-ci donne à cette portion un aspect spongdeux, mais moins prononcé cependant que -dans la partie extérieure à l’ovaire, immédiatement sous-jacente au hile. Suivant Sée et E. Cru veil hier (1), qui partag’ent à ce sujet l’opinion deHenle (2), la substance médullaire présenterait à son centre une lame de tissu lamineux lâche, entourée sur son bord et ses deux faces par la couche
(J) Gruveilliier. Anal.^ 4® édit., p. 452.
(2) Heiile. Ilandùuch de sy sternal, anal, des I^Jensclicn. I. Il, 2* livraison, Nam und escltlec/its apparat, 1864.
éminemment vasculaire, sur laquelle repose immédiatement la SLihstanee corticale. Nous avons déjà dit que, suivant Roug’et, les fd^res musculaires domineraient ici de beaucoup le tissu lamineux. Pour Robin, les Rbies musculaires de 1 ovaire n'existent qu’au niveau du bile. Elles proviennent des parties avoisinantes, par plusieurs faisceaux sur a disposition desquels nous aurons à revenir, lorsque nous essayerons de déterminer le rôle respectif de la trompe et de l’ovaire dans l’acte si important de la cbute de l’œuf.
Avant d’aborder le chapitre relatif à l’ovisac, complétons 1 étude de la trame ovarique par celle des vaisseaux qui s’y rendent ou qui en partent.
Vaisseaux ET nerfs. — 1° Artères. — Les artères de l’ovaire sont toutes des branches de l’artère iitéro-ovarienne. Celle-ci, comme la spermatique de l’homme, provient de la partie antérieure de l’aorte, au-dessous de la rénale, rarement au-dessus, plus rarement encore de la rénale elle-même. Ordinairement les artères des deux cotés ne naissent pas au même niveau.
De leur point d’orig*ine, elles se portent en bas, puis en dedans^ vers l’angde de rutérus, en long’eant le bord adhérent de l’ovaire, pour devenir ensuite verticales. Après avoir fourni le plus g’rand nombre de ses rameaux au corps de l’utérus, l’utéro-ovarienne se termine vers le col de cet org’ane, en s’anastomosant avec rutérine, branche de l’Iiypog’astrique.
Mais, au niveau du bord adliérent de l’ovaire, il s’en détache une série de dix à douze branches, qui naissent toutes à la suite les unes des autres du bord supérieur de l’artère, se divisent presque aussitôt après leur origâne^ s’enroulent, s’enchevêtrent, exactement comme les pelotons artériels de la racine des corps caverneux, et pénètrent enfin dans la trame de l’ovaire en formant encore des spirales (Roug*et) jusqu’à la face profonde de la couche ovig'ène, où elles diminuent rapidement de diamètre. Ramifiées dans toute la partie pourvue d’ovisacs, elles se portent directement de la trame à la paroi de ces derniers, pour s’y ramifier encore de nouveau.
Nous les retrouverons plus tard. Disons cependant que sur les vésicules ayant déjà acquis un certain volume, les vaisseaux qui se portent à la paroi de Fovisac ont de 1 à 3 dixièmes de millimètres de diamètre. Ce sont encore des artérioles et des veinules (1).
Nous avons déjà dit que la zone la plus superficielle de la couche corticale était dépourvue de vaisseaux. Ajoutons qu’ils sont, dans le reste de cette couche, d’autant plus abondants qu’on se rapproche de la portion médullaire. Là ces mailles capillaires sont plus serrées et donnent naissance à des veinules flexueuses qui s’accolent aux artères
(1) Robin. Mémoire sur les modifications de la muqueuse ulérinc, pendante! après la grossesse, p. 102.
et se dirig'ent toutes en convergeant à la manière de rayons vers le hile de l’ovaire.
2^^ Veines. — Les veines qui émergent ainsi de cet organe sont bien plus volumineuses et plus multipliées que les artères. Selon Jarjavay, « elles forment au-dessous de l’organe, immédiatement sous le bord inférieur, dans l’épaisseur du repli péritonéal, un plexus qui a la forme du bulbe du vagin ; c’est une sorte de petite masse veineuse érectile. Elle a le volume d’une petite noix et communique largement avec les plexus des bords de la matrice et du vagin. Dans l’extirpation des kystes de l’ovaire, elles doivent fournir après leur section une grande quantité de sang» (1).
Les recherches de Rouget ont confirmé le fait annoncé par Jarjavay pour la première fois. Voici d’ailleurs la description que donne le premier de ces auteurs dans son remarquable travail sur les organes érectiles de la femme.
« Sur le plexus sous-ovarique, dont il se distingue nettement, repose un réseau admirable veineux, dont les éléments n’ont en moyenne que de 0mm,5 ^mm diamètre; immédiatement appliqué au bord inférieur de l’ovaire, il forme là un véritable corps spongieux, une formation vasculaire érectile, dont j’ai déjà montré les artères hélicines dans les bouquets enroulés de l’artère ovarique et dont je montrerai tout à l’heure les trabécules mus-
(I) Traité d’ anatomie chirurgicale, 1852, t. I, p. 288.
ciliaires. Le corps spong'ieux de l’ovaire estallong’é et aplati, sa longaieur ég’ale et même dépassé celle de l’ovaire; son épaisseur, quand il est isolé par la corrosion, est d’un peu moins de 1 centimètre et sa hauteur un peu plus; son volume est à peu près celui des bulbes du vestibule, g*énéralement moindre, cependant; sur une de mes préparations par corrosion^ ce corps érectile, formé d’innombrables veines tortueuses semblables à celles des bulbes, a presque le double de la long’ueur de l’ovaire ; il est certainement plus volumineux que les bulbes du vestibule. »
Ces deux descriptions diffèrent de celle que, depuis, Sappey (1) adonnée; en effet, ce dernier anatomiste désigme sous le nom de bulbe la portion médullaire elle-même de l’org*ane, tandis que pour Jarjavay et Roug*et le bulbe est extérieur et sousjacent à l’ovaire. — Enfin entre ces deux derniers auteurs existe cette différence, que l’un confond dans une même description le bulbe et le plexus ovarique, l’autre au contraire les disting*ue nettement l’un de l’autre.
Ce plexus sous-ovarique est une dépendance du plexus utéro-ovarien sur lequel Richet, en 1857 (2), a appelé le premier l’attention des cbirurg*iens; on en trouve une bonne description dans
(1) Sappey, Le.
(2) Traite pratique <ranatüinic inédico-chirur^icalc, l*"® édilion. p. 73ô.
Ica thèse de Devalz (1). — Les veines qui le lorment, volumineuses, nombreuses, anastomosées un g-rand nombre de fois entre elles, communiquent inférieurement avec le plexus vagdnal, et se jettent de ce côté dans la veine hypog’as trique; à son extrémité supérieure, ce plexus, beaucoup plus développé que le plexus pampiniforme de l’homme, se porte vers la veine cave à droite, la veine rénale à g’auche. — Dans tout ce trajet les veines ne présentent que des valvules rares et la plupart insuffisantes. On peut en jug*er par la facilité avec laquelle passe l’injection de haut en bas. Ajoutons que jusqu’à leur terminaison elles sont accompag*nées par le faisceau lombaire des fibres musculaires de l’appareil g’énital.
Telles sont les veines de l’ovaire sur le rôle desquelles nous aurons à revenir lorsque nous étudierons le mécanisme de la cbute de l’œuf, et les pliénomènes qui en dépendent.
Mais avant de quitter ce sujet, il est un point d’anatomie sur lequel je dois revenir.
Nous avons vu que sur le parcours du sang’ veineux il existerait, au niveau de l’ovaire, un réseau ou plexus, qualifié d’org*ane érectile par Jarjavay et Koug’et; pour que cette expression fut exacte, il faudrait qu’il existât une disposition spéciale nettement formulée par Robin (2). Pour lui, ce (jui
(I) Thèse iiiaiiouiale, aoùl 1858. Du varicocèle ovarien el de son iiiHneiicc sur le développement de l’hémalocèle rétro- nlcriiie.
(•-’) Société de Biologie, août 18GG.
caractérise essentiellement le tissu érectile , c’est la présence de capillaires énormément dilatés, Ibrmant des réseaux à mailles excessivement étroites et ne livrant passag’e qu’aux trabécules propres à l’org'ane érectile. Ces capillaires s’abouchent avec des artérioles à parois très-épaisses et avec des veinules, ayant toutes un diamètre beaucoup plus étroit que les capillaires interposés (1). Ce volume considérable des capillaires est bien spécial aux org'anes érectiles, car on l’observe de bonne heure chez le foetus, tandis que les org’anes vasculaires sous-ovariques, toujours constitués par des veines munies de toutes leurs tuniques, ne sont fortement développés qu’à l’époque de la puberté. Ils manquent d’une façon presque absolue chez la plupart des animaux où l’on trouve au eontraire bien développés les org’anes érectiles, proprement dits, que l’on observe chez la femme. Enfin, ajoutons qu’ils n’ont pas leurs analog*ues chez l’homme. Ces
(1) Dans la théorie de Robin, l’érection est une action purement vasculaire.
A l’état de flaccidité, l’apport du sang par les artères est égal à la sortie par les veines. Mais, que sous une influence vaso-motrice cet équilibre vienne à être rompu, de telle sorte que les artérioles étant dilatées, l’afflux sanguin soit trop considérable, le sang s’accumule dans les capillaires, les distend, et le volume de l’organe érectile augmente. Cette augmentation se trouve limitée par l’enveloppe fibreuse propre de l’organe. Celui-ci, distendu outre mesure, acquiert la dùrcté caractéristique de l’érection.
On le voit, dans cette théorie, l’action des faisceaux musculaires sur les veines qui émergent de l’organe n’est aucunement nécessaire à la production du phénomène.
considérations doivent faire admettre qu'il peut v avoir la des cong’estions, mais jamais une véritable érection dans l’acception rigoureuse de ce terme.
3“ Ujmphatiques. Long'temps la distribution des lymphatiques à l’intérieur de l’ovaire est restée inconnue; cependant, d’après His (1), leur injection ne présenterait pas de bien gTandes difficultés, mais la réussite serait subordonnée au point où l’on fait la piqûre.
En effet, les lymphatiques, ici comme ailleurs, sont en quantité proportionnelle a celle des vaisseaux sang*uins, et si l’on tente l’injection par les points de la surface où manquent ces derniers, on n obtiendra qu un résultat nég’atif. Pour réussir, il faut donc nécessairement piquer des points que l’on sait etre riches en capillaires sang’uins, c’est-à-dire la surface des follicules faisant une saillie considérahle, la surface des corps jaunes aux différents moments de leur développement, ou encore la lisière de la portion corticale, sur l’extrême limite du hile.
Par ce procédé, His a pu déterminer la disposition des lymphatiques, et on trouvera dans son mémoire une fîg’ure qui en représente l’ensemJiIc.
Ces vaisseaux forment, dans la partie la plus superficielle, un réseau à mailles plates. Ils s’entremêlent à ce niveau, de la façon la plus variée, avec
(1) His, /. c.
iSiiO. Pc lier.
les capillaires sangaiins, dont le diamètre est beaucoup plus étroit que le leur, et qui aussi se rapprochent davantag*e de la surface. Les lymphatiques augmientent de diamètre en g’ag’nant la substance médullaire, où ils s’abouchent dans des troncs pourvus de valvules.
Leur rapport avec les ovisacs a ég*alement attiré l’attention de His (1). Lorsqu’un ovisac est moyennement développé, il est facile d’injecter un réseau qui l’entoure complètement; mais, lorsque l’ovisac est bien développé, le réseau reste riche seulement à la base et sur les côtés, mais la partie culminante devient très-pauvre en lymphatiques aussi bien qu’en vaisseaux sangmins. Les lymphatiques se ramifient dans la couche de substance ovarique immédiatement en contact avec le follicule. His n’en a pas pu suivre de l’un à l’autre, bien quhl considère comme probable l’existence de lymphatiques dans la paroi folliculaire. Nous verrons ultérieurement la disposition qu’ils affectent dans les corps jaunes.
Les troncs du hile sont remarquables par leur volume, aussi' leur existence' est-elle depuis long'temps connue. En converg’eant les uns vers les autres, ils forment de six à huit troncs qui se jettent au niveau du hile de l’ovaire, «dans les vaisseaux volumineux qui viennent de l’utérus, accompaguiant ainsi l’artère utéro-ovarienne, et allant se
d ) His, l. c.
jeter dans les gdandes lyinplialiques lombaires, moyennes et supérieures. A la suite d ovarites, et surtout de péritonites puerpérales, Gruveilhier les a rencontrés énormément dilatés et souvent remplis de pus. .
Nerfs. Nous n’aurons que peu de détails à donner sur les nerfs. Ils émanent tous du grand sympathique, et de points assez différents.
En effet, du plexus rénal, du plexus solaire, et aussi du plexus lombo-aortique, se détachent des filets nerveux qui se réunissent aux vaisseaux utéi o-o\ ariens, constituant par leur union le plexus ovarique. Les branches de ce plexus pénètrent dans 1 ovaire avec les vaisseaux par le hile, et se distri- IjLient dans 1 org’ane, d’une manière encore inconnue. Lu g’rand nombre, sans nul doute^ se terminent sur les capillaires sang*uins; d’autres, sur les faisceaux musculaires de l’ovaire.
§ 2. OVISAC.
Nous avons dit que l’ovisac remplissait un rôle très-important dans le mécanisme de la chute de ] œuf. Aussi devons-nous en étudier avec le plus gTand soin la constitution anatomique, pour mieux saisir dans tous ses détails ^accomplissement de cet