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CHAPITRE VI

Vaisseaux Sanguins

SOMMAIRE : — Origine des vaisseaux du cordon. — Veine et artères ombilicales, — Type: général présidant à leur structure. — Etude des artères. — Endartère, fibres musculaires. — Absence d’adventice. — Etude de la veine. — Capillaires sanguins du cordon. Absence de vasa vasorum. — Nerfs du cordon,

Nous avons déjà indiqué dans l’introduction de ce: travail l’origine des vaisseaux sanguins du cordon om- . bilical. La vésicule ombilicale est accompagnée de vaisseaux qui disparaissent avec elle ou ne laissent jamais. que des vestiges peu importants. Les vaisseaux persistants, ou vaisseaux ombilicaux, se développent avec la vésicule allantoïde, suivent son pédicule et constituent. dans le cordon les artères et la veine ombilicale. Les vaisseaux capillaires sont très peu développés. Niés autrefois par presque tous les auteurs, on admet aujourd’hui qu’ils forment un réseau unissant entre elles les artères et les veines et un autre réseau situé sous l’épithélium, n’existant qu’au voisinage de l’ombilic et en relation avec les capillaires cutanés du fœtus. Ces deux systèmes sont du reste très peu développés.

Nous n’insisterons pas ici sur les caractères macros-

copiques de ces vaisseaux, sur leurs différences de volume, leur enroulement en spirale, leurs anastomoses et leurs valvules. Ce travail à été fait avec beaucoup de soin par Berger et Hyrtl et nous ne pourrions que répéter ce qw’ils en ont dit.

Mais si ces anatomistes se sont beaucoup occupés de l’aspect et de la grosse anatomie de ces vaisseaux, ils ont laissé entièrement de côté la structure intime de leurs parois. Tous les histologistes les ont regardés comme formés sur le type des autres vaisseaux, veines et artères de l’économie, et n’ont jamais consacré que quelques lignes à leur description. Kolliker se contente de dire qu’ils possèdent une tunique musculeuse avec fibres longitudinales et transversales, ce qui leur donne grande contractilité. Ch. Robin (1) qui s’est beaucoup occupé de leurs rapports avec les parois abdominales à leur passage à l’ombilic, dit que leur structure ne diffère pas de celle des autres vaisseaux, mais que seulement la tunique adventice est remplacée par la gélatine de Wharton. Enfin, Tait signale comme formant les parois de la veine des fibres musculaires disposées en réseau irrégulier.

Les premières fois que l’on examine une coupe transversale du cordon, on éprouve une certaine difficulté à distinguer rapidement la coupe de la veine ombilicale de celles des artères. C’est dire par conséquent que les différences de structure qui existent entre ces deux -ordres de vaisseaux ne sont pas très tranchées et demandent à être cherchées avec soin. Ils sont les uns et les

(1) Ch. Robin. — Mémoires de la Société de Biologie 1860.

VAISSEAUX SANGUINS , ot

autres construits sur un type assez particulier différant, sensiblement de celui des autres vaisseaux de l’économie, et que nous caractériserons en un mot en disant. qu’il est presque essentiellement musculaire.

Quand on fait une coupe transversale d’une artère de distribution telle que la radiale, à peu près comparable comme calibre à une des artères du cordon, et qu’on la colore par le picro-carmin, on reconnait sans peine dans sa tunique un certain nombre de couches bien séparées. La limitante élastique interne onduleuse et vivement colorée en jaune sépare la couche interne de la couche moyenne, et les fibres musculaires qui composent cette dernière sont isolées du tissu conjonctif de l’adventice par la limitante élastique externe. Sur la coupe d’une artère du cordon ces diverses couches si tranchées sur la radiale ne se retrouvent plus; les deux limitantes n'existent pas ou c’est à peine si l’on retrouve quelques vestiges de la limitante interne. L’adventice n’existe pas davantage, du moins en tant que membrane vasculaire, et il n’existe aucune transition entre les fibres musculaires et le tissu tendiniforme péri-vasculaire. En revanche la tunique moyenne a atteint un développement exagéré et des zones musculaires nombreuses forment autour de la lumière centrale des cercles serrés. Les mêmes différences existent entre la structure de la veine ombilicale et celle des veines de l’économie; autant dans ces dernières les fibres musculaires sont disposées d’une facon régulière, autant elles sont sans ordre dans la veine du cordon. Pas plus autour d'elle qu’autour des artères il n’existe d’adventice particulière.

Les caractères généraux que nous présentent les vais-

seaux ombilicaux peuvent donc se résumer en ceci: prédominance dans leurs tuniques des fibres musculaires, abondance du tissu élastique en tant que fibres très délicates ou grains élastiques, mais état rudimentaire des membranes limitantes élastiques, et enfin absence d’adventice vraie, en ce sens que la tunique moyenne de chaque vaisseau est directement en contact avec le tissu conjonctif tendineux qui occupe l’axe du cordon. Etudions maintenant les caractères particuliers des artères et de la veine.,

La meilleure manière d'étudier les artères ombilicales est d’en faire des coupes transversales que l’on -colore ensuite avec du picro-carmin ou de l’éosine hématoxylique. On voit alors que leurs parois tendent à se rapprocher les unes des autres de façon à ne laisser persister qu’une lumière étroite ressemblant à une fente triangulaire. Cette fente est limitée par l’endothélium vasculaire dont les noyaux colorés en bleu vif par l’hématoxyline forment autour d’elles comme une rangée de petites perles. Cet endothélium est supporté par une mince zone d’éléments musculaires particuliers qui constitue avec lui l’endartère, en dehors de laquelle se voient une limitante élastique interne rudimentaire, puis les couches musculaires.

L'existence de l’endothélium artériel est démontrée par les coupes transversales, mais, pour étudier la forme de ses cellules, il est nécessaire d’en imprégner les contours à l’aide du nitrate d'argent. Pour cela on ouvre d’abord l’artère suï une certaine longueur, puis on imprègne sa surface, préalablement bien lavée, avec une solution faible de nitrate d’argent à 1/600 environ. Des

lamelles de l’endartère sont ensuite enlevées par arra-. Chement et montées dans le baume de Canada ou la glycérine salée. Les cellules endothéliales se montrent alors nettement séparées par de fins traits de ciment teintés en noir, et on peut voir qu’elles ont une forme assez régulière qui rappelle celle d’un losange dont les angles seraient légèrement arrondis. Elles s’emboîtent les unes sur les autres de façon que la partie renflée de l’une corresponde à l’extrémité allongée de la cellule voisine. Les traits de ciment qui les séparent sont très minces. Sur les préparations colorées on peut voir que les noyaux sont ovalaires, aplatis,et ont leur grand diamètre dirigé dans le sens de l’axe du vaisseau. Cet endothélium ne diffère pas en somme de celui qui revêt la face interne des autres artères de l’économie.

Quand on imprègne la surface interne d’une de ces artères, avec une solution faible, l’endothélium est seul visible, mais en se servant d’une solution à 1/100 et en chassant au pinceau les cellules endothéliales, l’argentation montre un réseau cellulaire compliqué, appartenant à l’endartère, et formé par des éléments plats munis de longs prolongements. Ce réseau est analogue à celui qui a été obtenu par le même procédé sur l’endartère des gros vaisseaux, et que l’on a décrit sous le nom de figures de Langhans. Ces éléments cellulaires sont respectés par le nitrate et restent blancs et transparents tandis que leurs intervalles sont fortement colorés en noir. Leur corps est volumineux, allongé, étoilé et donne naissance à de longs prolongements qui vont s’anastomoser,soit dans le même plan soitdans un plan inférieur,

avec ceux des autres cellules. Quelques-unes de ces

cellules sont très allongées, étroites, terminées em pointe et séparées de leurs voisines par une ligne noire peu épaisse, rappelant ainsi l’aspect des fibres muscu laires lisses. Ces éléments sont en connexion par leurs prolongements anastomotiques avec ceux quiémanentdes cellules étoilées ce qui indique nécessairement une signification identique. Le professeur Renaut(1) a étudié ces cellules étoilées de l’endartère sur des artères de distribution,etilest arrivé à cette conclusion qu’elles ne sontpas, ainsi qu’on l'avait dit auparavant, de nature conjonctive; sur des coupes colorées au picro-carmin, on voit à leur centre un ou deux noyaux dont la forme reproduit celle de l’élément étoilé, et on distingue dans leur protoplasma une striation longitudinale d’une grande régu— larité, qui le divise en baguettes comparables aux cylindres primitifs des fibres musculaires lisses. Elles semblent plutôt analogues à des cellules contractiles et le professeur Renautles compare à celles de la tunique moyenne de l’aorte, décrites par Ranvier comme cellules musculaires striées longitudinalement etirrégulièrement rameuses.

Nous avons déjà dit que le tissu élastique était en petite quantité dans les vaisseaux ombilicaux. On le rencontre en effet rarement sous la forme de fibres aussi développées que dans les vaisseaux ordinaires, mais seulement sous la forme de fibrilles très déliées constituant. un fin réticulum, ou sous celles de grains élastiques. Ceci explique pourquoi la limitante élastique interne

(1) J. Renaut. Notes sur l'unatomie générale de l'endurtère. Gazette mé— dicale de Paris, 1878.

n’a pas une existence constante. Quand on la rencontre, elle est réduite à quelques fibres élastiques onduleuses, à double contour qui séparent l’endartère de la tunique moyenne, mais le plus souvent ces fibres ne forment pas une ligne continue et sont suppléées par des grains élastiques qui occupent leur place. Dans la tunique moyenne, les paniers élastiques décrits par M. Renaut, entre les fibres musculaires autour desquelles ils forment un véritable réseau, n'existent jamais; ils sont remplacés par des grains élastiques semés entre les fibres lisses ou par le réticulum dont nous avons parlé. Quant à la Jlimitante externe, nous n’en avons jamais trouvé la moindre trace ; car elle n’est pas même représentée par les grains que l’on rencontre ailleurs. Ce n’est que sur des embryons de mouton de 18 et de 23 centimètres de longueur que nous avons trouvé des fibres élastiques véritables épaisses, interposées entre les fibres musculaires de la tunique moyenne et les séparant en couche parallèles.

Les fibres musculaires constituant la plus grande partie de l’épaisseur de la paroi artérielle, appartiennent au au type musculaire lisse. Elles ont la forme d’un fuseau allongé et contiennent à leur partie centrale un gros noyau étiré en bâtonnet. Elles sont moins serrées que dans les autres artères et sont presque toujours séparées les unes des autres par des traits de ciment très larges restant incolores quand on ne les traite pas par l’argent et remplis par les fibrilles et les grains élastiques. Il est surtout facile de les apercevoir sur les préparations traitées par l’éosine hématoxylique qui les ménage en blanc entre les fibres musculaires colorées en rose vif. Les fibres musculaires sont dis-

posées sur deux couches principales : la plus interne est. formée de fibres parallèles à l’axe longitudinal de l’artère et se montrant coupées en travers sur une section transversale du cordon ; l’externe au contraire comprend des fibres circulaires qui dessinent autour du vaisseau des cercles concentriques, le plus souvent légèrement plissés. Quelquefois les fibres musculaires de cette zone externe, au lieu d’être régulièrement circulaires,se montrent disposées en un réseau plexiforme.

En dehors de cette couche musculaire, qui tient la place de la tunique moyenne des artères de distribution, existe le tissu conjonctif fasciculé que nous avons décrit. Entre les fibres musculaires et les fibres conjonctives, il y a une séparation brusque sans interposition ni d’éléments élastiques ni de tissu conjonctif lâche. -

L'étude de la structure intime de la veine ombilicale nous sera facile maintenant que nous connaissons celle des artères. Nous allons y retrouver les mêmes éléments, sauf la couche des figures de Langhans, et nous verrons que leur disposition y est presque identique. Sur une coupe la veine reste béante et offre une large lumière tandis que l’artère est plissée. La circonférence de cet orifice central n’est pas absolument régulière, elle est festonnée par des sortes de petits bourgeons de la paroi qui, sur une coupe transversale, ressemblent à de légères saillies, mais qui, se poursuivant sur toute la longueur de la veine, déterminent des cannelures longitudinales. Ces cannelures sont plus ou moins accentuées selon les cordons sur lesquels on les examine, mais il nous à paru qu’elles l’élaient davantage sur les cordons de fœtus à terme que sur les autres.

L’endothélium de la veine ne diffère pas sensiblement de celui des autres veines de l’économie. Imprégné par le nitrate d’argent il se montre composé de cellules déchiquetées comme les pièces d’un jeu de patience, plates, plus longues que larges et ayant leur plus grande longueur dirigée dans le sens de l’axe du vaisseau. Elles. sont séparées les unes des autres par des traits de ciment très sinueux et épais, qui, en quelques endroits. présentent de petites dilatations dans lesquelles l’argent s'est fortement réduit et qui sont par suite colorées en noir foncé. Au-dessous de l’endothélium et dans les. points où il est chassé, on voit les fibres musculaires sous-jacentes également imprégnées et séparées par des traits de ciment. Il est très facile sur des préparations semblables de se rendre compte deleur arrangement dans la tunique de la veine : elles sont minces et très allongées, serrées en faisceaux qui cessent brusquement sur d’autres faisceaux ayant une direction opposée. Tantôt ces fibres Sont transversales, tantôt longitudinales, ailleurs elles sont obliques de façon à former des bouquets qui s’épanouissent dans tous les sens. Elles n’ont aucune direction spéciale et il est impossible de déterminer si elles obéissent à une loi d’ordination quelconque. Sur des coupes transversales, elles apparaissent aussi irrégulièrementdisposées, ce n’estque dansde rares endroitsqu’elles affectent une direction prédominante longitudinale ou Circulaire ; presque partout elles forment un réseau plexiforme en s’accolant les unes aux autres et en se coupant dans tous les sens. Entre elles se voient les traits de ciment dans lesquelles passent, comme dans les artères, les fibrilles et les grains élastiques. Dans les cannelures

toutefois, les fibres musculaires paraissent être surtout longitudinales, et le système élastique est plus abondant que dans le reste du vaisseau. — Les vaisseaux du cordon sont toujours dépourvus de vasa vasorum.

Ce n’est pas sur tous les cordons que l’on rencontre des capillaires sanguins, et même on n’en trouve presque jamais sur les cordons humains de fœtus à terme (je laisse ici de côté les capillaires du voisinage de l’ombilic qui appartiennent plus à la peau fœtale qu’au cordon). Des capillaires perméables au sang ne s’observent guère passé le cinquième mois, et après ils se montrent réduits à une petite tige fibreuse ou bien, si leur lumière est conservée, elle est remplie par des granulations épithéliales et graisseuses. Sur des cordons de fœtus de deux à quatre mois, on les voit au nombre de quatre -Où cinq au plus sur une coupe. Ils n’ont pour paroi que leur endothélium dont les noyaux se colorent fortement avec l’hématoxyline. Une paroi conjonctive spéciale leur manque et, en dehors de l’endothélium, le tissu connectif propre du cordon se montre aussitôt. Ils sont remplis par des globules sanguins, entre lesquels se voient parfois quelques globules blancs. Quelquefois même, à -cette époque, ils ne sont déjà plus perméables. Sur les cordons de chevreau et d’agneau, de 10 à 25 centimètres de longueur, les capillaires sont en nombre considérable, surtout au voisinage du pédicule central. Leur structure -est la même que chez l’homme; cependant le tissu conjonctif voisin s’épaissit un peu autour d’eux et forme à quelques-uns une véritable tunique propre.

L'existence de nerfs dans le cordon est encore très discutée. Valentin à signalé leur présence dans l’extré-

mité ombilicale sur un parcours de 8 à 10 centimètres. Schott (d'Édimbourg), les à vus aussi. Stutz et Kolliker n’ont jamais pu constater leur existence. Quant. à nous, nous ne les avons jamais rencontrés dans aucune partie du cordon, ni sur les préparations traitées par l’acide osmique ni sur celles au chlorure d’or. Nous nous contentons de consigner ici ce résultat sans préjuger de là question.

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Conclusion.

“SOMMAIRE, — Signification morphologique du cordon. — Vie de son tissu soustrait aux influences lymphatiques, nourri par les vaisseaux seuls. — Absence de nerfs (cristalloïdes diffusés, cellules lymphatiques traversantes), — Qu'’arriverait-il s’il y avait des lymphatiques quand le cordon est exsangue et lié et envahi par les germes? — Il meurt de gangrène sèche sans résorption possible. — Son tissu connectif est un département indépendant et clos, sans portes ouvertes du côté de l’organisme fœtal.

Il résulte de l’étude que nous venons de faire que le tissu connectif du cordon n’appartient pas au tissu connectif modelé. C’est un tissu fibro-muqueux satellite des fusées vasculaires unissant le fœtus à la masse piacentaire, et renfermant dans son épaisseur le pédicule épithélial allantoïdien autour duquel il s’est développé.

Les conditions spéciales au milieu desquelles s'effectue le mouvement vital dans cette portion de embryon ont déterminé une modification toute particulière du tissu connectif péri-vasculaire.Ce tissu,bien que présentant l’organisation fibréuse la plus nette et la plus solide, est inces samment parcouru par des cellules lymphathiques. Ces

cellules, et c’est ici un cas tout particulier, prennent

leurorigine dans des vaisseaux sanguins volumineux, munis d’une épaisse couche musculaire. Elles traversent. le cordon et gagnent la cavité amniotique en épuisant sur leur parcours leur action nutritive qui est la seule à laquelle soit soumis le tissu connectif gélatineux. Tandis queles tendons et les aponévroses épaisses présentent des. espaces interfasciculaires trop peu libres pour la progression des éléments lymphatiques, le tissu du cordon peut être aisément parcouru par ces derniers à la façon de la cornée transparente; les éléments migrateurs trou vent en effet un chemin facile dans les intervalles des faisceaux infiltrés de substance fondamentale muqueuse. En résumé donc, il s’agit ici d’un tissu fibro-muqueux réadapté à la nutrition par la lymphe, bien qu’il ne possède pas de voies lymphatiques canaliculées.

Dépourvu de nerfs propres, le tissu du cordon est nourri par la lÿmphe qui a filtré des vaisseaux sanguins. Il est en quelque sorte passif devant cette nutrition. Il reçoit du sang le plasma chargé de cristalloïdes diffusés, les cellules lymphatiques lui apportent l'oxygène, le gly— cogène et vraisemblablement aussi les éléments de la substance fondamentale muqueuse qui s'accroît sur certains points par larges ilots. Une fois formée, cette subs— tance ne peut être que difficilement résorbée puisque le cordon ne possède aucune voie de retour appartenant au système lymphatique et que la veine qui le parcourt n’envoie pas de c‘° pillaires dans la gélatine de Wharton. Rien, saufles cellules lymphatiques qui, en vertu de leurs mouvements propres peuvent percer les parois de la veine ombilicale, ne peut ramener dans la circulation sanguine les substances excrémentielles résultant des actions

vitales dont le tissu connectif du cordon est le théâtre. Aussi la substance muqueuse ne fait la plupart du temps que s’accroître. Elle est en outre maintenue à l’état dé gelée par l’immersion du cordon dans les eaux amniotiques, c’est ce que montre bien l’apparence que prend l’organe lorsqu'on l’a soumis à la dissécation ; la substance muqueuse semble disparaître tout entière et on ne voit plus que les vaisseaux tournés en hélice à la façon d’une plante volatile. En réalité un très faible poids de mucine extrémement développée et gonflée par l’hydratation, infiltre les espaces interorganiques du cordon. Le tissu connectif de ce dernier prend, par suite, une consistance semi-liquide analogue à celle du corps vitré de l’œil, condition tout à fait favorable pour la protection des vaisseaux. Ces derniers sont de la sorte entourés d’un manchon ayant à la fois la résistance d’un tendon, l’élasticité et l’incompressibilité d’un manchon liquide.

L'absence des vaisseaux lymphatiques dans le cordon nous paraît être le résultat d’une adaptation fonctionnelle curieuse. Après la naissance, le cordon doit se flétrir, et cela parce qu’il ne possède pas de capillaires sanguins et qu’il vit de la transsudation latérale effectuée sur le trajet des gros vaisseaux qu’il parcourt. Si le cordon, devenu exsangue et se flétrissant par le mécanisme de la gangrène sèche, renfermait des vaisseaux absorbants tels que les lymphatiques, ces derniers pourraient devenir la voie d’introduction d’une foule de produits septiques dans la circulation du nouveau-né. Mais aucune résorption n’est possible, justement parce que le tissu muqueux ne renferme pas de vaisseaux perméables, indépendants de la circulation sanguine qui

s’arrête lors de la naissance. Son tissu connectif périvasculaire peut être envahi sans danger par tous les germes de l’air et des eaux, car il constitue un département absolument indépendant et clos, sans portes ouvertes aux résorptions quelconques du côté de l’organisme: fœtal. |

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