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offriront nécessairement une suite de phénomènes incohérens. Ouvrez quelques cadavres, vous verrez aussitôt disparaître l'obscurité, que jamais la seule observation n’aurait pu dissiper.

§ Y III. Remarques sur la Classification des

fonctions.

Le plan que j’ai suivi dans cet ouvrage n’est pas le plus favorable à l’étude des fonctions. Plusieurs d’entre elles,* telles que la digestion, la respiration, etc., ne sauraient y trouver place, parce qu’elles n’appartiennent point spécialement à des systèmes simples, mais à des appareils, assemblages de plusieurs systèmes, et même de plusieurs organes. Aussi ce que j’ai dit sur les fonctions ne se trouve qu’accessoirement placé dans cet ouvrage, dont le but spécial est l’analyse des divers systèmes simples qui forment les organes composés. Cependant, comme on pourrait désirer de rallier les différents faits de physiologie qu’il renferme, à une classification physiologique, je vais exposer celle que je suis dans mes cours.

On sait combien ont varié ces sortes de classifications. L'ancienne division en fonctions animales, vitales et naturelles, repose sur des bases si peu solides qu’on ne saurait visiblement élever sur elle un édifice méthodique. Vicq-d’Azyr lui en avait substitué une qui ne présente guère plus d’avantages, en ce qu elle isole des phénomènes qui se rapprochent, qu’elle transforme en fonctions des propriétés, comme la sensibilité, l’irritabilité, etc.

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Depuis cet auteur, quelques autres ont produit des divisions qui ne sont pas pins méthodiques et qui s’éloignent autant de l’enseignement naturel des phénomènes de la vie.

J’ai cherché le plus possible, en classant les fonctions, à suivre la marche tracée par la nature elle-même. J’ai posé, dans mon ouvrage sur la vie et la mort , les fondemens de cette classification , que je suivais avant d’avoir publié celui-ci. Aristote, Buffon, etc., avaient vu dans l’homme deux ordres de fonctions, l’un qui le met en rapport avec les corps extérieurs, l’autre qui sert à le nourrir. Grimaud reproduisit cette idée, qui est aussi grande que vraie, dans ses cours de physiologie et dans son mémoire sur la nutrition ; mais en la considérant d’une manière trop générale, il ne l’analysa point avec exactitude*, il ne plaça dans les fonctions extérieures que les sensations et les mouvemens; il n’envisagea point le cerveau comme le centre de ces fonctions ; il n’y fit point entrer la voix, qui est cependant un de nos grands moyens de communication avec ce qui nous entoure. Les fonctions intérieures ne furent point non plus rigoureusement analysées par lui. Il n’indiqua point leur enchaînement dans l’élaboration de la matière nutritive, que chacune travaille à son tour, si je puis m’exprimer ainsi ; il ne montra point les caractères distinctifs qui séparent la génération de toutes les autres fonctions relatives à l’individu seulement. Ausssi la distinction des fonctions intérieures et extérieures ne fut-elle présentée que comme un aperçu général dans son Mémoire sur la nutrition, et

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comme un moyen de classification. Il 11e s’en servit point non plus pour diviser les fonctions dans ses cours, dont plusieurs manuscrits rédigés par luimême, circulent encore, et où il examinait l° l’ostéogénie, qui était traitée avec beaucoup de détail ; i° l’action des muscles; 3° faction des vaisseaux, ou la circulation, etc. ; /j° la génération ; 5° faction des organes des sens; G1 faction du cerveau et des nerfs; 7° la digestion ; 8° la sécrétion ; 90 la respiration, etc. D’où l’on voit (pie, comme les auteurs précédons, Grimaud entremêlait toutes les fonctions, sans les rapporter à certains chefs généraux.

En réfléchissant à la division indiquée plus haut, je vis bientôt que ce 11’était point seulement une de ces vues générales, un de ces grands aperçus, tels qu'il s'en présente souvent à l’homme de génie qui cultive la physiologie; mais qu’elle pouvait devenir la base invariable d’une classification méthodique. Pour parvenir à cette classification, je remarquai qu’il fallait préliminairement rapporter toutes les fonctions à deux grandes classes, les unes relatives à 1 individu, les autres à l'espèce : que ces deux classes 11’avaient de commun entre elles que le lien général qui unit tous les phénomènes des corps vivans, mais qu’une foule d’attributs distinctifs les caractérisaient tellement qu’il était imposible de les séparer.

Ces deux premières classes étant rigoureusement déterminées, et leurs limites se trouvant fixées par la nature, je cherchai à trouver dans chacune des ordres également naturels: cela me fut facile dans les fonctions relatives à l’individu. E11 effet, fapercu

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général u’Arioste, de Baffon, etc., trouvait ici évidemment sa place : mais il fallait ne point l’offrir d’une manière générale; il fallait assigner avec précision la nature et l'enchaînement des fonctions propres à chaque ordre.

J’appelai vie animale l’ordre des fonctions qui nous met en rapport avec les corps extérieurs; en indiquant par là que cet ordre appartient seul aux animaux, qu’il est de plus chez eux que dans les végétaux, et que c’est ce surplus de fonctions qui les en distingue spécialement. Je nommai vie organique Tordre qui sert à la composition et à la décomposition habituelles de nos parties, parce que cette vie est commune à tous les êtres organisés, aux végétaux et aux animaux; que la seule condition pour en jouir, c’est l’organisation; en sorte quelle forme la limite entre les corps organiques et les inorganiques, comme la vie animale sert de séparation aux deux classes que forment les premiers.

La vie animale se compose des actions des sens, qui reçoivent les impressions; du cerveau, qui les perçoit, les réfléchit et prend la volition; des muscles volontaires et du larynx, qui exécutent celle-ci ; et des nerfs, qui sont les agens de la transmission. Le cerveau est vraiment l’organe central de cette vie. La digestion, la circulation, la respiration, l’exhalation, l’absorption, les sécrétions, la nutrition, la calorification, composent la vie organique, qui a le cœur pour organe principal et central.

Je place ici la calorification, parce que, d’après

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ce ({lie j’cn (lirai à l’article des systèmes capillaires, elle est évidemment line fonction analogue aux sécrétions, à l’exhalation et à la nutrition. C’est véritablement une séparation du calorique combiné, de la masse du sang. C’est, si l’on veut, une sécrétion ou une exhalation de ce fluide dans toutes nos parties. Jusqu’ici je n’avais point donné cette place à la chaleur dans ma classification physiologique; mais, en réfléchissant à ce mode de production, on verra qu’elle doit l’occuper.

Les deux ordres de la première classe étant fixes, il rue fut aisé d’assigner ceux de la seconde, qui sont au nombre de trois : i° fonctions relatives au sexe masculin, 2° fonctions relatives au sexe féminin, 3° fonctions relatives à l’union des deux sexes et au produit de cette union : voilà ces trois ordres.

Telle est la classification que je me formai en commençant l’enseignement physiologique : elle n’a évidemment rien de commun avec toutes celles en usage jusqu’ici dans les livres de physiologie. Or, pour peu qu’on réfléchisse à celles-ci, on verra, je crois, qu’elle leur est infiniment préférable. Observez, en effet, que chaque classe, chaque ordre ont, dans cette division, des attributs génériques et caractéristiques qui les distinguent spécialement, et qui, applicables à toutes les fonctions de l’ordre, les différencient de toutes les autres fonctions d’un autre ordre. J’ai assigné ailleurs les attributs distinctifs de la vie animale et de la vie organique; j’ai montré que les organes de l’une sont symétriques, et les autres irréguliers; qu’il y

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a harmonie dans les fonctions de la première, discordance dans celles de la seconde; que celle-ci commence plus tôt et finit plus tard , etc. , etc.

J’ai démontré que les nerfs cérébraux appartiennent spécialement à Familiale, que les nerfs des ganglions dépendent de l’organique; ce qui me paraît être une remarquable différence, et ce qui m’a engagé à faire deux systèmes des nerfs, que les anatomistes avaient jusqu’ici réunis en un seul. L’un, appartenant à la vie dfeimale, est composé des nerfs cérébraux; l’autre, dépendant delà vie organique, est formé des nerfs des ganglions, ou de ce qu’on nomme communément le grand sympathique .

Mais ce sont surtout les forces vitales qui caractérisent spécialement l’une et l’autre vies. J’ai montré qu’un mode de sensibilité et de contractilité appartient à la vie animale, qu’un autre mode est le caractère de l’organique. Or, comme les propriétés vitales sont le principe des fonctions, il est évident que la division de ces propriétés démontre que celle des deux vies n’est point une abstraction, mais que la nature elle-même en a posé les limites, puisqu’elle a créé des propriétés particulières à chacune.

Il est impossible de se former une idée précise des propriétés vitales, tant qu’on n’admettra pas la division que j’indique. Quelles disputes ne se sont pas élevées sur la sensibilité 1 Aucune ne serait née, si on avait distingué les attributs de la sensibilité animale d’avec ceux de la sensibilité organique. Certainement on ne pourra plus désormais

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confondre, comme on l’a fait jusqu’ici, dans un point de vue commun, la faculté qu’a le cœur d’être sensible à l’abord du sang sans en transmettre l’impression, et la faculté qu’ont la peau, les autres sens, les nerfs, etc., non-seulement de sentir l’impression des corps extérieurs, mais encore de la transmettre au cerveau de manière à ce que la sensation soit perçue.

Si vous comprenez sous le nom commun d' irritabilité, et les iiTOiivemens des muscles qui se contractent seulement par les stimulans, et ceux des muscles cpie l’influence cérébrale met surtout en jeu , il est impossible que vous vous entendiez.

On a disputé pendant un siècle pour savoir si la sensibilité est la même que la contractilité, ou si ces deux propriétés peuvent se séparer. Chacune des deux opinions a paru avoir des bases également solides. Eh bien ! toutes les disputes disparaissent en admettant la distinction que j’ai établie entre les popriétés vitales. En effet, i°dans la vie animale, il est évident que la contractilité n’est point une suite nécessaire de la sensibilité: ainsi souvent les objets extérieurs font long-temps impression sur nous, et cependant les muscles volontaires restent immobiles. ^°. Au contraire, dans la vie organique, jamais ces deux propriétés ne se séparent. Dans les mouvemens involontaires du coeur, de l’estomac, des intestins, etc. , il y a d’abord excitation de la sensibilité organique, puis exercice de la contractilité organique sensible. De même , dans les mouvemens nécessaires aux sécrétons, aux exhalations, etc., dès que la sensibilité

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organique a été mise en jeu, tout de suite la contractilité organique insensible entre en action. C’est donc pour mieux les étudier , pour les apprécier avec plus d’exactitude , que , dans la vie organique, je sépare de la sensibilité les deux espèces de contractilité. Dans l’état naturel, elles sont inséparables. Voilà pourquoi les sympathies passives de sensibilité animale sont très-distinctes de celles de la contractilité de meme espèce, et qu’elles font deux classes à part, tandis que jamais les sympathies passives de sensibilité organique ne peuvent s’isoler de! celles des contractilités correspondantes. On souffre sympathiquement, et on éprouve des convulsions sympathiques d’une manière isolée : ces deux choses sont presque toujours séparées. Au contraire , le sentiment et le mouvement , dans les sympathies organiques, sont inséparables.

Je pourrais, par une foule d’autres exemples, prouver que toutes les disputes , toutes les diversités d’opinions émises sur les propriétés vitales , ne dépendent uniquement que de ce qu’on n’a pas isolé celles qui président aux fonctions d’une vie, de celles qui mettent en jeu les fonctions de l’autre.

Revenons à ma division physiologique : je vais en offrir un tableau qui , en la présentant sous le meme point de vue, en donnera une idée plus précise. Ce tableau comprend , i° les prolégomènes de la science , *>? l’exposé des fonctions. Dans les prolégomènes, tout se rapporte à deux grandes considérations ; d’une part à la texture organique envisagée d’une manière générale , de l’autre à la vie considérée aussi dans ses grands attributs.

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Voilà une esquisse du plan général que j’adopte dans mes cours. Ceux qui les ont suivis y trouveront cependant quelques ctiangemens d une part, et diverses additions d’autre part. On pourra facilement y ranger tous les faits qui sont exposés dans cet ouvrage, si on veut les rapporter à une classification physiologique, au lieu de les distribuer dans l'ordre anatomique suivant lequel je les présente ici.

Quoique une ligne de démarcation tranchée sépare chaque ordre de fonctions, il 11e faut point cependant prendre dans un sens trop rigoureux les divisions indiquées plus haut, (iliaque ordre s’enchaîne avec les autres d’une manière plus ou moins rigoureuse : par exemple , dans la première classe, quand un ordre cesse, l’autre s’anéantit bientôt. C’est ainsi que j’ai démontré ailleurs que le cœur, qui est l’agent principal de la vie organique, venant à s’interrompre, le cerveau , qui est l’organe central de la vie animale , s’interrompt tout de suite aussi, faute detre excité, et anéantit les fonctions auxquelles il préside. C’est encore ainsi que j’ai fait voir comment ce dernier, ayant sous sa dépendance immédiate la respiration , par le diaphragme elles intercostaux, qui reçoivent des nerfs cérébraux, a directement sous son empire la circulation, et par là toute la vie organique , qui cesse quand son action est.interrompue. C’est sous ce rapport que j’ai présenté la respiration comme étant le lien véritable qui unit la vie animale à l'organique , que j’ai prouvé comment les fœtus complètement acéphales, et ou rien 11e remplace le

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