‹ Anatomie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 18 sur 40 · CONSIDERATIONS GENERALES SUR LA TEXTURE ORGANIQUE · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS GENERALES SUR LA TEXTURE ORGANIQUE

i° De la texture organique îles animaux. 2° Dis tissus simples en général.

3* Des organes en général.

4® Des appareils eu général.

[io Des propriétés de tissa.

' 2° Division des propriétés de tissu. . . .

^3» Caractèjcs des propriétés de tissu.

{Extensibilité.

Contractilité .

( i° Par Jéfaut d'extension.

(a0 Par racornissement. g

CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LA VIE

* De la vie et de scs fonctions.

Il* ClassiGcalion des fonctions . .

/De celles relatives à l’in- [ Fonctions animales. ^ I Jitidu . . . (Fonctions organiques?

/Fonctions «lu s

S Fonctions relatives à l’unioa des deux sexes et au produ t de celte union.

3o Des différences et «les rapports qui existent entre les deux claies de fonctions.

4° Des difl'éren-.-es et des rapports qui exisfent entre les deux ordres de la prémiere classe. 5° Des différences et des rapports qui existent entre les trois ordres de la seconde classe.

pports (j

Dis propriétés vitales.

2° Division des propriétés vitales.

3° Caractères des propriétés vitales.

1° Des causes qui modifient les propriétés vitales. .

r Propr e és a imalcs. . .

t (Sensibilité.

• • (Contrac i! é.

(Sonsibili é.

VP.V rjét s organiques. .

f sensible;

(Contractilité

(insensible.

Des clim.iu.

Des saisons.

Des âges , etc, , etc.

5° Différences particulières des propriétés vitales-, suivant chaque tissu f De ro qn’on nomtno la vie

propr

simple, dans le même individu

. ( propre.

/Du tempérament.

3® Différences générales des propriétés vitales dans les divers individus. -j Dès pissions.

1 1 (Du caractère.

;° Sympathies des propriétés vitales.

,8° Division de3 sympathies. .

, , f De sensibilité.

Sympathies anima- es • * * * * (Uü contractilité.

( De coAtvactiUtp sensible. ^0 iy:npatliic9 organique > ■ ■ • (j)e contractilité insensible.

Genbe VIi.

Sécrétions.

Genbe VII».

Nutrition.

Cenbb VIII*

Calorification.

;<fiiar«l. . .... H?11

* { J?G JL'U1,3 pl'iinomèncs.

| Do wo™ a 1 1 errtlïons .

/b'crym' 3'™"’

I salivüTu <■! nantir

oliquo,

CU Iia,l*cul‘cr. Sécrétions ./ IjJpi- . .

(muqueuses, •tliaSei.

Composition i)0JorgjnM , • "«KM»*

l pancieatiquo.

' Do la

— Assin»

{'e chjle le sang.

Ica orrai

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organes oux-mômes.

nutrition considérée dans .

16’ Do la

’ PllCUOII

m°rl natorello.

"-'nos de li chaleur i

|2° Eu Ire' o dn cal

(l’onfance . ,

la jeunesse .

■J l’âge adulte, (la vieillesse. .

{la respiration la digjM.inn.

l’alisoifpiiou.

Du l’aceroisscrnenl en hauteur.

Do l’accroissement en épaisseur.

Décroissement.

sympathique.

Genbe Iee.

Production de ia semence.

il* si KSjaÈïï'j*” !” ”7;

's* S. sortie du c”rp^.anS ’plèm“ "PilUi"'

6» Des .jr,„,ulllicl d„ clialuu r , et J. la cj,V,|e,

DEUXIÈME CLASSE, fonctions relatives a l’espèce. Parallèle des deux sexes . Hermaphrodisme.

RDRE I . fonctions propres au sexe masculin.

Phénomènes de la puberlc chez f homme.

’o 5*:?!°“ ,1an.s ,e *‘*st icule.

‘ * Do l’érection et do scs phénomènes

{>• Scçrcliou San, le l,,,lic„l8.

2 |t!|Our dans VPsic„|„.

d° Excrétion

4° Do la semence.

J° Des cununue-î

ORDRE IIe. Fonctions propres au sexe féminin. Phénomènes de la puberté chez la femme.

Genbe

Mcnstru

•Genre IIe.

Production du lait

«?-* ff£::npS;„,

““OT- 1 f Du scs allocations,

t T' De sa cessation.

( ,0 Stlcrelîoa dans le sein.

\ 2o Excrétion

\3° Du lait.

f D ifFércuco «le cctto secrétion d’avec les ; l Rapports du sein avec la matrice.

Des fluides de la femme / Q il ois sont i Propre, ilaeé„eralim\ y„el|, „„ ,oup iu„ucoce

Genre IIIe.

Oui, In...

iutlucnc

ORDRE III-7 Foncrtm-nTfetalives a ~ft

1° Accouplement.

2° Conception

des deux sexes , et au produit de celle union .

Genre Ipr. f 1

Génération. ) v. 2

Genbe IIe.

Gestation , relative •

2 au fret»

Genbe IIIe. Causes ,.t

/ 23 Des lucide ‘Accouchement et phé.\ n, .

no mène s subséquent. ( l'honotneDi

( Ses phénomc ( Hypothèses.

f dans la matrice.

.(dans les trompes et les ovaires.

m^re ; J I?,at *®-0#raI ?de ses fonctions.

’ ’ Etat Je Ja^malricc.

nécanismc de l’accouchement.

Je l’enfant nouv

{De sa vie animale: elle est p De sa vie organique . .{ J°”e‘ Des mouslres.

presque nulle.

Fonctions qui lui manquent.

Aciivilé do l'assimila tio a.

/ Développement de sa vie animale.

fonctions ajoutées à l'organique.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. CÜj

cerveau, ne peuvent vivre hors du sein de leur mère, etc. Tout s’enchaîne, tout se lie dans l’économie animale. Nous vivons bien au dehors et au dedans d’une manière distincte ; mais une vie ne peut se conserver en totalité indépendamment de l’autre. Aussi, quoique les fonctions soient étudiées abstractivement , il faut toujours avoir en vue leur enchaînement, lorsqu’on les considère toutes simultanément en exercice.

J’ai suivi, dans X Anatomie descriptive , une classification à peu près analogue à celle de la physiologie. L’une diffère cependant un peu de l’autre , soit parce que les mêmes organes servent souvent à plusieurs fonctions , soit surtout parce que certaines fonctions, telles que l’exhalation, la nutrition, la calorification, n’ont point, à proprement parler, d’organes déterminés et distincts (i).

(i) La classification des fonctions proposée par Bicbat , et suivie jusqu’ici dans les écoles, est tout-à-fait artificielle. Pourquoi, par exemple, placer en première ligne les fonctions de relation ? Ne sait-on point que leur établissement n’est que secondaire , et que, long-temps avant le moment où elles ont été en vigueur, le fœtus a vécu de la vie individuelle, qui lui est bien autrement essentielle que la vie de relation ? Plusieurs médecins ont apporté , sous ce rapport, de remarquables modifications au plan tracé par l’auteur de ¥ Anatomie générale ; modifications plus ou moins heureuses, parmi lesquelles je citerai surtout celles que nous devons aux travaux de M. Hippolyte Royer— Collard.

La méthode de cet ingénieux physiologiste offre ce remarquable caractère, qu’elle est essentiellement naturelle, et qu’elle rappelle à chaque instant cette loi invariable , absolue, du monde matériel, en vertu de laquelle tous les êtres commencent , s’accroissent et

CÎV CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

finissent ; loi quiapparait plus promptement et plus claircjnent dans le règne organique, sans que pour cela elle lui soit exclusivement relative. D’après cette méthode les fonctions sont étudiées dans l’ordre le plus propre à faire assister le lecteur au spectacle continuel desgradations de l’existence, pour me servir des expressions mêmes de l’auteur. D’abord , elle nous montrel’individu rudimentaire naissant dans des circonstances toutes spéciales, et commençant le travail de sa formation première ; puis s’accroissant •continuellement, et subissant d’une manière graduée, soit dans son ensemble, soit dans ses diverses parties, une série de métamorphoses par suite desquelles il revêt un certain nombre d’états (pii pour lui sont transitoires, mais que Von retrouve permanens dans des degrés plus inférieurs de l’échelle des êtres, jusqu’à ce qu’enlin il soit arri\é à l’état parfait : alors le travail primitif de formation est achevé, les organes sont en équilibre les uns par rapport aux autres, et l’homme, jouissant de la plénitude de ses fouclions, multiplie de mille manières ses rapports avec le monde extérieur ; enfin , après nous avoir f; :t parcourir celte période si importante et si variée de la vie, la méthode de M. Royer-Collard déroule à nos veux le tableau triste, mais fidèle , des phénomènes de notre décroissement continuel, véritable mort en détail, qui nous conduit plus ou moins lentement au terme invariable de notre existence.

A la première partie de cette physiologie, se rattache successivement : l’embryogénie, l’histoire de la circulation, de l’absorption, des sécrétions légumenlaires , glandulaires ou cellulaires, celle des phénomènes respiratoires, locomoteurs, nerveux, et enfin la calorification, les fonctions sensitives internes, externes, celles d’expression, les affections morales et intellectuelles, et la génération; dans la seconde, au contraire, on range tout ce qui a trait au rôle physique et politique de l’homme dans ses rapports avec le monde extérieur , tout ce qui caractérise les derniers âges de la vie , et enfin la mort clle-mémc , après laquelle l’homme physiologique cesse d’exister , et à laquelle par conséquent doit s’arrêter le simple physiologiste. (Blandin. )

SYSTÈMES COMMUNS

A TOUS LES APPAREILS

CONSIDÉRATIONS GENERALES

On peut diviser les systèmes organiques de l’économie vivante en deux grandes classes. Les uns, généralement distribués et partout présens, concourent non-seulement à la formation de tous les appareils, mais encore à celle des autres systèmes, et offrent à toute partie organisée une base commune et uniforme : ce sont les systèmes cellulaire , artériel, veineux, exhalant, absorbant et nerveux. Les autres, au contraire, placés dans certains appareils déterminés, étrangers au reste de l’économie, ont une existence moins générale, et même souvent presque isolée : tels sont les systèmes osseux, cartilagineux, fibreux, musculaire, muqueux, séreux, etc., etc.

Les deux premiers volumes de cet ouvrage seront consacrés à l’examen des systèmes généraux, des systèmes générateurs, si je puis m’exprimer ainsi, systèmes qui ne jouent pas cependant un rôle tel g que toutes les parties organisées soient nécessaire?

Anat< GÉN, T. I.

SYSTÈMES COMMUNS ment pourvues de tous les six. En effet, dans les unes il n’y a point d’artères ni de veines, dans d’autres point de nerfs, dans quelques-unes peu de tissu cellulaire; mais ces systèmes concourent à former le plus grand nombre, et toujours quelquesuns se rencontrent là où les autres manquent: ainsi dans les tendons, dans les cartilages, etc., qui sont privés de sang, il y a des exlialans , des absorbans, etc.

En général , il paraît que les deux systèmes exhalant et absorbant sont les plus universellement répandus. La nutrition les suppose ( i) : en effet cette fonction résulte d’un double mouvement, l’un de composition, qui apporte aux organes, l’autre de décomposition, (pii en exporte les matières nutritives: or, les exlialans sont les agens du premier mouvement , et les absorbans ceux du second. Comme tout organe se nourrit, et que le méca-

(i) Nous avons déjà dit cù qu’il faut penser des systèmes exhalant et absorbant admis par Bicbat, et plus tard encore nous reviendrons sur le meme sujet à l’occasion de chacun d’eux ; nous voulons ici seulement prendre acte par avance de ce qu’en dit Bicbat: la nutrition les suppose. L’anatomie est une science bien plus positive, elle ne suppose rien; son domaine n’est pas celui de l’imagination ; mais elle embrasse les faits d’organisation qui peuvent être constatés par nos sens. Qu’on ne s’y trompe pas, ceci s’applique en partie au système absorbant comme à celui des exlialans ; en effet, bien que Bicbat regarde les vaisseaux lymphatiques comme représentant surtout le premier, il est évident que, dans scs idées sur les absorbans , il va beaucoup au-delà des données fournies par l’anatomie véritable ; car il les admet hypothétiquement dans tous les lieux où se fait une véritable nutrition , dans certains organes par conséquent où l’on n’a pas encore découvert de vaisseaux lymphatiques. ( F. Bjlàndix. )

A TOÜS LES APPAREILS.

nisme de la nutrition est uniforme , il en résulte que ces deux systèmes appartiennent à tous les organes. Apres eux (i) , c’est le système cellulaire qu’on trouve le plus généralement : là où il n’y a point de vaisseaux sanguins , on le rencontre quelquefois, et il existe toujours là où ces vaisseaux pénètrent. Après lui , ce sont les artères et les veines qui se trouvent disséminées dans le plus grand nombre de parties. Souvent aucun nerf n’est distinct dans celles où elles pénètrent, comme dans les aponévroses, les membranes fibreuses, etc., etc. Enfin le système nerveux est de tous les systèmes générateurs celui que le scalpel de l’anatomiste suit dans le plus petit nombre de parties organisées : les membranes séreuses, tout le système fibreux, le cartilagineux, le fibro -cartilagineux, l’osseux, etc., en paraissent dépourvus.

Spécialement destinés à faire partie de la structure des autres organes, les systèmes générateurs remplissent aussi cet usage les uns à l’égard des autres : ainsi le tissu cellulaire entre-t-il dans la composition des nerfs, des artères et des veines; ainsi les artères et les veines se ramifient-elles dans le tissu cellulaire, etc. C’est un entrelacement général

où chacun donne et reçoit.

On conçoit , d’après ce qui vient d’être dit, que

(i) C’est le système cellulaire qui est le plus généralement répandu : il est le générateur de tous les autres ; c’est lui , dans un état rudimentaire , qui forme tout d’abord Fembryon ; enfin on lp rencontre seul dans la classe des animaux infusoires ou cellulaires. (F. Blandin.)

4 SYSTÈMES COMMUNS

les systèmes générateurs , considérés sous le rapport de la texture des organes, formant une base commune et uniforme à tous , doivent être plus précoces que les autres dans leur développement (i). C’est aussi ce que l’observation nous prouve d’une manière évidente : tandis que la plupart des autres sont à peine ébauchés dans les premiers temps du fœtus, ceux-ci prédominent d’une manière remarquable. Les nerfs et leur centre, qui est le cerveau, les artères, les veines, et leur organe central, qui est le cœur, le tissu cellulaire, les exhalans, les absorbans, présentent ce phénomène d’une manière frappante. L’inspection suffit pour le constater dans les systèmes nerveux, artériel, veineux et cellulaire ; dans les deux autres , il est prouvé par l’activité étonnante de l’absorption et de l’exhalation à cet âge de la vie.

D’après l'idée que je viens de donner des systèmes généraux de l’économie, il est facile de voir qu’ils jouent le rôle le plus important dans la nutrition. Ils forment le parenchyme nutritif de cha-

(i) Cette proposition soutire contestation : elle est vraie complètement en ce qui touche le tissu cellulaire, mais elle est peu exacte pour les autres genres d’organes. Des observations multipliées et de dates récentes établissent, en effet, que les vaisseaux et les nerfs procèdent, dans leur développement, de leurs rameaux vers leurs troncs , des organes vers leur centre commun ; ce (pii suppose déjà un commencement de développement dans les organes ou appareils, au moment où les vaisseaux et les nerfs se forment eux-mêmes ; ainsi la formation d’un organe n’est pas subordonnée au développement des vaisseaux ou des nerfs qui lui appartiennent, comme on l’a cru si long-temps, sur la loi de graves autorités. (F. Blandin.)

A TOUS LES APPAREILS

que organe: or, j’appelle parenchyme nutritif le canevas cellulaire, vasculaire et nerveux de cet organe. C’est dans ce canevas que vient se déposer la matière nutritive. Cette matière, différente pour chaque organe , établit la différence des uns avec les autres. Pour les os, c’est du phosphate calcaire et de la gélatine ; c’est de la gélatine seulement pour les cartilages, les tendons, etc., de la fibrine pour les muscles, de l’albumine pour certains autres organes : en sorte que, si le parenchyme de nutrition d’un os s’encroûtait de fibrine, ce serait un muscle à forme osseuse ; et que réciproquement, un muscle deviendrait os à forme musculaire, si son parenchyme s’encroûtait de substances terreuse et gélatineuse. «Nous connaîtrions la nature de toutes les parties vivantes, si leurs substances nutritives nous étaient connues; mais la plupart sont encore ignorées : c’est à la chimie à nous éclairer sur ce point. Tous les organes se ressemblent par leur parenchyme, ou du moins ils ont la plus grande analogie (i). S’il était possible d’ôter dans tous la matière nutritive, en laissant ce parenchyme intact, on ne verrait entre eux que des variétés de forme, de volume, d’entrecroisement des lames celluleuses, des branches vasculaires ou nerveuses, mais non des variétés de nature et de composition.

(i) Tous les organes se ressemblent par leur parenchyme , en ce sens que tous sont essentiellement formés d’une base cellulo— vasculaire ; mais que l’on se garde bien de croire que par cela même , cette trame est partout semblable. De même qu’avec de la soie ou du fil ou peut faire des tissus ou trames bien différais , de

SYSTÈMES COMMUNS

Dans les premiers temps de la conception, la masse muqueuse que représente le fœtus ne paraît être qu’un composé de systèmes généraux. Chaque organe n’a encore que son parenchyme nutritif, parenchyme auquel la nature a imprimé la forme de l’organe qui doit .s’y développer. A mesure que ce canevas croît et se développe en effet, les substances nutritives le pénètrent, et alors chaque organe, jusque là semblable aux autres par sa nature, formant avec eux une masse homogène, commence à s’en distinguer et à avoir une existence isolée; chacun puise alors dans le sang la substance qui lui convient. Cette addition donne les attributs d’épaisseur, de densité et de nature; mais l’accroissement. du parenchyme, l’augmentation de ses dimensions lui sont toujours antécédens. Tandis que tous les corps inorganiques croissent par addition de molécules, il y a d’abord ici force expansive, d’où naissent la longueur et la largeur, ensuite substances exhalées dans le parenchyme, qui s’allonge et s’élargit.

même avec un tissu cellulo— vasculaire on peut former (les canevas organiques infiniment variés : dans l’un et dans l’autre cas, il suffit de changer la disposition et la tissure des divers élémens. Non, ce ne serait point un muscle à forme osseuse , ni un os «à forme musculaire que l’on obtiendrait, comme le dit Bichat, si dans le pareil chyme cellulo-vasculaire d’un os on déposait de la lihrine, ou de la gélatine dans celui d’un muscle : il faudrait en outre, pour arriver à ce résultat, donner aux vaisseaux, aux nerfs et au tissu cellulaire de l’os, la disposition de celui des muscles, et opérer dans le muscle un changement inverse.

(F. Biandin.)

A TOUS LES APPAREILS

Par quel mécanisme chaque organe puise- t -il ainsi les matériaux de sa nutrition dans la source commune, dans le sang? Cela dépend uniquement de la somme de sensibilité organique propre à chacun, laquelle ie mettant en rapport avec telle ou telle substance, et non avec telle ou telle autre , fait qu’il s’approprie cette substance , s’en pénètre , la laisse de toutes parts aborder dans ses vaisseaux, tandis qu’il se crispe et se resserre pour empêcher les autres, qui lui sont étrangères, de s’introduire dans son tissu.

Lorsque cette substance a concouru pendant un certain temps à former l’organe, alors elle lui devient étrangère, hétérogène; son plus long séjour serait nuisible : elle est absorbée et transmise audehors par les différens émonctoires ; une nouvelle substance de même nature qu’elle, et apportée par l’exhalation, la remplace. Chaque organe est donc habituellement composé et décomposé; or, cette composition et cette décomposition varient dans leur proportion : la prédominance de la première sur la seconde constitue l’accroissement ; leur équilibre détermine Fétat stationnaire du corps , qui ar-, rive chez l’adulte; quand l’activité de la seconde est supérieure à celle de la première , alors le décroissement et la décrépitude surviennent.

Telle est en précis la manière dont il faut concevoir la théorie générale de la nutrition, théorie sur laquelle je vais m’arrêter encore un instant, pour montrer qu’elle n’est point un système imaginé au hasard, mais qu’elle repose sur les lois de l’économie, et sur ses phénomènes organiques. Or

SYSTÈMES COMMUNS

je crois que cette assertion sera démontrée si je prouve, i° l’uniformité du parenchyme de nutrition, 2° la variété des substances nutritives, 3° la faculté qu’a le parenchyme de nutrition de s’approprier, suivant la quantité de sa sensibilité organique, telle ou telle substance nutritive exclusivement aux autres, de rejeter ensuite cette substance, et de s’en approprier de nouvelles. Ce sont là en effet les principes fondamentaux de cette théorie.

Je dis premièrement que le parenchyme de nutrition est le même pour tous les organes, et qu’il est un assemblage de vaisseaux rouges, d’exhalans, d’absorbans, de tissu cellulaire et de nerfs : en voici les preuves (i). i°. Ces divers genres d’organes se

(i) Tl est extrêmement facile démontrer le peu (le valeur des preuves apportées ici par Bichat , pour établir l’uniformitédu parenchyme de tous les organes. En effet , i° connue nous Bavons déjà dit, il ne suffit pas que les vaisseaux , les nerfs et le tissu cellulaire se rencontrent dans tous les organes, pour prouver que partout ils y forment une trame semblable ; 2° lorsqu’on a enlevé à un os son phosphatecalcaire à l’aide d’un acide, il reste bien un parenchyme cellulo-vasculairc , mais dans lequel les Vaisseaux sont peu nombreux et les nerfs à peine sensibles , tandis que le tissu cellulaire y domine, parenchyme enfin dans lequel ces éléniens on! une disposition qui n’est propre qu’à l’os, comme on le sait ; 3° certes, partout les organes se cicatrisent d’abord de la même manière, par la formation d’un intermédiaire cellulaire; mais la preuve que cet intermédiaire, bien que cellulo-vasculairc, n’a pas un parenchyme complètement semblable h celui de l’organe où il se forme , c’est que rarement on voit s’y disposer la matière qui constitue essentiellement cet organe; les os sont presque les seuls dans ce cas; '\ l’embryon est en effet formé partout d’une matière muqueuse; mais alors le tissu cellu-

A TOUS LES APPAREILS. 9

rencontrent clans tous les autres , comme je l’ai dit; l’anatomie les montre partout, entre chaque fibre, chaque lame, chaque point, pour ainsi dire : ils sont vraiment les organes communs, a0. Lorsqu’on enlève aux organes leurs différentes substances nutritives, par exemple, aux os le phosphate calcaire par les acides, ei la gélatine par l’ébullition, il reste un résidu évidemment celluleux et vasculaire. 3°. Il est hors de doute que le mécanisme de la consolidation des parties divisées est le meme que celui de leur nutrition naturelle : or, dans les cicatrices, le parenchyme de nutrition commence d’abord à se développer, et partout il est le même; partout ce sont des bourgeons charnus (i) , qui sont celluleux et vasculaires , qui présentent le même aspect , la même nature, soit qu’ils naissent d’un os ou d’un cartilage, soit qu’ils s’élèvent d’un muscle, de la peau, d’un ligament, etc. Toutes les cicatrices se ressemblent donc, comme les organes, par ce parenchyme commun : ce qui les différencie ensuite, comme les organes, ce sont les substances nutritives qui viennent s’entreposer dans son tissu, substances

laire , base des diverses trames organiques , n’existe véritablement point encore ; plus tard seulement il se forme réellement , et l’on voit se dessiner, au milieu de la masse gélatiniforme , ici des lames, là des fibres, tantôt parallèles, tantôt obliques, celles-ci entrecroisées , celles-là seulement superposées ; et de cette variété de disposition résulte plus tard la variété du parenchyme des organes. (F. Blandin.)

(i) AB occasion du système osseux , nous montrerons plus tard que l’apparition de bourgeons charnus sur les extrémités des fragmensd’un os fracturé n’est pas aussi commune. (F. Blandin.)

IO

SYSTÈMES COMMUNS

qui varient suivant la partie à laquelle appartient la cicatrice; ainsi le phosphate calcaire, encroûtant les bourgeons des os , donne au cal une nature différente de celle des cicatrices musculaires, qui se font surtout par l’exhalation de la fibrine dans les bourgeons charnus primitivement nés sur les surfaces divisées, etc. 4°. La substance muqueuse qui forme le corps de l’embryon paraît n’ètre autre chose que du tissu cellulaire, ou muqueux , comme l’appelait Bordeu, tissu parcouru par des vaisseaux et des nerfs. En effet, lorsque les organes se sont développés dans cette substance muqueuse, on la voit encore dans leurs interstices pendant un certain temps, et elle y présente le même aspect que le corps de l’embryon dans les premiers temps. Peu à peu elle se condense, se remplit de cellules, et affecte la forme du tissu cellulaire : d’où I on peut présumer que, dans cet état muqueux de l’embryon, il n’y a encore que le parenchyme de nutrition des organes; et comme ce parenchyme est le même pour tous, il est clair que la masse de l'embryon doit paraître homogène dans sa nature. La nutrition commence quand chaque parenchyme s’approprie la substance qui lui convient; alors l’homogénéité cesse. D’après ces considérations, il est difficile de ne pas reconnaître l'uniformité du parenchyme de nutrition, et sa texture celluleuse, vasculaire, et dans certains cas nerveuse. ✓

Je sens bien qu’en admettant ce parenchyme commun dénutrition, il faut que lui-même se nourrisse aussi, et que par conséquent il faudrait remonter encore plus haut : mais , en physiologie ,

A TOUS LES APPAREILS. II

l’art de trouver le vrai consiste à ne le chercher que dans les effets secondaires ; là les faits et l’expérience nous éclairent, au-delà l’imagination seule nous guide.

Après avoir démontr^ que tous les organes se ressemblent par un parenchyme commun de nutrition , il n’est pas besoin de prouver qu’ils diffèrent par les substances qui y sont déposées. La chimie animale a tellement éclairé, depuis quelques années, ce point de doctrine, qu’il est inutile de s’y arrêter, et que tout ce qu’on a écrit sur l’identité du suc nutritif ne mérite plus d’être réfuté.

Enfin il est facile de concevoir comment chaque parenchyme de nutrition s’approprie, suivant la quantité de sensibilité organique qu’il a en partage, les substances nutritives qui lui conviennent , et que lui présente le torrent circulatoire. Ce n’est point ici un phénomène propre à la nutrition ; il se remarque dans tous les actes de l’économie organique : ainsi les sécrétions ne s’opèrent qu’en vertu de cette somme déterminée de sensibilité , qui > mettant chaque glande en rapport avec le fluide qu’elle doit séparer, lui fait recevoir ce fluide et rejeter les autres; ainsi la partie rouge du sang ne passe-t-elle point ordinairement dans les exhalans, parce que la partie séreuse est seule en rapport avec la somme de leur sensibilité organique; ainsi les matières qui traversent les intestins ne s’engagent-elles point dans les conduits cholédoque et pancréatique, quoique le diamètre de ces conduits surpasse celui de leurs globules ; ainsi les cantha^

I 2 SYSTÈMES COMMUNS

rides sont-elles exclusivement en rapport avec la sensibilité des reins, le mercure l’est-il avec celle des organes salivaires, etc., etc. (i). On voit, d’après ces considérations, que le mécanisme par lequel les parenchymes de nutrition s’approprient les substances nutritives n’est point un phénomène isolé , mais une conséquence d’une loi générale de la sensibilité organique. Mais pourquoi cette propriété a-t-elle , pour ainsi dire, autant de degrés qu’il y a d’organes dans l’économie? Pourquoi ces degrés divers établissent-ils des rapports si différens entre les organes et les substances qui leur sont étrangères? Arrêtons-nous ici ; contentons - nous de prouver ce fait par un grand nombre d’exemples , sans chercher à en deviner la cause : nous ne pourrions sur ce point offrir que des conjectures.

Ce peu de notions sur les phénomènes nutritifs,

(i) Veut— on avoir une idée de la facilité avec laquelle souvent les hommes, même les plus supérieurs, se paient de mots? qu’on lise ce passage. Ne dirait-on pas que Bichat croit avoir expliqué l’action des cantharides sur les reins , du mercure sur les glandes salivaires , en disant que ces substances sont exclusivement en rapport avec la sensibilité de ces organes? Ce sont là de simples jeux de mots, qui ne sont pas seulement inutiles, mais qui nuisent à la science, en abusant souvent sur son état réel, et en empêchant les travaux propres à en agrandir le domaine. Aujourd’hui, par exemple, que le goût de ces explications commence heureusement à se passer, et que l’on veut des choses plus positives, on s’est assuré que l’entrée des matières intestinales dans les conduits cholédoque et pancréatique est simplement empêchée par l’insertion oblique de ces canaux à travers l’intestin, et non par la nature de leur sensibilité organique. (F. Blaxdin.)

A TOUS UES APPAREILS

quoique indirectement lié aux matières qui vont être l’objet de ce volume , n’est pas cependant déplacé ici ; soit parce que, dans ces phénomènes, les systèmes générateurs qui vont nous occuper jouent le plus grand rôle , soit parce que nous aurons fréquemment occasion de les rappeler dans l’examen du développement des organes, développement que les auteurs n’ont que vaguement examiné, sur lequel le plus exact et le plus judicieux des physiologistes, Haller, n’a fait que glisser légèrement, et qui mérite cependant de fixer l’attention particulière des médecins , de ceux surtout qui veulent considérer les maladies sous le rapport essentiel de rinfluence que les âges exercent sur elles.

urrniom

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