ORGANISATION DU SYSTÈME CELLULAIRE
Le système cellulaire est, comme presque tous les autres , composé d’un tissu propre et de parties communes.
§ Ier. Tissu propre à V Organisation du Système
cellulaire .
On a beaucoup écrit sur la nature de ce tissu : Bordeu a donné sur elle quelques idées vagues et point d’expériences; Fontana a fait des recherches qui mènent à peu de résultats sur son intime structure et sur les cylindres tortueux dont il est l’assemblage, selon lui. Ecartons toute hypothèse que l'inspection ne démontre pas, suivons la nature dans les phénomènes de structure quelle nous pré-
sente, et non dans ceux qu’elle a voulu notis dérober. Or, en considérant ainsi le tissu cellulaire) nous voyons qu'il est bien différent de l’espèce de glu à laquelle on a voulu le comparer. C’est un assemblage dune foule de filamens blanchâtres traversant le plus souvent des espèces#de lames minces, qui forment les cellules avec ces filamens. Pour bien voir cetle organisation, il faut prendre une portion celluleuse du scrotum , où la graisse né se rencontre jamais, et dont le tissu ne peut par conséquent être caché par ce fluide : on étend cette portion en une espèce de membrane, et on la regarde au grand jour. Alors on y distingue bien manifestement : i° une toile transparente , disposée par lames, qui en fait le fond pour ainsi dire, et dont la ténuité est telle qu’on peut vraiment la comparer, comme l’a fait un physiologiste, à l’enveloppe des vésicules que présente l'eau de savon où l’on a poussé de l’air avec un chalumeau. 11 est impossible de distinguer à l’œil nu aucune fibre dans le tissu de ces lames : tout y est uniforme. 2°. Elles sont très-manifestement traversées par une foule de filamens qui ne suivent aucune direction, qui s’entrecroisent dans tous les sens, qui se touchent tous quand le tissu cellulaire est rassemblé en paquet, mais qui, lorsqu’on le distend, laissent voir entre eux, d’une manière très-manifeste, les lames dont je viens de parler. Plus on étend le paquet cellulaire, plus par conséquent il forme une large membrane, plus ces filamens laissent de grands intervalles entre eux, et par la même plus les lames intermédiaires deviennent apparentes.
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Quelle est la nature de ces filamenâ? Je présume que les uns sont des absorbans , les autres des exhaîans , et que plusieurs sont formés dans les endroits où des lames s’unissent les unes avec les autres pour la formation des cellules. En effet, plus d’épaisseur résultant de ces unions , on les distingue par des lignes plus marquées sur le tissu cellulaire étendu en membrane. Ce qui me fait croire cela , c’est que quand, au lieu d’examiner le tissu cellulaire sur une portion extraite du scrotum, et étendue comme je l’ai dit, on le considère dans un emphysème artificiel, comme dans celui des boucheries, par exemple, alors on ne distingue sur l’enveloppe de chaque cellule que les lames non filamenteuses dont j’ai parlé, sans aucun de ces filamens qui la traversent dans le procédé précédent.
Ces lames n’ont pas la même épaisseur dans tous les cas : assez denses quand le tissu cellulaire est contracté sur lui-même, elles deviennent, quand on le distend par l’air ou par tout autre moyen , si minces et si ténues , que l’esprit se refuse à concevoir quelque chose d’organique dans cette espèce de souffle ou de vent, si je puis parler ainsi. Cependant l’organisation y est très-réelle, quoique quelques-uns l’aient révoquée en doute. Qu’est - ce en effet qu’un tissu qui se nourrit, s’enflamme et suppure, qui est le siège de fonctions vitales très-marquées , qui vit très-sensiblement , sinon un tissu organique? Toutes ces idées vagues de sucs concrets, de glu non organisée, de suc figé, qu’on a appliquées au tissu cellulaire, n’ont aucun fonde ment solide, ne reposent sur aucune expérience
sur aucune observation , et doivent être bannies d’une science où l’imagination n’est rien et où les faits sont tout (i).
(i) La question relative à la nature intime du tissu cellulaire est encore loin d’ètre résolue, et cependant c’est une simple question de faits, comme l’observe si bien Bichat. Bordcu , Wolf, Meckel et plusieurs autres, veulent que le tissu cellulaire soit complètement inorganique ; c’est, disent-ils, une sorte de glu, oula matière organique amorphe déposée dans les interstices des organes. Bichat , Chaussier, etc., au contraire, soutiennent l’existence des fibres et des lamés cellulaires organisées. Au milieu de cette divergence extrême des opinions, il est difficile sans doute de prendre un parti ; cependant il paraît bien difficile également que les anatomistes habiles que je viens de citer, et dont j’aurais pu grossir la liste, soient complètement tombés dans l’erreur. Ilexiste en effet des parties du corps et desorganes , où le tissu cellulaireest manifestement muqueux, inorganique, et, comme onledit, à l’état natif: par exemple, dans les centres nerveux du système cérébro-spinal, et dans la profondeur des organes, entre leurs filamens premiers. Mais dans des points bien plus nombreux, le tissu cellulaire constitue des lames ou de simples filamens dont la disposition tombe parfaitement sous les sens. 11 faudrait, par exemple, être doué du pyrrhonisme le plus absolu, pour mettre en doute la structure lamelleuse du tissu cellulaire inter — musculaire de la cuisse, du tissu sous-péritonéal delà fosse iliaque, etc. La densité, et par suite l’évidence des fibres ou des lames cellulaires, varient beaucoup ; cette densité est telle même dans certains lieux, que les anatomistes hésitent à regarder le tissu cellulaire qu’on y trouve comme appartenant au tissu qui nous occupe , et que, ne pouvant le comparer tout-à-fait aux fibres du tissu albugineux, ils ont été forcés de créer un tissu intermédiaire , le fibro — cellulaire , sorte d’hermaphrodite qui atteste à la fois le peu de rigueur de nos classifications et les transitions insensibles de la nature organique. On dirait que dans la structure spéciale du tissu cellulaire de l’individu parfait, la nature a voulu nous lais-
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Le tissu cellulaire présente des différences essentielles d’organisation : partout où il y a de la graisse ou de la sérosité accumulées , on voit de véritables cellules qui offrent de petites poches communiquant ensemble, lesquelles forment des réservoirs dont les parois sont cdmposées des lames transparentes et non filamenteuses dont nous avons parlé : c’est dans ces poches que se font les infiltrations séreuses et graisseuses. Au contraire , dans le tissu sous-muqueux , dans celui qui forme la membrane externe des artères , des veines et des excréteurs, il n’y a point de ces poches, point de cellules à proprement parler, point de ces lames qui les forment. Lorsqu’on enlève avec précaution ce tissu, en le soulevant de dessus la surface sur laquelle il est appliqué, et en le tiraillant meme un peu pour mettre leur texture à découvert , on voit très-distinctement une foule de filamens s’entrecroisant dans tous
ser des traces permanentes des diverses phases qu’il parcourt chez le fœtus , depuis cet état amorphe et inorganique qui forme la base première de tous nos organes, jusqu’à celui de ce tissu où les hbres sont devenues si palpables qu’on a jugé convenable de l’appeler fibreux. Quelques personnes ont allégué et allèguent encore, en faveur de l’état simplement et constamment muqueux du tissu cellulaire , la facilité avec laquelle il est quelquefois traversé dans une grande étendue par des corps étrangers ; mais la faiblesse d’une semblable preuve est telle qu’il est presque superflu de chercher à la réfuter. Les corps étrangers , en effet, parcourent le tissu cellulaire en ulcérant successivement ses lames ; et si l’on ne trouve quelquefois aucune trace de leur passage dans le lieu qu’ils ont occupé , cela tient seulement à ce que la cicatrisation de leur trajet s’effectue continuellement derrière eux , à mesure qu’ils avancent. (F. Blandin.)
les sens, formant un véritable réseau, des mailles, si je puis m’exprimer ainsi, mais non des poches, des cavités. L’air distend bien ce réseau quand on le pousse avec force dans le tissu voisin; mais aussitôt qu’on fait une ouverture aux environs, il s’échappe et le tissu s’affaisse ;’au lieu que celui accumulé dans le tissu ordinaire, dans le sous-cutané, dans l’inter-musculaire, etc. , séjourne dans les cellules, malgré qu’elles aient en partie été mises à nu, sans doute parce que les ouvertures de communication qui existent entre elles sont très-petites. Ce fait est remarquable dans toutes les boucheries, où l’on voit le tissu à cellules très-boursoufflé autour des chairs dépouillées.
11 paraît que les filamens entrecroisés en tout sens qui forment , autour des vaisseaux et sous les surfaces muqueuses, un réseau cellulaire, sont absolument de même nature que ceux parsemés en diverses directions dans les lames membraneuses d’où résultent les cellules : seulement ils sont plus rapprochés, et ils existent seuls.
D’après ce que je viens dire, il est évident qu’il y a deux choses dans le tissu cellulaire ordinaire : i° une foule de lames fines, transparentes, existant partout où le tissu est lâche, susceptible de céder subitement aux diverses distensions, de retenir les fluides que renferment les cellules, etc.; 2° des filamens entremêlés à ces lames là où elles se trouvent, mais existant seuls en certains endroits. Ces lames et ces filamens celluleux ont une singulière tendance à absorber l’humidité atmosphérique. On le voit dans les amphithéâtres , où un su-
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jet , sec et facile à disséquer le matin , est souvent comme infiltré le soir, si le temps a été humide : or, cette infiltration a lieu dans le système cellulaire, qui est alors un véritable hygromètre.
Composition du Tissu cellulaire .
Les chimistes ont placé ce tissu dans la classe générale des organes blancs , dans ceux qui fournissent une grande quantité de gélatine. Il en donne en effet; et l’eau dans laquelle ce tissu a bouilli sans autres organes étrangers que les vaisseaux qui le parcourent (comme est, par exemple, celui du scrotum ) , offre , lorsqu’on la traite par une dissolution de tan , un précipité remarquable. J’ai fait cette expérience. Mais cependant divers réactifs agissent sur ce tissu bien différemment que sur les tissus fibreux, cutané, cartilagineux, etc.
Exposé à Faction de l’air , le tissu cellulaire se sèche avec promptitude , mais sans prendre la couleur jaunâtre du tissu fibreux : il reste blanc. Lorsqu’on le fait sécher par plaques un peu considérables, ses cellules se collent les unes aux autres; et ces plaques étant un peu distendues pour faciliter la dessiccation, représentent, lorsqu’elle est achevée, une véritable membrane séreuse, qu’il serait impossible de distinguer d’un lambeau des véritables séchées aussi. Dans cet état, le tissu cellulaire est souple; on le ploie dans tous les sens avec une extrême facilité; il n’a point la raideur du tissu fibreux desséché; quand on le replonge dans l’eau, il ne reprend qu’imparfaitement son
apparence primitive; ses cellules se décollent avec peine.
Exposé à la putréfaction parmi les autres substances animales, il y cède moins vite que plusieurs d’entre elles, par exemple, que les organes glanduleux et musculaires. Infiltré des sucs de la putréfaction, il n’est réduit par eux en un putrilage que quelque temps après ces parties. Ce fait est surtout remarquable dans le tissu sous-muqueux, dans celui qui entoure les vaisseaux : les filamens qui le composent résistent beaucoup plus que les autres portions du système cellulaire au mouvement putréfactif.
Il en est de la macération comme des phénomènes précédons. À voir du tissu cellulaire et un tendon, qui ne croirait que l’action de l’eau doit ramollir le premier bien plus vite que le second? et cependant déjà l’un est mou et comme fluidifié, que l’autre est encore presque intact. Au bout de trois mois de séjour dans l’eau, à la température des caves, le tissu extérieur aux artères ne m’a paru avoir subi aucune altération. Le sous-cutané, le le sous-séreux, l’inter-musculaire , etc., s’altèrent plus vite, mais moins à proportion que celui d’autres organes. Je conserve depuis six mois, dans un bocal, des nerfs qui, comme nous le verrons, ne s’altèrent presque pas par l’eau; le tissu qui en sépare les faisceaux est aussi ferme et aussi distinct qu’auparavant. Cette résistance à l’action de l’eau est moindre quand on fait macérer le tissu cellulaire avec des organes qui, y cédant promptement, se résolvent en putrilage, que quand on l’y expose
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seul. Cette résistance est d’autant plus remarquable, que ce tissu , plus mince , est accessible par un plus grand nombre de points au contact du fluide. Si le tissu des tendons, des cartilages, des aponé vroses, delà peau, etc., était disposé par lames aussi fines et aussi écartées, je suis persuadé que trois ou quatre jours de macération suffiraient pour les réduire en putrilage.
J’en dirai autant de l’ébullition : peu d’instans seraient suffisans pour faire disparaître et pour fondre en gélatine la plupart des tissus blancs, s’ils étaient disposés en lames aussi minces que le système cellulaire : cependant celui-ci résiste longtemps ; diverses larmes se voient encore entre les fibres des muscles bouillis. La graisse, qui reste encore par paquets au milieu des faisceaux charnus, après la coction, s’écoulerait, si elle n’était contenue dans des cellules restées intactes; d’ailleurs on peut facilement s’assurer de l’existence des lames dans ces paquets graisseux. C’est surtout sur le tissu extérieur aux artères , aux excréteurs , etc., que l’eau bouillante agit très-lentement.
Du reste , le tissu cellulaire qui bout éprouve des phénomènes analogues aux autres organes traités de la meme manière. i°. Jusqu’à l’instant où une écume albumineuse s’élève de l’eau qui le contient, il reste mou, et à peu près tel qu’il était. 20. Quand cette écume se forme, il se racornit, se crispe et prend un volume plus petit. Le racornissement augmente jusqu’à l’ébullition, qui arrive presque tout de suite. Dans cet état, le tissu est plus ferme;
il est devenu élastique; si on le tire en sens opposé , il revient tout à coup sur lui-même ; ce qu’il ne faisait pas auparavant. 3°. L’ébullition continuant , il se ramollit peu à peu , perd son racornissement : alors son extensibilité devient presque nulle; on l’allongeait beaucoup sans le rompre dans l’état naturel; sa rupture est alors l’effet du moindre effort. 4°. Enfin, par faction continuée de l’eau bouillante, il se fond peu à peu. J’ai remarqué que, dans aucune période de l’ébullition, il ne prend cette teinte jaunâtre qui se répand sur tout le système fibreux bouilli.
D’après les phénomènes que nous présente le tissu cellulaire exposé aux actions de l’air sec, de l’air humide, de l’eau froide et de l’eau bouillante, etc. , je présume qu’il est moins facilement altérable par les sucs gastriques que beaucoup d’autres; que le tissu musculaire, par exemple: d’ailleurs les faits suivans le prouvent. i°. Le goût, indice presque toujours certain que nous donne la nature pour juger des alimens digestifs , est bien moins vif pour les amas cellulaires entremêlés aux chairs cuites , que pour ces chairs elles -mêmes. 2°. J’ai fait sur moi -même cette expérience : quand mon estomac contient une suffisante quantité d’alimens, je vomis à volonté près d’une heure après le repas; lorsqu’il ri’en renferme que peu , je ne puis point vomir ainsi ; mais en le remplissant d’un fluide chaud , je rejette celuici, et avec lui les alimens qu’il contient. Or, je me suis fréquemment assuré par ces moyens, surtout par le dernier, que les pelotons cellulaires qui se trouvent avec les fibres charnues du bouilli sont
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plus long-temps à être altérés que ces fibres ellesmêmes : déjà celles-ci sont pulpeuses, que ceuxlà restent encore presque intacts. La graisse qui, en général, remplit ces pelotons cellulaires, peut bien influer aussi un peu sur ce phénomène. 3°. J’ai fait la même observation sur des chiens que j’ouvrais aux différentes époques de la digestion pour constater les différences de la bile dans les canaux cystique et hépatique, différences dont j’ai déjà en partie rendu compte.
Comment le tissu cellulaire peut-il allier à la mollesse et à la finesse qui le caractérisent, une résistance proportionnellement plus forte aux différens réactifs, que celle des différens tissus beaucoup plus solides?
O11 sait que chez les noyés une grande quantité de gaz dégagée de différens organes, de ceux spécialement qui contiennent beaucoup de sang , comme des muscles , des glandes , etc. , remplit le tissu cellulaire , le rend emphysémateux et fait surnager l’animal. Ce phénomène n’a point lieu si souvent à l’air nu , où la putréfaction arrive tout de suite, avec noirceur et désorganisation des parties. Les tendons, les aponévroses, les cartilages, les os, etc., ne m’ont point paru, dans des animaux noyés exprès , concourir à la production de ces gaz. Le tissu cellulaire lui-même y a, je crois, moins de part que les organes indiqués. Lu reste, il serait facile de savoir l’espèce de gaz que rend chaque système organique, en faisant macérer isolément ces systèmes dans des vaisseaux clos , disposés de manière à recueillir ces productions aériformes. Si
chacun a son mode de putréfaction et de gangrène, etc. , si dans cet état leur aspect n’est pas le même, il est à présumer (pie les produits qui s’en échappent sont différens.
Dans les cadavres enfouis et hors du contact de l’air, le boursouflement emphysémateux survient souvent , et il est quelquefois assez fort , comme je l’ai observé dans un cimetière, pour déclouer la planche qui est au-dessus de la bière, quoique celle-ci soit chargée d’un demi-pied de terre, qui s’élève alors au-dessus du niveau de la terre qui recouvre les autres cercueils.
§ II. Parties communes à V Organisation du Système cellulaire . V aisseaux sanguins.
Il ne faut point juger des vaisseaux du tissu cellulaire par les injections. Lorsqu’elles sont fines et qu’elles ont bien réussi, mille blets divers entrelacés dans tous les sens lui font, pour ainsi dire, perdre sa couleur blanchâtre, et le transforment en un lacis vasculaire; souvent même il y a extravasation. L’aspect d’un cadavre ainsi injecté est mensonger : il dépend de ce que les exhalans ont admis le fluide circulant par impulsion dans les artères, tandis que leur mode de sensibilité repoussait le sang dans l’état ordinaire. En disséquant sur un animal vivant le tissu cellulaire, on voit qu’il est blanchâtre comme sur le cadavre, que de gros troncs qui lui sont étrangers y laissent, en le traversant, diverses branches et ramifications qui s’y perdent manifestement. En écartant la peau des organes subjacens.
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le tissu sous-cutané se distend, et on distingue très-bien dans son milieu diverses petites branches qui y finissent : cela est remarquable sur les chiens. En rendant préliminairement le tissu cellulaire emphysémateux, l’expérience réussit encore mieux. On voit très-bien aussi, de cette manière, le sang varier dans ces vaisseaux; souvent, au bout de quelque temps d’exposition à l’air, il y en paraît un nombre double de celui qui existait, à l’instant de la dénudation. Toujours il y a des variations remarquables , pour peu que l’on examine longtemps l’endroit mis à découvert : c’est le sang qui s’engage dans les exhalans, et qui paraît multiplier ainsi le nombre des petites artères.
Exhalans .
L’existence des exhalans est renduemanifeste (i), i° par l’expérience précédente , qui est une ma-
(i) Dans l’état actuel de la science , on doit , comme nous le dirons plus tard (en traitant du Système exhalant), singulièrement rétrécir le système des vaisseaux exhalans, sinon même en rejeter l’existence. On peut, en effet, très-bien rétorquer les diverses preuves que Bichat apporte particulièrement ici en faveur des exhalans du tissu cellulaire : i 0 . L’expérience qu’il cite est simplement une manière naturelle d’injecter les plus petits vaisseaux sanguins. 2°. Les injections artificielles montrent, il est vrai, beaucoup plus de vaisseaux que l’on n’en peut apercevoir dans l’état ordinaire , mais ce sont toujours des vaisseaux sanguins , qui, peu distendus parle sang dans l’état ordinaire, échappent à notre vue , tandis que les injections les mettent dans des conditions inverses. 3J. Les transsudations cellulaires , dans les injections, peuvent
Anat. gkn. y. i.
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nière naturelle de les injecter; 2° par les injections artificielles, qui, comme je Fai dit, montrent beaucoup plus de vaisseaux quil n’y en a à l’ordinaire; 3° par les transsudations qui arrivent quelquefois dans les cellules, lorsque les injections sont poussées avec beaucoup de force, transsudations qui forment véritablement une exhalation artificielle; 4° par l’exhalation naturelle qui s’y fait continuellement, et qui a pour matériaux, la graisse d’une part, la sérosité de l’autre; 5° par les exhalations accidentelles qui y ont lieu quelquefois, comme quand le sang s’y répand et colore en rouge les infiltrations séreuses, etc., etc.
En général, peu de systèmes dans l’économie vivante sont parsemés d’un plus grand nombre d’exhalans : je ne parle pas de ceux qui servent à sa nutrition, et qui s’y trouvent par conséquent comme dans tous les autres organes. La surabon-
très— bien être conçues sans vaisseaux particuliers; des porosités latérales suffisent , comme le pensait Haller: au reste, l’expression de transsudation , adoptée par Bichat , est remarquable, et paraît contraire à son opinion. 4° • H règne sur le mécanisme des exhalations en général, et en particulier sur celles delà graisse et de la sérosité , une obscurité encore très— grande , et de laquelle on ne saurait arguer en faveur des vaisseaux exhalans. 5°. Enfin de l’exhalation du sang dans le tissu cellulaire, on ne peut rien conclure, si ce n’est que le fluide circulatoire pur a pénétré dans des cellules où l’on ne trouve ordinairement qu’une vapeur séreuse. Toute autre conclusion tirée de ces faits serait imprudente et hasardée : surtout elle devrait être bannie d’une science où, selon l’expression de Bichat (pag. 88 de ce vol.), V imagination n est rien , et où, les faits sont tout, (F. Blajndin.)
cellulaire. gq
dance de ces vaisseaux est relative surtout à l’exhalation habituelle qui s’y fait. C’est cette surabondance qui rend, comme nous le verrons, l’inflammation d’autant plus fréquente dans une partie , que le tissu cellulaire y est en plus grande proportion; c’est elle qui l’expose à cette foule d’altérations où son tissu, comme étouffé par les substances variées qui s’exhalent , présente un aspect tout solide, et offre tantôt une matière lardarcée, tantôt une matière comme gélatineuse, quelquefois une espèce de squirrhe, etc.
Ahsorbans .
Les absorbans répondent aux exliaîans dans le système cellulaire , l’œil ne peut les suivre, les injections ne sauraient les atteindre. Mais leur existence y est prouvée (i), i° par l’absorption naturelle et permanente de la graisse et de la sérosité ; 2° par celle, plus manifeste, qui produit la résolution des infiltrations séreuses dans les hydropisies, sanguines dans les ecchymoses, purulentes dans les diverses espèces de résorptions ; 5° par la disparition des fluides doux injectés dans les cellules, disparition qui ne peut avoir pour agens
(i) Les divers argumens allégués ici par Bichat en faveur des vaisseaux spécialement doués de la faculté absorbante dans le tissu cellulaire , prouvent que l’absorption s’y fait d’une manière active; mais quel est son mécanisme , et quelles sont ses voies? U ne l’établit pas. Nous le dirons ailleurs ( à l’article du Système absorbant) > (F. Blandin.)
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que ces vaisseaux; 4° par la résolution des emphysèmes naturels et accidentels, dans lesquels l’air, ou du moins les principes qui le constituent, n’ont point d’autres voies pour s’échapper. Cela est manifeste quand l’emphysème dépend de la rupture d’une cellule bronchique, et quand, en faisant une très-petite ouverture à un animal, on la rebouche exactement après qu’elle a servi à pousser l’air dans le tissu sous-cutané, comme je m’en suis souvent assuré. 5°. Le dessèchement des ulcères extérieurs dépend des absorbans cellulaires. Souvent, dans la phthisie, les foyers se vident tout à coup, et on ne rencontre sur le sujet, qui ne tarde pas alors à mourir, que la place qu’occupait le pus ou la sanie : deux malades me sont déjà péris ainsi par une résorption presque subite, et exactement analogue à celle des ulcères extérieurs. 6°. Là où il y a le plus de tissu cellulaire, on rencontre le plus d’absorbans et le plus de ces espèces de corps à apparence glanduleuse où se ramifient ces vaisseaux. Là où le tissu cellulaire est presque nul, comme au cerveau, on ne voit que difficilement le système absorbant, etc.
On peut donc considérer le système cellulaire comme l’origine principale des absorbans, de ceux surtout qui servent à charier la lymphe. Ces vaisseaux et les exhalans paraissent spécialement concourir à sa texture; plusieurs ont cru meme qu’il en était exclusivement formée : mais on n’a sur ce point rien de fondé sur l'observation et la dissection. Nous voyons un tissu transparent, filamenteux, et rien de plus. Chaque cellule est un
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réservoir intermédiaire aux exhalans qui s’y terminent, et aux absorbans qui en naissent. Elles sont en petit ce que les poches séreuses sont en grand. On ne voit l’orifice ni des uns ni des autres vaisseaux.
Nerfs .
On voit beaucoup de nerfs parcourant le tissu cellulaire. Mais leurs filets s’y arrêtent-ils? La dissection ne montre rien là-dessus : cela vient peutêtre de ce que ces filets, blanchâtres comme ce tissu, ne peuvent se distinguer aussi bien à leur terminaison que les filets artériels , que leur couleur rend très -apparens lorsqu’ils sont parcourus par le sang rouge.