‹ Anatomie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 10 sur 40 · SUR M. F. X. RI CH AT. XXVI J · texte numérisé non relu

SUR M. F. X. RI CH AT. XXVI J

mières idées ; il songea à les développer. 11 avait prouvé la nécessité de classer les médicamens d’après l’influence qu’ils exercent sur les propriétés vitales ; il fit plus , il examina leur action , soit sympathique , soit directe * sur les divers systèmes organiques. Ceci demandait des observations multipliées; il les recueillit en grand nombre à l’Hôtcl-Dieu où il venait d’être nommé médecin. Plus de quarante élèves attachés à sa suite l’aidaient dans ce travail qu’il dirigeait toujours par lui-même; et chaque jour il rendait compte . dans le cours qu’il faisait , du succès de ses recherches. L’atteinte mortelle dont il fut alors frappé ne lui permit pas de les continuer , et nous priva des belles espérances qu’il avait déjà en grande partie réalisées (1).

(i) Bichat avait vraiment ouvert une route nouvelle en anatomie pathologique , en distinguant le premier les maladies des tissus et les maladies des organes , en développant mieux qu’on ne l’avait fait les avantages des ouvertures cadavériques , et en donnant des règles à suivre dans ce genre d’étude. Lui-même avait parcouru une partie de la carrière et enrichi la science de plusieurs faits nouveaux. Cependant il ne croyait pas pouvoir encore mettre au jour le fruit de ses recherches. Il sentait qu’en traitant pour la première fois un sujet aussi étendu , il avait été comme impossible de ne pas laisser échapper bien des erreurs, qu’une observation longue et réitérée des altérations organiques pouvait seule servir de base à des principes solides , et qu’en se pressant trop on risquait de généraliser mal à propos des assertions qui ne convenaient qu’à certains faits particuliers. Il savait aussi par expérience que, pour exposer avec quelque utilité les changemens produits par les maladies dans le tissu des organes, il faut fixer en même temps les caractères et les phénomènes essentiels des maladies elles-mêmes; que par conséquent lin traité d’anatomie pathologique devient nécessairement, et pour ainsi dire sans qu’on s’en aperçoive, un traité de nosographie, ce qui exige de la part de l’auteur uue étude clinique longue et réfléchie.

Depuis Bichat , i’anatomie pathologique, cultivée de toutes parts

XXV iij PRÉCIS HISTORIQUE

Il était facile de prévoir qu’un homme aussi infatigable, aussi peu soigneux de ménager scs forces , ne pousserait pas loin sa carrière. De tous côtés on le lui prédisait , et les fréquentes affections gastriques qu’il éprouvait depuis quelque temps l’avertissaient de modérer son ardeur pour le travail. Tout était inutile. Dans les plus grandes chaleurs de l’été , il visitait continuellement les pièces d’anatomie pathologique qu’il avait soumises à la macération pour ses expériences , et s’exposait avec le courage le plus témérairo à leurs émanations infectes. Un jour qu’il en avait ressenti plus vivement l’influence , un accident acheva de déterminer chez lui la maladie que tant de causes avaient préparée, il tomba en descendant un escalier de l’Hôtel—

avec une prodigieuse activité , a fait des progrès inattendus et se trouve augmenté d’un grand nombre de découvertes. Mais il lut le principal agent de cette impulsion générale, et presque partout on suit , sauf quelques légères modifications , le plan qu’il a tracé et b» principes qu’il a établis , quelquefois même sans lui en rendre aucun hommage. La doctrine de Bichat, soutenue avec honneur dans plusieurs dissertations particulières, est aisément reconnue par le moindre élève partout où elle est enseignée, d’autant plus qu’il est facile derctrouvcrdans V .1 natomie générale tous les principes fondamentaux de la marche qu’on suit aujourd’hui en anatomie pathologique.

Ce que je viens de dire s’applique avec plus de raison encore au travail de Bichat sur la matière médicale. Occupé à étudier les médicamens, moins sous le rapport de leur composition que sous celui de eur action , soit directe, soit sympathique , écartant avec soin toutes les fausses théories dont la médecine se trouvait ici surchargée, et profitant avec la plus grande sagesse des facilités qu’il trouvait à l’IIôtcl-Dieu pour s’instruire par la voie d’une expérience positive, il était déjà parvenu à fixer de très-importantes vérités pratiques. On le voyait avec une satisfaction inexprimable porter la lumièredanscettescicnce M utile et cependant jusqu’alors si confuse et si incertaine. Mais la mort l’arrêta lorsqu’il n’avait encore pa» couru qu’une petite partie de cette nouvelle carrière.

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