‹ Anatomie et physiologie du poumon considéré comme organe de sécrétionChapitre 29 sur 37 · ACTION ÉLECTIVE DU POUMON · texte numérisé non relu

ACTION ÉLECTIVE DU POUMON

wolatil en traversant le poumon, et cette excrétion persiste tant que dure la présence de l’ail dans les vais- ;-seaux.

Il est facile de s’assurer qu’une personne qui a ingéré ide l’ail n’exhale cette odeur qu’au moment de l’excréftion pulmonaire (expiration), et qu’elle peut suppriimer volontairement cette odeur en retenant sa respi- ] ration.

Ce que nous venons de dire de l’ail s’applique à toutes les substances possédant une matière volatile telles que l’éther, le camphre, le musc, le chloroforme et les alcooliques. Tout le monde sait que l’odeur vineuse exhalée par un homme en état d’ivresse vient du poumon, et que cette odeur se manifeste surtout au moment de l’expiration.

En 18T1, Nysten fit de nombreuses expériences sur l’injection des substances gazeuses dans le sang. Il injecta de l’air, de l’oxygène, de l’hydrogène sulfuré et d’autres gaz encore. On pouvait constater la présence de ces gaz dans les produits de l’expiration.

Des expériences plus récentes de M. Cl. Bernard, reproduites dans ses Leçons de physiologie expérimentcde, ont conduit ce savant à conclure que le poumon excrète tous les gaz que l’on injecte dans le sang.

ANATOMIE ET l'IlYSlULOOlE DU POUMON.

§ X. — Évacuation des produits d’excrétion.

Dans les appareils de sécrétion , les liquides fournis par les glandes sont évacués par deux forces principales, le vis à tergo et la contraction des conduits de la glande. Dans la glande pulmonaire, le phénomène du vis à tergo ne peut point déterminer l’évacuation des produits excrétés puisque cette excrétion est essentiellement intermittente et qu’elle alterne avec une autre fonction, la respiration. C’est la glandé elle-même qui est chargée de cette fonction, et pour cela, elle est presque entièrement formée de tissu élastique. En effet, au moment où les muscles inspirateurs dilatent le thorax par leur contraction , l’air de la respiration se précipite dans le poumon pour fournir au sang son oxygène. En même temps, les produits d’excrétion du poumon passent dans les cavités de cette glande , dans les grains glandulaires. Lorsque la respiration est accomplie, le poumon élastique chasse les produits gazeux de l’expiration , en revenant sur lui-même. Il entraîne dans son retrait les parois thoraciques qui deviennent mobiles et obéissent à la force élastique de la glande pulmonaire, les muscles ayant cessé de se contracter.

Le poumon n’est pas le siège de combustion locale. Si l’on avait toujours envisagé le poumon au double point de vue qui nous occupe, il est probable que les

ÉVACUATION DES PRODUITS d’eXCRÉTION.

.snvanls n’auraient point songé, autrefois, à dire que le poumon était le siège des combustions qui se font dans motre corps. Il ne se passe aucune combustion dans le (poumon ; cet organe n’est point le lieu de formation de ll’acide carbonique, il est seulement chargé de le sépairer du sang de la même manière que le rein en sépare l’urée. L’oxygène de la respiration n’est pas indispen- ;sable à la formation du gaz acide carbonique dans le ipoumon, puisque ce gaz se forme au sein de nos tissus, et (qu’il est transporté au poumon par le sang, dans lequel lil existe à l’état de dissolution. Il ne se dégage pas plus de calorique dans le poumon que dans les autres organes. Toutes ces considérations découlent tout naturellement de cette manière d’envisager le poumon , comme pourvu de deux fonctions bien distinctes, la respiration et l’excrétion.

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