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SUR M. F. X. BIC HAT

exclusivement aux tissus qui ont joui de la vie pendant quelque temps. Ceci le mène à observer dans les tissus dont il s’agit des différences essentielles de forme , d’organisation , de propriétés. Il remarque que ces tissus , jouissant chacun d’une vie particulière , indépendante , se réunissent pour constituer les organes , véritables assemblages d’élémens divers. De là il conclut la nécessité de considérer isolément et abstractivement ces tissus ou systèmes organiques élémentaires , pour se former des idées justes soit en physiologie , soit en médecine; et il prouve' les avantages de l’étude qu’il va entreprendre , d’un côté par des faits positifs tirés de l’observation pathologique, de l’autre par l’incertitude et le tâtonnement qui caractérisent la plupart des théories physiologiques et médicales dépourvues de ces fondemens solides.

N’essayons pas ici de le suivre dans l’examen de chaque système ên particulier; nous sortirions des bornes d’un simple aperçu , et il nous serait impossible de présenter sous une forme suffisamment analytique un ouvrage également remarquable , et par la richesse des détails , et par la précision du style.

L’étude des tissus généraux qui entrent dans la composition de tous les organes entraînait celle des tissus qui constituent tel ou tel organe en particulier. Bichat les examina dans Y Anatomie descriptive , ouvrage qui faisait suite au précédent : il publia lui-même les deux premiers volumes , et laissa le troisième presque fini.

La même idée qui avait dirigé Bichat dans Y Anatomie générale le guida dans ses recherches sur l’anatomie pathologique. Il avait examiné les tissus organiques dans l’état sain ; il entreprit de les observer dans l’état de maladie. Ce nouveau travail était bien plus étendu que le premier, vu la .multitude d’affections diverses qu’un même tissu peut présenter. Il fallait multiplier les ouvertures cadavériques ,

XXV j PRÉCIS HISTORIQUE

il fallait même avoir suivi les maladies pour pouvoir tirer de l’inspection anatomique tout le parti convenable; Bichat remplit l’une et l’autre condition avec celle activité extraordinaire qu’il portait partout. En quelques mois , il ouvrit plus de six cents cadavres , soit à l’IIôtel-Dicu, soit ailleurs, et suivit en même temps toutes les maladies remarquables (pie niotel-Dieu renfermait. Bientôt il exposa dans un cours les connaissances nouvelles qu’il avait acquises; et si on l’avait admiré marchant sur les traces de Haller, on fut étonné de le voir suivre avec un égal succès celles de Morgagni. C’est à lui qu’on dut des notions exactes sur les alléchons du péritoine, affections que l’on confondait ordinairement avec celles des organes recouverts par cette membrane. 11 prouva quecliaquc tissu avait un mode particulier de maladies , comme un caractère propre de vitalité, et que meme aux intestins, l’état inaladif d’une membrane pouvait s’allier avec l’étfrl sain des membranes \oisines. Quelques auteurs avaient entrevu cette vérité; Walter avait même indiqué exactement la nature de la péritonite ; mais tous avaient observé des laits particuliers ; aucun n’avait rattaché ces idées à un point de vue général. D’ailleurs on avait oublié leurs découvertes; Bichat , plus accoutumé a observer qu’à lire, les ignorait absolument , et dans cette occasion , comme dans plusieurs autres , il eut tout l’honneur de l’invention, quoique avant lui les vérités qu’il annonçait n’eussent pas été absolument inconnues.

Enfin la matière médicale occupa la dernière période, et on peut dire, les derniers momens de la vie de Bichat. Frappé depuis long-temps de l’incertitude qui régnait dans cette science, il jugeait que, cultivée avec méthode et d’après des principes fixes , elle pouvait être perfectionnée comme les autres branches de l’art de guérir. Dans Y Anatomie generale , il avait déjà exposé à ce sujet ses pre-

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