‹ Anatomie générale [electronic resource]Chapitre 13 sur 53 · SYSTÈME MÉDULLAIRE DU MILIEU DES OS LONGS · texte numérisé non relu

SYSTÈME MÉDULLAIRE DU MILIEU DES OS LONGS

Ce système diffère essentiellement du précédent par sa nature , ses propriétés, ses fonctions , etc. Il occupe le centre des os longs , dont il remplit la grande cavité.

§ Ier. Conformation .

Chacun des organes de l’ensemble desquels il résulte se présente sous la forme d’une membrane mince, tapissant toute la cavité, se repliant sur ellemême un grand nombre de fois, donnant naissance à une foule de proîongemens , dont les uns enveloppent les filets déliés du tissu celluleux qui se rencontrent dans cette cavité, les autres passent , sans adhérer à aucune portion osseuse, d’un côté de la membrane à l’autre , et tous forment des cellules nombreuses où se trouve contenue la moelle.

On peut donc se former de cet organe une idée analogue à celle que nous présente l’organe cellulaire, savoir, celle d’un corps spongieux à cellules communicantes. La place qu’il occupe donne à son ensemble une forme cylindrique.

Il paraît qu’aux deux extrémités du canal , les cellules ou membranes ne s’ouvrent point dans celles du tissu celluleux , et que le suc médullaire du système précédent ne communique nullement avec la moelle de celui-ci. En effet , la ligne de démarcation

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qui les sépare est sensible ; ils ne se confondent point d’une manière graduelle : l’air injecté d’un côté du cylindre médullaire ne pénètre qu’avec peine et en déchirant les membranes dans le tissu celluleux de l’extrémité opposée de l’os. Cependant * malgré ces considérations , j’avoue que la question n’est point exactement résolue. Les transsudations cadavériques sont milles pour la décider , à causé de la perméabilité que nos parties acquièrent après la mort,

§ II. Organisation.

La texture de la membrane médullaire est trèspeu connue, parce que son extrême ténuité la dérobe à nos recherches ; car ce n’est que dans les os des rachitiques que son augmentation morbifique en épaisseur m’a permis d’en poursuivre exactement le trajet. Elle a l’apparence du tissu cellulaire ; cependant ses propriétés, et par là même sa nature, sont très-différentes de celles de ce tissu. Elle ne peut se rapporter à aucune des trois classes desmembranes séreuses , fibreuses ou muqueuses. Quelquesuns ont prétendu qu’elle était une expansion du périoste, qui s’insinue par les trous nombreux dont Fos est percé, et pénètre dans la cavité médullaire: maisle moindre parallèle établi entre cesmembranes suffit pour faire voir qu’essentiellement différentes par leurs fonctions , leurs forces vitales, etc., elles ne peuvent avoir la même texture. Un vaisseau principal pénètre la membrane médullaire : c’est l’artère qui entre par le trou unique , mais très-marqué , qui se voit sur le corps des os longs; les deux

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branches de cette artère , et celles de la veine correspondante, se ramifient en sens opposé sur le cylindre médullaire , et, par l’innombrable quantité de leurs rameaux , lui donnent lune couleur rougeâtre très-marquée et qui disparaît avec l’âge. Les extrémités empruntent leurs vaisseaux de ceux du tissu celluleux voisin. On ne peut y suivre aucun nerf* Telle est quelquefois l’abondance des fluides qui pénètrent cette membrane , et son extrême ténuité ? qu’on dirait vraiment quelle n’existe pas. Pour vous convaincre de son existence, exposez le cylindre qu’elle forme à l’action très-intense du calorique : elle se resserre , se racornit aussitôt comme tous les solides, et devient ainsi plus apparente (i).

(i) On fait cette expérience en sciant un os long , qu’on plonge ensuite dans l’eau bouillante : la membrane s’éloigne de l’os et s’applique sur la graisse , ce qui permet de la mieux apercevoir. On peut encore se servir des acides minéraux affaiblis , qui produisent le même effet.

Entièrement détachée de l’os , cette membrane ressemble , en quelque sorte , à une toile d’araignée ; elle est percée d’une multitude d’ouvertures. Elle a pour base du tissu cellulaire et des vaisseaux. Le premier est très -rare et n’a d’autre usage que de soutenir les ramifications vasculaires. Parmi ces dernières, les unes, très-bien décrites par Duverney , se jettent en dehors , dans le tissu osseux ; les autres se portent en dedans , vers les prolongemens de ce tissu et de la membrane elle-même. L’artère principale du canal médullaire est entourée de vaisseaux absorbans à son entrée dans ce canal. Un plexus nerveux manifeste se remarque également autour d’elle , sur les os qui sont le plus près du tronc.

En outre , des vésicules adipeuses , du même genre que celles du tissu cellulaire , quoiqu’elles soient un peu moins distinctes*

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g III. Propriétés .

Les propriétés de tissu sont très-caractérisées dans l’organe médullaire. i°. Le spina-ventosa, où cet organe se distend d’une manière très-sensible avec le corps de l’os, prouve son extensibilité. 20. Sa contractilité de tissu est caractérisée par le retour des cellules sur elles-mêmes après l’amputation de la partie moyenne d’un os long , retour qui empêche l’écoulement de la moelle , qui sans cela serait inévitable, à cause de la communication de ces cellules.

ïl est probable que la cpntractilité organique insensible, dont l’exercice est déterminé alors par le contact de l’air sur cette membrane qui se crispe sous son irritation , influe aussi sur ce phénomène : car ce mode de contractilité, ainsi que la sensibilité

contiennent la moelle et occupent l’intérieur de la membrane médullaire , logées dans les intervalles celluleux que présente cette dernière ; on ignore s’il s’en trouve aussi dans le tissu spongieux des extrémités. Les auteurs avaient indiqué depuis long-temps que la moelle est formée de petits grains réunis en grappe , comme on le voit surtout lorsqu’elle est récente et qu’elle n’a pas encore perdu la consistance qui lui est propre. Mais on croyait que ces vésicules communiquent toutes entre elles, comme on le pensait alors du tissu adipeux. G. Hunter, Mascagni et plusieurs autres, ont vu qu’elles sont fermées. La description qu’ils en ont donnée, tant par l’inspection directe que d’après l’analogie , y montre une disposition semblable à celle du tissu adipeux. Nous ne reviendrons pas sur cette disposition.. (Béglard.)

correspondante , sont évidemment le partage de cette membrane.

La sensibilité animale y est développée d’une manière exquise dans letat naturel : les douleurs les plus aiguës sont le résultat de l’action que la scie exerce sur elle dans l’amputation , de l’introduction d’un stylet ,del’mjection d’un fluide irritant dans la cavité médullaire, ou de tout autre moyen qui l’excite très-vivement (t). Je ne parle pas des douleurs osseuses dans le spina-ventosa, la vérole , etc.: comme la membrane n’est point alors dans son état naturel, on ne peut en tirer des conséquences pour juger du mode des forces vitales dont elle est naturellement douée. J’ai observé que sa sensibilité est d’autant plus marquée qu’on approche davantage du centre précis de l’os avec le stylet qu’on y pousse, dans les animaux vivans. A l’extrémité du canal médullaire, cette sensibilité est peu marquée; au milieu, la section de l’os est extrêmement dou-

(1) Ce phénomène n’est pas constant : la douleur est souvent nulle dans ee cas; mais il ne faut pas en conclure, comme on l’a fait, que la sensibilité de la membrane médullaire n’existe pas. Dans les amputations faites chez l’homme, la douleur causée par la section des parties molles, et surtout de la peau, est tellement intense , que celle moins forte que produit la lésion de la membrane médullaire , qui lui succède presque immédiatement , est à peine sentie. Mais si , sur un animal vivanit , on suspend l’opération après la section des parties molles, pour la reprendre quand une fois cette première impression est en partie dissipée , la sensation est vivement perçue , et l’animal jette des cris douloureux. La sensibilité de la moelle, déjà reconnue par Duverney , niée depuis, est donc réelle. ( Béclard. )

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loureuse. D’où dépend cette inégalité de force sensitive, ce décroissement du centre aux extrémités? Je l’ignore. La contractilité animale et la côntractililité organique sensible sont manifestement étrangères au système médullaire.

Il est évident, d’après cet exposé des forces vitales qui animent ce système, que la vie y est beaucoup plus active que dans le système osseux , que les phénomènes vitaux doivent y être par conséquent plus rapides , s’écarter de cette marche chronique qui caractérise toutes les maladies des os , répondre avec plus de promptitude aux excitations sympathiques des autres organes. Je suis persuadé que beaucoup de douleurs vagues qu’on rapporte ordinairement aux os dans les maladies, ont plutôt leur siège dans le système médullaire, dans celui du milieu des os longs surtout: remarquez en effet que la plupart de ces douleurs sont fixées au milieu des membres , qu’elles existent vraiment dans le sens de ce système. Le système médullaire des extrémités des os longs , des os plats et courts, jouit certainement aussi de plus d’énergie vitale que le tissu osseux lui-même; l’inflammation y est plus facile à se développer ; ses effets sont plus prompts à se manifester. Qui ne sait que la carie est d’autant plus rapide que plus de tissu celluleux existe dans les os ? Ce n’est pas ce tissu qui , par sa nature , influe sur ce phénomène; mais c’est que plus il est abondant, plus le système médullaire y prédomine: or, comme celui-ci participe à toutes ses affections, il leur imprime une rapidité quelles n’ont point dans le tissu compacte, où il n’existe pas.

§ IV. Développement .

Cette membrane existe dans l’état cartilagineux de la partie moyenne des os longs ; mais alors elle sert de parenchyme nutritif à la gélatine qui s’y exhale, et qui, accumulée en très-grande quantité dans ses cellules , rend l’os homogène en apparence , et empêche de la distinguer. Quand l’ossification se fait, cette substance est absorbée; la cavité médullaire se forme; la membrane médullaire reste à nu ; le sang pénètre dans ses vaisseaux, jusque-là accessibles seulement à des fluides blancs , parce que son mode de sensibilité organique change. Au lieu de recevoir de la gélatine dans ses cellules, c’est la moelle ou un autre fluide qu’elle y admet, phénomène également dépendant de ce changement de sensibilité organique. De là une forme extérieure toute nouvelle , un organe nouveau formé en apparence, tandis qu’en réalité ce n’est pas l’organe qui change , mais le fluide qui s’y sépare. Le même phénomène s’observe à peu près dans la formation du cal, où la portion de membrane médullaire correspondant à la fracture est d’abord cartilagineuse , puis osseuse , et redevient enfin ce qu’elle était primitivement.

Cependant l’exhalation de la moelle ne commence pas dès que le sang aborde dans le canal médullaire, ou plutôt elle commence bien, mais j’ai trouvé quelle est toute différente de ce qu’elle sera chez l’adulte. La proportion de la substance huileuse y est presque nulle, ainsi que nous l’avons vu

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dans ie sue médullaire, i®. Elle se présente sous un aspect mucilagineux et rougeâtre ; pressée entre les doigts, elle n’y laisse point une huile comme chez l’adulte, mais un fluide comme gélatineux, a0. En comparant l’eau qui a servi à l’ébullition de la moelle dans ces deux âges, on ne voit point dans le premier , comme dans le suivant , surnager une foule de gouttelettes huileuses. 3°. Exposé à l’action du feu , le milieu d’un os long laisse tomber une infinité de gouttelettes enflammées , d’une teinte bleuâtre très-agréable à l’œil , et qui sont fournies par la moelle qui brûle après s’être fondue. Rien de semblable ne s’observe dans le fœtus. 4°. On sait que le goût de la moelle est bien différent dans les jeunes animaux, dans le veau, par exemple , de ce qu’il est dans les animaux adultes. Elle est fade, peu agréable, peu recherchée dans les premiers. 5°. J’ai observé que la moelle des enfans se putréfie avec promptitude , devient verdâtre, puis noirâtre , pour peu que leurs os frais aient été gardés pendant quelque temps à l’air. L’odeur de cette moelle putréfiée est très-fétide. Conservez, au contraire /pendant un certain temps des os d’adulte dépouillés , vous observerez que leur moelle rancit , devient d’un jaune foncé , comme toutes les graisses qui ont été gardées. En général , l’action de l’air est toute différente sur l’organe médullaire dans le premier âge et dans les suivans. Quelle est le fluide que sépare spécialement cet organe dans le fœtus et l’enfant, et qui remplace alors la substance huileuse ? C’est un objet intéressant de recherches. Est-ce que le vulgaire, qui allie l’idée

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de graisse à celle de moelle , connaît ce phénomène , quand il dit que les en fans n’ont pas encore de xnoelie dans les os? Cette absence de graisse medullaire dans le fœtus distingue essentiellement la moelle de la graisse ordinaire , qui , à cet âge , est déjà très-abondante (i).

Fonctions .

Le premier et principal usage de l’organe médullaire est de séparer la moelle de la masse du sang par voie d’exhalation, car elle n’a point de glandes, et de l’y réintroduire ensuite par absorption , dès quelle a séjourné pendant un certain temps dans son réservoir. Ce double phénomène est très-analogue à celui qui a lieu pour la graisse : d’où l’on voiCque deux ordres de vaisseaux distincts des sanguins entrent de plus dans son tissu ; il n’est pas

(1) La graisse des os, en manquant dans le fœtus ,.a cela de commun avec celle des parties profondes en général , qui en sont alors presque totalement dépourvues. Au reste , non-seulement il n’y a pas de moelle à cet âge , mais il n’y a pas non plus de membrane médullaire. Bichat ne veut pas que cette membrane soit un nouvel organe , mais il est évident que rien n’indique sa présence avant l’ossification. Lorsque, plus tard, le canal médullaire commence à se former , l’artère nourricière le remplit d’abord en entier ; ce n’est qu’à une époque ultérieure que cette artère est rejetée sur les parois de la cavité et que la membrane médullaire existe.

La moelle devient très-abondante chez le vieillard, à cause de l’agrandissement de la cavité médullaire, ( Béclard. )

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possible cependant de les y démontrer anatomiquement.

L’activité de l’exhalation varie -t-eîle suivant l’exercice ou le repos, la chaleur ou le froid , l’embonpoint ou la maigreur? Nous n’avons sur ce fait aucune expérience précise , quoiqu’on ait fait làdessus une foule de conjectures. Mais ce que nous savons, c’est que, dans la phthisie, l’hydropisie et le marasme, et en général dans tous les états du corps où la débilité générale est portée à l’extrême par la perte lente et graduée des forces, la moelle , comme les autres fluides , comme les solides aussi , se dénature, perd ses caractères essentiels , sa consistance, et prend une apparence toute différente, sans que cependant la membrane médullaire épouve de lésion organique, sans' qu’elle s’épaississe. Je n’ai encore observé cette lésion que dans le rachitisme. L’aspect de la moelle dans ces maladies est mucilagineux, gélatineux, semblable, pour ainsi dire , à celui qu’elle nous offre dans le fœtus, à la différence près de la rougeur que détermine dans le premier âge le grand nombre des vaisseaux sanguins.

La membrane médullaire a un rapport direct avec la nutrition de l’os, rapport qui a été mis en évidence par les belles expériences de Troja , desquelles il résulte que la destruction de cette membrane entraîne la mort de l’os, qui se nécrose et qui est remplacé par un os nouveau, auquel le périoste sert de parenchyme nutritif. Ces expériences se font ordinairement en sciant un os long à son extrémité, et en introduisant dans la cavité médullaire un stylet rougi au feu ? qui désorganise tout. Bientôt après

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le périoste se gonfle , s’enflamme et devient d’rnle extrême sensibilité au contact extérieur. Peu à peu cette sensibilité s’émousse , l’inflammation disparaît, beaucoup de gélatine pénètre les lames internes de cette membrane, qui devient un sac cartila gineux dont l’os est enveloppé. Au bout d’un temps qui varie suivant la classe des animaux soumis à l’expérience , suivant leur âge , leur tempérament , et suivant d’autres causes , le système vasculaire , détruit au dedans du canal, et replié en totalité sur le périoste, y dépose le phosphate calcaire destiné à l’os. Au cylindre cartilagineux succède alors un cylindre osseux: l’os au dedans est un corps étranger à la vie, qu’un corps vivant entoure de toutes parts. Il y a donc dans les ossifications artificielles trois périodes bien distinctes: i° gonflement et inflammation du périoste, 20 état cartilagineux des lames internes de cette membrane, 3° état osseux. Au reste , ces deux [derniers états ne sont point aussi réguliers et distincts , ni aussi faciles à observer que dans l’ossification naturelle.

La membrane médullaire sert-elle indirectement à fournir une partie de la synovie par la transsudation de la moelle à travers l’extrémité des os longs ? La plupart des auteurs l’affirment. On sait aujourd’hui ce qu’il faut penser de ces transsudations mécaniques qu’on observe dans les cadavres , mais qui répugnent aux phénomènes connus de la vitalité : d’ailleurs, l’expérience suivante ne laisse aucun doute sur ce point. J’ai ouvert sur les côtés deux os longs d’un des membres postérieurs d’un chien, de manière à y faire parvenir un stylet rougi, qui, y

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ayant été porté à plusieurs reprises , a détruit complètement les deux systèmes médullaires : la nécrose a été le résultat assez prompt de cette expérience ; et cependant l’articulation intermédiaire aux deux os nécrosés a continué comme à l’ordinaire à recevoir la synovie, circonstance qui ne serait pas arrivée si la transsudation de la moelle était né-, cessaire à la production de ce fluide. Qui ne sait, d’un autre côté , que t> dans les maladies des articulations où la synovie est altérée , viciée , la moelle des os correspondans est presque toujours dans un état d’intégrité parfaite (i) , et que, réciproquement, dans les maladies qui attaquent l’organe médullaire.

(i) On peut joindre à ces motifs pour ne pas admettre la production de la synovie par la transsudation de la moelle à travers les extrémités articulaires , ceux que donne Soemmering , savoir , que la moelle est précisément plus abondante dans l’endroit le plus éloigné des extrémités , et que les enfans , qui n’ont pas de moelle, et dont les extrémités sont toutes cartilagineuses, n’en ont pas moins de synovie dans leurs articulations. Ce dernier fluide se rencontre d’ailleurs dans beaucoup d’endroits où l’autre ne peut évidemment pénétrer, comme autour des tendons, dans les bourses muqueuses, soit naturelles, soit accidentelles ; enfin , il y a une différence totale de propriétés , de composition , entre lui et la graisse médullaire.

Divers usages , non moins hypothétiques, ont été encore attribués à la moelle. On l’a crue propre adonner de la flexibilité, de la ténacité aux os : c’était l’opinion de Duverney. Mais si l’on se souvient que les os des jeunes sujets sont les moins susceptibles de se rompre ; que ceux des vieillards , qui contiennent tant de moelle, sont au contraire les moin;» résistons , on n’aura point égard à cette opinion , qui ne repose que sur un seul fait , c’est que les os réduits par la combustion à leur matière calcaire rc-, AnAT. GÉN. T. III. U

la synovie n’est point altérée dans sa nature comme le fluide que cet organe renferme dans ses cel* Iules (1)?

prennent en partie leur solidité quand on les fait bouillir dans de l’huile ; mais la même chose a lieu avec toute autre substance , avec la gélatine , par exemple , et il y a loin d’un os que la combustion a détruit en partie , à celui qui contient encore tous ses principes .

Les, anciens disaient que la moelle servait à nourrir le tissu osseux ; mais il suffit qu’il y ait un grand nombre d’os dépourvus de graisse médullaire pour que cela ne soit point admissible. La membrane médullaire fait au dedans de l’os l’office du périoste ; elle contient les vaisseaux nourriciers , et c’est sous ce rapport seulement qu’elle sert à la nutrition. Quant à la moelle , elle doit avoir les mêmes usages généraux que la graisse ; c’est une sorte d’aliment en réserve, une des formes que doit revêtir la matière nutritive. Elle sert en outre à remplir le vide qui sans elle existerait dans le canal médullaire. ( Béclard. )

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